Marlène TISSOT est venue au monde inopinément. A
cherché un bon bout de temps avant de découvrir qu'il n'y avait pas de mode d'emploi.
Sait dorénavant que c'est normal si elle n'y comprend rien à rien. Raconte des histoires depuis qu'elle a dix-ans-et-demi et
capture des images depuis qu'elle a eu de quoi s'acheter un appareil. Ne croit en rien, surtout pas en elle, mais
sait mettre un pied devant l'autre et se brosser les dents. Ecrira un jour l'odyssée du joueur de loto sur
fond de crise monétaire (en trois mille vers) mais préfère pour l'instant se consacrer à des
sujets un peu moins osés.
Ce matin tu fais semblant de dormir
longtemps
jusqu’à ce que tout le monde soit parti
jusqu’au retour du silence
tu restes planquée
les couvertures jusqu’aux oreilles
comme un paysage effacé par la neige
comme des meubles de jardin
entreposés sous une bâche bleue
pendant l’hiver
comme toutes ces choses
qui attendent immobiles
sans avoir conscience du lendemain
ou de son absence
Dreams
[Chopé sur "Two
for the road" : Image next to image. Nothing more, nothing less.]
Dimanche 5 février 2012
Le
silence me parle de choses invisibles
[Valence février 2012, photo Marlene T.]
Samedi 4 février 2012
Il y a des
auréoles au plafond
mais pas d'anges, jamais d'anges
[Blois août 2011, photo Marlene T.]
Quelqu’un d’autre
Et ton père ? interroge Mary. Elle t’a parlé de ton père ?
Franck secoue la tête.
Je ne lui ai pas demandé, il dit. J’ai réalisé en la voyant là, devant
moi, comme si elle n’était rien, que je me foutais d’en savoir plus sur
mon père. Peu importe la paire de couilles dont je suis issu. Peu
importe le ventre qui m’a porté. Je ne suis plus l’enfant qu’ils ont
créé. Je suis quelqu’un d’autre maintenant. J’ai sculpté l’homme que je
suis.
[Extrait du tricotage
en cours "Les voix"]
Vendredi 3 février 2012
Zombie
Elle lui dit, Je ne comprends pas ce qu’on fait là. A quoi ça rime après
tant d’années ? Pourquoi tu m’as appelée ? Elle déchire un sachet de
rince doigts et elle demande, Pourquoi tu as voulu qu’on se voie ? Mais
qu’est-ce qui t’est passé par la tête tout à coup ? Toi qui affirmais
que c’était fini, que je n’étais plus ta mère, que je n’existais plus.
Tu as retrouvé la mémoire, c’est ça ? Tu as besoin de quelque chose ? Tu
as besoin d’argent, hein ?
Elle fait attention de ne pas trop élever la voix. Ne pas dépasser les
décibels de la petite musique d’ambiance, des conversations alentours,
du bruit des couverts et des assiettes. Elle frotte ses mains
nerveusement avec le petit papier citronné. Un morceau de persil est
collé au coin de sa lèvre inférieure. Elle a l’air usée. Presque
fragile. Mais elle garde cet éclat métallique dans le regard. L’acier
dont elle est faite. Ce besoin de puissance et de domination.
Franck prend son temps avant de répondre. Il laisse le silence se
distendre comme un élastique en limite de rupture. Il flaire l’odeur
aigre des moules au vin blanc, du citron synthétique, de la rancune. Il
ne reste rien. Pas la moindre trace de quoi que ce soit en lui. Ni amour
ni haine. Juste cette petite paix distanciée qu’est l’indifférence.
Il murmure, je voulais être certain de t’avoir tuée dans mon cœur.
Il pose un billet sur la table, pour l’addition et il s’en va,
abandonnant-là le cadavre vivant de sa mère. [Extrait du tricotage
en cours "Les voix"]
Déferlante de
mailles
Voilà, ça y est,
Mailles à l'envers est sortie des presses !
On peut le commander sur le
site de l'éditeur ou via
Amazon
Ou en m'envoyant un petit
mot
Jeudi 2 février 2012
Les
fleurs (fanées)
La dame assise à côté de moi
sent le parfum
chaque fois qu’elle bouge
ça me rappelle l’odeur des giroflées
dans le jardin de mamie
c’est étrange
ce cocktail de joie et de nostalgie
cette impression fugitive
d’être à la fois
vieille
et môme
Wild
thing
[Valence janvier 2012, Photo Marlene T.]
Mercredi 1er février 2012
Voie
C
En gare de Grenoble
le ciel a déposé des congères sur le ballast
la ville est enveloppée de coton-brouillard
tout est blanc et flou
sur le quai les gens dansent
d’un pied sur l’autre
ils virevoltent
pour conjurer le froid
parfois les nuages s’écartent
et on aperçoit la montagne blanche
au loin
pas si loin
dans le micro une voix annonce quelques minutes de retard pour le train à destination de Valence quelques minutes supplémentaires
pour danser sur le quai
avec nos nez rouges et
nos allures de clowns amoureux de l’hiver
Avant - Après
[Valence janvier 2012, Photos Marlene T.]
Mardi 31 janvier 2011
Sous
l’ongle
Il gratte la fine pellicule argentée
qui cache le secret
la réponse
le trésor
gravé sous les copeaux
les miettes se coincent sous l’ongle
il a mis un temps fou
à choisir ce ticket de jeu au milieu de tous les autres
et il n’est même pas sûr que ce soit le meilleur
comme un grain de sable pioché sur la plage
est-ce que ça peut changer une vie, un grain de sable ?
peut-être
après tout
des choses plus petites qu’une poussière
peuvent bouleverser le monde
il souffle et les copeaux argentés s’envolent
il n’ose pas regarder
pas encore
il ferme les yeux et rêve quelques secondes de plus
il se dit que s’il gagne assez d’argent
il remplacera toutes ses dents pourries
par des dents en or
il trimballera sa richesse dans sa bouche
et sans doute qu’il aura alors
un sourire lumineux et doré
comme celui des gens
heureux
It's
in my nature
[Valence Janvier 2012, Photo Marlene T.]
Lundi 30 janvier 2012
Faire semblant
Avant
je croyais que les adultes
ne pleuraient pas
n’avaient pas peur
connaissaient toutes les réponses
je me disais que grandir nous transformait
qu’une étrange alchimie
rendait les choses plus simples
qu’on n’avait plus à s’inquiéter de rien
sauf gagner de l’argent
et puis penser à certaines choses comme
égoutter les nouilles
ou sortir le linge de la machine à laver
mais visiblement il n’en est rien
les adultes sont juste des enfants
qui ont appris à faire semblant
et qui se cachent
pour pleurer
Peindre des robinets
regarder les fleurs magiques envahir la ville
[Valence Janvier 2011, Photo Marlene T.]
Dimanche 29 janvier 2012
Ni
pipi, ni caca
[Valence janvier 2012, photo Marlene T.]
Samedi 28 janvier 2012
Pas
de revanche à prendre
M’allonger et me dire
qu’il n’y a pas surtout pas de revanche à prendre
laisser ce genre de jeu
à ceux qui pensent
devoir prouver
justifier
rentabiliser
montrer qu’ils existent
M’allonger et me dire
que je suis vivante
et que c’est bien assez
pour remplir
l’aujourd’hui
Mon
nom est personne
[Chopé ICI- y
faire un tour aussi pour voir la chouette
horloge...]
Vendredi 27 janvier 2012
Tell
me where did you sleep last night
[Blois Août 2011, Photo
Marlene T.]
Petite tricherie
Ma
mémoire est un palimpseste
quand le passé démange
je gratte puis
je réécris
Jeudi 26 janvier 2012
Fly
away
S'échapper
à bord
d'un avion
de papier
Emergency
[Paris novembre 2011, photo Marlene T.]
Mercredi 25 janvier 2012
Portraits flous
Lorsqu’il regarde
les gens qui marchent dans la rue
qu’il pose ses yeux sur des yeux qui se détournent
qui fuient
il le fait tout en légèreté
effleure à peine
ne prend surtout pas le temps de goûter les détails
vite, il baisse les paupières
cligne
fondu au noir
passe au visage suivant
baisse les paupières, encore
au suivant
il façonne mine de rien une galerie de portraits
flous et anonymes
peu importe
c’est mieux que rien
mieux que regarder au loin en prenant l’air
distant affairé méfiant agressif
mieux que regarder
les traces de pas qu’on ne laisse pas sur l’asphalte
et les chewing-gums collés
qu’une bouche inconnue a mâchés
puis crachés
Everything is under control
[Italie août 2011, Photo Marlene T.]
Mardi 24 janvier 2012
Living in a dream
Un jour
je me suis endormie
et je ne me suis plus jamais
réveillée
voyage à dos de lit
[Hôtel Août 2011, photo Marlene T.]
Lundi 23 janvier 2012
Farewell
Soudain, je me suis rendue compte du chemin
qui avait été parcouru. Je me suis retournée et vous n’étiez
plus que de minuscules points noirs à l’horizon. Vos armes, vos
munitions, vos amères petites méchancetés ne pouvaient plus
m’atteindre. Quelque chose en moi vous a dit adieux ce jour-là.
Vous n’avez pas entendu. Vous n’avez jamais rien voulu entendre
de ce que mes silences tentaient de vous dire.
J'ai
toujours été dans la lune
C'est peut-être ce qui m'a protégée
I lived
on the moon
Samedi 21 janvier 2012
Cachette
[Photo Marlene T.]
Vendredi 20 janvier 2012
Nulle part chez moi
Quels que soient les murs
le ciel ou les sourires autour
j’ai l’impression de n’être
nulle part chez moi
et même dans ma propre peau
je me sens souvent
comme un intrus
Honey
I'm home
early as expected again
[Filthy Boy, Waiting On The Doorstep]
Jeudi 19 janvier 2012
Prière de ramasser vos effets personnels
[Italie aout 2011, photo Marlene T.]
Feel
like shit
Tu as fait une connerie. Ils disent que tu sais rien faire
d'autre que des conneries. Ils se mettent en rogne et te chopent
par le col et te foutent le nez dedans, et puis... Et puis ils se
calment, ils essayent une autre technique, ils se mettent à parler avec douceur et ça
te fait penser au
parfum qu’on asperge dans les toilettes pour camoufler l’odeur
de merde. Personne n’est dupe.
Mercredi 18 janvier 2012
"There is no answer. It's OK.
But even if it wasn't OK, what am I supposed to do ?"
[Raymond Carver, Cathedral]
[Londres 2010, photo Marlene T.]
Ciel
et terre
Là-haut
les nuages cavalent
comme des moutons sans pattes
ici
les gens courent
comme des poulets décapités
Mots
voyageurs
Encore
une belle surprise ce matin, dans ma boîte virtuelle, un mot de Carlos Silva
qui me fait l'honneur d'une traduction de "Carte
postale" en portugais, à lire ICI.
En novembre dernier, c'était
Alberto Augusto Miranda qui me faisait cadeau d'une traduction
de "Les
bras du crépuscule". J'aime quand les mots voyagent en d'autres
musiques !
Mardi 17 janvier 2012
Représentation
Je
n'existe pas
je
est un mirage
ceci est un
rôle de composition
j'écoute les souffleurs
je vis
en gestes mécaniques
Quand l'hiver fait croustiller le matin sous nos pieds
[Photo Marlene T.]
Lundi 16 janvier 2012
Oser
Oser c’est
laisser les choses
sortir de soi
moi je ne peux pas
je suis une boîte
de Pandore
A la
dérive
La troisième édition de la revue A La
Dérive est sortie et elle nous arrive avec un sommaire bien
garni !
A lire
ICI
Samedi 14 janvier 2012
Magic spell & nutella
[Paris novembre 2011, photo Marlene T.]
Vendredi 13 janvier 2012
La
chaleur qui lentement s’échappe
Tu ne sais pas trop quoi en faire
de ce surplus d’amour
que t’as dans le ventre
tu voudrais bien le donner
mais à qui ?
et comment ?
plus rien ne se donne
si facilement
de nos jours
les gestes généreux
deviennent vite suspects
alors tu fourres tout ça
dans des sacs poubelle
que tu descends le soir
en écoutant le givre
figer le paysage
en regardant la fumée blanche
qui sort de ta bouche
la chaleur qui lentement
s’échappe
de l’intérieur de toi
Encore.
[Paris novembre 2011, photo Marlene T.]
Jeudi 12 janvier 2012
Immortelle
Je ne sais pas
pourquoi je me suis mise à gerber si souvent. J’avais dans les huit,
neuf ans. C’était après cette longue maladie qu’avait pas réussi à me
terrasser. Je me disais que j’étais invincible, immortelle. Que je
serais capable de survivre à tout. Je ricanais intérieurement. Et puis
l’instant d’après, je ne rigolais plus du tout. Je mettais les mains
devant ma bouche pour retenir le flot, mais c’était trop tard. J’avais
du dégueulis plein les doigts et le pyjama. Mes cheveux trempaient dans
les flaques grumeleuses sur la table. Ça ruisselait le long du pli de la
toile cirée en ploc ploc sur le carrelage. [Extrait de
Mailles à l'envers, bientôt
en librairies]
Seuls
ceux qui se croient immortels
s'offrent le luxe d'attendre
des jours meilleurs
Papa
& maman
Une
petite participation en texte et image à voir sur FPDV
Thème du mois : Père et Mère
Cordon ombili-cul [en clin d'oeil au texte en ligne sur FPDV]
[Photo Marlene T.]
Lundi 9 janvier
La
marge d'erreur
Rêver
l'avenir
c'est un peu
le prédire
Marcher sur les mains, regarder le monde à l'envers
[Avignon décembre 2011, Photo Marlene T.]
Dimanche 8 janvier 2012
Right here, right now
[Valence 8 janvier 2012 20:43, photo Marlene T.]
Samedi 7 janvier 2012
Pardon
Aux paroles étouffées
à tous les rêves
que j’ai laissés s’éteindre
à cet univers
en big-bang perpétuel
que j’emprisonne
dans ma sale caboche
Locked
[Photo Marlene T.]
Vendredi 6 janvier 2012
J’emmerde le petit chimiste
Il paraît que l’amour
est soluble dans le quotidien
Tu
fais quoi dans la vie?
[Bretagne 2010, Photo Marlene T.]
Chez
Aglaé
Il s'y passe toujours des choses, du côté de
chez
Aglaé Vadet ! En
novembre, elle proposait, avec ses comparses, un jeux d'écriture
dont j'avais parlé
ici et voilà qu'aujourd'hui
les nouvelles concoctées sont réunies en un bien beau recueil que
l'on peut se procurer en cliquant
là !
Jeudi 5 janvier 2012
Ombres chinoises
Il faut avouer
que
les idées noires
sont du plus bel effet
sur fond de nuit blanche
Wake Up
[Arcade Fire]
Someone told me not to cry
[Londres 2010, photo Marlene T.]
Mercredi 4 janvier 2012
Le silence, je ne
trouve pas ça rassurant
Franck est parti. J’ai entendu la porte.
Je sais que Franck n’existe pas. Encore un personnage dans ma tête. Et
toutes ces voix qui refusent de se taire. Je n’en peux plus. Il faudrait
sans doute que je retourne voir le médecin. Que je prenne à nouveau des
cachets. Un jaune le matin, un rose le soir.
Je n’arrive plus à démêler le vrai du faux. Parfois j’ai peur, quand je
me rappelle. Les armes, l’argent, le sang, mes cris, sa colère, notre
fuite. Il va finir par me retrouver. Lui, je sais qu’il existe parce
qu’il m’a fait mal. Le corps n’oublie jamais.
C’est trop dangereux de rester chez moi. Il sait où me chercher. Je n’ai
nulle part où aller. Les verrous ne servent à rien. Il va revenir et me
faire mal et me faire taire. Il trouvait que je parlais trop. Prétendait
que si je me faisais choper je finirais par le balancer parce que
j’étais incapable de tenir ma langue. Il a essayé de me dresser. Il a
fait du bon boulot. Je n’ai pas parlé de lui. Quasiment pas. Sauf à
Franck. Un tout petit peu.
Il faut que je me planque. Je ne suis pas chez moi. Ici, il ne me
trouvera pas. Je suis chez Franck. C’est pour ça que je ne reconnais pas
les meubles. Franck n’existe pas. Et peut-être que moi non plus. Est-ce
que ce cri sort de ma bouche ou résonne juste à l’intérieur de moi ? Il
faut du bruit, toujours plus de bruit pour couvrir le vacarme dans ma
tête.[Extrait du tricotage
en cours "Les voix"]
Je me souviens
que je ne t'ai jamais rencontré
[Londres 2010,Photo Marlene T.]
Mardi 3 janvier 2012
Les questions
Je n’ai rien à dire. Ç’a toujours été ainsi. J’étais une enfant
silencieuse. Tellement discrète qu’on finissait par m’oublier. On
m’oubliait chez mémé et en forêt. On m’oubliait au supermarché et à
l’école. J’ai fini par me dire qu’il n’y avait pas de place ici pour les
gens silencieux. Depuis, je parle. Tout le temps. Je n’ai rien à dire.
Rien à avouer, confesser ou raconter. Alors j’invente. Des tas
d’histoires. Peu importe qu’on me croie, ce qui compte c’est qu’on
m’écoute. Lorsque je parle, on me voit. J’existe. Je prends forme, je me
dessine, je me rature, je me recommence. Je suis mon propre personnage
de fiction. Ma marionnette. La seule chose qui ne change pas, c’est mon
prénom.
Et mon besoin d’amour.
Quoi que je dise, tu ne dois pas me croire. Jamais !
Ça tombe bien, murmure Franck, je ne crois jamais personne.
Je n’ai pas grandi dans un orphelinat. Mes parents ne sont pas morts. Je
les ai tués dans mon cœur. Je les ai oubliés. Enfin, pas tout à fait.
J’envoie une carte au nouvel an. Parfois je me trompe de date ou même
d’adresse. Ça aussi ce sont des histoires, tu vois ?
Tu comprends ?
Franck hoche la tête. Il reste silencieux. Depuis longtemps, il sait que
plus on pose de questions, moins les gens se dévoilent. Et ce n’est pas
qu’il ait envie d’en savoir plus sur Mary ni sur qui que ce soit, non.
C’est juste qu’il déteste les questions. Celles qui lui sont adressées
autant que celles qu’il pourrait poser. [Extrait du tricotage
en cours "Les voix"]
Tu vas trop vite, dit Franck. Chaque chose en son temps...
Mary s’agite, parle, s’essouffle, bouscule, accélère, parle
encore. C’est vrai, elle veut toujours précipiter les
évènements. Elle veut cueillir maintenant les fruits de vie qui
passent à portée de sa main. Ne pas attendre qu’ils soient mûrs,
tombent et pourrissent. Trop de gaspillage !
Elle hausse les épaules.
Chaque chose en son temps ?
Ça signifierait que tout n’est que puzzle alors que tout n’est
que chaos. Et si parfois les pièces semblent s’emboîter à la
perfection, ce n’est que le fait du hasard ou de nos vues qui
déforment le paysage.