This is a cloud of smoke
Trying to occupy space

 

 

I Didn't Understand, Elliott Smith



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[Email]

 

marlene.tissot@gmail.com

 

[L'auteure]

Marlène TISSOT est venue au monde inopinément. A cherché un bon bout de temps avant de découvrir qu'il n'y avait pas de mode d'emploi. Sait dorénavant que c'est normal si elle n'y comprend rien à rien. Raconte des histoires depuis qu'elle a dix-ans-et-demi et capture des images depuis qu'elle a eu de quoi s'acheter un appareil. Ne croit en rien, surtout pas en elle, mais sait mettre un pied devant l'autre et se brosser les dents. Ecrira un jour l'odyssée du joueur de loto sur fond de crise monétaire (en trois mille vers) mais préfère pour l'instant se consacrer à des sujets un peu moins osés.

PS : J'ai aussi un petit oiseau bleu, pas du genre qui palpite dans la cage thoracique, mais du genre que je nourris assez peu, du genre qui fait un peu ce qu'il veut, il n'est pas dans une cage et les fils à la patte, c'est pas mon truc... N'empêche, j'ai un petit oiseau bleu.

 


 

[Bibliographie]

 

[Voir la liste complète ICI]

 

Lame de fond

Ed. La Boucherie Littéraire

 

 


 

Histoires (presque) vraies
Editions Pédalo Ivre

 

 


 

Le poids du monde
Editions Lunatique

Prix Livresse 2017


 


 

J'emmerde...

Editions Gros Textes

 

 


 

Sous les fleurs de la tapisserie

Editions Le Citron Gare

Illustrations de Somotho
Lauréat du prix du CoPo 2015

 

 


 

Mailles à l'envers
Editions Lunatique, collection Romans

Primé au festival Premier Roman de Laval
 


Sélectionné pour représenter la France au Festival Européen du premier roman à Kiel

 



Les choses ordinaires
Kiss My Ass Editions
 

 


 

Mes pieds nus dans tes vieux sabots bretons, collection 8pA6 de La Vachette Alternative


 


 

Nos parcelles de terrain très très vague, Éditions Asphodèle, Collection Minuscule

 

 


 

London Trip Diary, At Home Editions

 


disponible via

 


 

Celui qui préférait respirer le parfum des fleurs, collection 8pA6 de La Vachette Alternative

 



[Voir la bibliographie complète]
 



 

[Parutions en revue]

 

A la dérive - L'Angoisse - Borborygmes - Cabaret - Charogne - Chos'e - Coaltar - Cohue - Comme en poésie - Dissonances - Diptyque - Freak Wave - Interlope - Interruption - I.H.V - Katapulpe - L'Ampoule - L'Autobus - Le Chant du Monstre - Les Cahiers d'Adèle - Les tas de mots - Levure Littéraire - Mauvaise graine - Microbe - Magnapoets - Népenthès - Nouveaux Délits - Poésie/Première - Revue Squeeze - Traction Brabant - Trace écarT - Le Zaporogue 


 

[Participations]

 

CroutOthon - FPDV - Le Quotidien des Martyrisés - Les 807 -  Les Etats Civils - Les Histoires Noires - OnLit - Sistoeurs.net - Vents Contraires - Vous dites ? 
 



[Email]

 

marlene.tissot@gmail.com
 

[Marlène ailleurs]

 

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Sur DIYZines
Sur Vents Contraires

Sur On Lit

Sur Les Etats Civils
Sur Sistoeurs.net
Sur Fulgures.com

 


 

[Liens]


 

[Note]

 

Licence Creative Commons
Les textes et photos de Marlene Tissot sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://monnuage.free.fr

 

 

 

 

Mercrdi 13 septembre 2017

Un tout petit peu trop de rien

Certains matins sont pleins
d’un tout petit peu trop de rien
et on regarde cet étrange demain
punaisé là-haut à côté de la lune
sans avoir l'envie de décrocher
ni l’un ni l’autre
 


Lundi 11 septembre 2017

Nos folles inquiétudes

M’allonger sur le ciel
Et me laisser tomber
Dans les bras de la nuit
Renverser l’ordre des choses

Il dit :
Je voudrais danser comme un arbre
Moi aussi, oui, moi aussi
Mais je n’ai pas de racines

Il dit : J’aimerais que tu enfiles
Ton sourire pour moi
Tu sais
Celui qui est très échancré


Mais je ne sais plus où je l’ai rangé
Alors
J’enfile négligemment
Mon regard décolleté
 



Il est l’heure de se diluer
De cajoler nos folles inquiétudes
En attendant que les draps
Apprennent à fleurir
 


Dimanche 10 septembre 2017

L'humeur du dimanche : Seule à la maison, je cherche
                       Un reste de poussières de moi
                       Sous le tapis du monde


[Thierry Metz]
 


Mercredi 16 aout 2017

Tout continue de pousser

Une fois - Plus tard - Pour toujours
C'est promis - Promis!
Les mots sont maladroits
Ils tombent, s'écorchent les genoux
Tu n'es ni oui, ni mon
Pas de clé
Pas de propriété
Ni de chasse gardée
On peut très bien décider
De boutonner dimanche avec lundi
Choisir quelle goutte de pluie
Tombera en premier
Regarder les trains se faire prendre

Une fois - Plus tard - Pour toujours
Tu montes chéri?
On va voir du pays
Dans le relief des draps bousculés
Lâcher prise
(électrique)
Eviter le court-circuit, si possible

Propagande, mon amour !
Mais dis-moi, les sentiments
Ca se mange comment?
Cuits ou crus ?
Faut pas écouter ce que disent
Les gens et la radio
Il y a des moments où les mains
parlent mieux
Je veux caresser ton corps comme un arbre
Immense, tendu vers le ciel
Tout continue de pousser, tu sais
Jusqu'à la mort

 


Dimanche 13 aout 2017

L'humeur du dimanche : Aller dans cette direction


[Londres juillet 2017 - Photo Marlene T.]

 


Lundi 7 aout 2017

Nos croquis imprécis

Le ciel a perdu son stylo bleu
Il rature le paysage en rouge
Et corrige les nuages
Les oiseaux tombent
Tout fout le camp
Mais le soleil continue
De pousser hors sol
Gavé d’engrais chimique
Et de pollution
Tous les évènements sont possibles
Tu sais, et les espérer
N’y change rien
Parfois, je voudrais secourir les issues
Prendre l’air dans mes bras
Cajoler son ossature fragile
Quels que soient les souvenirs
Qu’on amasse
Et la corpulence du passé
Qui nous hante
On reste nus
Sous ce ciel sans stylo
Qui ne parvient plus
A nous dessiner et
Se contente d’observer
Nos croquis imprécis
Continuer de se déplacer
Avec une maladresse
Touchante
 


Dimanche 30 juillet 2017

L'humeur du dimanche : Paroles, paroles, paroles


[Londres juillet 2017, photo Marlène T.]

 


Vendredi 28 juillet 2017

Persiste

Sous les sunlights des néons de l’ascenseur
Tu montes au septième, seul
évitant le sourire de ton reflet

Les jolies petites tragédies
Punaisées au mur du son
Tout va toujours trop vite
Emotionnellement parlant

Ne demande pas son avis à la tempête
Ne laisse pas le vent t’apprendre à courir
Chacun va à sa vitesse

Les briques, les tuiles
On en récolte tous
Ça sert aussi à construire
Et tant pis si l’orage fissure le ciel

Entre lettres mortes et matière vive
Ne te pose pas la question, persiste
Lentement, minutieusement

 


Jeudi 27 juillet 2017

La parole d’avant les mots

Elle ressemble à quoi
La parole d’avant les mots
D’avant les règles ?

L’esprit frappeur
Me décroche un crochet du droit
Je ne pense plus donc je ne suis plus
Finalement, c’est facile de disparaitre
Dans un monde où les gens voyagent
De plus en plus souvent/vite/loin/virtuellement

Ça veut dire quoi, exister, dans ce monde-là ?
Elles ressemblent à quoi
Les questions d’avant la ponctuation ?

Il suffirait peut-être
D’égorger le mutisme
Dépecer la bienséance
Disloquer la nuit
Avaler le jour
Boire à la source de l’improbable

Faire les choses à moitié, c’est quoi ?
Un peu, beaucoup, passionnément
Pas du tout ?

J’hésite
Un pas en avant, un autre en arrière
Me reviennent en mémoire ces paroles
« Si tu avances quand je recule
Comment veux-tu que je t’encule ? »
Oui, je sais, c’est ridicule

Faudrait couper tout ce qui dépasse
Et en faire un bouquet
De toute manière tout finit par faner
 


Mercredi 26 juillet 2017

Puzzle

J’ai des hectares de brousse brulée
Sur le territoire de ma peau
Et des paysages glaciaires aussi
Des planètes en orbite
Qui ne tournent pas très rond
Des cavernes inaccessibles

Tout expliquer, je ne peux pas
Alors j’avoue des bribes ici
Je murmure des secrets là
Je me disperse en mots
Auprès des uns
Des autres

Jamais entière
Ce qui ne signifie pas
Jamais sincère
Juste en puzzle
Trop de pièces perdues
Une image impossible
A reconstituer
 


Dimanche 23 juillet 2017

 

L'humeur du dimanche : relativiser


 


jeudi 20 juilllet 2017

Arroser le ciel

Le miroir grimace
Me rit au nez
Faut que je l'empêche de m'observer

J'aime pas mourir quand ça prend
si longtemps

Faudrait parvenir à arroser le ciel
Inventer des naufrages plus terre à terre

J'ai les deux pieds dans le même soulier
Façon Cendrillon
Envie de crâmer le carosse et la robe de bal

Tu sais, même les arbres savent pleurer
Et j'ignore ce qui m'empêche d'oser

 


Mardi 18 juillet 2017

Illisible

Une poignée de superbes petites tragédies
Cueille, cueille encore
Coupe tout ce qui dépasse et fais-en un bouquet
La mélancolie fermente mal
Je la bois comme un mauvais vin
Transformer ma tête en toupie
Tourne, tourne encore
Jusqu’à ce que le miroir
Me dessine
Un portrait illisible
 


Lundi 17 juillet 2017

Les Découvreurs

A découvrir en ligne, le dossier 2017/2018 du Prix des Découvreurs (clique sur l'image)
Si tu es prof, ou si tu as des amis profs susceptibles d'être intéressés, fais passer le mot !

 


Dimanche 16 juillet 2017

L'humeur du dimanche : Je veux aller vivre en réalité augmentée

 


Mercredi 12 juillet 2017

Le goût du sans

Saupoudrer des étoiles dans la soupe
Boire le ciel à la paille
Tout me transperce quand je reste immobile
Entre état de grâce et cœur de glace
La mécanique de l’escalier qui monte, qui monte, qui monte
Chercher la petite bête
La chimie neuronale et les distances de sécurité
L’analyse clinique des sentiments
Me laisse le goût du sans dans la bouche
Dans le doute je finis par détricoter les guirlandes
Et me paumer dans les labyrinthes
Mais inutile de crier, crier
Je suis imprononçable
Même sur le sable
 


Mercredi 5 juillet 2017

Repriser les peaux élimées

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
Mais pas oublié pour autant
De cocher la case
Les conditions générales de viande
Queue leu leu de trous du cul
Et coloscopie du bande-mou
Le trou de la sécu affiché
A un stade avancé de dilatation

Un homme m'a dit
La sodomie, c'est comme la mort :
Inéluctable !
Serais-je donc immortelle ?

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
J'épilais le ciel
Pour l'assortir à ma calvitie verbale
J'ai les mots qui tombent
Et de profondes lagunes lexicales
J'océan à marée haute
La plage de l'imaginaire poétique
J'invente des histoires pour éviter d'en faire

On travaille à l'émanci-passion
A l'amour sans attaches
Faut de la patience pour rapiécer les corps troués
Et repriser les peaux élimées

 


Dimanche 2 juillet 2017

L'humeur du dimanche : La tendresse, c'est une question de cuisson, il parait


[Source : les étiquettes d'Heptanes Fraxion]
 


Vendredi 30 juin 2017

Pâte à modeler

La mélancolie, tu sais
Ca ne se boit pas d'un trait
Ca se déguste lentement
Faut pas confondre douceur et ivresse
Je soulève je coin du jour
Avant que la paupière du matin ne se s'ouvre
J'attends le dessin du soleil sur le mur
Et le profil des montagnes
Accoudée à la fenêtre de la cuisine
Cul nu dans l'odeur de café
Ces instants nourris de peu et de tout
Ce gigantesque et ennivrant ordinaire
On peut faire une histoire de certains détails
On peut faire un détail de certaines histoires
Le réel n'est que pâte à modeler
 


Mercredi 28 juin 2017

J'emmerde les maisons hantées

Et puis quoi, bordel ?
L'incertitude qui hante
N'a pas plus de corps qu'un fantôme

 


Dimanche 25 juin 2017

L'humeur du dimanche : fabriquer des nuages


[Voir la vidéo ICI]

 


Samedi 24 juin 2017

Une notion abstraite

Ceci est un mot d’excuse
Une lettre d’absence à moi-même
J’ai déserté avant l’implosion
Non, la peur n’est pas un motif valable
Tu as raison
Mais je mens comme je resquille
En toute discrétion
Et seulement pour survivre
Genre illuminée en voie d’extinction
J’investis à long terme dans l’absence
J’imite le peintre, le sculpteur, le poète
Tremper les doigts dans la crasse et
En faire un motif esthétiquement incompréhensible
L’encre de l’introspection peut-il être sympathique ?
On se laisse convaincre trop facilement
Les gens ne sont pas toujours décevants
La joie sans gêne et l’étincelle des astres
Les conseils qu’on reçoit comme une gifle
Parfois, on se rassure comme on peut
Je me dis : On ne pourra pas tomber plus haut
Et la perpétuité restera éternellement une notion abstraite

 


Vendredi 23 juin 2017

Chair à chair

Je suis fermée
Toute fermée
Chaque interstice
Sauf les yeux
Et la pensée
Fermés, la bouche
Le coeur
La peau
Je suis verrouillée
Inaccessible
Sauf si t’arrives à
Contourner l’obstacle
A transpercer la peau
Sans me blesser
A me faire gouter
Au chair à chair
Sans le corps à corps
Sans le gout du sang

 


Mardi 20 juin 2017

L’asphalte qui fond sur la chaussée

Une femme élégamment voilée
Drapée de tissus des chevilles aux poignets
Chargée de deux sacs de commissions
Sur le trottoir d’un quartier bourgeois du presque centre-ville
Nos regards se rencontrent, se nouent délicatement

Je lui souris
Elle me sourit
« Bonjour », elle murmure timidement
S’imagine sans doute que je vis ici
(si elle savait…)
J’aimerais pouvoir imaginer qu’elle y vit
Si les choses étaient différentes
Dans notre putain de pays

Nous nous croisons au ralenti
Quarante-deux degrés annoncés
Et l’asphalte qui fond sur la chaussée
Nous ne nous recroiserons sans doute jamais
Mais j’aime la saveur de ces quelques instants
Le lien instinctif
Presque animal
Ce je ne sais quoi qui nous fait communier
Au-delà des mots, des lieux, des dieux
 


Dimanche 18 juin 2017

L'humeur du dimanche : Franchir clandestinement les frontières de la folie


[Source image ICI]

 


Vendredi 16 juin 2017

Dernier arrêt avant le cri

La mélancolie
Tombée à terre sans bruit
Me trébuche
Je me prends par la main
Tendrement
Me remets sur pieds
On se rassure comme on peut
La folie me caresse
Le gout vert de
Sa sciure encore fraiche
Colle à ma peau
Chacun scande la candeur
A sa manière
Toutes les paroles sont adressées
Mais à qui ?
Même un mot peut rougir
Je ne suis pas la seule
Parfois je barbouille la figure
Des nuits blanches
A coup de sourires
Quand les douleurs s’exclament
Avec un peu trop de véhémence
Je préfère
Quitter le train
Au dernier arrêt avant le cri

 


Jeudi 15 juin 2017

De l'air

Les oiseaux meurent facilement en moi
Quand la fenêtre de la chambre est fermée
Il me faut
De l'air de rien
Surtout
Au moment de basculer vers demain
Il me faut
Des rêves à la coquille bleutée
Prêts à éclore
Sur une plage de peau pas encore explorée
Ne bouge pas
On est bien là
L'un contre l'autre
Immobiles
Un peu fragiles
Comme deux caries
Dans la grande gueule de l'univers

 


Mardi 13 juin 2017

Les Découvreurs



Lire les extraits et le dossier complet
 

Le Prix des Découvreurs est un prix de poésie décerné chaque année par un jury constitué de plusieurs centaines de lycéens — et depuis 2007 de collégiens de troisième — de différents établissements volontaires de l’ensemble des académies de France.

Il est officiellement inscrit au Bulletin officiel de l’Éducation nationale (BOEN) du 27 août 2009 au titre des actions éducatives « contribuant aux acquis des élèves en lien avec les programmes d’enseignement ».

Fondé en 1997 par la ville de Boulogne-sur-Mer sur la proposition de Georges Guillain, poète et collaborateur de la "Quinzaine littéraire".

Inscrire votre classe au Prix des Découvreurs :
http://lesdecouvreurs2.blogspot.fr/p/blog-page.html

 


Dimanche 11 juin 2017

L'humeur du dimanche : La vie est un chemin qui ne se prend qu'à l'endroit

 


Samedi 10 juin 2017

Mot barré #63


Vendredi 9 juin 2017

J'emmerde l'inéluctable

J'essaie de tuer le temps
Avant qu'il ne décide
D'en faire autant avec moi

 


Mardi 6 juin 2017

L'âge de (la peau) pierre

Nous n'avons plus l'âge depuis longtemps
Nous sommes des papillons dans un jardin abandonné
A butiner ce qui ne se consomme pas
Le coeur comme une baudruche prête à claquer
Enflé de sentiments pas encore inventés
S'il te plait, déchire moi l'ourlet des peurs
J'ai le pantalon trop court pour oser le baisser
J'appréhende l'après rasoir et le trop lisse
Vas-y coupe, mon chou, tout ce qui ne dépasse pas
C'est l'heure de la grande glissage, même si
Depuis longtemps nous n'avons plus l'âge

 


Dimanche 4 juin 2017

L'humeur du dimanche : La patience aux abonnés absents

 


Samedi 3 juin 2017

Madame Satan
 

Le voilà entre mes mains. Oui, c'est important : il faut le toucher, le caresser. Sentir le rugueux de la couverture fabriquée avec amour par la merveilleuse Sarah Fisthole. Tourner les pages, y plonger, s'y noyer. Les images y sont envoutantes, les mots tranchants, brillants. Je te le dis tout net, le numéro 6 du Gonzine est, comme les précédents, un incontournable. Il n'y en aura pas pour tout le monde, alors fonce !

 


Vendredi 2 juin 2017

A l’heure où tout bascule

Lorsqu’elle avance le soir
pieds nus dans l’herbe sèche
et que les criquets s’écartent
sur son passage
lorsque le soleil
tire sa révérence
et que le ciel allume
ses premières étoiles
elle a l’impression
un peu vague
que tout est en ordre
et que même sa présence
n’est pas tout à fait
une erreur

 


Jeudi 1er juin 2017

Suffocation notice

M’assoir
Croiser
Les jambes
Très fort, bien fermées jusqu’en haut des cuisses
Serrer
Les bras
Autour de moi
Planquer les seins, raturer les battements du cœur
Courber le dos
Enrober la peur
Baisser les yeux
Les planter dans l’arrondi vulgaire des genoux
Attendre que l’inconfort s’estompe
Ma nudité est une connasse
Elle m’étouffe
Me suffoque
M’empêche de
Laisser à l’air libre
Cette peau qui m’habille si mal

 


Mercredi 31 mai 2017

J'emmerde les sens ordinaires [New]

On roule à quelle vitesse
quand on carbure
au dégôut de soi ?

 


Mardi 30 mai 2017

Sous le soleil, exactement

Aix-en-Provence, dans le magnifique jardin de l'atelier de Cézanne. Sur une table, à l'ombre des vieux arbres, des pages griffonnées, annotées. Anna Jackson, poétesse Néozélandaise me montre les traductions de mes textes sur lesquels elle a travaillé avec Geneviève Chevallier, professeur à l'université de Nice. Simon Edmonds, le compagnon d'Anna, sourit, patient, capture quelques images de l'instant. Nous discutons le choix des mots, les doubles sens parfois, la sonorité. Un moment riche doublé d'une belle rencontre. Un recueil bilingue est prévu chez un éditeur de Wellington. Le soleil sourit, nos sourires brillent. Nous montons au jardin des peintres saluer la Sainte-Victoire, admirer sa puissance délicate sous les rayons qui commencent à décliner.
Plus tard, dans le train, je lis Thicket, d'Anna. C'est exactement la poésie que j'aime. L'envie de la traduire à mon tour. Nous en avons parlé cet après-midi. L'aventure ne fait sans doute que commencer.

 


Dimanche 28 mai 2017

L'humeur du dimanche : " I will learn to love the sky I'm under "


[" J'apprendrai à aimer le ciel en dessous duquel je suis "]
[Thanks F.M. pour la musique - WL]
 


Vendredi 26 mai 2017

Mot barré #62

 


Jeudi 25 mai 2017

Un leurre

Ce qu'il y a devant n'est qu'illusion
la seule réalité qui existe se planque
dans l'instant
celui
qu'on peine à saisir
peut-être que la vie n'est qu'un leurre
dans ses douceurs plus que dans
ses douleurs

 


Mercredi 24 mai 2017

Extrait de dialogue imaginaire #1

— T’es d’où ?
— Oui, très.
 


Mardi 23 mai 2017

Mot barré #61


Dimanche 21 mai 2017

L'humeur du dimanche : aphenphosmophobie


[Image chopée via Fred Houdaer]

 


Samedi 20 mai 2017

J'emmerde Pénélope [new]

(dé)faire l'amour nuit après nuit
le retisser, jour après jour
veiller à ne jamais rompre le fil

 


Vendredi 19 mai 2017

Une porte

Je suis une porte
Frappée
Poussée
Claquée
Verrouillée
Défoncée

Entrez sans frappez
Frappez puis entrez
Tout dépend de l’humeur

Je suis une porte
Qui n’a jamais su
Sortir de ses gonds

Je suis une porte
Qui s’est prise pour
Une grande personne
Qui s’est crue capable de
Se fermer sur les souvenirs

Une grande personne
Qui voudrait enfin oublier
Qu’elle n’a été qu’une porte
Frappée, poussée, claquée, verrouillée
Défoncée, mais
Jamais une enfant
 


Jeudi 18 mai 2017

Livresse et profondeur


 

Voilà, juste avant de quitter Laval il y a quelques jours (pour mieux y revenir), on m'a fait la surprise de ce prix Livresse ! Un gigantesque merci au lycéens, à leur professeure Nadège Bernier, à mon éditrice Pascale Goze. D'autant plus grand que cette nouvelle - "Le poids du monde" - ne fait pas rêver, même si elle me tient à coeur. Notamment parce que c'est une histoire tragiquement ordinaire, du genre qui habituellement n'obtient rien de plus que l'espace d'un encart à la page faits-divers des quotidiens. Je suis heureuse qu'elle poursuive son chemin mine de rien!
Une phrase, dans la lettre que les lycéens m'ont écrite, m'a particulièrement émue : "[...]C'est cette histoire d'amour sincère qui rend le dénouement insupportable et nous incite à changer notre regard sur les exclus de la société de consommation". Je ne me sentirai jamais la carrure pour endosser l'étiquette d'auteur engagé, je ne cherche consciemment pas à faire changer les regards, j'ai simplement envie d'émouvoir avec des sujets qui me touchent, me perturbent, m'interrogent. Alors si j'y arrive un peu, c'est tout simplement merveilleux !

 


Lundi 15 mai 2017

Laver son linge sale

Info un peu en dernière minute (la faute au temps qu'est pas foutu de se caler sur mon rythme) : mardi 16 mai à 20 heures, je ferai une lecture "Sauvage(s)" avec d'autres chouettes auteures à Lyon au Lavoir Public (et ça tombe bien, je n'ai plus grand chose de propre à me mettre)

 

 


Dimanche 14 mai 2017

Journal aléatoire #82 vs l'humeur du dimanche

I would prefere not to leave...

Et cette dernière image, capturée avec un angle de vue dont je ne révèlerai rien, même sous la torture

 


Mardi 9 mai 2017

Journal aléatoire #77
 

Dernière semaine de résidence ici. Dernier atelier ce matin. A l’hôpital de jour de Laval. Ce point final qu’on pose de traviole à cause de l’émotion. Et c’est aussi ce qui nous rend humain, bordel ! Ce qui fait qu’on ne se perd pas de vue les uns les autres. Une rugosité douce à laquelle on adhère. Un rocher sur lequel on dérape et qui laisse des traces douces sur la peau du coeur. Je me souviens (ou me rappelle ? Rachel m’a demandé à la première séance la différence entre se souvenir et se rappeler) je me souviens et me rappelle tous les prénoms, tous les visages, tous les mots écrits-dits-partagés. Les intimes, les peurs et les forces insoupçonnées. Tout ce que nous avons partagé. Je me souviens que je suis vivante et qu’on peut se faire du bien les uns aux autres. Je laisse les guerres et l'indifférence à ceux qui manquent d’imagination.

 


Lundi 8 mai 2017

Journal aléatoire #76

Le soleil brille.
Je joue la décontraction en fourrant les mains dans les poches en-dessous de mes yeux.
Et toi, tu l'as ton ticket pour les lendemains qui chantent ?
La fabrique à nuages se tient tranquille aujourd'hui.
C'est l'humeur du lundi qui se serait pris pour un dimanche.


[Photographe : Claudine Doury]

 


Dimanche 7 mai 2017

Journal aléatoire #75
 

Une fois de plus – combien de fois par jour ? – je m’accoude à la rambarde de la fenêtre, celle qui bringuebale un peu, qui pourrait bien lâcher, va savoir, et je tomberais tête la première, comme un oeuf éclaté sur le pavé. Je n’ai pas peur. Ou alors juste un peu. La vue va me manquer. J’ai fait des photos, mais ce n’est pas pareil. Il manque les bruits, les odeurs, la tiédeur du rayon de soleil qui vient en biais me caresser le front. Une pie a fait son nid dans la cheminée de l’immeuble voisin, celui au-dessus de la pizzeria. Je me souviens avoir rêvé d’oiseaux, cette nuit. Avoir rêvé d’Oscar aussi. Enfin, pas vraiment de lui, il y avait juste son nom étiqueté sur le siège à côté du mien dans le train et je supposais qu’il pouvait arriver d’un instant à l’autre. La pie s’envole. Elle a peut-être des petits, s’en va chercher de quoi les nourrir, reviendra bientôt le bec plein. Un type en vélo prend le virage en épingle, s’arrête en bas de la côte, descend de selle et remet ses couilles en place d’un geste lent et grossier avant de grimper à pied le Roquet du Palais. On est dimanche et la rue est pleine de vie. Ça va, ça vient, chacun à son rythme. Je ne bouge pas, j’éponge les instants jusqu’à en être gorgée. J’espère que rien ni personne ne viendra m’essorer. En revanche, m’étreindre, pourquoi pas.

 


Samedi 6 mai 2017

Journal aléatoire #74
 

Mariage pluvieux, mariage heureux, il parait. Je leur souhaite ! Sur le parvis de la mairie de Laval, une jeune femme enrobée de blanc tournoie sous le gris des nuages. La pluie s'interrompt quelques minutes, juste le temps d'une vague d'applaudissements joyeux. Sous l'abribus, cinq vieilles dames alignées, front collé à la vitre, observent la scène avec des yeux d'enfants. J'aurais aimé pouvoir les photographier. Garder une preuve de leur petite joie tendre, de la douceur de leurs sourires. Je n'ai pu que les envelopper dans le voile de ma mémoire aussi délicatement que possible pour tenter de les redessiner avec des mots. Regarde comme elles sont belles !
 


Vendredi 5 mai 2017

Journal aléatoire #73
 

Fenêtre de la grande pièce ouverte quelques minutes, comme tous les soirs avant d'aller dormir. Pour écouter dans le silence de la ville endormie le bruit de la Mayenne qui se répercute sur les murs du château et me fait croire à la proximité de la mer. Ce soir, c'est la pluie qui l'emporte. Une histoire d'eau, encore, malgré tout. Une pluie lourde, lente, patiente. Du genre qui rince avec tendresse la pierre et les humeurs.
Puisque le roman est terminé - même si je ne cesse d'y revenir, trifouiller les phrases, chercher une fluidité que je ne trouverai jamais parfaite - je m'en retourne en territoire de poésie avant la fin, très proche, de la résidence. Le recueil "Insomnies" qui est complet mais imparfait. Cessera-t-il de l'être ? Et puis, bordel, c'est quoi, la perfection? Simplement l'envie de lui donner une allure meilleure. L'aboutir et l'accoucher dans une forme viable. Le déposer dans les bras d'un éditeur bienveillant - ou pas.
Ce matin, à Nantes, j'ai rencontré des lycéens. Il y a eu cette question : avais-je d'autres projets, maintenant le roman terminé ? Oui, toujours ! Des tonnes. Je produis plus que je ne propose. Beaucoup plus. J'écris pour respirer. Mes pattes de mouches, ma ligne de (sur)vie. C'est juste parfois difficile de sortir tout ce fatras de mes tiroirs. Les peurs, les incertitudes, le doute de soi. Ca fait aussi partie de l'écriture, le jour on l'on choisit de se laisser lire (et il m'a fallu bien du temps).
Il pleut toujours. La Mayenne court toujours. Le bruit de l'eau momentanément couvert par les chants d'une bande de jeunes joyeusement éméchés qui remonte la rue. Leur petit bonheur éthylique s'envole jusque ma fenêtre. Je flaire, j'écoute, j'éponge. On n'en a jamais trop, du bonheur. Jamais ! Parait qu'il ne nourrit pas le poète. Moi, je me nourris de tout. Je ne dois pas être poète et finalement, et je m'en fous. J'ai l'épiderme qui supporte mal les étiquettes.

 


Jeudi 4 mai 2017

Journal aléatoire #72
 

Nantes. Pas eu le temps de visiter la ville, mais je reviendrai. Probablement écouter le Midi-Minuit. De belles rencontres. La joie de retrouver Sophie G. Lucas, l'émotion pendant sa présentation. Le plaisir de mettre un visage sur des voix virtuelles échangées depuis plus de dix ans. En guise clin d'oeil à Jany, j'ai photographié les pieds de Magali et Sophie avec mon téléphone (rien de mieux sous la main) mais ne parviens pas à les transférer sur l'ordi, foutue technologie. J'appréhendais la lecture des textes de Brautigan. Finalement, je pense ne pas m'en être si mal sortie (parait-il). En tout cas, j'y ai pris du plaisir. Le plaisir du partage.

 


Mercredi 3 mai 2017

Cher Richard,
 

Demain, je t'emmène à Nantes. La météo n'annonce pas de pluie en amour, tout devrait bien se passer. A moins que la pelouse décide de se venger. Mais ne t'en fais pas, on lui collera le privé de Babylone aux trousses. Et si ça tourne mal, on ira pêcher des truites et balancer des sombreros.


Mardi 02 mai 2017

J'emmerde les origamis [new]

Il y a probablement
un lien entre
plis et âge
 


Lundi 01 mai 2017

Journal aléatoire #71

Oui, je l’ai déjà dit, écrit, rabâché : je suis lente. Du genre à manquer de répartie. A trouver une réponse valable trois jours après qu’on m’a posé la question. Je repense à une table ronde qui a eu lieu samedi au festival du premier roman ici, à Laval. C’était riche, instructif. Très sérieux. Et, comme une nouille, j’ai raconté quelques conneries. Pourquoi ? Pas seulement pour faire marrer les gens, mais parce que souvent, je ne me sens pas à la hauteur, sans doute. A la hauteur de quoi, au juste ? Je réalise, en léger différé, que ce n’est même pas ça. J’ai une certaine conscience de qui je suis. Mais également de qui sont les autres. Et une chose me tient particulièrement à cœur : ne jamais oublier que nous ne sommes tous que des humains (qui font pipi et caca, oui, je sais, ça ne se dit pas autour d’une table ronde littéraire, mais après tout, pourquoi pas ?). J’ai conscience, et je comprends – vaguement – les politiques culturelles. J’ai conscience de ce que peut apporter un artiste. Mais, bordel, les cases, les étiquettes, les images et les jugements de valeur me font royalement chier ! Je déteste tout autant le mépris envers certaines professions (on ferait quoi, sans les éboueurs, hein ?) que la glorification d’autres (les médecins qui se prennent pour des demi-dieux, ça m’irrite franchement l’épiderme). Tout ça pour dire quoi ? Juste ce que je n’ai pas réussi à exprimer samedi : je refuse d’être autre chose qu’un humain. On a tous des choses à partager, à apprendre les uns des autres. Nous sommes minuscules et gigantesques. La vie me semble trop courte pour se prendre au sérieux, même si c’est une chose terriblement sérieuse, même si certains sujets sont cruciaux. Et je suis bien contente que certains se donnent du mal en politique (qu’elle soit culturelle ou humaniste), mais je pense que si on savait simplement un peu mieux, et surtout avec plus de simplicité, s’aimer et se respecter les uns les autres, sans trop se prendre au sérieux, on se faciliterait ces quelques années d’existence qu’on doit tous traverser. [ps: jours précédents à venir mais ce n'est encore qu'à l'état de brouillon-très-brouillon dans mon carnet]
 


Jeudi 27 avril 2017

Journal aléatoire #67
 

Les fleurs bleues en bas de l'immeuble ne cessent de s'épanouire. Me prend parfois l'envie de m'envoler depuis la fenêtre jusqu'à leurs bras. Evidemment, je manquerais mon coup, les branches du buisson m'écorcheraient, et je ne sais pas voler. Je ne suis pas un oiseau. Encore moins de mauvais augure.


[Rue du Val de Mayenne, Laval]

 


Mercredi 26 avril 2017

Journal aléatoire #66

Au détour d'un clic vers un article, le gentil VRP du World Wide Web cogne à ma porte virtuelle.
Il me propose aimablement ceci à côté d'une montre que je ne pourrai jamais m'offrir :

Est-ce à dire que c'en est fini de moi, que mon heure est venue ?
Ou au contraire que l'instant est mien, qu'il est temps de le savourer ?
Dans le doute, tu l'auras deviné, je savoure. Tout.
Jusqu'au au plus petit grain de poussière de joie.

 


Mardi 25 avril 2017

Journal aléatoire #65

Hier, j'ai croisé l'existence de Naima dans le train. Une fille hors norme et fabuleuse. Ce matin, j'ai écrit avec des patients et des soignants de l'hôpital de jour. Ce soir, j'ai bu un verre de vin avec des gens d'ici, on a ri, c'était bon. Voilà comment quelques mots à peine peuvent enfermer, minimiser, une charge émotionnelle extrêmement intense. On oublie souvent la puissance des mots. La puissance du silence, aussi. La beauté de l'écriture, c'est qu'elle contient les deux à la fois. Le dire et le taire. Je disais récemment en atelier que l'écriture me semblait être un des médias créatifs les plus puissants. Parce qu'il peut dire et ne pas dire. Montrer ou simplement suggérer. Parce qu'on peut y faire appel à tous les sens (y compris l'odorat). Tu vas penser que je défends mon truc. Mais non, en fait : j'y crois réellement ! Les mots, on n'a pas toujours idée de la force qu'ils possèdent (tant mieux, tant pis, tout dépend de la manière dont on s'en sert)

 


Lundi 24 avril 2017

Journal aléatoire #64

Retour à Laval. Sous un superbe ciel bleu, comme les fois précédentes. Le temps va se gâter, il parait. Peu importe, tant qu'il m'accueille avec cette bienveillance. Semaine très chargée en prévision. Quelques messages de bienvenue en Mayenne sur mon tel. Ca m'enfle le coeur. Délicieusement et douloureusement. Parce que je sais que c'est la der. Les trois dernières semaines ici. J'arrive à peine et je pense déjà à la fin. Le futur est un enfoiré, autant que le passé. Je veux être amie intime avec le présent. On a du mal à s'apprivoiser, je crois.
Presque nuit. Une chauve-souris tourne en cercle de plus en plus étroits autour de la fenêtre de ma salle de bain sous les toits. Est-ce qu'elle tente de m'apprivoiser ? Qui a peur de quoi ? Peut-être que je déteste qu'on me pose des questions parce que je m'en pose trop à moi-même. Le soir est beau de cette beauté qui ne cherche pas à en foutre plein la vue. Je le prends dans mes bras.
 


Dimanche 23 avril 2017

L'humeur du dimanche : Et même si les jours ne sont pas parfaits... (alors, les redessiner)


[Une chouette reprise par my dear friend Kev - avec sa jolie Kiva en guest dancer]

 


Mardi 19 avril 2017

Mot barré #60


Lundi 18 avril 2017

Mot barré #59


Dimanche 17 avril 2017

L'humeur du dimanche : Ce que je désire
 

"Écrivez ce que vous désirez écrire, c'est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant des jours. Mais sacrifier un cheveu de la tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelque maître d'école tenant une coupe d'argent à la main ou envers quelque professeur armé d'un mètre, c'est commettre la plus abjecte des trahisons." [Un lieu à soi de Virginia Woolf]
 


Jeudi 13 avril 2017

Trace de poète
 

Est-ce que ça laisse des traces, un poète? Si oui, quel genre? Des empreintes de pas sur le sable,  effacées par la prochaine marée? A quoi ça sert, les traces? ça raconte quoi, un fossile de mots? C'est minuscule et gigantesque, comme le reste, la vie. Tout dépend du point de vue. Bref, demain, je serai à L'Isle-sur-Sorgue (qui planque dans ses ruelles une partie de mon adolescence, le lycée Benoit, le bar du lycée, les parties de belotte et de baby-foot) et j'y lirai des extraits de "Lame de fond". C'est un beau festival, et je suis heureuse, émue, d'y participer.

 

Lundi 10 avril 2017

Transport en commun des mortels

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
Assise - debout - couchée
Obéir à un silence parfois trop autoritaire
Faut éviter de me donner des ordres, tu sais
Ca aiguise le double tranchant de ma docilité

J'ai un aller simple, comme tout le monde
Je prends le transport en commun des mortels
Une peine perdue, dix de retrouvées

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
La lune s'était collé une étoile en forme de grain de beauté
Pas une raison pour frimer
Moi aussi j'ai un grain
Moi aussi je suis pleine, de temps en temps

Parfois, je meurs d'envie de vivre
Il y a des paradoxes plus doux que d'autres
Je crois que je cours à ma perte de vue
 


Dimanche 9 avril 2017

L'humeur du dimanche : Ce genre de feu


[Deux titres du superbe dernier H-Burns, "Kid we own the summer"]

 


Mercredi 5 avril 2017

J'emmerde Saint Thomas [new]

Je ne crois
que ce que
je rêve

 


Lundi 3 avril 2017

En banlieue de la barbarie

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Pas débordé de la case, non plus
La diagonale du lit en diagonale du fou
Parfois, la réponse est dans la question
(bien planquée)
On cherche pas trop, non plus, c’est risqué
Imagine, si par malheur on parvenait à être heureux

Faudrait arrêter de vouloir pleuvoir par-dessus les nuages
De tenter d’escalader plus haut que le ciel
Il est où, le toit du monde ?
C’est quoi, la vie ?
Qu’est-ce qu’on peut se poser comme questions

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je jouais à être le grain de poussière qui refuse de se poser
Qui danse dans les bras infatigables du courant d’air
Est-ce le mouvement qui compte ?
Ou la loi de la gravité de la situation ?
Mathématiquement parlant, même les angles meurent
Et j’ai parfois la présence d’esprit aux abonnés absents

Je ne suis sûre de rien, mais prête à tout
La réalité augmentée distord les sens ordinaires
Et sans ciel, vers quoi lever les yeux ?
J’ai la sagesse mathématique, plus ou moins l’infini
De toute manière, on habite tous en banlieue de la barbarie
 


Dimanche 2 avril 2017

L'humeur du dimanche : Résister

 


Samedi 1er avril 2017

C'est pas un poisson

C'est pas une blague non plus, juste une simple vérité douce : Surgères, c'était bon et beau. Le lycée, la bibliothèque, des personnes lumineuses (et un gand lit de princesse - sans petit pois). Voilà. C'était court, aussi, alors je reviendrai parce que j'ai le sentiment long, plus long qu'une torsade ADN. Un immense merci à Brigitte, Edith et Tatiana. A Cendrine et Marie. A Angélique Condominas que j'ai été heureuse de rencontrer en vrai. A toutes les personnes présentes et à l'écoute. Et à bientôt!

 


Jeudi 30 mars 2017

Printemps poétique à Surgères

Après-midi train en direction de Surgères ou je rencontrerai des lycéens demain matin, puis une lecture en soirée à la médiathèque. Comme toujours,je sais que mes mains vont trembler. Parfois, j'en ai honte, je m'engueule en pensées. D'autres fois, je me dis que ce n'est pas un drame, qu'on me prendra comme je suis (timide, donc).
On m'a annoncé que des lycéens s'étaient enregistrés lisant mes poèmes et que ce serait diffusé en lieu et place des sonneries d'interclasse du lycée pendant deux semaines (classe ! j'en suis toute émue), je découvre que Catherine de la Librairie des Thés à lu quelques "J'emmerde..." sur l'antenne d'Hélène FM et que ces micro poèmes sont décris comme "un spray antidépresseur". J'ai une chambre de princesse dans une auberge, avec porte-fenêtre donnant directement sur un superbe jardin. Pour tout un tas de raisons valables, je pourrais affirmer que ma vie est à chier en ce moment et depuis quelque temps, mais je suis irrécupérablement du côté de ceux qui voient le verre à moitié plein. Là, j'ai quatres oreillers pour moi toute seule dans un lit king size à baldaquin, alors, je te le dis, ne baisse jamais les bras. Les merdes, on s'en débarasse (au pire, c'est bio-dégradable), mais les surprises, il s'en trouve toujours une pour te cueillir au moment où tu t'y attends le moins !
Bref, si t'es dans la région, viens à Surgères demain (en plus, la bibliothèque est dans le parc du chateau, c'est beau et j'y ai croisé un chat en quête d'affection)


 (+ lien printemps des poètes)

 


Mercredi 29 mars 2017

Poids plume et les mots nomades
 

Ils sont arrivés at home en mon absence : un beau bouquet de poésie, mini par la taille, grand par le contenu. Je suis heureuse qu'Angélique m'ai proposé de participer à l'aventure Poids Plume. Une initiative à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas ! (vas-y clique) Du pur partage, c'est beau. C'est précieux.


(image des poids plumes)

 


Mardi 28 mars 2017

Prix des découvreurs

Y a des trucs, comme ça, qui rendent heureux, immensément. On m'a annoncé il y a peu que "Lame de fond", paru en mars dernier aux ed. La boucherie littéraire, faisait partie de la sélection du Prix des Découveurs. Ayant lu et adoré une bonne partie des autres titres de la sélection, je me dis que mon recueil n'a que peu de chances d'être finaliste (pardon à l'éditeur). Mais ce qui me réjouis dans l'aventure, c'est que les lecteurs sont des lycéens, et je sais que je vais pouvoir les rencontrer, échanger avec eux. Et ce ne sera pas la première fois, je le fais régulièrement depuis un bout de temps. En tout cas assez longtemps pour savoir qu'ils sont beaucoup plus sensibles à la poésie qu'on ne l'imagine. Et ces rencontres sont pour moi des moments de partage intenses et merveilleux. Alors, bon sang, des initiatives comme "Le prix des découvreurs", je les salue avec mon coeur, pas avec mon front! Parce que c'est pas une question de courbettes, c'est juste de l'amour pur, et j'ai pas envie que ça devienne une dénrée rare!


 


Lundi 27 mars 2017

J'emmerde les tueurs en série [New]

Mefie-toi
Je suis plus fatale
Que je n'en ai l'air

 


Dimanche 26 mars 2017

Journal aléatoire #63
 

 Rétrospective en images (mais je ne te montre que la partie visible de l'iceberg)



Pour le reste, les gens, mes humeurs, les petits gestes et les grandes idées, tu en trouveras des traces dans ce que j'ai écrit ces derniers jours. Faut pas tout dévoiler, non plus. Ce serait indécent. Et si tu es curieux, saches que ces images représentent le tout petit périmètre dans lequel je vis ici. Oui, c'est magnifique! Même si le ciel n'est pas toujours bleu. Les gens du coin, je crois, ont un soleil dans les yeux et dans le coeur. C'est délicieux!
 

 


Samedi 25 mars 2017

Journal aléatoire #62
 

Quand j’ouvre les fenêtres de l’appartement côté château, dans la grande pièce au parquet qui grince, j’entends la course de la Mayenne comme si elle était là. Le roulis de la petite cascade sur le barrage. Son chant qui se réverbère sur le vieux mur de pierres. Je ne vois pas l’eau, je la devine. Je la sais. Elle me parle. Me rassure, me bouscule gentiment.
Voilà. Ça sent la fin. Ça a des gueules de dernière ligne droite (et j’ai toujours eu une préférences pour les virages imprévus). Demain je m’en vais pour ne revenir qu’une dernière fois ici. C’est ce que je me dis, c’est ce qui est prévu. Mais qui sait, après tout ? L’avenir est une matière molle. Je me suis surprise à regarder les annonces immobilières, l’autre jour. Une bibliothécaire m’a dit la semaine dernière « La Mayenne, on y vient par hasard et on y reste par amour ». J’ai pensé, oui! C’est exactement ça !

 


Vendredi 24 mars 2017

Journal aléatoire #61
 

Enfin pu aller visiter le musée d’art naïf cette semaine. Pénétrer le ventre du château qui veille sur moi chaque jour que je passe ici. Dans la salle d’honneur, découvrir l’exposition temporaire consacrée à Albert Lefranc. Entrer dans son univers avec une facilité déconcertante. Peut-être à cause des couleurs, de la géométrie, de ses images de la Bretagne, de la Mayenne. Ou peut-être par l’intermédiaire de ce lien avec certaines photos d’André Kertesz, photographe que j’adore. Avant de sortir de la salle, je lève le nez et découvre un plafond superbe et surprenant. La longue voute entièrement faite de bois me donne l’impression d’être sous la coque d’un bateau retourné. Je reste là, à observer un moment. Moi, toute petite dans le ventre d’un bateau lui même lové dans le ventre du château. « Tout va bien, madame ? » M’a gentiment demandé la gardienne de l’expo. J’ai rougi. Ça faisait quelques mois que ce n’était pas arrivé. J’ai pensé que les joues des poupées russes étaient souvent peintes de cette couleur. Un détail idiot et rassurant. Est-ce que je suis la toute petite poupée dans le ventre des autres ? Celle qui ne s’ouvre pas ? Ou est-ce qu’il s’en cache d’autres à l’intérieur de moi ? D’autres histoires à découvrir, à écouter ? Oui, je crois. Je les sens, je les entends.
Ce soir, une jeune femme passe sous mes fenêtres. Un carton de pizza dans une main, son téléphone dans l’autre, le pouce textotant agilement. Un message d’amour ? Puis le carton bascule, elle tente de le retenir. Trop tard. Il s’étale sur le pavé, à l’envers, forcément, avec sans doute le fromage encore chaud qui colle salement au couvercle. Un beau gâchis, foutue Murphy et sa loi à la con ! Pour la peine, j’irai boire une pinte à sa santé tout à l'heure avec les copains, et je lui demanderai d’arrêter d’enquiquiner les gens.

 


Jeudi 23 mars 2013

Journal aléatoire #60
 

La journée arrive au virage de sa dernière heure et je regarde les vingt-quatre qui ont précédé. Hier soir, dernière séance d’atelier d’écriture à la bibliothèque Albert Legendre de Laval. Une petite joie exubérante dans le partage des écrits, les progrès évidents des participants aux trois séances. Un condensé d’émotions de toutes les couleurs, puis la promesse de se revoir pendant le festival, fin avril.
Redescendre la ville, Grande rue, rue du Val de Mayenne. Puis quelques verres partagés avec Fred après son entrainement de hand (grâce à lui, je m’entraine au levé de coude, parait que je montre un certain talent dans la discipline, pas de quoi fanfaronner : la victoire n’aurait rien de glorieux). Et enfin remettre le nez dans les papiers, relire, m’endormir aux premières lueurs du jour, me pointer pas très fraiche à la crêperie. Déjeuner avec Sophie, Carole, Brigitte et Fred. Après-midi serein à Sainte Suzanne, soirée au Jaja Divin qui sera fermé définitivement lorsque je reviendrai.
Finalement, résumer, c’est facile avec les mots. Pourtant, j’ai ces vingt-quatre heures qui débordent largement de la page, qui me pèsent sur le coeur, lourdes et délicieuses comme un édredon de grand-mère.

 


Mercredi 22 mars 2017

Journal aléatoire #59
 

Il y a des mains que je peine à lâcher. Celle de mon roman, en particulier. Oui, il est terminé. Non, il n’avance pas encore tout seul. C’est pas en lui que je n’ai pas confiance, mais en moi. Lui ai-je tout donné ? Ce genre de tout qu’on ne donne qu’à ses enfants ? J’attends le retour de quelques lecteurs-pilotes, avec la trouille au ventre. L’impression d’accoucher plusieurs fois. La répétition des douleurs, l’épuisement, relire encore, polir la langue à coup de caresses rugueuses, et cette saloperie d’à-quoi-bon qui se fout de ma gueule, me rit au nez. Dans Lame de fond, j’écrivais « Tout n’est que commencement ». Prise à mon propre piège, j’aimerais parfois que les choses cessent enfin, sans le souhaiter vraiment. Je ne suis plus à une contradiction près.

Une question me revient. Celle posée samedi matin, à Craon. Est-ce que la souffrance pousse à écrire, à créer (quelle que soit la forme de création) ? Une question que je vois/lis/entends souvent. Une question qu’il m’est arrivé de me poser sans trouver de réponse. Tenir ce journal (aléatoire, parce que l’obligation n’est pas mon amie) m’y ramène ce soir. Ici, ça va, pourrais-je dire en forme de clin d’oeil à Thomas Vinau (un de mes auteurs vivants préféré). Pourtant, j’écris. Certes, je continue de triturer le roman, mais j’écris aussi sur des petits riens comme sait si bien le faire Thomas. Des joies à la taille d’une poussière. Des grains de peu qui forment discrètement un grand tout. A la réflexion, et avec quelques jours de retard, j’aurais pu répondre à cette question qu’on m’a posé : l’écriture et le reste, ce qui nous pousse, vient sans doute de plus loin qu’une éventuelle douleur. D’un lieu qui n’existe pas, d’un endroit en soi vierge de tout et où l'on oserait enfin laisser pousser les herbes, bonnes ou mauvaises.

Déjeuner improvisé avec Luc, mécène du prix du deuxième roman organisé par Lecture en Tête. Cette première impression que nous ne sommes pas du même monde, lui et moi. Puis écouter, partager. Observer - ou tenter d’apercevoir - la vie à travers ses mots, son regard. Découvrir qu’en fin de compte nous sommes tous constitués des mêmes matériaux et que les étiquettes ne nous empêchent pas de rester tous humains, si on s’en donne la peine.

 


Mardi 21 mars 2017

Journal aléatoire #58
 

Un grand ciel bleu me salue ce matin au travers du velux. Habiter sous les toits, en pleine ville : des nouveautés auxquelles je me suis habituée avec une joie et une facilité déconcertantes. Promenade sur les bords de la Mayenne aux heures fraîches du jour. Respirer l’ici, regarder le maintenant. Ecouter, flairer.
Avant de bifurquer rue Alfred Jary pour rentrer, je m’accoude aux quais. Le bruit de la petite cascade sur le barrage, comme des vagues en mode repeat. J’aimerais vivre au bord de l’eau. De préférence au bord de la mer. Je le sens, depuis toujours. Pas de raison valable, pas d’explications mathématiques. C’est un fait.
Dans le rouleau d’eau qui cavale, quelques bouteilles en plastique et un ballon blanc qui tourne, s’éloigne, s’enfonce, revient. Combien de fois sous mes yeux ? Je perds le compte et la notion du temps. Paisiblement hypnotisée.
Tout va bien, je me dis. Ça tourne en boucle, ça aussi. Ce tout va bien. Comme pour me convaincre.
Le jour s’étire, m’offre en après-midi une ballade impromptue avec Michel et Dolly dans les jardins de la Perrine. Combien de temps ? Puis un verre en terrasse. Combien de temps ? C’est souvent comme ça : on se fie au nombre de tours des aiguilles sur le cadran, à l’inclinaison du soleil. On compte, on rationalise. Je suis la première à le faire. La première à le regretter aussi. La vie comme un putain de problème d'algèbre!
J’envisage parfois de rouiller les aiguilles et tordre le cou de cet enfoiré de soleil. Au lieu de ça, comme tout le monde, je laisse filer sans rien dire. J’enregistre l’instant, me le rediffuse en projection privée. Parfois, je déforme l’image, je réinvente, je réécris. C’est rien, les mots. C’est tout aussi. Une certaine forme de liberté, comme l’eau qui coule : toujours pareille, jamais la même.

 


Lundi 20 mars 2017

Journal aléatoire #57
 

Dernière séance de l’atelier Fanzine à Loiron. Officiellement 20h-22h, mais suite à un cafouillage et une séance passée à la trappe, on s’est donné rdv à 19h, histoire d’avoir le temps de terminer l’objet. Histoire aussi de partager quelques douceurs. Des saveurs en lien avec la thématique de l’atelier, hein, faut pas croire ! Il y a même une galette des rois, plus savoureuse en mars qu’en janvier. Je repars à presque minuit, des goûts, des livres et des prénoms plein la tête. Est-ce qu’ils savent, tous ces gens que je rencontre, qu’ils feront désormais partie de ma vie ? A quoi bon ? Ça ne changera pas la leur. Je rentre avec le bouquet que Marie-Claude m’a offert. Jonquilles et quelques branches de forsythia je crois. Bouquet couleur soleil. Un morceau de son jardin, dans ma lumière d’ici. C’est con de s’émouvoir si facilement, tu me diras. Je te répondrai, non je ne crois pas. Ça peut être handicapant, parfois, et merveilleux d’autres fois. L’équilibre se rétablit sans l’aide de personne, avec celle de tout le monde. A notre insu, souvent.

 


Dimanche 19 mars 2017

Journal aléatoire #56
 

C'est pas l'humeur du dimanche (ça sert à rien d'en parler, toi aussi tu connais) mais juste quelques infos en vrac, des revues, des lectures prévues, encore des prétextes pour partager un moment : Une participation à la très chouette Revue L'Ampoule (l'exercice jouissif du cadavre exquis) et un passage poétique à Surgères très bientôt (c'est le printemps, il parait!), puis au festival Trace de poètes mi-avril à L'Isle sur Sorgue (mes années lycée). Des détails complémentaires à venir bientôt, mais là, faut pas m'en vouloir, j'ai mis la manette sur position ralenti. En plus, il fait doux au-dessus de la Mayenne.

 


Samedi 18 mars 2017

Journal aléatoire #55
 

Café littéraire à Craon ce matin. Le plaisir de retrouver (une partie de) la joyeuse troupe des participants à l’atelier d’écriture que j’y ai animé. Petite bouffée de bonheur. Faut pas croire, je reçois au moins autant que je donne. C’est ce qui m’anime, quand j’anime : l’idée de partage.
Déjeuner partagé avec Myrtille qui m'accompagnait ce matin. Un plat de pâtes improvisé et pas mal de mots avant l'heure de son train. L'encourager dans ce qu'elle fait, pas par politesse ni hypocrisie, mais pour cette vibration qui l'habite en beauté et qu'elle ne doit pas laisser mourir à cause du doute.
Une belle journée, puis là, ce soir, tout se casse la gueule. C’est con, ça enfle, ça bouffe l’espace vital. Ça me grouille en dedans comme un cafard à mille pattes. C’est gros, parfois, les insectes. Surtout le cafard. Le bourdon, au moins, ça s’envole. Là non. Ça cavale, ça poisse grave. J’ai la nostalgie par anticipation. Ce n’est pas le chez-moi qui me manque. Je sais que je vais le retrouver. C’est l’ici que je regrette déjà alors que j’y suis encore. Oui, c’est stupide. Je tente de me raisonner, ça ne marche pas. Il n’y a que le bruit des pas de la bestiole qui résonnent. J’attends un coup de fil, un signe, un hameçon à mordre. Ça ne vient pas. Alors j’écris. Finalement, c’est aussi bien. Je suis là pour ça, après tout. C’est un truc qui s’apprend à la longue : voir le bon côté des choses.

 


Vendredi 17 mars 2017

Journal aléatoire #54
 

Saint Patrick. Je pense aux amis Irlandais par chez moi, à Valence. Le Penny Kenny. Je suis un peu avec eux par messagerie interposée. Je suis beaucoup ici aussi. A l’O’Regans, forcément. Pour le resplendissant sourire d’Emily et pour la Red Murphy. Quelques potes du cru et quelques rencontres imprévues. Une Nantaise amoureuse de l’Irlande avec laquelle je parle musique et voyages. Deux messieurs dont l’un serait un tueur régional promettant de ne me faire aucun mal. L’autre, plus réservé, profite de l’absence de son compère pour me raconter un peu sa famille, son père pianiste, ses frères et soeurs devenus musiciens. Lui, il ne joue d’aucun instrument, il préfère écouter. J’aime sa timidité exubérante. Il sort deux CD de sa poche intérieur, me les conseille. Il sourit doucement. Jean-Pierre, il s’appelle.
Quel que soit le lieu ou le moment, les gens me parlent. Souvent. Facilement. J’ai fini par le remarquer. J’ignore pourquoi. On me demande si je me sers de tout ce qu’on me raconte dans les histoires que j’écris. Non, je ne le fais pas. Ce serait "de la triche". En revanche, tous ces mots, toutes ces confidences, me nourrissent l’imaginaire. Et me rappellent aussi que même si j’en hais certains, j’aime décidément l’humain.

 


Jeudi 16 mars 2017

Journal aléatoire #53
 

Sophie me propose un piquenique ce midi dans les jardins de la Perrine. Je suis forcée de décliner. Le grand ciel bleu me nargue. C’est ainsi. J’en parlais lundi en atelier d’écriture : il faut apprendre à apprivoiser la frustration. S’en faire une ennemie douce.
Dans l’après-midi, Carole passe prendre un café. On parle de musique (son CD sort bientôt), d’écrits, de danse. Sa difficulté à s’exprimer intimement avec les mots dits, mon incapacité à gérer les mouvements de mon corps. Le ciel est doux, la fenêtre est grande ouverte, le moment est paisible et puissant à la fois. J’ai les pensées qui, comme souvent, me parasitent la spontanéité. J’écris, mais moi non plus, je ne sais pas trop dire. Carole est belle de cette beauté que les mots peinent à exprimer. Elle le sait sans le savoir et cette inconscience la rend plus superbe encore.
Décidément, j’aime les gens. Oui, je me répète. Mais il y a des choses qui doivent être énoncées d’une manière ou d’une autre, surtout si elles ne sont pas dites. Plus tard, je rejoins Fred, juste après le concours de bouchons au Jaja Divin qui ferme bientôt. Dommage pour Laval. Le vin est délicieux. Le moment tout autant. Discussions du soir à refaire le monde qui continue sa course sans nous écouter. C’est pas plus mal. On parle pour ne rien dire parfois, mais surtout pas pour ne rien faire.

 


Mercredi 15 mars 2017

Journal aléatoire #52
 

Atelier à la bibliothèque Albert Legendre à Laval. Cette petite joie du groupe qui s’est noué dès la première séance. Attendre les retardataires en bavardant. A la même heure, un atelier philo dans une autre salle de la bibliothèque. L’animateur bouquine. Son air serein, ses boucles d’oreilles, son allure de rock star. Il est prof. J’aime ce rappel permanent à ne surtout pas se fier aux apparences. Ce soir encore, le partage est doux et vivifiant. Siroter le plaisir d'écriture des participants en me disant que le langage et les mots sont une foutue belle invention humaine. Une des rares, peut-être.
 


Mardi 14 mars 2017

Journal aléatoire #51
 

Ces journées à ne rien faire d’autre que transformer les petits vides en vastes plénitudes. Observer, retranscrire, modeler, transformer. Est-ce qu’on invente réellement quoi que ce soit, quand on écrit ? Je l’ignore. Tout n’est que vie. Il y a des écritures qui sonnent creux, comme trop savamment fabriquées. J’aimerais que la mienne résonne comme un ventre bien nourri, tendu et tendre à la fois. Alors je mords la chair de l’ordinaire quotidien. Les meilleurs morceaux sont souvent planqués dans les détails.
 


Lundi 13 mars 2017

Journal aléatoire #50
 

Atelier Fanzine à Loiron. L’objet prend forme. Le plaisir de savoir qu’il résultera de ces séances un objet concret et pas seulement des mots envolés. C’est con, le concret, mais parfois ça rassure. On fabrique. On ne fabrique pas plus qu’un pet d’étoile filante et, à notre échelle, ça semble énorme. Même l’importance de la relativité semble relative. Et c’est ce qui donne toute sa valeur aux détails, finalement.
 


 

Dimanche 12 mars 2017

Journal aléatoire #49
 

Une semaine, déjà! Alternence de jours avec et de jours sans soleil. Le mien de soleil, celui qui me brille à l'intérieur, n'est pas toujours fidèle au poste, non plus. C'est ainsi. Je cache parfois ma météo intérieure sous un sourire bien dessiné.
Le bouquet que maman m’a offert s’épanouit lentement devant la fenêtre. Beaucoup de gens appréhendent les dimanches. Certains de mes personnages fictifs les détestent. Moi pas. L’absence de repères déroute, je le sais. Mais elle ne devrait pas paralyser. Je perds un peu pied dans la course du temps, égarée entre réalité et fiction qui s’enlacent jusqu’à m’en faire perdre de vue le corps de l’une et celui de l’autre. Le dimanche, tout est permis. Est-ce cette liberté à la fois totale et temporaire qui inquiète, qui déroute ? Est-ce que les questions ont toutes besoin de réponse ?
 


Samedi 11 mars 2017

Journal aléatoire #48
 

Il était question d’enfance, ce matin. Enfin, pas exactement, mais on s’est tous un peu rappelé les lecteurs que nous étions enfants. Café littéraire à Port Brillet, autour d'une table de croissants en forme de sourires. Chacun a pris la parole, plus ou moins, selon sa timidité. C’était doux et riche.

Il est question de soleil cet après-midi. Terrasse et ciel bleu. Une parenthèse de ralenti dans la course du temps. Un nuage de pigeons s’envole du toit voisin. L’intérieur argenté de leurs ailes brille au-dessus du château. Je les observe. Mon roman est terminé. En attente de quelques regards extérieurs m’aidant à dénicher ce qui peut encore clocher.  Je savoure la petite paix fébrile de cet interlude.
 


Vendredi 10 mars 2017

Journal aléatoire #47
 

Ce sont les vitraux que je repère en premier. Arrivée à Montaudin pour un café littéraire ce soir. Tout le village semble éteint, sauf la petite médiathèque au pied de l’église dont un grand vitrail est éclairé de l’intérieur. Le calme ambiant annonce une soirée en clair obscure. Très peu de présents pour la soirée, mais la taille a-t-elle la moindre importance ? Je n’y crois pas. Et tant pis si… Trois ou trente personnes ne changent rien à ce que je vais raconter.

Retour à Laval, pas loin avant minuit (la route est longue, surtout de nuit). Quelques rues à remonter avant de retrouver l’appartement. Je croise deux jeunes types visiblement éméchés et sur le point de se battre. En me voyant arriver, l’un dit à l’autre : Arrête de gueuler, on va faire peur à la dame ! Je leur souris, sans presser le pas, sans m’inquiéter. Mon calme semble les apaiser. On échange quelques mots. Ils allument une cigarette, me souhaitent une bonne soirée, s’en vont bras dessus bras dessous, la bagarre oublié. Je me dis, on néglige souvent le bien que l’on peut faire sans vraiment rien faire. Avec juste un peu de douceur.
 


Jeudi 9 mars 2017

Journal aléatoire #46
 

Le plaisir indicible de retrouver Perrine. L’envie immense de faire découvrir son talent d’auteure, partager mon plaisir à la lire. Le plaisir encore plus grand de constater que le charme opère sans effort, sans avoir à brandir le canon de paillettes. Le public est conquis (comment ne pas l’être?)
La résidence, ici, ce n’est pas qu’écrire ou parler d’écriture, c’est aussi, surtout un immense moment de partage. C’est avant tout de l’humain. Une curiosité de tous les instants. Des rencontres simples et vraies. Un détail après l’autre me fait apprécier toujours un peu plus ces trois mois que j’aurai passé à Laval avec Lecture en tête.

 


Mercredi 8 mars 2017

Journal aléatoire #45
 

C’est soir de foot à la télé, il parait. C’est aussi soir d’atelier d’écriture à la bibliothèque de Laval. Pour le nombre de buts marqués, j’en sais rien, mais pour le score au plaisir (parfois sportif) remporté, c’est tout vu : Ecriture à Laval 1 – Footeux de canapé 0. Oui, je manque sans doute d’objectivité, mais on n’est pas chez les journalistes, que je sache ! Certains tapent dans un ballon, moi je m’amuse à nourrir des envies d’écrire, à les regarder s’épanouir. C’est beau comme un jardin au printemps, toutes ces mains qui grattent le papier, tous ces rires, ces partages, ces mots qui se libèrent. Une sacrée victoire sur la grisaille et les alertes météo !

 


Mardi 7 mars 2017

Journal aléatoire #44
 

Ici, ça va. La météo en poupées russes. La pluie dans les nuages dans le bleu du ciel. En alternance. Dans le désordre. Les parapluies qui s’ouvrent, se ferment ou se retournent dans une rafale. Le château ne bouge pas. Je l’imite un peu, même si je n’ai ni sa taille, ni sa force. On aurait dit que je réécrivais la fable de La Fontaine. On aurait dit que ce serait "l’auteur qui veut se faire aussi solide que le château". On aurait dit que je ferais mieux de m’abstenir, parce que c’est une histoire qui finit mal. Et puis, un château, c’est bien beau, bien grand, mais moi, je ne suis pas faite de pierres.
 


Lundi 6 mars 2017

Journal aléatoire #43
 

Un grand pan de ciel bleu, comme une parenthèse, m’accueille à Laval. Comme les fois précédentes. Je photographie la vue, juste pour garder une trace, une preuve. Avant dernière session de résidence, déjà. Je me sens bien ici. Ecrire, principalement. Je fais peu d’autres choses en dehors des ateliers et interventions prévues. Par choix. Ma plénitude se reconstruit dans la solitude, dans les voix faites de mots sur papier. Je ne cherche pas à compliquer les choses, au contraire. Elles savent l’être sans mon aide. Une parenthèse, ça se savoure, ça se respire, ça inspire. La respiration, dans l’immobile, prend une autre ampleur. Je mesure le souffle. Je reprends le mien.

 


Dimanche 5 mars 2017

L'humeur du dimanche : Ce genre de sourire


[Photo Marlène T.]

 


Mercredi 15 février 2017

Cabaret poétique en provence

On se voit bientôt en Provence ? Plus d'infos ICI 

 


Lundi 13 février 2017

On en parlera demain

Je ne sais pas quoi prononcer d’autre que le silence, j’attends juste qu’il sorte de la pièce, retourne dans son bureau avec son alcool et son fatras de nourriture, qu’il retourne se saouler, se gaver à en déborder de sa peau, de cette vie dont il cherche constamment les limites pour n’avoir jamais gouté celles de la douleur vraie, gros, maigre, gros, maigre, sont les seules frontières qu’il connaisse, ivre, sobre, ivre, sobre, également, et son malheur virtuel, et ses souffrances fictives me font marrer, me font mal aussi, parce que je sais que s’il était confronté à du réel, celui qui cisaille, tranche les entrailles, il choisirait probablement de crever avant le coup de grâce, juste pour s’épargner quelques minutes de douleur.
Et il revient, la bouteille est vide ? l’assiette est vide ? il me regarde avec son air de je-sais-tout, son air d’oublie-pas-que-je-suis-le-chef, alors que, bordel, il n’est pas plus grand qu’un mouchoir d’humain plié en quatre, un morceau de vie plein de morve, et que je te chiale ma peine, mais la quelle, bordel ? vas donc te moucher, on en parlera demain !
 


Dimanche 12 février 2017

L'humeur du dimanche : facile !


Samedi 11 février 2017

Ainsi soit-il

Pour une lecture (tu vas te donner en spectacle ! – non, je ne me donne pas, j’offre autre chose, enfin j’espère, mais peu importe), on me demande de "faire un effort vestimentaire". Soit. Je comprends les mots. Effort. Vestimentaire. Bien. Ainsi soit-il. J’ai toujours eu une tendance docile sur les bords. Du coup, je remballe le duo jean + sweater ordinaire mais confortable et fouille dans les abandonnés de mes filles. Un genre de robe-pull, un petit blouson chopé aux soldes d’il y a cinq ans, une paire de collants encore potable et mes bonnes vieilles chaussures (il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas). Voilà. Mon reflet ne me ressemble plus, mais je suis prête à me donner en spectacle. Et peu importe, puisque ce n’est plus moi. Ce ne sera qu’un jeu dans lequel il s’agira prétendre se donner et être honnête alors que l'exigence de départ est biaisée. Il semblerait qu’en fin de compte ce soit ça l’important dans ce monde. Ne pas donner de soi, mais donner un soi, même ou surtout s’il est fictif. Il semblerait que quel que soit le paysage, seules les apparences aient de la valeur. Bien. Je resterai, tendance docile sur les bords, jusqu’à ce qu’un des moi un peu plus couillu que les autres se dégoupille la grenade pour m’envoyer voir ailleurs si j’y suis. Ainsi soit-il.
 


Mardi 7 février 2017

Mot barré #58


Lundi 6 février 2017

J'emmerde la ponctuation [new]

Quel est le point commun
entre un point final et
un point de départ ?
 


Dimanche 5 février 2017

Journal aléatoire #42
 

Petite rétrospective en images du quotidien. Non, les deux semaines passées ne se résument pas à ça. Oui, on y retrouve l'atmosphère, celle qui me guide patiemment dans la dernière ligne droite du roman.

On se retrouve sur ce canal à partir du 6 mars ! Et, d'ici là, malgré les aléas, si le quotidien le veut bien, quelques nouveautés.

 


Samedi 4 février 2017

Journal aléatoire #41
 

La faute à ma myopie -  on trouve toujours un coupable docile - j'ai dit bonjour sans savoir à qui sur le parking de l'Intermarché de Laval. C'est seulement en arrivant sur la petite esplanade devant les Cafés Etienne que ça m'est revenu. Le gars aux lunettes noires qui venait de me saluer travaille ici. On s'y était croisé lors d'un de mes précédents passages. En creusant un peu, je pourrais même me rappeler son prénom. Mais ma mémoire et moi, on est en mauvais termes, surtout celle à long terme. Enfin, ça, c'est une autre histoire. Oui, je suis pleine d'histoires, et ce n'est pas ce qui m'empêche d'en inventer d'autres - je ne vais pas me laisser dicter une conduite par un bout de matière grise, non plus! Toujours est-il que j'ai fini par me souvenir de ce jeune homme, sa présence à la fois chaleureuse et discrète. On se recroisera en mars, au même endroit, quand je reviendrai pour la prochaine soirée littéraire prévue avec Perinne le Querrec. Et je lui demanderai peut-être de m'excuser pour mon absence, ma trogne ahurie et mon "bonjour" un peu creux de ce 4 février, derrière Intermarché. Enfin, si j'ose - ça aussi, c'est une autre histoire.

 


Vendredi 3 février 2017

Journal aléatoire #40
 

Mathématiquement parlant, est-ce qu'il existe une ligne quelque part séparant le vrai du faux? Oui, je sais, je cherche la petite bête. Il n'empêche, je m'interroge. D'autant que, toujours mathématiquement parlant, je sais très bien que tout est relatif (enfoiré d'Einstein). Et, je l'ai même écrit quelque part : la vérité des uns n'est pas forcément celle des autres. Alors, partant de ce postulat, on fait comment pour marcher droit? Oui, je sais aussi, je (me) pose sans doute trop de questions. Mais c'est quand je n'en poserai plus, qu'il faudra éventuellement s'inquiéter. D'ici là, je compte bien continuer de creuser dans le terreau gras de la vie pour dénicher quelques racines de réponses. Y semer aussi des graines d'espoir en espérant qu'il en germera de l'utile ou du beau. Les deux à la fois, pourquoi pas - on est encore autorisé à rêver, que je sache!

 


Jeudi 2 février 2017

Journal aléatoire #39
 

C’est parfois à des détails qu’on remarque l’éloignement géographique. A des choses, somme toute, anodines. Ici, les gens ont des parapluies différents. De grands parapluies-cannes qui seraient incapables d’affronter le Mistral. Oui, il a plu ces jours-ci. Parfois de la vraie pluie, parfois ce crachin Breton que j’aime et qui te fait arriver devant des lycéens avec le visage brumisé qu’on connait dans le sud en été, quand la chaleur nous pousse vers la bombe d’eau minérale pour un oui pour un non.
La nuit est tombée sur une journée que je n’ai pas vu passer. J’étais en vadrouille quelque part dans le virtuel de mon roman. Un bref retour à la réalité avec Sophie, au moment du café, puis j’ai replongé. Tout l’après-midi, sans prendre le temps de m’attarder sur le gris. Une brève pause de nouveau en soirée, quand l’estomac rappelle à l’ordre. M’étirer, regarder par la fenêtre – toujours cet émerveillement de la vie en centre-ville. Un gars, malgré la pluie, s’obstine à monter-descendre-remonter la pente. Le Roquet du Palais. Il piétine un peu en bas, au moment du demi-tour. Son K-Way jaune qui gobe la lumière des lampadaires. Sa raideur aux épaules qui me rappelle les postures de Luc. Ce petit côté engoncé malgré lui. Sur son visage absent, mangé par la capuche, je colle le visage de cet ami. Je l’observe un moment tenir tête à la pente, encore et encore. Un jour, peut-être, raconterai-je à Luc les exploits de ce faux lui dans les rues de Laval.
 


Mercredi 1er février 2017

Journal aléatoire #38
 

"Et tu m'effleures avec juste tes mots"
Je lis les textes qu'une jeune fille timide m'a glissé ce matin à la fin d'une rencontre. C'est beau jusque dans les fissures d'une l'honnêteté qu'on apprend trop facilement à perdre. Les imperfections en miroir de la vérité. Non, il n'y a pas qu'une vérité. En tout cas, je me refuse à le croire. La vérité, tout comme la réalité, est aussi multiple que nous. Le nous sommes me semble préférable au je suis.
On dit souvent que l'écriture est un geste solitaire. Soi face à soi. Je n'y crois pas non plus. L'autre sera toujours une clé de voûte. Celle qui empêche l'édifice de s'écrouler. J'aime l'autre et je le hais parfois, mais je n'y suis jamais indifférente. En flânant dans les rues, j'observe, je dévore, je gobe l'autre, tous les autres. J'y plonge les yeux sans toujours comprendre, sans non plus forcément savoir ce que j'espère y dénicher. Rien, peut-être.
Est-ce soi qu'on cherche à retrouver dans le regard de l'autre ou est-ce l'autre qu'on tente de déchiffrer au travers de son propre regard ? Et cette questions a-t-elle la moindre importance ? L'un dans l'autre, si la réponse signe l'arrêt de mort d'une question, alors je préfère m'abstenir. Temps qu'il y a de l'interrogation, il y a de l'espoir.

 


Mardi 31 janvier 2017

Journal aléatoire #37
 

Une sophrologue, deux poétesses et un professeur sont dans un café pour parler de Brautigan. La réalité tombe à l'eau. Que reste-t-il ? Un petit moment simple et beau. Certes, ça ne s'est pas passé comme prévu. C'est vrai, les choses échappent souvent aux prévisions. Mais, si c'est - parfois - pour le pire, c'est aussi ce qui permet aux bonnes surprises de pousser un cri de joie en sortant des entrailles de l'ordinaire. Et il serait bien ingrat de notre part de nous en plaindre.

 


Lundi 30 janvier 2017

Journal aléatoire #36
 

Un chat en céramique entre les dents, voilà comment j'ai commencé la soirée. En mordant sur une fève. La galette me désigne reine. Est-ce un hasard si elle était fourrée aux pommes? Après un verre de jus (de pommes également - c'est un signe, aurait dit maman), j'embarque à bord de mon char direction la campagne Mayennaise pour un atelier d'écriture. Les chevaux fiscaux sont dociles. Brouillard oblige, j'y vais molo sur l'accélérateur. A défaut d'être véritablement reine, c'est encore moi qui tiens les rênes, avec les orteils du pied droit.

 


Dimanche 29 janvier 2017

Journal aléatoire #35
 

Parler de poésie (mais pas que) un dimanche après-midi à la médiathèque de Laval pendant que le pluie tombe discrètement, comme avec l'air de s'excuser. Rire, philosopher, s'extasier, partager. Non, la fin du week-end ne file pas forcément le bourdon, au contraire !
Rentrer presque quand la nuit tombe (tiens, il ne pleut plus!) me remettre au boulot. Je dis "boulot", parce que là, c'en est. Certes, le roman est terminé. Et pourtant non, il ne l'est pas. Les murs, le toit, les portes et les fenêtres sont posés, mais il faut encore faire les plâtres, les enduits, la peinture. Il faut tout reprendre, lisser, traquer les incohérences d'information, de ton, de registre de langue, améliorer le style ou, en tout cas essayer. S'atteler à tout ça en luttant contre le monstre qui débarque dans ta tête et demande : t'es sûre que cette histoire va intéresser quelqu'un? Non, on n'est jamais certain. Mais il est trop tard pour baisser les bras maintenant.
Et à part ça, ce soir, ce sera soupe en brique réchauffée à la casserole. Je sais, c'est pas toujours excitant, les dessous de la littérature contemporaine. Un peu comme les culottes en coton. Mais, bordel, qu'est-ce que c'est confortable. Et puis le glamour, ça va bien cinq minutes. La poudre aux yeux et dans les narines, c'est pas ce qui sauvera le monde. Tu me diras, les livres et les culottes non plus. Mais se glisser au lit, cul nu, avec un bon bouquin, c'est déjà un peu prendre la direction du bonheur, non?

 


Samedi 28 janvier 2017

Journal aléatoire #34
 

Il parait que les premières fois sont toujours un peu douloureuses. Aujourd'hui, j'ai été membre de jury littéraire pour la première fois et, je confirme, ça fait mal. Est-ce jouissif ? Oui, aussi, bien entendu. Et pour être honnête, le plaisir, je l'ai pris avant. En solitaire. Pendant la lecture des cinq romans en compétition. Cinq fois du bonheur avec des livres, tu penses bien que j'allais pas refuser le privilège! Mais j'avais pas réfléchis qu'après faut se transformer en juge, et sincèrement, je pensais que ce serait plus doux. Non, je ne joue pas les vierges effarouchées. Critiquer, classer, éliminer, c'est pas franchement mon truc, c'est tout. Il n'empêche que ce fut une expérience enrichissante, que j'y ai appris beaucoup, que j'ai retrouvé quelques personnes chères à mon coeur et rencontré d'autres qui méritent le détour. Et si tu te demandes de quoi je suis en train de causer, vas voir par ICI.
 


Vendredi 27 janvier 2017

Journal aléatoire #33
 

Ce matin, je me suis réveillée avec le bruit de la pluie sur les Vélux. J'ai remonté un peu la couverture et décidé de retourner la situation : en renversant ma chambre sous les toits, elle devenait une douillette coque de bateau. En fermant les yeux, je pouvais même sentir le roulis de la houle. Lorsque je les ai rouverts, le ciel s'était vêtu de bleu. Moment parfait pour me lever. La coque de bateau est redevenue toit, je pouvais marcher sur le plancher sans tanguer. J'ai fait chauffer un peu d'eau pour le thé. Pendant qu'il infusait, la pluie s'est remise à tomber. Plus tard, le soleil est venu glisser ses doigts entre les nuages. Plus tard encore, le ciel a enfilé un manteau gris. J'attends la suite des humeurs du jour. Peut-être que ce soir il empêchera la nuit de tomber, va savoir!

 


Jeudi 26 janvier 2017

Journal aléatoire #32
 

J'essaie. Oui, vraiment, j'essaie. D'esquiver un peu moins. D'aller un peu plus vers. J'ai une bonne excuse, cela dit : je ne suis pas ici pour m'amuser, papoter autour d'un café ou d'un verre de vin, m'essayer à la danse africaine (ah, diable ! si au moins il pouvait prendre possession de mon corps de temps en temps, celui-là!). Non, je suis ici pour écrire. Alors j'écris. Beaucoup. J'esquive beaucoup aussi. "Faudrait savoir ce que tu veux!" je me dis. Puis je me rétorque "J'arriverais peut-être à le savoir si tu me laissais penser en paix". Je me ris au nez.

 


Mercredi 25 janvier 2017

Journal aléatoire #31
 

Rencontre, aujourd'hui, avec des étudiants à l'UCO de Laval. Un moment simple et beau comme je les aime. Les timidités qui se bousculent, mais n'empêchent pas - jamais - la sincérité. Les questions qu'on me pose et qui me font m'en poser d'autres. De jeunes futurs libraires ou bibliothécaires, leurs yeux brillants d'amour des livres. Mes réponses probablement trop naïves parfois. Leurs rires lorsque je balance une connerie histoire de faire diversion, ne pas montrer à quel point je doute, à chaque instant. Ils me l'ont demandé eux aussi : à quel moment ai-je commencé à me sentir "écrivain"? Je leur ai dit la vérité. Et ça ne me gêne pas de me lever le matin en me sentant moi, juste moi, toujours la même. A quoi ressemble un costume d'écrivain? Quelle sensation laisse-t-il sur la peau? Je l'ignore. Tout ce que je sais, c'est que j'écris. J'écris comme je respire. Et dès que j'en suis empêchée, j'étouffe, je meurs un peu.

 


Mardi 24 janvier 2017

Journal aléatoire #30
 

Les petits couacs, les aléas, les imprévus. Parfois, ça ne veut pas, ça change d'adresse, ça tombe à l'eau, ça fait tourner de nuit sur les routes de campagne d'une région que je ne connais pas encore comme ma poche - je ne connais d'ailleurs pas parfaitement ma poche - ça fait monter puis redescendre puis remonter encore le Roquet du Palais, ça fait des rencontres imprévues, un déca, un verre de vin avec une inconnue, le vous qui devient tu, des choses toutes simples. C'est un cycle qui nous échappe: on invente des histoires, il nous en arrive. Je sais être un personnage docile. La vie m'écrit. Chacun son tour.
 


Lundi 23 janvier 2017

Journal aléatoire #29
 

Une pensée m'est venue ce soir : Je suis de plus en plus à l'ouest.
Et j'ai souri. Non, ma tête n'est pas perdue - enfin, pas pour tout le monde. Il n'est question ici que de géographie. Laval, Nantes, Surgères, Vitré et d'autres lieux situés du côté ouest du pays vont m'accueillir cette année. Maman aurait probablement dit "C'est un signe". Je m'en serais amusée.
Voilà. Laval me reçoit pour une troisième session de résidence. Le soleil est au rendez-vous, comme un sourire qui se moquerait des saisons.
Pourquoi compliquer les choses simples ? Je suis à l'ouest, et après ?
 


Jeudi 19 janvier 2017

Ceci, cela
 

Oui, je sais, le temps passe.
Et toi, et moi, je suis passée où ?
On va dire que je suis en voyage dans la partie immergée de l'iceberg. Ce truc invisible dix fois plus grand que le visible. Probable que je sois un peu perdue. La faute à tout et rien. Si c'est caché, c'est pas pour rien. Sans ce morceau-là, l'iceberg ne flotterait pas.
Je flotte.
Je nage.
Je tente de garder la tête hors de l'eau.
Et puis quoi ?
On s'en fout, après tout!
L'important, c'est ce qui bouge à côté.
Ce qui vibre, ce qui vit, ce qui nous maintient là.
Alors je vais te parler d'une chouette revue dont j'apprécie la politique éditoriale et le contenu.
Ca s'appelle les Cahiers Polymères et l'édito du dernier numéro est ICI.
Vas-y, jette un oeil, tu ne risques rien !

 

 


Mercredi 4 janvier 2017

Exosquelette

Je creuse
loin
profond
dans les décombres d'une vie
qui m'échappe de plus en plus
mais
je ne cherche pas à lui echapper
simplement
je creuse
loin
profond
à coup de pioche
dans ma croute terrestre
jusqu'à la moelle tendre des os
ma peau, je la connais assez
je m'y sens mal
tandis que l'os est solide
même brisé, il se répare
si on lui en laisse le temps
 


Mardi 3 janvier 2017

Il parait

Il parait qu'il s'est passé quelque-chose
qu'on a quitté une année pour entrer dans la suivante
ce serait comme passer d'une pièce à l'autre
du salon à la chambre, ou vice versa
sauf que je n'ai pas vu de porte
rien entendu grincer
sauf que le décor n'a pas changé d'un pouce
il parait qu'on ne peut pas retapisser une nouvelle année
c'est pas ça qui me fait peur
de toute manière, je n'ai jamais aimé les murs
 


Dimanche 1 janvier 2017

L'humeur du dimanche : Brouillon

 


Dimanche 11 décembre 2016

Journal aléatoire #28
 

Hier fut une journée vin. Peut-être pour colorer un peu le blanc du ciel? Vin d'après-midi pendant l'interview avec Fred, vin chaud d'après marché de noël au Jaja Divin, vin du soir douillet avec Anne-Sophie et Céline, puis café. Plusieurs cafés alors que le soir a déjà basculé dans le début de demain. Cafés encore à m'en blanchir la nuit et c'est aussi bien ainsi. Ne pas gaspiller les heures qu'il me reste avant le départ. Bientôt 5 heures, les lampadaires dans la rue silencieuse, le château impassible et ce sprint de mots qui me cavale les doigts sur le clavier pour tenter d'atteindre la fin du roman. Regarder le jour se lever. Continuer. Et la ligne d'arrivée qui semble reculer, et mes yeux qui brûlent. Peut-être n'est-il pas possible de terminer un roman un jour de ciel timide en guettant l'heure du train? Bientôt une petite sieste, voiture 6 place 22, direction home sweet home où j'offrirai, je l’espère, un point final à mon manuscrit dans le dernier virage de l'année.

[Fin de la deuxième période de résidence - retour du journal aléatoire dès le 23 janvier]
 


 Samedi 10 décembre 2016

Journal aléatoire #27
 

Départ pour l’atelier d’écriture à Château Gontier. Quitter le cocon douillet de l’appartement et tomber dans les bras du brouillard. Il est partout, ce matin. Troupeau de fantômes dansants au-dessus de la Mayenne. Ils s’enroulent autour des ponts, s’engouffrent dans les rues. Une pagaille douce et blanche, tandis que sur le pare-brise de la voiture, une affichette m'attend. Dans ce nuage gigantesque au parfum d’hiver, le petit papier aux couleurs acidulées me propose une Tropical Party ce soir. Photo d’une plage, ananas et tongues sur fond de sable blond et mer turquoise. Tentation aux couleurs criardes dans le coton pâle du matin. Finalement, le mystère vaporeux du brouillard s’accorde mieux aux vêtements de mes humeurs. Les tropiques attendront. Je suis bien dans l’instant, dans l’ici. Le plus tard et le plus loin patienteront, s'ils le veulent bien. Rien ne presse.
 


 Vendredi 09 décembre 2016

Journal aléatoire #26
 

C’est un de ces soirs en forme d’hésitation. Pas à cause de la couleur du ciel ni des lumières en jets colorés sur la Mayenne. Juste une rivière en moi qui coule trop vite, trop fort, trop de bruit. Et tout se transforme en question. Manger, ou pas ? Dormir, ou pas ? Sortir, ou pas ? Ecrire, ou pas ? Et, pendant ce temps, l’eau coule, je n’entends pas les réponses. Je pousse le volume de la musique pour étouffer le vacarme. Elliott Smith. All cleaned out. On fait comment pour nettoyer, se débarrasser du bruit des pensées parasites ? Je redessine l’étincelle dans les yeux des personnes que j’ai fait sourire cet après-midi, me rappelle ces petites confessions livrées à demi-mot en fin d’atelier, les mercis, les à bientôt qu’on sait vains tout en les espérant. Le paradoxe de s’enfermer pour écrire quand on aime tellement l’humain. Alors, ce soir, sortir. Plus tard, écrire. Il sera toujours temps d’écrire, après avoir mordu dans le gras de la vie pour s’en nourrir.
 


Jeudi 08 décembre 2016

Journal aléatoire #25
 

Lycée, élèves, poésie. Des mots en vrac. Des émotions en pagaille. Feindre une certaine assurance (pour tromper qui ? et pourquoi ?) Ecouter, parler, honnêteté. Des mots, toujours une histoire de mots. Et finalement, je me dis, peut-être que le vrai finit toujours par piétiner le semblant.
On tremble, et après ? Ça veut juste dire qu’on est vivant. Faillible. Qu’on vibre aussi. Comme un arbre dans le vent. Il a soufflé doux-fort-beau, ce matin. Loin et longtemps, j’espère. Mais j’ai confiance en la poésie (beaucoup plus qu’en moi).
 

 


Mercredi 07 décembre 2016

Journal aléatoire #24

[à venir - mots toujours à l'état manuscrit dans mon petit carnet]
 


Mardi 06 décembre 2016

Journal aléatoire #23
 

Maman venue de Bretagne pour me rendre visite ici, découvrir ce que je fais de mon temps durant la résidence, découvrir ce qu'est une résidence d'écriture. Nous vadrouillons dans la ville et je me rends compte à travers ses yeux que je me sens un peu chez moi ici. Un autre chez moi. Un autre univers. Et aucun n'empiète sur l'autre, les choses s'emboitent, se complètent. Je me rends compte à travers ses yeux à quel point je suis bien ici. Accueillie, entourée, mais pas étouffée. La juste dose de sérénité dont j'avais besoin. Non, je n'enjolive pas. Il y a forcément de l'imparfait, du bancale. La chaise où je passe des heures à écrire a le dossier cassé, je ne peux pas m'y appuyer. Il me manque quelques objets ordinaires, un endroit où suspendre ma serviette après la douche, un plat qui supporte le passage au four, un lit fonctionnel pour accueillir des visiteurs, éventuellement une bouilloire, un micro-ondes. Il ne me manque rien, en réalité. On découvre comment se passer de ce qu'on considérait comme nécessaire. On s'adapte. On apprend forcément, lorsqu'on change de lieu, d'habitat, de circonstances. On apprend sur soi. On grandit. Je me rappelle une institutrice qui me rapportait les paroles de ma fille après qu'elle avait demandé aux élèves "C'est quoi, vivre?". "Evoluer", avait répondu ma fille. Oui, elle avait sans doute deviné intuitivement que lorsqu'on se fige, on ne vit plus vraiment.
 


Lundi 05 décembre 2016

Journal aléatoire #22
 

« A quoi ça sert de faire les yeux doux à l’avenir comme un imbécile ? Sûr que si le présent, qu’est là, à tes côtés, tu lui accordes pas la moindre attention, tu passes ton temps à lui reprocher ceci et cela, il va finir par ne plus trop avoir envie d’être ton ami. Sûr que si tu balances tout ton amour, tous tes espoirs, dans un truc qui n’existe pas et n’existera peut-être jamais, t’as pas fini d’être malheureux. »
« Tu me fais chier avec ton moment présent à savourer. Parfois, il a un sale goût, le moment présent. Parfois, il est insipide. Et puis, merde, on a bien le droit de rêver ! »
J’écoute des gens qui n’existent pas parler à l’intérieur de moi. Je ne prends pas part. De toute manière, ils ne m’écoutent pas. Je me demande si c’est ce roman que j’écris qui les fait parler de plus en plus souvent, ou si c’est parce que leur présence devenait encombrante que j’ai décidé d’écrire ce roman. La question de l’œuf et la poule. Qui était là le premier ? Qui a commencé ? Les réponses n’ont pas d’importance. L’avenir le dira peut-être. En attendant, il y a un présent à ne pas froisser.
 


Dimanche 04 décembre 2016

Journal aléatoire #21 feat L'humeur du dimanche : flingue à la main

Descendre les ordures, c'est beaucoup plus facile qu'on ne l'imagine


[Laval, décembre 2016, Photo Marlene T.]
 


Samedi 03 décembre 2016

Journal aléatoire #20
 

Cet après-midi, le nez à la fenêtre, j'ai assisté au passage d'un cheval en habit médiéval (peut-être annonçait-il l'arrivée d'un prince ?). J'ai assisté à une course de trottinette entre un papa punk et son petit vainqueur par forfait (Le papa, n'ayant pas su négocier le virage au bas de la pente, s'est retrouvé à manger l'asphalte en riant). J'ai assisté à une dispute entre une vieille dame et son caniche, argumentant chacun à leur tour ("Non, je ne suis pas d'accord, tu ne m'auras pas aussi facilement", a dit la vieille dame. Mais je n'ai pas compris ce qu'a répliqué l'animal). J'ai assisté à une demande en mariage (en tout cas, ça y ressemblait, il y avait une bague dans une petite boite et un genou posé au sol juste au pied du château. Je me suis demandé si le jeune homme n'était pas le prince annoncé un peu plus tôt par le cheval. Un prince en blouson noir et boucle d'oreille, ça aurait eu de l'allure).
Plus tard, par une autre fenêtre, au-dessus des toits, j'ai vu les lumières de camions de pompiers ou police (j'avoue ne pas m'y connaître en gyrophares) et leurs lumières clignotantes se confondaient avec celles en ruban du pont Aristide Briand sur la Mayenne, leur faisant perdre toute forme de gravité, accéder à une certaine sérénité étrangement macabre. J'ai vu aussi un homme chargé d'un énorme sac de plumes blanches, des plumes d'ailes d'ange peut-être, et je me suis demandé s'il revenait du Marché des Lumières, Place de la Trémoille, à essayer de vendre à prix raisonnable une forme factice de rédemption. Je me suis demandé si j'aurais eu l'envie ou les moyens de lui acheter quoi que ce soit, demandé si on avait tous conscience d'être forcément moins bon qu'on ne le prétendait.
 


Vendredi 02 décembre 2016

Journal aléatoire #19
 

Finalement, ce n'est pas si difficile de faire rire les gens, même quand on pleure en secret sur l'envers des yeux. J'ai pensé à ces comédiens qui habitent parfois la peau du personnage qu'ils jouent. Devoir jouer un rôle par obligation professionnelle. Rencontrer des gens, des vrais, doux, forts, fragiles, passionnants jusque dans leur discrétion. Les écouter et finir, grâce à ce petit monde magnifique, par ne plus entendre ce qui se passe en moi. Ne pas laisser la paix s'échapper dans le silence. Reprendre l'écriture à peine rentrée. D'autres voix pour empêcher le chaos de reprendre le pouvoir en moi.

 


Jeudi 01 décembre 2016

Journal aléatoire #18
 

Est-ce qu'on peut être plusieurs personnes à l'intérieur d'une même peau ?
Vivre des vies parallèles, même si virtuelles ?
Est-ce que c'est un peu ça, écrire ?
J'avoue que dans le foutoir de ma vie réelle, être plusieurs dans ma tête est parfois d'un grand secours...

 


Mercredi 30 novembre 2016

Journal aléatoire #17
 

Le soleil, encore, toute la journée. Le froid de l’air et la chaleur humaine, plus douce que celle des radiateurs électriques. Deux journalistes aujourd’hui, et j’en sais sans doute plus d’elles qu’elles n’en savent de moi. Je me dis que ça fait aussi partie de ma panoplie d’auteur. Que ça fait partie de ma panoplie d’humain, surtout. J’aime écouter. Les gens parlent lorsqu’ils se sentent en confiance, et je sais les mettre en confiance. J’ai toujours préféré écouter. Peut-être aussi que je ne sais jamais trop quoi dire.
Il n’est pas très tard mais la nuit est déjà bien installée. L’envie d’une balade dans le Laval by night. Les illuminations ont ce genre de beauté gracieuse qui apaise. La musique dans les rues me donne l’impression d’être dans un film. Je marche en rythme et redescends tranquillement les pentes vers l’appartement où je vais reprendre l’écriture du roman qui touche à sa fin, enfin.

 


Mardi 29 novembre 2016

Journal aléatoire #16
 

Hier soir, coup de téléphone d'un professeur de lettres passionné/passionnant pour préparer l'intervention que je vais faire dans sa classe. Demain, deux rendez-vous avec des journalistes, à 11 heures puis à 15 heures. Broder des réponses, jouer à l'auteur, me sentir engoncée dans cet habit-là, mais cela fait partie de la résidence. Et les échanges sont parfois si riches, étonnants, nourrissants, que j'aurais tort de persisiter à faire l'ermite.

 


Lundi 28 novembre 2016

Journal aléatoire #15
 

Retrouver les grincements taquins du parquet, sourire au bleu intense du ciel, mettre un peu d'eau à chauffer dans la casserole pour le thé, réinvestir l'espace en douceur, poser les livres, les bouteilles de vin à partager, passer voir les filles de Lecture en Tête, affronter dignement le vent au pied du château qui ne frissonne pas, allumer les petites lampes, la bougie parfumée, augmenter un peu le chauffage, passer un croque-monsieur au four, brancher l'ordinateur, sortir les cahiers, les papiers, les notes en vrac, m'y remettre.

 


Dimanche 27 novembre 2016

L'humeur du dimanche : prendre des résolutions

 


Vendredi 25 novembre 2016

Collection Métèque présente : "soleil levant crépuscule de tout"

Une superbe monographie sur le photographe Toshihiro Okada
accompagnée des textes de onze auteurs

Format à l’Italienne 300*200mm
Papier Munken Artic volume paper, 150 grammes
Couverture brochée – Hard book
120 pages

Disponible dès aujourd'hui ! Plus d'info ici
 

 


Jeudi 17 novembre 2016

La piscine

La Piscine revient avec un deuxième numéro et c'est pas la saison ni les températures qui vont nous empêcher d'y plonger ! Le sommaire est énorme et les surprises vont être belles, crois-moi. Pour en savoir plus et précommander le numéro, c'est par ici. Aller viens, on se jette à l'eau !

 


Mardi 15 novembre 2016

Sauvage(s)

A ne pas manquer, ce recueil collectif à paraitre bientôt chez ONiva éditions, des histoires mordantes, des pages à rebrousse poil et les superbes illustrations de Dorothée Richard. Fais pas l'animal, fonce !
Toutes les infos ci-dessous :


Lundi 14 novembre 2016

J’emmerde le destin [new]

Finalement
Les coïncidences heureuses (ou pas)
Ne sont que des hasards comme les autres
 


Dimanche 6 novembre 2016

L'humeur du dimanche : Un jour + un jour + un jour + ...

 


Mercredi 2 novembre 2016

Des vagues et des mots

Georges Guillain, créateur du Prix des découveurs, me fait l'honneur d'une belle lecture de "Lame de fond" (éditions La Boucherie Littéraire) à découvrir ICI (avec d'autres superbes idées de lecture)

 


 Mardi 1er novembre 2016

Cette personne

Regarde-toi dans le miroir :
Cette personne-là compte sur toi
Pour l’emmener où elle le souhaite
 

 


Dimanche 30 octobre 2016

L'humeur du dimanche : Trouver un moyen de s'assoir sur les nuages


[Image by Charlie Davoli]

 


Samedi 29 octobre 2016

Docile

Tu attends là, presque docile, installée dans ta peau comme dans une petite salle d’attente. Tu t’impatientes un peu, parfois. Tu regardes ta montre, tu regardes les jours qui coulent comme des grains dans un sablier. Tu attends là. Comme si quelqu’un allait venir te chercher, te prendre par la main, t’appeler par ton prénom, te prévenir que c’est ton tour. Comme si quelqu’un allait t’annoncer avec un sourire professionnel que ton cœur et tes dents sont en parfait état, que c’est bon, tu peux vivre maintenant ! Mais il n’y a ni rendez-vous à prendre ni permission à demander lorsqu’il s’agit de vivre. Ouvre les portes, les fenêtres, les bras, les yeux. Respire l’horizon, embrasse l’aube, bois le ciel et colorie la mer. Navigue, va aussi loin que possible, même immobile. Escalade tes rêves et écoute le vent. Il reste tellement à faire avant qu’un jour décide, sur un coup de tête, de devenir ton dernier.
 


Vendredi 28 octobre 2016

Nuage

Un cloud réalisé ICI avec l'ensemble de mes textes de la série "Un jour, j'ai pas dormi de la nuit"

RQ: En dehors de l'esthétisme de l'objet, la visualisation graphique de la fréquence d'usage des mots peut s'avérer utile en phase de relecture. La chronique d'un de mes recueils paru l'an dernier avait pointé du doigt le fait que le mot "rêve" revenait souvent. Sans cette chronique, je n'en aurais pas pris conscience. C'était sans doute un choix inconscient, c'était peut-être également une maladresse, ou une répétition que j'aurais tempérée si je l'avais remarquée plus tôt...
 


Jeudi 27 octobre 2016

J'emmerde le rationnel [new]

Souvent
je suis plus lucide
quand je rêve
 


Mardi 25 octobre 2016

Toi/Moi

C'est pas pour toi que j'écris
Ce toi planqué en moi depuis tout ce temps
Un toi chair dans ma chair
Ce n'est ni pour toi ni contre toi
Peut-être un peu contre toi, c'est vrai
Tu sais qu'il m'arrive de t'en vouloir
D'avoir tenté de me protéger
En forçant le silence dans ma mémoire
Mais il m'arrive aussi de te sentir trembler
Sous le poids des souvenirs
Et d'avoir envie de t'aider à mon tour
[Extrait de "Amnésies", recueil en cours]

 


Mercredi 19 octobre 2016

Mot barré #57


Mardi 18 octobre 2016

J’emmerde les insomnies [new]

Est-ce que je n’ai pas dormi
Parce que personne n’a rêvé
De moi cette nuit ?
 


Lundi 17 octobre 2016

L’espace

Retour au point
Final
De départ
Je ne comprends pas
Vraiment pourquoi
On parle de
Nouveau départ
Alors que
Chaque départ
Est nouveau
Du premier
Au dernier

La vie est
Un peu comme
Un long texte
En prose avec
Des points et
Des majuscules et
J’ai parfois
La sensation
Etrange
D’habiter
L’espace étroit
Entre les deux
 


Dimanche 16 octobre 2016

Journal aléatoire #14


 

Dernier jour de la première période de résidence à Laval. Le temps a pris son temps, mais il a vite passé, pourtant. Chargé et paisible à la fois. Je suis arrivée sous un grand ciel bleu et repartirai sous la pluie. Après le thé du premier jour, le café du départ. Bientôt l'heure du train de retour et j'ai presque déjà hâte de revenir. [La suite à partir du 28 novembre]

 


Samedi 15 octobre 2016

Journal aléatoire #13
 

Peut-être qu’il faudrait parler et écrire, non pas avec juste des mots, mais avec le jus de notre propre viande, avec le suc de nos os brisés, parfois mal recollés. Parler et écrire avec l’arrondi des sourires. Utiliser tout notre pouvoir pour aider le mot à dépasser sa propre frontière. Peut-être qu’il faudrait écouter et lire encore plus fort que ça. Au-delà du mot.

 


Vendredi 14 octobre 2016

Journal aléatoire #12

De retour d’un atelier d’écriture, je vais acheter deux-trois bricoles à l’Intermarché du centre. Devant moi, un type et ses trois bouteilles de vin. Cinq euros trente-cinq, lui dit la caissière. Il glisse sa carte dans le lecteur et ça ne marche pas. Ses mains tremblent. J’ai dû faire une erreur, il dit, puis il recommence. Ça ne marche pas. La caissière prends un air agacé et le type tremble de plus en plus, dit qu’il va payer en liquide, panique, n’a qu’un billet de cinq euros, fouille dans ses poches. Les gens s’impatientent et soupirent. Je lui tends trente-cinq centimes en me demandant qui je soulage et si vraiment je fais le bon geste. Est-ce une bonne chose de faciliter l’alcoolisme évident de cet homme ? De tenter d’apaiser l’agacement de la caissière et l'impatience des clients ? Je ne sais pas. Mais dans l’urgence de la non réflexion, ça m’a simplement semblé le geste le plus humain.
En regardant une vidéo datant de mon premier passage par Laval en 2013, je réalise qu’il y a trois ans, j’avais déjà entamé l'écriture de ce deuxième roman. « Les voix ». J’avais déjà une idée de ce qu’il deviendrait, mais pas une idée complète. D’ailleurs, puisqu’il n’est pas terminé, je sais qu’il peut encore me réserver des surprises. Je sais aussi qu’il peut ne jamais exister, je veux dire, jamais exister ailleurs que dans mes cahiers. Tout dépendra d’un éventuel éditeur. Ecrire est une chose. Défendre son travail, chercher à le « vendre » comme une paire de chaussure ou un sachet de coquillettes en est une autre. Je n’ai jamais été très douée dans ce domaine. Et, finalement, ce n’est pas ce détail qui freine mes gestes. J’écris. Quoi qu’il arrive. Envers et contre toute forme de bon sens, peut-être.
 


Jeudi 13 octobre 2016

Journal aléatoire #11

Dans un moment de lucidité féroce, un de ces instants que je n’aime pas – Trop froids. Blancs et rigides, comme l’intérieur d’un hôpital – je me dis que je n’ai pas une vie, mais au moins trois en moi. Ma vie privée que peu de gens connaissent vraiment, et surtout pas ses travers. Ma vie d’auteur, il faut bien y faire face durant une résidence d’écriture. Et ma vie virtuelle, celle dans laquelle je ne suis que le porteur des paroles des personnages qui m’habitent. S’ajoutent à ça les rêves, les espoirs, les peurs et les vieux démons. Qui se nourrit de quoi ? Je n’ai pas de réponse. Chaque jour est le premier jour du reste de ta vie, ils disent. J'ignore quand tout ça s’arrêtera, mais je ne suis pas pressée.
 


Mercredi 12 octobre 2016

Journal aléatoire #10

La cloche sonne. Un coup chaque quart d’heure. Quatre coups à heure pile. Quatre coup d’on ne sait quelle heure au juste, si ce n’est en observant baisser le soleil. Une manière de mesurer le débit du temps. Ce dernier quart d’heure, j’ai écrit à peine plus de deux phrases. Une chance – ou pas – me dis-je, que les auteurs ne soient pas payés au temps de travail. Parfois même pas payés du tout. Il faut foutrement aimer ça, je veux dire jusqu'au plus profond de sa chair, pour passer autant de temps à inventer des histoires qui ne mèneront peut-être nulle part, pas même jusqu’aux pages d’un livre. Un peu comme une petite manière de devenir parent, mettre des enfants au monde, rêver pour eux d'une vie douce sans la moindre assurance qu'on saura les y mener.
J’ai la gestation littéraire plus longue que la gestation maternelle, et dans un cas comme dans l’autre, je me sens paumée, impuissante. Je doute souvent. Très souvent. Mais je persiste à tenter de donner le meilleur de ce qui m’habite. Beaucoup d’amour et d’honnêteté. Sans être jamais certaine de rien. On ne fait tous qu'improviser, quelle que soit l'énergie qui nous pousse.
 


Mardi 11 octobre 2016

Journal aléatoire #9

Treize heure trente. Je me sers un deuxième café. Besoin d’une pose dans l’écriture. J’ouvre la fenêtre de la cuisine. Courant d’air frais. Une adolescente passe, des papiers à la main et un sac sur le dos. Elle récite, révise à voix haute, se colle deux gifles et reprend sa lecture en haussant un peu le ton. L’envie de descendre dans la rue et la prendre dans mes bras. La rassurer, tout va bien se passer. Et ce serait peut-être un mensonge. Parfois les choses se passent mal. Mais elles se passent. Elles passent. Pour rien au monde je ne voudrais retourner à l’âge de cette jeune fille. Heureusement, les choses sont bien faites, on avance, on ne fait qu’avancer. Le passé, on n’y remet les pieds que virtuellement, et c’est déjà bien assez.
 


Lundi 10 octobre 2016

Journal aléatoire #8

J’arrose l’orchidée qu’on m’a offerte samedi à la bibliothèque de Fougerolles du Plessis. Je l’ai déplacée. Plus près de la fenêtre. Elle aussi, elle aime regarder ce qu’il se passe dans la rue. Quasiment pas mis le nez dehors aujourd’hui. Juste le temps de respirer un peu l’air frais, observer les jets d’eau sur la Mayenne et prendre quelques murs de la ville en photo. Je crois que le dehors entre suffisamment en moi pour que je ne ressente pas le besoin d’aller à sa recherche. Le dehors vrai, mais aussi le dehors fictif qui m’habite, me submerge parfois. Je reste à l’écoute de l’un comme de l’autre. Nous avançons ensemble, et peu importe où cela mènera.
 


Dimanche 9 octobre 2016

Journal aléatoire #7

A peine une semaine et j’ai déjà mes habitudes ici. Mes repères.
Punaisé au-dessus de la table de "travail", un portrait signé SOFI. Pas tout à fait un portrait. Juste la partie supérieure d’un visage. Un regard. Probablement celui de Makenzy. En tout cas, ça lui ressemble. Le dessin était posé sur le manteau de la cheminée, quand je suis arrivée. Maintenant, il veille sur moi. Sophie, Makenzy. Des présences, un regard. Juste ce qu’il faut pour tempérer, par instant, la solitude dont j’ai besoin.
 


Samedi 8 octobre 2016

Journal aléatoire #6

Le samedi s’éteint doucement. Des petites lumières dans l’appartement, pas de plafonnier, je n’aime pas. Trop blafard, trop cru. Tout à l’heure, une jeune femme aux cheveux verts est passée dans la rue avec sa guitare. Elle jouait et chantait en marchant tranquillement. J’ai ouvert la fenêtre pour l’écouter. Pas longtemps. L’air est frais, ici. Hier soir, très tard, un type ivre s’est arrêté pour pisser au pied du château, puis il est reparti en tanguant dangereusement. Je regarde souvent par la fenêtre. Pas l’habitude d’une vie en centre ville. C’est étrange, amusant, inspirant. J’observe sans prendre part. Ça me suffit. La solitude n’est pas une maladie honteuse – ou quelque chose dans le genre, disait Thiéfaine. Pourtant, les gens trouvent ça triste, en général. Je ne me sens pas seule. Juste ce qu’il faut de contact humain. Et puis Mary et Franck me tiennent compagnie, me racontent leur histoire. Je les écoute, les écris. Un jour, peut-être, ils vivront leur vie de papier.
 


Vendredi 7 octobre 2016

Journal aléatoire #5

Des barrières ont été installées en fin de journée. Maintenant, je sais pourquoi. Ils déboulent dans la pente depuis la place de la Tremoille, en gilet fluos, une lampe accrochée au front, le martellement de leurs pas et les cris de ceux qui les encouragent. Il fait nuit. Je les observe par la fenêtre. Les coureurs en file indienne comme une longue guirlande cavalant au travers de la ville. Des voix dans un micro, quelque part, là-haut. Un brouhaha festif. J’ignore ce qui se trame, mais le spectacle est étrangement beau. Un fumeur accoudé à la fenêtre d'en face me fait signe. Je lui fais signe. Les choses sont douces et lumineuses. Je n’en demande pas plus.
 


Jeudi 6 octobre 2016

Journal aléatoire #4

Les jours défilent étrangement vite. Visite de Marianne Desroziers, une amie auteure, aujourd'hui. Une salade improvisée, la mozzarella qui colle aux doigts, le parquet de l'appartement qui grince, le ciel clément, les balades dans les pentes du vieux Laval et des discussions légères et profondes. L'ordinaire, ses douleurs et ses petites joies nous concernent tous, tu sais. Marianne m'a accompagnée à la bibliothèque pour préparer mon blabla de dimanche sur le thème "les livres et le rock". J'écoute Nick Cave. Impossible de ne pas penser à son gamin mort, tombé des falaises de Brighton. Je parlerai, ce week end, de son bouquin "La mort de Bunny Monroe" qui se passe également à Brigthon. Douleur au ventre. Parfois, je me demande ce qui nous pousse à inventer des histoires, à en écrire, alors qu'elles sont ici, partout, dans le terreau fertile de la réalité. Je vais retourner à mon roman, pourtant. Il y a des forces invisibles contre lesquelles il est difficile de lutter.
 


Mercredi 5 octobre 2016

Journal aléatoire #3

Un grand ciel bleu toute la journée. Je suis montée, pente raide depuis l'appartement, jusqu'à la place de la Tremoille, au dessus du château. Je cherchais la rue dans laquelle se trouve un bar clandestin où j'étais allée en avril dernier avec toute la bande du festival. Makenzy m'avait raccompagnée au milieu de la nuit jusqu'à l'hôtel, jalonnant le parcours de commentaires. "Une épicerie ouverte presque toute la nuit, ça te sera utile pendant la résidence ! Radio France Bleue où on te fera venir tôt, beaucoup trop tôt le matin pour te poser des questions parfois un peu cons... Un bar sympa, là, au bout de la rue. Tu te rappelleras?" Non, je ne me rappelle pas tout, sauf que cette nuit là était particulièrement douce et qu'elle semblait éternelle. Je n'ai pas retrouvé "Chez Valérie", le bar clando, mais un chat tigré est venu me caresser les chevilles. On a bavardé un moment en silence puis je suis rentrée, j'ai mis la musique un peu fort et ai repris le travail sur "Les voix". Le roman prend forme, semble un peu plus docile, me laisse le modeler, le sculpter. Il me hante aussi un peu. Les nuits sont courtes, mais je me fais réveiller en douceur le matin par les pigeons qui viennent cancaner sur le rebord de ma lucarne.
 


Mardi 4 octobre 2016

Journal aléatoire #2


 

C’est peut-être les deux étages sous mon plancher nouveau, les pentes de la ville, descendre là, monter ici. Oh, pas très vite, c’est le rythme qui me suit, pour une fois, pas le contraire. C’est peut-être les quelques mouettes égarées, même si la mer n’est pas tout près, ou le soleil qui entre en biais dans la grande pièce en fin de journée, la Mayenne qui coupe la cité en deux comme une artère paisiblement vitale. C’est peut-être le silence fait de mille petits bruits inconnus, la solitude douce, la musique à grand volume parfois dans le vide du vaste appartement. C’est peut-être moi qui penche, imperceptiblement, avec au creux du ventre la sensation que c’est du bon côté.

 


Lundi 3 octobre 2016

Journal aléatoire #1


 

Laval. Premier jour de résidence. Chercher les repères. Noyer les doutes dans un verre de thé. Me dire qu'étrangement, certains débuts coincident avec des fins. Me faire une raison. Rester aussi calme que possible dans la gueule de ma tempête personnelle. Fouiller les poches du temps pour y dénicher les surprises qu'il me réserve forcément. Ne pas chercher à accélérer le mouvement. Tout vient à point à qui sait apprendre de ses douleurs. Rue du Val de Mayenne. A deux pas, un pont, et l'eau qui coule toujours au-dessous. J'y crache mes aigreurs et repars plus légère. Au deuxième étage de l'immeuble vide, une lampe discète et un roman à finir d'écrire m'attendent.
 


Dimanche 2 octobre 2016

L'humeur du dimanche : Apnée


[Tu ne peux pas respirer - alors tu écris]

 


Samedi 1er octobre 2016

Soumettre à la liberté

Je ne donne pas corps
à mes rêves
je laisse les rêves
prendre possession
de mon corps

 


Vendredi 30 septembre 2016

Mot barré #56

 


Lundi 26 septembre 2016

Revue La Piscine

Voilà, le sommaire du prochain numéro de La Piscine est annoncée et j'ai une joie folle de m'y trouver en fort belle compagnie ! Ce sera sur le thème "L'âme des lieux sans âmes" et on t'en dévoile un peu plus par ici :


 


Dimanche 25 septembre 2016

L'humeur du dimanche : Poétique

De retour de Matheysine où je participais à la deuxième édition de "Poésie en Matheysine", je reviens avec un rhume, le souvenir d'une araignée énorme, le goût des croissants au beurre, la voix des poètes, les regards complices, la créativité des enfants et quelques bouquins déjà bien picorés dont l'unique (pour l'instant) traduction disponible à ce jour d'un recueil de Billy Childish (que je convoitais déjà depuis un bout de temps - le recueil, pas Billy - quoique...)

On le trouve aux éditions Gros Textes, et si tu te demandes encore qui est ce Billy Childish, vas voir ce que j'en dis par ICI

 


Samedi 24 septembre 2016

J'emmerde l'affrontement [new]

Dans le face à face
souvent je fais
profil bas

 


Jeudi 15 septembre 2016

Magic Trick

Ma petite chronique de l'album "Other man's blues" à lire chez Casbah Records


 


Dimanche 11 septembre 2016

L'humeur du dimanche : Ce qui se cache dessous


[Image Yuli Serfaty]

 


Vendredi 9 septembre 2016

Mot barré #55

 


Mercredi 7 septembre 2016

Amnésie(s)

Souvenirs de peu
Souvenirs de guère
Les images à demi effacées
De quelques timides combats
A âmes inégales
Je n’étais pas de taille à lutter
[Extrait de "Amnésie(s)", en cours]
 


Mardi 6 septembre 2016

Une histoire de timing ?

Le choix
Des mots
Ment
 


Lundi 5 septembre 2016

Des trucs à lire ici ou là, bientôt ou un peu plus tard
Quelques sommaires dans lesquels tu me trouveras
 

  • Fanzine "Violence" créé et dirigé par Luna Beretta
    Une soirée de lancement est prévue le 30 septembre (plus d'infos bientôt)

 


Commander à : accueil@maisondelapoesiedeladrome.fr

 

  • N°105 de la revue d'art Le Sabord sur le thème "L'aube"

 

 

  • Une chronique du dernier album de Magic Trick "Other man's blues" à lire bientôt chez Casbah Records



 

  • Et celle qu'on attend impatiemment, La Grosse, avec Christophe Siébert aux manettes, "Mille pages de littérature et de dessin malpolis. Un kilo d'underground taillé comme une brique - ou comme un pavé dans la mare du bon goût." Mais pour ça, faudra attendre 2017!


 

Et d'autres choses encore sont probablement à venir, je t'en parle bientôt...
 


Dimanche 4 septembre 2016

L'humeur du dimanche : Puiser l'énergie à sa source


Mercredi 31 août 2016

Ici et là, bientôt

Les 24 et 25 septembre, je serai en Matheysine (du côté de Grenoble)

Puis début octobre, je file en résidence à Laval avec l'association Lecture en tête

Et les 22 et 23 octobre, je serai dans le Luberon pour la 2eme édition de Poésie Nomade

Alors si tu es dans les parages, n'hésite pas à venir me faire signe ! Et si ce n'est pas le cas, ne t'en fais pas, je continuerai, autant que possible, de nourrir le nuage !
 


Mardi 30 août 2016

Identique

Non, on ne part pas pour mieux revenir
Ni pour revenir mieux
On part pour s'en aller réellement
Et quitter des lieux, des personnes,
Des souvenirs toxiques
On part pour tenter de survivre
Et on a parfois la chance
De pouvoir résister à la tentation
De revenir
Identique
Dans l'identique
 


Dimanche 28 août 2016

L'humeur du dimanche : La légèreté

"Plus je vieillis et plus je trouve qu'on ne peut vivre qu'avec les êtres qui vous libèrent et qui vous aiment d'une affection aussi légère à porter que forte à éprouver."
[Albert Camus,17 septembre 1957 - in Albert Camus, René Char. Correspondance 1946-1959]
 


Samedi 27 août 2016

Mot barré #54


Vendredi 26 août 2016

Il disait

Il disait qu'il m'aimait
Je me souviens des mots, pas de la voix
Il le disait après, d'un air un peu triste
Jamais avant
Avant, il était comme enragé
Un animal affamé et, ma peau
Il disait qu'elle sentait tellement bon
Il le disait avant
Je me souviens des mots, pas de la voix
[Extrait de "Amnésie(s)", en cours]
 


Dimanche 21 août 2016

L'humeur du dimanche : après la pluie


 


Vendredi 19 août 2016

Tout reste à faire même si c’est pas grand-chose

Ouvre les yeux
Respire
Redresse-toi
Attrape-toi par le colbac s’il le faut
Te laisse pas tomber
Regarde
REGARDE
Ailleurs
De l’autre côté, vers l’extérieur
Le monde est plus grand que ces univers en guerre sous ta peau
Tu n’es pas une fin en soi
Tu n’es pas une fin
Ni un début
A peine un épisode
(un peu raté)
Ecris la suite
Invente-toi
Crée quelque chose au lieu de te détruire
Rien ne pourra être recommencé
Tout reste à faire même si c’est pas grand-chose
Même si c’est juste peindre les culottes de grand-mère étendues dans le jardin voisin
Même si c’est juste recomposer la mélodie du silence

 


Mercredi 17 août 2016

Sutures

Est-ce que ce sont les langues
Qui se trompent
De mot ?
De sens de rotation ?
Tu tires sur l’instant pour l’allonger
Et il te claque entre les doigts
L’important, c’est pas la liberté dont on se prive
Mais celle qu’on ravale comme une fierté empoisonnée
Et dans la nuit des corps absents
Tu cherches l’endroit de la blessure
Tu sutures les peaux mortes
Mais l'ombre continue de saigner sur la lumière

 


Mardi 16 août 2016

Poussière de vie

Si j’étais moi, je veux dire un moi entier, sans les trous noirs dans la galaxie de mon crâne, je pourrais raconter l’histoire en entier, ton histoire mienne, mon passé tien que je ne maîtrise pas, ces univers blessés, les comètes, les planètes invisibles, les météorites, les cicatrices qu’elles ont laissé en forme de cratères, si j’étais un moi entier avec une mémoire entière, je pourrais être un univers, je pourrais être autre chose qu’une poussière de vie en suspension dans le néant.
 


Lundi 15 août 2016

Un arbre mort

Je déshabille le monstre en moi
La lumière me traverse comme un flacon
Et révèle la liqueur sous ma peau
J’ai la nostalgie de ce qui n’arrivera jamais
L’ailleurs est partout
Sauf ici
Et je reste plantée
Comme un arbre mort sans le savoir

 


Dimanche 14 août 2016

L'humeur du dimanche : Un peu perdue

 


Lundi 1er août 2016

Les mots

On colle des mots sur les choses
les instants
sur tout ce à quoi on cherche à
donner une forme compréhensible
contrôlable
mais il y a tellement de choses
d'instants
qu'aucun mot
aucune règle
ne saura jamais dire
 


Dimanche 31 juillet 2016

L'humeur du dimanche : Trouver le courage de rêver encore


[Londres mai 2016, photo Marlene T, affiche by Donk!]
 


 

Samedi 30 juillet 2016

Mot barré #53


 


Jeudi 28 juillet 2016

Le complément d’abject

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Le corps à terre et la tête en orbite
Communication coupée
Apesanteur
Voyage dans la galaxie d’une éternité provisoire
La nacre des questions jamais posées
Hors de portée de l’injonction à l’obsession

Ne pas accorder le complément d’abject avec la peur
Le business de l’amour ne fait plus recette
La haine se vend par paquet de douze, comme les rouleaux de pq

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Le risque d’intempérie qui torpille les torpeurs
La chute est fragile mais les reins sont solides
J’avoue, j’ai tué
Eventré le sens de la réalité
Etranglé mes sentiments
Décapité mes lâchetés

La socio-logistique, hangars pleins, regards vides
Gestion maladroite des stocks d’options
Il n’y a pas que vu du ciel que l’Homme est minuscule
 


Mardi 26 juillet 2016

La paresse des machines

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Embouteillages sur l’autoroute du sommeil
Pas d’aire de repos en vue
Les endorphines aphones
Et le silence incapable d’absorber mes peines de corps
J’hésitais entre épouvante et émerveillement
Le chagrin à géométrie variable

La mélancolie fade de ce qu’on a cru beau
Comme un ciel ordinaire à travers des vitraux
L’étrange n’est pas toujours surprenant

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Perdue dans la traque frénétique de l’instant
Qui à lui seul vaudra d’avoir vécu
Et qu’est-ce qu’on en sait, au fond
S’il n’en viendra pas de meilleurs ?
A quoi bon dissoudre les restes d’espoir ?
Se laisser contaminer par la médiocrité ?

On ne parle pas assez de la paresse des machines
Ni de notre lente métamorphose
Face à ceux qui domptent les rêves comme des animaux dociles
 


Dimanche 24 juillet 2016

L'humeur du dimanche : Souris, c'est l'été

[Pour écouter "In the summertime", c'est ICI]

 


Vendredi 22 juillet 2016

J'emmerde la vérité nue [new]

Je milite activement
pour la réhabilitation
du mensonge par omission
 


Jeudi 21 juillet 2016

En attendant la fin de l’histoire sans fin

Le choc des soirs
Le poids des matins
L’écho des fureurs contre la paroi blanche des nuits
Construire un mur autour
L’articulation ne résout rien quand les mots sont prisonniers
J’écoute le bourdonnement d'un récit sans fin parce que jamais raconté
Il doit bien exister un moyen de crever la peau du passé
 


Mardi 19 juillet 2016

J'emmerde les calculs inutiles [new]

Et si les petits riens
Mis bout à bout
Faisaient un grand tout ?
 


Dimanche 17 juillet 2016

L'humeur du dimanche : un peu perdue


 


Jeudi 14 juillet 2016

J’emmerde l’ordre des choses [new]

Est-ce qu’il y a des larmes
qu’on mérite de
pleurer ?

 


Mercredi 13 juillet 2016

La croissance rapide du mépris

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Ça devient vite assommant, un spectacle ni-son-ni-lumière
L’horizon chauve d’une lune à zéro
Les nuances et les dégradés
L’intendance sentimentale
Le charme discret des valises sous les yeux
J’ai des bagages pleins de rêves
Mais aucun lieu de villégiature où les déposer

Je prête à confusion
J’emprunte à profusion
Je bosse en sous-marin à la cour des contes de fée

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Pas besoin de mobile valable pour tuer le temps
On est tous un peu rat de laboratoire sans le savoir
Imbroglios, subterfuges
Et tout ce qui favorise la croissance rapide du mépris
Les gestes mécaniques rouillés
Le porno chic, l’érotisme égotique
On confond parfois les reliefs de l’usure avec le paysage
 


Lundi 11 juillet 2016

La taille des attributs du sujet

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
La quête d’absolu en perdition
Je dilapidais mes derniers alibis
Le tassement imperceptible du refus
La fonte du corps défendant
Il arrive un moment où il faut affronter la canicule

Plus-très-vierge ascendant ex-frigide
J’ai l’oasis à sec
Le terrain qui divague
S’il te plait, déride-moi l’aride

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je graduais l’intervalle entre la douleur et l’extase
Le plafond placide assistait au va et vient du rien
La métaphore de l’effort vain
La taille des attributs du sujet
Disséquer l’instant sans comprendre l’anatomie du plaisir

Ne me claudique pas le cœur
Contente-toi de me trébucher la peau
Epingle-moi le virage dangereux
Je voudrais goûter au vacarme de la collision

 


Dimanche 10 juillet 2016

L'humeur du dimanche : Choisir

"L'important ce n'est pas ce qu'on a fait de moi,
mais ce que je fais aujourd'hui avec
ce qu'on a fait de moi
"
Jean-Paul Sartre


[Source images ici]
 


Samedi 9 juillet 2016

L’éthique du narcoleptique

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Par chance, j’avais pas d’impératifs matinaux
Plus on cherche à m’orienter professionnellement
Plus je perds le nord au quotidien
Pas facile d’être aussi convertible qu’un canapé
C’est pas le manque d’ambition
Ni la nécessité d’aboutir à
Juste l’horizon qui recule à mesure que j’avance

Qu’est-ce que tu deviens ? C’est quoi tes projets ?
Les questions en conserve, sous vide de sens
Ça dépend, tu veux une réponse aseptisée ?

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
A défaut d’autre chose, je résumais les hypothèses
Je testais le principe d’inertie
Y a pas de mal à tenter d’apprivoiser l’immédiat
Un quiproquo est si vite arrivé
Les pilules à gober, le sirop contre tout
La puissance de l’industrie pharmaceutique
L’éthique du narcoleptique

Il y en a des qu’on n’endort pas si facilement
De la théorie à la pratique
C’est surtout le désespoir qui pousse à croire
 


Jeudi 7 juillet 2016

Mot barré #52


Mercredi 6 juillet 2016

Le cumul des tumultes

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Ma peau nue en guise de tenue de gala
J’ai imaginé un tapis rouge, une caméra
Remonter le drap sur mon cul, par pudeur
Couchée en chien de fusil
Brandir un flingue factice, mimer la scène, pan !
Jamais été très douée pour simuler la mort
La vie non plus, d’ailleurs

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
L’envie de me mettre au rouge
Le vert, c’est surfait
Sublimer chimiquement la douleur, m'évaporer
Lutter contre le cumul des tumultes
Et la détresse des cheveux qui évitent la caresse
J’ai fait voeux de brièveté
Pas certaine d’être exaucée
 


Mardi 5 juillet 2016

Mot barré #51


Lundi 4 juillet 2016

Consumons nous à outrance

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Cartes écarlates, tarot taré
Je préfère prédire mon avenir à la force du poignet
T’en fais pas, tout n’est jamais que provisoire
La taille des sexes, la durée de l’amour, on s’en fout
En électricité, ce qui compte, c’est pas la tension
C’est l’intensité

Coucher le soleil et le border
Tromper la lune
Brancher mon corps à la prise cardiaque

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Transe, présage, fétiche
Choisis ton arme
Consumons nous à outrance
Pyromanipulation, laser-épilation
Le définitif a son charme en période de crise
Soyons impénitent du spectacle amoureux

Une grande balafre en forme de sourire
Je me trouverai belle un jour
Quand les miroirs auront des dents

 


Dimanche 3 juillet 2016

L'humeur du dimanche : Ce qui pousse là-dedans

[Source image : Katepowellart]

 


Samedi 2 juillet 2016

L’écran totalitaire

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Le présent en retard, timing aléatoire
Timidité d’un ciel pas encore né
Une scène hors champ, hors temps, hors propos
Je suis hors de moi, trop souvent
Et parfois, ça coute chair

Esquiver l’estival
Galvauder tes regards pour ne pas m’y abîmer
Le corps sage sous le chemisier

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
La dévastitude du champ des possibles
Accoucher de cinq fruits et légumes de mes entrailles
L’arroseur arrosoir
Ecosser les petits poids sur la conscience
Du jus d’orage au coin des lèvres
Ta part d’innocence, mon surcroit d’ignorance

Cerner la lumière au-delà de l’écran totalitaire
Il y en aura toujours pour posséder le talent de
Réinventer la guerre
 


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