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Trying to occupy space

 



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Vieilleries

 


[Email]

 

marlene.tissot@gmail.com

 

[L'auteure]

Marlène TISSOT est venue au monde inopinément. A cherché un bon bout de temps avant de découvrir qu'il n'y avait pas de mode d'emploi. Sait dorénavant que c'est normal si elle n'y comprend rien à rien. Raconte des histoires depuis qu'elle a dix-ans-et-demi et capture des images depuis qu'elle a eu de quoi s'acheter un appareil. Ne croit en rien, surtout pas en elle, mais sait mettre un pied devant l'autre et se brosser les dents. Ecrira un jour l'odyssée du joueur de loto sur fond de crise monétaire (en trois mille vers) mais préfère pour l'instant se consacrer à des sujets un peu moins osés.

PS : J'ai aussi un petit oiseau bleu, pas du genre qui palpite dans la cage thoracique, mais du genre que je nourris assez peu, du genre qui fait un peu ce qu'il veut, il n'est pas dans une cage et les fils à la patte, c'est pas mon truc... N'empêche, j'ai un petit oiseau bleu.

 


 

[Bibliographie]

 

[Voir la liste complète ICI]

 

Lame de fond

Ed. La Boucherie Littéraire

 

 


 

Histoires (presque) vraies
Editions Pédalo Ivre

 

 


 

Le poids du monde
Editions Lunatique

Prix Livresse 2017


 


 

J'emmerde...

Editions Gros Textes

 

 


 

Sous les fleurs de la tapisserie

Editions Le Citron Gare

Illustrations de Somotho
Lauréat du prix du CoPo 2015

 

 


 

Mailles à l'envers
Editions Lunatique, collection Romans

Primé au festival Premier Roman de Laval
 


Sélectionné pour représenter la France au Festival Européen du premier roman à Kiel

 



Les choses ordinaires
Kiss My Ass Editions
 

 


 

Mes pieds nus dans tes vieux sabots bretons, collection 8pA6 de La Vachette Alternative


 


 

Nos parcelles de terrain très très vague, Éditions Asphodèle, Collection Minuscule

 

 


 

London Trip Diary, At Home Editions

 


disponible via

 


 

Celui qui préférait respirer le parfum des fleurs, collection 8pA6 de La Vachette Alternative

 



[Voir la bibliographie complète]
 



 

[Parutions en revue]

 

A la dérive - L'Angoisse - Borborygmes - Cabaret - Charogne - Chos'e - Coaltar - Cohue - Comme en poésie - Dissonances - Diptyque - Freak Wave - Interlope - Interruption - I.H.V - Katapulpe - L'Ampoule - L'Autobus - La Piscine - Le Chant du Monstre - Les Cahiers d'Adèle - Les tas de mots - Levure Littéraire - Mauvaise graine - Microbe - Magnapoets - Népenthès - Nouveaux Délits - Poésie/Première - Revue Squeeze - Traction Brabant - Trace écarT - Le Zaporogue 


 

[Participations]

 

CroutOthon - FPDV - Le Quotidien des Martyrisés - Les 807 -  Les Etats Civils - Les Histoires Noires - OnLit - Sistoeurs.net - Vents Contraires - Vous dites ? 
 



[Email]

 

marlene.tissot@gmail.com
 

[Marlène ailleurs]

 

Sur Flickr
Sur DIYZines
Sur Vents Contraires

Sur On Lit

Sur Les Etats Civils
Sur Sistoeurs.net
Sur Fulgures.com

 


 

[Liens]


 

[Note]

 

Licence Creative Commons
Les textes et photos de Marlene Tissot sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://monnuage.free.fr

 

 

 

 

Lundi 18 juin 2018

En photo, ça pourrait presque être beau

C’est marrant
Quand on y pense
Le lointain
Il peut être à la fois
Devant
Et derrière
Mais on ne sait pas toujours
De quel côté regarder
On balance les petites pudeurs dans
Le grand container
Et ça s’entasse
Ça s’entasse
C’est qu’ils ne passent pas souvent
Les éboueurs des sentiments
C’est que ça ne pèse pas lourd
Ces choses là
Ça ne prend pas trop de place
Le papier froissé d’une émotion
Surtout dans cette grande décharge
Qu’est devenu le monde
Alors on piétine la crasse
On piétine
Avec l’envie de s’y mettre
De déblayer
Mais on ne sait pas par où commencer
Y a trop de déchets
On ne peut plus les classer par taille
Pas même les encombrants
Trop lourds pour notre volonté molle
Et les montres continuent de couler
Une marée noire de temps perdu
Mine de rien, on pollue
A rejeter ainsi nos humeurs à la mer
On regarde les gens
Comme un paysage dévasté
Et c’est terrible, mais au bout d’un moment
On se dit
En photo, ça pourrait presque être beau


 


Dimanche 17 juin 2017

L'humeur du dimanche : un peu de sérieux, bordel !


Avec Elisabeth Granjon après nos lectures au Cabaret poétique (Le Périscope, Lyon)
Mais où se cache Gabriel de Richaud ?
C'est quand même vachement triste, la poésie, on ne va pas vous mentir...
Merci au chef d'orchestre, Frédérick Houdaer !
[Pola by Judith Wiart]

 


Samedi 16 juin 2017

J'emmerde ... encore

Voilà, la suite des "J'emmerde..." arrive enfin et j'en suis ravie !
Oui, c'était long, mais je suis lente. Ces petites phrases arrivent à l'improviste, je les note, les accumule, les trie. Et ça continuera tant que ça le voudra. Il y aura peut-être, dans quelques années, un "J'emmerde toujours", pourquoi pas ! De toute manière, l'avenir a l'allure d'une route de montagne en plein brouillard.

ISBN : 978-2-35082-379-9
88 pages au format 10 x 15,
6 € (+ 1 € de forfait port – quel que soit le nombre d’exemplaires commandés)

Commande à :
Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(Chèques à l’ordre de Gros Textes)
 


Vendredi 15 juin 2018

Même pas me voir en peinture

Je suis une petite nature
Pas encore morte et
Le problème avec le provisoire
C’est qu’il dure
Toujours plus longtemps
Que prévu

 


Jeudi 14 juin 2018

La Terrasse

Avec un sommaire de dingue et des illustrations incroyables, le numéro 3 de la discrète mais indispensable revue La Terrasse parait comme un rayon de soleil à siroter ensemble, le plus nombreux possible, alors fonce! Réserve ta table, commande le papier.
"Revue de poésie hétéroclite et carrée ayant très envie d'être lue", comme elle se présente. Ne te fais pas prier, viens lire La Terrasse, et peu importe la couleur du ciel, elle te remuera les saisons intérieures.

Sommaire : Thomas Vinau, Rim Battal, Pierre Anselmet, Alexo Xenidis, Issia Bouhali, Coulon Cécile, Emanuel Campo, Lili Frikh, Christophe Bregaint, Marlene Tissot, Claude Favre, Jindra Kratochvil
Et les peintres : Alissa Thor, Cécile Arno, Arnaud Martin
8€ (+4€ de frais de port)
Pour plus d'info, voir ICI

 


Mardi 12 juin 2018

Nous dissoudre

Il ne pleut pas
Juste des accrocs
Dans le tissu noir du ciel
Faut recoudre les nuages
Leur donner plus de consistance
C’est ça le problème
Depuis pas mal de temps déjà
Tout manque de consistance
On machouille du chewing-gum
Pour éviter de dire des conneries
On ferme sa gueule de peur que…
On baisse les bras
Ça ne sert à rien brailler
On ne refera pas le monde
Alors on s’en contente tel qu’il est
On laisse des godasses inconnues
Piétiner nos petites carcasses minables
On se sent minable
On se tait
Un peu plus encore
Et on regarde le ciel
Avec rien caché derrière les nuages
Avec rien dans nos tripes
Avec juste du silence
Avec juste le vague espoir
Que les choses ne s’empirent pas
Bien qu’on ne lutte pas et
Il ne pleut pas
C’est déjà ça
Passé un moment
On sait très bien qu’à ce stade de lâcheté
La première pluie pourrait facilement
Nous dissoudre
Pour de bon

 


Dimanche 10 juin 2018

L'humeur du dimanche : Continuer, coûte que coûte

Image d'Annie Kurkdjian avec laquelle j'ai eu un immense plaisir à travailler
sur un numéro de la revue Voleur de feu et dont j'admire inconditionnellement
le travail !

 


Mardi 5 juin 2018

Les mots, les gestes

Je suis à vous dans un instant
Mais pas à vous vraiment
Bien entendu
Les mots, les gestes
Ceux qu’on pose puis
Qu’on retire
En équilibre
Acrobates
Je ne suis pas proche
Ni loin non plus
Des gens
Avec qui je partage
Ce je ne sais quoi
La vie sans doute
Parce qu’elle est là
Comme un cadeau
Empoisonné parfois
On fait avec
On fait pas grand-chose
On est perdu
Loin proche
Ensemble mais jamais
Tout à fait
C’est pas qu’on ne veuille pas
Enfin, pour certains
Juste que je vois bien
Les uns, les autres
Les trop, les pas assez
Les qui se soucient du monde
Les qui veulent qu’on leur foute la paix
Les qui hurlent au loup
A la lune
A l’amour
A la gloire
Et qui ne se rendent pas compte
Qu’on ne hurle qu’à soi-même
Parce qu’il n’y a rien d’autre
Que des mots
Des gestes
Qu’on pose
Puis qu’on retire
Faute de savoir s’y prendre
Avec ce qui nous habite
On a honte ou peur
On se croit trop fort ou
On ne se sent pas à la hauteur
On ne comprend pas bien
Ce qu’il se passe
Et le monde est si vaste
Des fois je me dis qu’on nage
Pendant des mois
Dans le bonheur
Du ventre de sa mère puis
En naissant
En venant à la vie
On ne sait plus que
Se noyer dans soi-même
Du premier cri
Au dernier souffle
Alors qu’il suffirait sans doute
D’un mot
Un geste
Posé
Sans intention
De le retirer

 


Lundi 4 juin 2018

Les fleurs et David

Des fois j’aimerais m’appeler Violette
Juste pour toi peut-être
Ou un autre nom de fleur
Mais pas Rose
Rose c’était ma grand-mère et
Il n’y en aura qu’une comme elle
Pas Iris non plus
C’est beau, mais ça ne sent rien, les iris
Des fois je me souviens qu’on m’a appelé
David
Un peu trop longtemps
Après ma naissance
Après que tout le monde avait pu vérifier
Que je n’étais pas équipée
Pour ce prénom
Mais ça faisait neuf mois qu’ils disaient
David
Alors ç’a été dur pour eux
Comme une déception
Ou une surprise
J’ai jamais su
Jamais demandé non plus
Des fois j’aime bien être David
Je joue à rouler des mécaniques
Le regard guerrier
Je me gratte les couilles
Et j’oublie qui je suis
Ça tombe bien
Je ne l’ai jamais vraiment su
Tu me diras :
Les fleurs non plus n’en savent rien
Elles sont ce qu’elles sont et
Se moquent du reste
Je voudrais bien y arriver aussi
Ou juste laisser fondre Violette
Comme un bonbon dans ta bouche


 


Dimanche 3 juin 2018

L'humeur du dimanche : Find some new energy

 


Samedi 2 juin 2018

Saturday night ferveur

Les soirées filles, tu connais, bien sûr
On picole, on rigole, on se fait chier parfois
Sophie me demande
Et toi, en trois semaines, tu as perdu combien ?
Je lui réponds
Sans être sûre de comprendre la question
J’ai perdu 3 semaines
Elle fronce les sourcils
Comment tu as fait ?
Je hausse les épaules
Facile : J’ai rien glandé !
Elle rit sans piger
C’est reposant, les soirées filles parfois
Puis les mecs ne sont là que virtuellement
Et je n’arrive toujours pas à décider si
C’est mieux ou pire
Mais en tout cas, l’absence
Ça laisse place à l’imagination
Et franchement
Julien est plus agréable dans mes pensées
Où en général il ferme sa grande gueule
Se contente de sa belle gueule
On ne peut pas tout avoir!
D'ailleurs Julie prétend qu’il a une petite bite
Quand bien même Nathalie affirme le contraire
Je m’en fous
C’est juste son sourire qui me plait
Avec ses yeux qui brillent
Surtout quand il se tait
Et puis les bites
C’est pas forcément ma tasse de thé
Enfin façon de parler
Je vais pas le dire aux filles, sinon
Elles ne m’inviteraient plus aux soirées
Et je perdrais une bonne occasion de me décontracter

 


Jeudi 31 mai 2018

J'emmerde... Encore

Parce qu'un nouveau recueil de "J'emmerde..." va voir le jour bientôt (toujours chez Gros Textes éditions, et aussi histoire de prendre le sea, sex and sun à rebrousse poil, je t'en colle un petit nouveau pour l'apéro !
 

J’emmerde le calibrage

Bientôt
Même les plantes grasses
Seront forcées de se mettre au régime

 


Mardi 29 mai 2018

Assistante de direction vs direction assistée

Les femmes-enfants sont
moins naïves qu’on ne le pense
et les femmes faciles plus
compliquées qu’on ne l’imagine
 

 


Dimanche 27 mai 2018

L'humeur du dimanche : Et bien dansez maintenant


[Photo : Tom Stoddart]
 


Vendredi 25 mai 2018

Lecture

Rouvrir une plaie comme un livre
Relire les maux en braille
Ne toujours pas les comprendre
 


Mercredi 23 mai 2018

Rêver vraiment

Je mets mes rêves en commun
Avec les tiens
Une grosse cagnotte
Parce que toi, tu sais et
Tu vas chercher à me rectifier le tir
Me balancer ce petit soupire
Qui dira en silence
Arrête avec ton utopie à la con
On fera des économies de temps
Et je te laisserai m’embrasser
Parce que c’est comme ça l’amour
Au début ça rend lâche
Puis après ça rend con
C’est pour ces raisons, tu vois
Que je raconte des histoires
Pour cacher que l’amour, je l’ai perdu de vue
Ou bien inversement
Mais en tout cas, je m’en méfie
Je me freine vers toi
Pour lutter contre le trop vite
Qui me palpite la cage
Le fonctionnement des aimants, je connais
Et je ne suis pas de fer
J’emmerde la polarisation
L’attraction-répulsion
Le métal hurlant ne m’effraie pas
La maladresse des silences non plus
Au contraire
Et c’est dans ces silences-là
Justement
Que j’ai envie de mettre
Mes rêves en commun avec les tiens
Des rêves lucides, évidemment
Parce que, tu le sais bien
Je ne dors pas assez pour être capable
De rêver vraiment

 


Lundi 21 mai 2018

Mot barré #69

 


Dimanche 20 mai 2018

L'humeur du dimanche : Are you ready ?


[Lyon, Photo Sarah Tatooille]

 


Vendredi 18 mai 2018

Elue produit de l’année

Le jour où
La poésie sera
Elue produit de l’année
Je ne sais pas trop
Au juste
Qui aura gagné
Ni ce qu'on aura perdu

 


Mercredi 16 mai 2018

Je comprends rien, c’est bien

Certains soirs
L’ombre devrait insister davantage
Ne pas se laisser voler la vedette
Par le premier doigt posé
Sur un interrupteur

Certaines nuits
On regarde le ciel
Depuis le haut d’un immeuble
Dans une chambre inconnue
On guette le bruit du parquet
On essaie de se faire tout petit
On est tout petit

Certains matins, c’est mieux
Quand il ne se passe rien de grandiose
Non, les blancs au milieu des conversations
Ne sont pas toujours des vides, des creux
Ils murmurent ce que les mots
Pourraient salir ou
Déformer

Certains jours, je ne comprends rien
A ce qu’il se passe dans mon foutoir cérébral
Et c’est très bien ainsi

 


Mardi 15 mai 2018

J'ai peur de tout le monde

Un extrait d'une petite chose qui paraitra peut-être dans la série 8pA6 chez -36° éditions.
En 2010, ils avaient publié mon "Celui qui préférait respirer le parfum des fleurs" (un hommage à Elliott Smith) puis en 2011 "Mes pieds nus dans tes vieux sabots breton" (qui annonçait les prémices de "Lame de fond")
Je suis très heureuse de ces retrouvailles avec cette belle petite maison d'éditions Suisse (merci à Martin Laquet de m'avoir transmis des nouvelles de Laurent, et merci à Laurent d'avoir demandé à Martin de me faire un coucou)

J’ai peur de tout le monde

Des troupeaux de questions piétinent
Les champs de bonnes intentions
Morceaux choisis de vies futures
Eclats de fuites dans le rétroviseur
Encastrés dans un bout de ciel
Du fragment
Toujours du fragment
Qu’on nous vend comme un futur objet
Avec le plan de montage
Détaillé mais incompréhensible
Il manque toujours une vis quelque part

J’ai peur de tout le monde

Parler, je laisse ça aux autres
C’est trop violent
Trop immédiat
Et puis
Si je ne dis rien
C’est pour mieux t’écouter, mon enfant
C’est pour mieux te manger du dedans
Dévorer tes aveux
Utiliser tes propres mots contre toi
Non, tu vois
Le silence lui non plus n’est pas toujours
Si innocent qu’on le croit

J’ai peur de tout le monde

Les moments donnés ne sont pas offerts
Ils coutent le prix d’un pas de côté
D’un mot plus haut que l’autre
Ils éloignent
Nous plongent dans un bain de sans
Et tôt ou tard
Faudra bien rembourser la distance

J’ai passé le contrôle technique médical
Tout va bien dans ma viande, enfin !
Les râbles sont solides
Les jambons pas trop gras
Les côtes prêtes à se laisser trancher
Tout va bien dans ma viande
Le mal est eradiqué ou presque
Je suis encore consommable
Mais

J’ai peur de tout le monde

 


Lundi 14 mai 2018

L'ampoule

Sortie le 15 juin, à ne pas manquer !


 


Samedi 13 mai 2018

J’emmerde le silence [new]

Mes histoires
sont des voix
sans issue
 


Jeudi 11 mai 2018

C'était beau c'était chouette

Merci à tou-te-s, Patrick, Antoine, l'équipe technique, les copains qui disaient leurs mots forts-beaux-drôles-touchants, les copains qui prêtent une chambre, les gens venus écouter dans un Lyon étrangement vide entre deux ponts. On était là, nombreux, ensemble. C'était bon!


[Plus d'images ]
 


Mardi 9 mai 2018

Demain, viens !


Mardi 1er mai 2018

Différente

Voilà, en guise de brin de muguet, pas forcément gai mais à la fin légère, une nouvelle en version audio avec la magistrale interprétation de Margot Charôn que j'ai ententue et vue à l'oeuvre plusieurs fois, parue ce jour aux éditions 15K. Et pour connaitre des amoureux de littérature n'ayant pas la possibilité de lire, je ne peux qu'encourager les maisons d'édition qui osent l'audio (trop rares dans nos contrées, hélas)


Vendredi 13 avril 2018

L'attente
 

Cours, cours toujours...
L'attente (plus ou moins tranquille, plus ou moins ce foutu hurry up du quotidien qui nous bouffe) c'est le thème du n°6 de l'incontournable Revue Métèque.

La voilà ! Dans la belle crudité de son noir et blanc. Un thème en contre pied, ou en pied de nez ? Va savoir. Les urgences se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Les lassitudes non plus.

Nous ne sommes que des uns et des autres, aussi semblables que différents. Et les pages ici parlent de toi-moi-nous. Une entité qu'on réfute par pudeur ou prétention. Il n'empêche que... L'attente nous concerne tous.

Ce n'est peut-être qu'un doigt dans le nez ou un sourire doucement teinté d'ironie jeté à la face du monde, mine de rien. Sans feu d'artifice, sans artifice, juste le feu des voix qui s'expriment là, entre les pages. Mais ça vaut le détour, crois moi !

Plus d'info ICI

 


Jeudi 5 avril 2018

Mots barrés #68


Lundi 2 avril 2018

Chanter l’eau en vain

Y a pas que dans l’eau qu’on peut se noyer
Ça va bien cinq minutes de tout classer dans
Les pertes et profits
Aller, vas-y
Eprouve que tu existes
Viens
On s’emmêle les pinceaux
On se mélange les couleurs
On s’étale en silence
Sur la toile des jours
Il n’y a pas que dans les musées
Qu’il ne se passe rien de bruyant
Regarde
Dans les hypermarchés
Au milieu de la chaussée
Les chiens rouillés
Le contrejour rose
Les laveries automatiques d’argent sale
Le cimetière des éléments
Allez
Osons
Dessiner une
Moustache sur le paysage
Rire
Au nez et la barbe
De l’amour qui s’achète
Et des boules à facettes
Votons pour la privatisation du nichon
Le silicone c’est plus durable
Tant pis pour le marteau et les beaux cils
Les traces de rue sur les gencives
On plante les dents dans le bitume
Des pieds et des mains partout
Je marche, tu marches
Nous fabriquons
Ils bouffent
Tout
Mais tant qu’on sait nager
Il nous reste le plaisir de
Changer l’eau en vain

 


Dimanche 1er avril 2018

L'humeur du dimanche : Quand la fin est un commencement


[Image : Personal Message, by Michael Dumontier and Neil Farber]

 


Samedi 31 mars 2018

Mots barrés #67


 


Vendredi 30 mars 2018

London Calling
 

The Spring 2018 issue of Poetry London offers new and exciting work from Selima Hill, Natalie Shapero, Leontia Flynn, Jane Yeh, Tara Bergin, Fiona Benson, and introduces Hieu Minh Nguyen with a brilliant long poem. This issue also presents poetry from the talented emerging voices of Mary Jean Chan, Emma Jeremy, Isla Anderson and Sarah Fletcher, alongside wonderful new translations of Kim Kyung Ju, Lieke Marsman, and Marlene Tissot.

Et voilà! Quelques extraits de "Last stop before insomnia", les traductions de mes insomnies par Anna Jackson, sont dans cette splendide revue et ça me fait un plaisir fou.

Pour en découvrir plus à propos de la revue, c'est par ici:
Poetry London


Lundi 26 mars 2018

Stratégie

Il y a des matins où on est
Plus défait que son lit
Mais quand demain ressemblera étrangement à hier et
Quand tout le monde tournera en rond sans le savoir
Il sera temps d’utiliser la stratégie de l’oblique
Pour ne plus confondre
L’action abandonnée avec la lâcheté de
La défaite anticipée
 

 


Dimanche 25 mars 2018

L'humeur du dimanche : laisser la patisserie à d'autres

 


Lundi 19 mars 2018

Dans le bleu des yeux

Balancer tout le bordel dans l’essoreuse
Suspendre les nuages au fil à linge
Demain peut-être, le ciel fera comme moi
Il ravalera ses larmes
 


Dimanche 18 mars 2018

L'humeur du dimanche : Dans le sens du vent


[Image : Didier Duyats et son correcteur d'orthographe ]

 


Jeudi 15 mars 2018

Demain à Lyon

Ce sera une chouette soirée, viens !

 


Mercredi 14 mars 2018

Dans ma boite

Ils sont arrivés il y a peu, depuis la Nouvelle-Zélande. Les exemplaires de ma première traduction grâce à Anna Jackson et Geneviève Chevallier, parue chez Seraph Press. Une belle rencontre, de chouettes heures passées ensemble à Aix-en_Provence, des questions et des éclats de rire. Un court recueil avec dedans, entre autre, cinq textes de la série des Insomnies dont l'intégrale paraitra en francais dans les mois qui viennent. J'en reparlerai quand ce sera le moment.

 


Lundi 12 mars 2018

On fait l’arbre

La première fois que je suis morte
Je n’étais pas encore vivante
Mais déjà invincible, un peu
Alors tu vois, maintenant c’est facile
De ne plus avoir peur
Je fais comme les arbres
Debout
Je reste plantée là
Je pousse
Quelques soupirs
Et on aurait dit que ce bruit
C’était rien que le vent
Tout le monde s’en fout, du vent
T’inquiète pas
Ce qu’il dit ne pourra jamais
Etre retenu contre toi

La première fois que je suis morte
Je voulais pas vraiment vivre
Et je ne sais toujours pas si j’y arrive
Je respire comme le vent
En rafales plus ou moins aléatoires
Et ça n’empêche rien
Un peu comme si on ne servait à rien
C’est rassurant
On dit les nuages ou les rayons de soleil
On dit la météo qui ment si professionnellement
C’est comme ça
Même les infections savent être opportunistes
J’invente pas, les docteurs le disent
Y a des paroles contre lesquelles
On ne peut pas lutter
Alors on fait l’arbre
On reste planté là
A écouter les oiseaux qui nous chantent
Dans les branches

 


Dimanche 11 mars 2018

L'humeur du dimanche : Faire face


[Source image tumblr  El Lagarto]

 


Samedi 10 mars 2018

Avignon


[Photos Marlene T. et spéciale dédicace à Isabelle Alentour qui sait pourquoi]

 


Vendredi 9 mars 2018

La légèreté des baudruches

Les jolies petites décos en céramique
Les vieilles photos qui ne signifient plus rien
Le confort d’une tasse de thé
Tu crois qu’on le range comment, hein
Son désordre intérieur ?
A coups de décors chargés de souvenirs ?
Se noyer, c’est pas grave, tu sais
Parce que les poissons
Se mettent à te causer
Et tu te mets à buller
Juste histoire d’imiter leur langage
Entretenir la conversation
Parler pour ne rien dire, c’est reposant
Alors on plonge
Ou on se laisse couler mais
C’est du pareil au même
Est-ce qu’il y a une échelle
Qui indique quand on a touché le fond ?
Est-ce qu’il y a une échelle
Qui permet de mesurer
Les sommets qu’on serait capable
D’atteindre si on était
Assez sûr de soi ?
Est-ce qu’il y a une échelle sociale
Aux barreaux assez rouillés
Pour que personne n’ait envie de la gravir ?
Est-ce que la hauteur
Quelle qu’elle soit
A une réelle importance ?
Y a pas que l’ascension qui compte
De toute manière
J’ai toujours préféré la profondeur
Des océans à
La légèreté des baudruches

 


Mardi 6 mars 2018

Avignon, puis Lyon, puis...

Jeudi 8 mars, à la Maison de la poésie d'Avignon

Vendredi 16 mars, aux Ateliers Terreaux de Lyon

Puis, bientôt, je joue à domicile, presque confidentiellement... Juste quelques mots entre autres lectures poétiques. Et si "l'ardeur", c'est pas mon truc, le printemps, j'avoue j'aime bien. Surtout quand il me bourgeonne dans la tête et me déracine un peu les pieds. Aller, viens, on va fleurir ensemble en attendant de faner.

 


Lundi 5 mars 2018

Les guillemets

La caisse primaire d’assurance maladie d’amour
Est en déficit budgétaire
C’est pas sa faute
C’est juste qu’aimer devient un mot grossier
A utiliser entre guillemets
Le petit signe avec les doigts en crochets
Comme dans les films américains
Les baisers sans la langue
Comme dans les films américains
Ce genre de vie où il faut juste baiser
Et j’ai rien contre, hein !
Tu fais ce que tu veux
Je fais ce que je peux
Mais les bras et la langue, ça devient quoi ?
T’inquiète pas, je pose des questions
Sans attendre de réponse
Jamais
C’est juste que, tu vois
J’ai tenu des mains
Ou plutôt, il a tenu les miennes, pour les réchauffer
Un gars qu’était à la rue
Alfred
On a parlé longtemps et il m’a demandé
Pourquoi j’avais froid
J’ai répondu
Parce que j’ai la chance d’avoir assez chaud en général
Il était là, avec son foutoir indispensable
Intelligent et beau dans sa détresse abimée
Il n’a rien demandé
J’aurais voulu pouvoir lui donner
Savoir l’embrasser
Pas avec ma langue
Juste avec mes bras
Mais j’ai pas osé
En partant, je lui ai souhaité bonne nuit
Avec des guillemets à la con
Comme dans un scénario pourri
Puis je suis rentrée me coucher
Mon froid dedans plein le ventre
Son froid dehors la rue autour du corps
J’ai pas dormi
Je savais que je ne pourrais jamais
De rêver assez fort pour le réchauffer

 


Dimanche 4 mars 2018

L'humeur du dimanche : Détachée


[Image: Gervasio Troche]

 


Jeudi 1er mars 2018

Cadeau Bonux

Les doctrines constitutionnelles
Et l’huile de foie de morue
C’est du pareil au même
De la poudre aux yeux et
Moi, tu vois, on m’a longtemps dit que j’avais
Les yeux de Paul Newman
Pourtant c’est pas mon père
Et mon père, je ne sais même pas
Ce que voient ses yeux
Il est là, mais il est loin
Des fois, c’est comme ça
On est chargé
On pèse trop lourd pour soi
Alors on se laisse tomber

On se laisse tomber

Et tu sais bien que
Dans ces cas-là, y a personne
Pour ramasser les miettes
On les balaie là
Dans un recoin
Sous le tapis du cœur
C’est facile, tu vois
Les miettes et les sentiments
Ça se planque n’importe où
On se dit "c’est comme ça et puis c’est tout"
End of the story
Sauf que l’histoire
Elle meurt moins facilement que toi et moi
Il reste des traces
Au fond de la culotte du monde
Et Bonux ne fait plus de cadeau
La surprise, c’est à toi de l’inventer
De l’attraper au vol
Quand le courant d’air
Laisse la poudre de lessive
Se dissoudre pour s’occuper du reste

 


Mardi 27 février 2018

La comédie humaine

Ce qui devait arriver n’arriva point
Parce que rien n’est gravé
Dans le gâteau marbré et
Quand la tempête s’estompe
On se demande parfois
Si c’est du bonheur ou
Juste de l’apaisement
Un instant tendre entre soi et soi
Après une nuit blanche
J’observe le crépuscule du rien
Genre lever de soleil sur un
Vide intérieur
Comme un appart’ à repeindre
Sauf que, tu vois
Tu n’as pas les pinceaux
Sauf que les murs t’échappent
Sans que tu ne puisses leur échapper
Et tu es là
Portes verrouillées
Fenêtres fermées et
Il fait nuit sous le ciel blanc
Alors tu vas devoir
Une fois encore
Mentir et sourire et jouer ton rôle
Sans les outils et
Tant pis si le costume n’est pas à ta taille
Faudra bomber le torse
Enfler le biceps
Parfois on se rassure comme on peut
En se collant une étiquette de toute puissance
Sur le front
En se prenant pour des dieux
Des maîtres
Et, comme eux, on ne réalise pas
Qu’on n’est maître rien
Que tout n’est qu’illusion
Que trop de détails nous étouffent
Nous rendent aveugles
Puis c’est l’heure de diner
On a faim ou pas
Froid ou pas
De quoi faire ou pas
On est malade ou pas
On est vivant probablement
On n’en sait rien
Passé un certain stade
On n’ose même plus
Se poser la question


 


Mercredi 21 février 2018

Le regard de l’autre

Tout le monde est pressé
Tout le monde est en retard
Et c’est la faute de la correspondance
Du chauffeur de bus
De la caissière
Du con qui s’est jeté sous le métro
De la petite Isabelle qui attend sa maman
A l’accueil du magasin
C’est pas la faute du système, non
Personne n’ose le prétendre
C’est celle de quelqu’un, forcément
Et c’est rassurant
Quand on y pense
D’accuser quelqu’un
Un être humain
Comme toi et moi
Même si on porte un badge sur la poitrine
Qui indique son prénom
Pour rappeler aux autres
Et à soi, aussi
Qu’on n’est pas encore tout à fait
Une machine
Dans le doute, on balance
Son CV, histoire de prouver que
La vérité, elle est imprimée là
Noir sur blanc
Et tu verras
Tout va bien se passer
On se dit que les métaphores
C’est comme un épisode de série télé
Ça finit toujours bien
Les gentils triomphent
Les méchants sont punis
Tout doit être simple
C’est ça qui compte
Garder les choses à un niveau
Compréhensible
Alors on métaphore juste un peu plus ras
Que les paquerettes
On se dit, c’est superfétatoire, les mots
Ça sert à écrire des dialogues
Qui donnent de l’importance
En laquelle on ne croit pas
On se crée un personnage
On se tient à distance
Ça met en colère
Ça fait déprimer
Ça crée des érections
Mais on n’oublie jamais
Les écrans de surveillance
Et même quand on baise, on pense à
Des caméras
On pense au public
Faut faire ça bien, gracieux, appétissant
On pense qu’on n’est rien d’autre que des comédiens
On est des gens qui se prennent pour
Des acteurs dans une super production
Mais personne ne regarde
Personne ne voit
On est seul
On est vivant
Ordinaire, mais vivant
Et on baise mal
Si on veut
Et on échoue
Et on se relève
Si on peut
Tout ça en pensant
Sans jamais oser l’avouer
Au regard de l’autre
Comme s’il n’y avait rien
De plus important

 


Mardi 20 février 2018

DUOS

Le Printemps des poètes a choisi pour 2018 le thème de l’ardeur. A cette occasion la Maison de la poésie Rhône-Alpes publie l’anthologie DUOS préparée par Lydia Padellec (choix des textes, biographies, préface).

Cet ouvrage est le 59e numéro de la revue de création Bacchanales. Il réunit 118 poètes, 59 femmes et 59 hommes en regard, ensemble. Leurs langues inventives, rebelles ou en symbiose avec le paysage, dans l’espace d’une page, se confrontent à la nature, au vivant, à l’environnement, au travail, à la civilisation numérique, à la violence, aux ravages de la guerre et des dominations.
 

C'est cool, il parait que je suis jeune! Quoi qu'il en soit, mille mercis à Lydia pour la persévérence, et à La Maison de la poésie Rhône Alpes pour donner vie à ce projet
 


Lundi 19 février 2018

J’emmerde la cacophonie

Parfois, je parle juste
Pour éviter que ce soit trop
Bruyant dans ma tête
 


Dimanche 18 février 2018

L'humeur du dimanche : Les nuages roses du Luberon

Y a pas de photos du ciel là-bas. J'avais pas le matos à part ma mémoire. Mais après un samedi pluvieux côté climat, lumineux côté humain, reste cette image de fin de jour, juste avant le couchant, quand la pause entre les lectures nous a réunis dans la cour du chateau de la Tour d'Aigues pour une séance façon " T'as vu ces couleurs, bordel ! "
Des nuages bordés de rose et c'était doux, cette petite naïveté, ce lent moment avec un gout de vrai. Non, la poésie n'est pas qu'un jeu calculé avec les mots. Oui je suis parfois contradictoire, dans mes pensées, dans ce que j'écris/dis/pense. Je ne suis pas la seule (heureusement) et c'est pas une posture. L'humain est contradictoire. Et c'est aussi ce qui le rend vrai, imprévisible, comme le ciel. Je préfère le faussement simple au simplement faux. Il y avait là des faillibles, des lumineux, des fragiles, des fausses brutes, des quasi imperfectibles tout en humilité, ce week end dans le Luberon. En tout cas, il y avait une fichue belle dose de gens sans masque, sans costume de superhéros, et bon sang, ça fait un bien fou !


[Photos Antoine LNP]

 

 


Jeudi 15 février 2018

Ceci et Là-bas, à lire, à écouter

Sortie prévue en mars, n°6 de la superbe revue Métèque!


Et samedi (oui, celui qui arrive, le 17 février) je serai au château de La Tour d'Aigues pour le troisième parcours poétique de la saison Poésie Nomade en Provence.

 


Mercredi 14 février 2018

Je déneige l’allée entre ma tête et mon cœur

Le miroir n’a rien à dire
Il ne te parle que de toi
Et c’est suffisant parfois, une image
Surtout quand on s’entend mal avec soi

L’espoir en pack de six
Qui parvient à peine à t’enivrer
Même si la gueule de bois revient
Inlassablement à chaque sonnerie de réveil

Je déneige l’allée entre ma tête et mon cœur
L’inadmissible, c’est comme le verglas
On se casse la gueule dessus

Faut laisser la bête en soi s’exprimer un peu
Sans ça, quoi qu’on fasse
C’est juste de la technique
C’est juste pour faire joli

Ces petits éclats de lumière parfois
Qui donnent un contour à la pénombre
Sans parvenir à la faire disparaitre

On t’impose, on te propose
Et tu n’oses plus poser le pied
Qu’au bord de la falaise
Espérant presque déraper
Pour éviter le choix ou l’injonction

Est-ce que tes économies sont viables ?
Est-ce que les informations sont fiables ?
Allocutions
Cooptation
Copulation
Tout ça, c’est juste des rimes à la con

La survie de l’espèce humaine
Dépend avant tout de sa soumission
Même les pigeons l’ont compris plus vite que nous
Alors la beauté du geste, mon cul !
Même la pornographie n’y arrive pas
Tout est calibré, chronométré

Il y a des choses évidentes qu’on ne voit plus
Tu as remarqué, par exemple
Que la neige tombe plus lentement que la pluie
Sans même faire de bruit
Et pourtant, on en parle davantage
Faut-il en tirer des conclusions ?

 


Dimanche 11 février 2018

L'humeur du dimanche : Apprendre à être convaincant

 


Samedi 10 février 2018


Le poids des mots tus

La pulsion est séduisante
Mais le doigt dans l’engrenage
Ça fait mal au bout d’un moment
Faut trouver la limite
Tout est toujours une histoire
De limite
Pas étonnant qu’on étouffe
Parfois je fais mal la différence entre
La délicatesse froide
Et cruauté tendre qu’on m’offre
Dis, c’est comment qu’on aime ?
La bêtise est futée, rapide
Elle prend toujours de l’avance sur nous
Elle nous attend au tournant
Nous emprisonne dans ses filets, et
C’est pas si facile de lutter
Faut pousser les parois autour
Faut lutter
Se rappeler que
Toutes les richesses valent rarement
Leur pesant d’or
Mais va savoir si donner de la douceur
De l’affection
Un peu de toutes ces choses sur les quelles
On peut coller des mots sans jamais parvenir
Vraiment
A les définir
Ça rapporte plus chaud que l’hypocrisie ?
Je pense au mépris froid du premier pied
En dehors du lit le matin
A la vanité enflée des poches sous les yeux au réveil
Aux maquillages
Aux artifices
On ne ressemble à rien quand on enfile
Pour faire joli
Une robe de fausse humilité
Suffit parfois de sourire au grand ordinaire
Sans rien attendre
Et lui dire bonjour, tout simplement
Pour étouffer un peu la flamme du sortilège
De toute manière, j’ai toujours préféré
La pénombre aux néons
Et chaque vérité a besoin
De son espace de mensonge
Pour oser s’exprimer librement

 


Vendredi 9 février 2018

Merci !

C'est comme ça, le mot est trop petit, mais on ne trouve que lui, parce que l'humain est ainsi fait, parfois. Ces prétendues immenses capacités qu'il affiche face au reste de l'univers vivant. Sa manière de ne savoir l'exprimer qu'avec le lexique dont il dispose. Alors je fais avec ce que j'ai, ce qu'on m'a transmis, ce que je suis. Et je murmure un gigantesque merci à Georges Guillain, au Prix des découvreurs, aux professeurs et aux lycéens lumineux de pudeur et d'énergie à la fois que j'ai rencontré à Calais et Boulogne-sur-Mer. J'ai pas vu la mer, mais ces deux jours furent nourris de merveilleux échanges. De ce genre d'instants qui énergisent et apaisent à la fois. Qui permettent de se dire que rien n'est terminé, jamais, et que tant que nous sauront partager, ne serait-ce que de l'infime, alors tout n'est pas perdu, tout reste est possible. Y croire, c'est laisser une porte entrouverte pour la petite lumière qui rassure, c'est une oreille offerte, un sourire, du temps jamais inutilement perdu, une épaule bienveillante. Je l'ai dit et oui, j'ose le penser : la poésie ne sauvera pas le monde, mais je sais qu'elle peut aider. Elle l'a fait, elle le prouve sans relâche, et elle continuera !


[Photos Georges Guillain]

 


Mercredi 7 février 2018

K2R version 2.0

Et si nous n’étions que des mythes
Jamais vraiment héros
Jamais vraiment victime ?
Des mythes, faute d’avoir osé exister ?
Est-ce que savoir cela
Nous donnerait un peu de courage ?
Celui de ne plus se taire, se terrer
Paralysés par l’ultimatum
En pensant, il est déjà presque trop tard
On devient, en silence
Les termites de sa propre charpente
On se ronge
Lentement mais surement
On ne sera bientôt plus
Qu’un tas de sciure
Mais, pour être honnête
Je n’accorde pas plus d’importance
A ma mort qu’à ma vie
Techniquement, ce ne sont que
Les deux états possibles de ma matière
Et la chimie m’a toujours ennuyée
C’est comme les chips
Toujours un peu le même gout
Jamais vraiment le même dosage en sel
Parfois, je voudrais qu’on m’accorde
Le temps
Un léger différé
Qu’on m’autorise ce petit décalage
Avec l’instant présent
L’instant pesant
Celui du coucou
Smiley cœur avec les mains
Sourire clin d’œil
Tu vois, le virtuel, ça a du bon parfois
Ça colle de la distance sur l’immédiat
Ça détache un peu
Comme du K2R version 2.0
On est sans être
Et ça m’arrange parce que je suis 
Sur la liste des perdus d’avance

 


Dimanche 4 février 2018

L'humeur du dimanche : En route pour l'avenir


[Photo : Elena Anosova]

 


Vendredi 02 février 2018

Ce putain de réchauffement climatique

Des fois, ça fige
Tes pensées comme
Du gras dans le froid de l’hiver
Ça devient dur et blanc
Faut creuser à la cuillère
On se fait chier depuis si longtemps
Qu’on finit par trouver ça normal
Les tâches quotidiennes
Les petites humiliations permanentes
Des fois, ça fige
Et aussi grande que soit notre rage
Elle ne trouve plus le feu nécessaire
Pour fondre le gras de l’ordinaire
Alors on est coincé là
Les pieds dans une végétaline humaine
Et on sourit, qu’est-ce que tu crois ?
On répond, oui, ça va et toi ?
Et l’autre en face, il a les pieds dans
Le gras figé, lui aussi, alors
Il dit pareil
Et on fait semblant de le croire
On ne ressemble plus à rien
Incapable de penser à soi et encore moins
Aux autres
Mais tu connais l’humain
Faut toujours qu’il trouve quelqu’un à blâmer
Un dieu, un boss, un voisin, un conjoint
Et parfois on a juste la lâcheté
Ou plutôt le courage
De se blâmer soi même
Sans que ça ne mène plus loin pour autant
Sans que ça fasse fondre
Le gras solide qui nous colle là
Comme stupéfiés
Alors on balance nos rancoeurs dans la poêle
Trois minutes à feu vif sur chaque face
Puis on mâche gentiment
Docilement
Et ça durera tant qu’on aura
De quoi se remplir l’assiette, sans doute
A moins que ce putain de réchauffement climatique
Se décide enfin à nous filer un coup de pouce

 


Jeudi 01 février 2018

Laisser sécher l’imprévu à l’air libre

Le jour où ça bascule
je prends un bain
je laisse dégorger les couleurs
me pends à la corde à linge et
paysage cul par-dessus tête
j’égoutte mes pensées
 


Mardi 30 janvier 2018

J’emmerde le thème astral

Entre échec scolaire
Et réussite solaire
Chacun brille à sa manière
 


Lundi 29 janvier 2018

Mot barré #66


Dimanche 28 janvier 2018

L'humeur du dimanche : Des arbres plein la tête


[Image Cécile Reims]
 


Samedi 27 janvier 2018

Ralentir la machine

L’abstraction, ça court les rues et
On lui court après pour éviter le pire
Mais on s’use plus vite
Que nos chaussures !
Je fais le ménage dans ma vie
En balayant l’horizon du regard
C’est doux parfois d’être ébréché
Ça n’écorche que les lèvres de ceux
Qui cherchent à t’embrasser
Merci beaucoup et au plaisir
(quel plaisir, au juste ?)
A chacun ses limites et
Sa notion du chic
La présence d’esprit est
Louable, mais pas à louer
On se loge chacun comme on peut
A la bonne enseigne, si possible
On ne mesure pas la liberté
A la hauteur d’une jupe
Le jour où les rêves un peu trop petits
Prendront leur revanche sur les grands
Il sera enfin temps
D’infuser les jours dans la tiédeur de vivre
D'amidonner la férocité dans le sel des vagues
Et trouver un moyen de
Ralentir la machine

 


Vendredi 26 janvier 2018

La beauté de l’ironie

Est-ce que les mots pensent ce qu’ils disent ?
Savent-ils s’excuser lorsqu’ils vont trop loin ?
Je fais partie du monde et le monde fait partie de moi
Murmurent les mots dans ma tête
Mais je ne les crois pas
Ils mentent si facilement
Ils détournent l’attention et
Transforment l’eau en vin
Les politiciens le savent bien
Et les patrons, les parents, les beaux-parleurs
Les tyrans, les manipulateurs
Les séducteurs
Tous, ils savent cela
Et les poètes également
 


Mardi 23 janvier 2018

Des humains entre temps

Comme s’il ne restait plus rien d’autre
A respecter
Que les cadavres célèbres
Comme si l’humain devenait
De la chair à broyer
Comme si toi/moi/vous
On ne se respectait plus assez
Pour se regarder dans les yeux
Et se comprendre
C’est facile de prétendre
Qu’un arbre est trop grand
Pour te prendre dans ses bras
Mais rien ne t’empêche de le faire, toi
Tu peux dire ce que tu veux
Les mots sont faciles à piétiner
Mais on ne les fera pas taire pour autant
Détends-toi deux minutes
Respire
Tais-toi
Ecoute
La nuit finit toujours par revenir
Le jour aussi
La viande consommable, c’est nous
De vulgaires outils à obsolescence programmée
Et n’imagines pas que tu couleras des jours heureux
Dans une maison de retraite
Tout confort, tout sourire
Non
Si on a de la chance on crèvera avant
Si on a de la chance
On aura su, entre temps
Etre des humains
Des vrais

 


Lundi 22 janvier 2018

De l'importance de s'échapper, même en pensée

 


Dimanche 21 janvier 2018

L'humeur du dimanche : Where is my mind ?

 


Vendredi 19 janvier 2018

La vie n'est pas un roman, et pourtant

Chaque matin
A peine sortis du lit
Les personnages endossent
Leur costume
Et suivent à la lettre
Les instructions
D'un auteur fictif
En étant persuadés
De vivre leur vie réelle
 


Mardi 16 janvier 2018

Mots barrés #65


Lundi 15 janvier 2018

Sans contact

Faudrait des sourires qui dérapent
De tes lèvres aux miennes
Des lecteurs de cartes à puce à l’oreille
Sans contact
Un effleurement suffit
Pas besoin de pénétrer
Dans le vif du sujet
En dessous d’un certain montant
De sentiments
Ça fonctionne il parait
Et ça tombe bien
Je ne suis pas dépensière
Romantiquement parlant
C’est sans doute pour ça
Que j’embrasse
Avec les yeux ouverts
Histoire de vérifier le crédit accordé
Le budget à ne pas dépasser
Mais en fait, j’en sais rien
Parfois faudrait
Simplement pouvoir
Poser les questions
Comme on dépose les armes
Juste pour conserver
Un minimum
De paix disponible
Sur le compte courant
Des jours présents

 


Dimanche 14 janvier 2018

L'humeur du dimanche : Tout finit par passer


[photo : Vaneß Camille Lambert]

 


Samedi 13 janvier 2018

Du fil et une aiguille

Parfois, je me dis
C’est pas ce que je regarde qui compte
Mais la manière dont je le regarde
Puis c’est un peu ridicule aussi
De chercher les fins et les débuts
Sans prendre le temps de plonger
Dans les profondeurs de l’entre deux
Chacun se noie à sa manière
Et même dans un verre d’eau
Moi, c’est le monde qui me submerge
Alors parfois je vais voir ailleurs si j’y suis

Est-ce que la vie serait vraiment plus belle
Sans les connards qui la fécondent ?
Est-ce que la réponse est cachée dans la question ?
Comme pour les œufs kinder ?
Tu bouffes le chocolat d’abord
Et il sera toujours temps ensuite
D’être déçu par la surprise

C’est facile d’être déçu
Parfois c’est même réconfortant
On se dit :
Tu vois, t’avais raison
Sauf qu’on ne peut rien prédire
Jamais

Oui, bien sûr, parfois l’actualité me fait réagir
Et le temps qui coule
Comme du rimmel quand on chiale
Et la toux grasse comme une poignée de main moite
Et le manque de respect des jours qui augmentent
Ou rétrécissent sans demander notre avis
Non, je ne te parle pas du plus important
Evidement

Je voudrais partir pour –
Faire comme si tu –
Et la vie continuerait à –

Je te laisse le soin d’écrire la suite
Une histoire, ça se raconte
Ça s’invente
C’est facile
Mais une peau ?
Si elle est mal ajustée ?
Si elle est pleine d’accrocs ?
Ben tu vois, ça se recoud
Ça se raccommode
Et je t’assure
C’est moins compliqué
Que passer sa vie
Dans un mauvais costume
A jouer la comédie

 


Lundi 8 janvier 2018

Non monnayable

Même les obsèques de la classe ouvrière
Ce n’est plus ce que c’était
Ça se colle de la paillette sur la paupière
Pour attirer le regard de l'objectif
Le problème ce n’est pas toi ni moi
C’est le système qui, lui non plus
Ne ferme jamais l’oeil
Il attend nos nuits
Et vient claquer du talon
Dans les rues de nos rêves pour
Vandaliser les boutiques de spiritueux
Pour briser les flacons d’espoir
Il s’enivre avec notre sommeil
Et ricane à la sonnerie du réveil
Il se fout de notre gueule
Faut se faire une raison
Quand on taffe pour survivre
Parce qu’on oublie ce qu’est vivre
Qu’on ne l’a sans doute jamais su
Qu’on s’est laissé berné depuis le début
Avoir une situation
Un chouette petit
Métro-boulot-dodo
Ça marche aussi avec le bus
Quand on vit dans une petite ville
C’est tellement vile, tout ça
Comme si participer
Au grand manège capitaliste
Avait le moindre sens
Alors, quand tout s’acharne
Je tourne le dos
Je montre mon cul
A tous les passants
De toute manière
Les couleurs, c’est personnel
Chacun les voit à sa manière
Mais mon cul n’est pas rose
Mon âme n’est pas noire
Et je peux tenir le monde
Entre mes mains, si je veux
Sauf que ce n’est pas le monde
Que je veux là
Au creux des bras
Mais juste
Un peu de répit
Une petite paix à la con peut-être
Une petite paix, néanmoins
Et elle reste
Non monnayable

 


Dimanche 7 janvier 2018

L'humeur du dimanche : Guetter l'instant, patiemment

 


Jeudi 4 janvier 2018

Mot barré #64

 


Mardi 2 janvier 2018

Pensée du jour

"Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau"
[Paul Valery]
 


Lundi 1er janvier 2018

Exposant zéro

Si on compte bien
Mille et une nuits
Ça ne mène pas loin
Même pas trois ans
Et la proximité
Ne fait plus rêver personne
Toujours cette histoire
De distance
Et d’infini
L’inaccessible
Comme un paradis
Mais si on prend le temps
D’y réfléchir un peu
Les math finissent toujours
Par toujours avoir raison
On peut contredire
Presque tout
Sauf les math
C’est pire que la religion
Parce que personne n’ose prétendre
Que ça n’existe pas
On additionne et on soustrait
A tour de bras
Les emmerdes se multiplient
Les unions se divisent
Et on se dit
C’est la vie !
Alors qu’il suffirait
D’un bon vieil exposant zéro
Pour annuler tout ce bordel

 


Dimanche 31 décembre 2017

L'humeur du dimanche : La vie en rose


[Image by Chad Unger]
 


Vendredi 29 décembre 2017

Un sourire qui mange un sourire

Je veux que tu manges mon sourire
Que tu le mordes
Pour le rendre encore plus grand
Comme une blessure joyeuse
On pourrait même pisser ensemble sous les étoiles
Dans le sens du vent ou pas
Ça ne changerait rien au son des violons
Ni à la grande rotation du monde
Valser, c’est marrant
Tout envoyer valser, l’est davantage
Mes pensées hochent la tête
Comme les chiens en plastique
Qu’on fichait sur la plage arrière
Des bagnoles de mon enfance

Aucun paysage ne sait être
Plus vaste que nos espoirs
Mais ils sont plus faciles à admirer
A photographier
A partager
L’espoir, ça se froisse au fond d’une poche
Comme une vieille liste de commissions
Qu’on ne prend pas la peine de relire
Y a tellement de choses qu’on oublie
Surtout les plus belles
Rarement les pires
T’expliques ça comment, toi ?
Et la lutte finale, c’est quoi, exactement ?
Un bain de bouche au mousseux pour célébrer
La fin d’année ?

Faudrait parfois juste un regard qui dit :
Viens !
Un sourire qui mange un autre sourire
Par gourmandise, pas par férocité
Un truc genre délicat et animal à la fois
Un truc qui se fout des panneaux de signalisation
Et de la météo et des informations
Le précieux est rarement brillant
Et moins bruyant que le chant des oiseaux
Qu’on oublie d’écouter
Aller viens
Ferme ta gueule
Mange la mienne
Ça sera toujours un peu
De gaspillage de mots en moins

 


Jeudi 28 décembre 2017

Les bruits qui courent

C’est la foire aux bons mots
La course au sourire ultrabrite
Fuite en avant et gueule de bois
Le burlesque coché sur le calendrier et
Les obligations sociables annuelles
T’en fais pas
T’es insalubre
T’as des problèmes d’humilité
C’est pas ton costume qui est trop large
C’est toi qui tente de te faire tout petit
Histoire de rentrer dans le moule
A quoi ça sert
D’aimer le papier
Plus que
Les feuilles des arbres ?
De toute manière, tout finit par tomber
Même les moments ne savent pas
Etre éternels
Y a que les souvenirs qui nous font croire
Et ils mentent
Comme tout le monde
Le bruit du robinet qui goutte
Tu vois
C’est comme une présence rassurante
Pourquoi tu crois que je ne le répare pas ?
On s’accroche à ce qu’on peut
A ce qui fuit
De toute manière, y a que ça de vrai
La fuite
Et même si on ne s’échappe
Que dans l’absence de mouvement
Parfois je me dis
Qu’il n’y a que les bruits
Qui courent
Et j’essaie de les imiter

 


Mardi 26 décembre 2017

Chacun sa longitude

Même la pénombre à ses zones d’ombre
Un peu plus discrètes, un peu plus effrayantes
Que la réalité
On en a plein la tête
Je voudrais les vomir
Avant d’aller dormir
Les vomir comme un trop plein de piquette

Une poupée, quand on l’allonge
Elle ferme les paupières
C’est automatique
Moi aussi, j’ai été une poupée
Mais maintenant, j’ai les yeux rouillés
Ils restent ouverts tout le temps
Bien sûr, il y a les incontournables
La météo, la mort, les statistiques
Bien sûr, il y a toujours
De quoi occuper
Les yeux qui ne veulent pas se fermer
Bien sûr, tout ne rouille pas
Mais ça finit par se friper
Comme un vieux drap
Ça pue comme un dessous de bras
C’est pas très beau la vie
Même si c’est magnifique

Pleurer, je laisse ça aux professionnels
Ceux qui monnaient les larmes
Ceux qui tuent le sens
Rien n’a de sens quand ça cherche
A alpaguer la foule
Quand ça renifle les chaussettes de l’archiduchesse
En se marrant avec grâce
Pour faire classieux sur grand écran
La beauté du massacre dépend du costume
Et du paysage

Moi, je coupe la tête des arbres déjà morts
Pour chauffer mes vieux murs
On se fait du bien comme on veut
Enfin, surtout comme on peut
Chacun sa longitude
Chacun sa lassitude
 


Lundi 25 décembre 2017

Figurants

Nous sommes
Les figurants de longue haleine
D’un film au scénario bâclé
Dont le nom n’apparait
Même pas
Au générique
La bêtise a toujours de l’avance sur nous
Elle nous tient par le bout du nez
Parfois, les choses vont trop vite
Suivre le mouvement, tu sais
C’est pas inné
T’as enfilé tes beaux yeux
Ceux du dimanche avec le lundi
On est mal boutonné
C’est par timidité
Qu’on ne fait qu’effleurer
Le bonheur
Qu’on n’ose pas le prendre par la main
L’inviter
Faut toujours négocier avec la matière
Pourquoi tu crois que j’exerce
Mes talents de cuisinière ?
On se trouve des excuses
C’est facile
Mais l’exiguë d’une histoire
Ne détermine pas la beauté de la fin
Ni la hauteur des rebondissements
Possibles
 


Dimanche 24 décembre 2017

L'humeur du dimanche : ça sent le sapin

 


Vendredi 22 dédembre 2017

J'emmerde l'instinct de survie

On vit dans quelle prison
quand on fait une rature
sur ses passions ?

 


Jeudi 21 décembre 2017

Fabriquer les légendes

A force de fermer sa gueule, on a des varices plein les mots
L’anévrisme verbal, tu sais, il lui faut juste
Une page blanche pour s’épancher
Aller viens, on écrit
On raconte n’importe quoi
On raconte toutes ces heures qu’on passe
Le front contre la fenêtre à redessiner le paysage
Je sais, les regards finissent noyés dans le caniveau
Alors on zappe
Film maussade, documentaire, télé réalité
Et la publicité qui vient achever le boulot de sape
On n’est plus que les mortels du commun
Des clowns tristes qui n’amusent personne
Et ne font même pas pleurer
A quoi ça sert, ce cirque ?
J’en viendrais presque à comprendre ceux qui affirment :
Y a que le cul dans la vie
Mais est-ce qu’on touche des indemnités pour perte de sensualité ?
Je voudrais parfois me sentir enfin libre et pure
Ça ne fonctionne pas
Il y a les cadavres sous le lit
En forme de souvenirs
Je me laisse faire
Tu dis viens
J’obéis
Docile comme un animal bien dressé
Penchée contre la machine à laver
Indesit en gros plan
Mon front qui butte sur les lettres en relief
Tandis que tu t’agrippes à ma peau
Je me crispe, patiente pourtant
Ou lâche, va savoir
Je compte
Je compte les coups et les secondes
J’écoute ton souffle
Aussi court que les jupes que je ne porte pas
Je sens que tu sens que je ne suis pas vraiment là
Tout ça ne joue pas en ma faveur, je me dis
Puis je me demande
Tout ça quoi ? Et quelle faveur, au juste ?
Est-ce que ne pas savoir se laisser enculer sereinement
Est un réel problème, de nos jours ?
La seule chose que je n’ai pas embrassée
C’est une bouche de métro
Je n’aime pas leur méthode d’intimidation
On ne montre pas son âme comme on montre son cul
Pourtant, la vulgarité et les gorges profondes
M’ont toujours fascinée
Même si j’ai pas envie qu’on pénètre ma matière grise
Surtout pas par derrière
Y a quelque chose de mesquin dans le silence soumis
Et on le meuble comme on peut
A coup de colères rentrées qu’on dépose sur les étagères
Avec un bon cadre, ça peut faire l’affaire
On prétend qu’on construit
Qu’on se construit
Mais on ne fait sans doute que déposer nos angoisses
C’est pas le décor qui compte
C’est la paresse et la poussière
C’est les étoiles qu’on cache derrière les volets clos
Les nuits tombent et les jours se ramassent à la pelle
Les pannes se multiplient
Les sévices après-vente et les morceaux qu’on recolle
Reste le choix de craquer pour de bon
Ou décider de savourer
La volupté d’une tasse de solitude bien infusée
On a le choix
On a toujours le choix
De mesurer l’usure du monde face à la sienne
Parfois, je voudrais n’exister que sur instagram
En belles images qui ne me ressemblent pas
Inaccessible
Intouchable
Assez floue pour que ma disparition passe inaperçue
J’ai l’amour propre un peu trop sale
Et on est quoi, à part de la viande, dis ?
J’en ai marre de ne pas savoir à quelle sauce on va me manger
Puis parfois, comme tout le monde, j’ai faim
Parfois, je mords
Bourreau et victime à la fois
Question de timing
Les urgences se suivent et ne se ressemblent pas
Mais faut faire vite
Toujours
08:37, l’horodateur me guette
Pas le moment de me prendre un PV
Je remonte ma culotte
Indesit gravé sur mon front
La tête pleine de vide
Faut faire vite
Faire le poids
Faire le point (à la ligne)
Faire la pluie (pas le beau temps)
Le fatalisme, ça se travaille
Ça se cuisine aux petits oignons
Et t'as raison
C’est plus facile que la recette
A fabriquer les légendes

[Un autre extrait de la lecture à Clermont]

 


Mercredi 20 décembre 2017

J’aime pas mourir quand ça prend si longtemps

On crève la dalle en silence
On meurt
D’envie de vivre, mais
On ignore comment faire
On se contente de prendre son temps pour mourir
On gobe des pilules de charges sociales
On se tartine les envies de braquage au beurre rance
En silence
Et quand on n’a rien de mieux à foutre
On se console en pensant que
L’ennui c’est toujours mieux que les ennuis
Moi aussi, j’ai toujours eu un faible pour le singulier
La norme m’exaspère, même si son confort est indéniable
Sur le cinémascope du ciel, parfois
Même les étoiles décident de filer
Il m’arrive fortuitement de songer à les imiter
Et comme tout le monde
On ne rêve que de futur et d’ailleurs
On regarde à l’horizon
Les yeux mouillés d’espoir à la con
Je crois qu’on manque parfois de créativité
Ça sert à rien de feuilleter des catalogues de vies idéales
La réalité est une fiction comme une autre
Suffit d’utiliser l’imagination comme exhausteur de goût
Mais c’est dans l’air du temps, il faut croire
Ou bien c’est depuis toujours, je sais pas
C’est comme ça
On est content de pas être heureux
On est heureux de pas être contents
La cruauté du besoin et la tyrannie de l’envie
Ces petites guerres intestines qui nous constipent les rêves
On sous-estime l’ironie du sort et l’humour du néant
On rit de se voir si las en ce miroir
On meurt d’envie de vivre
Et moi j’aime pas mourir quand ça prend si longtemps
Je préfère pisser sur le ciel
Inventer des naufrages plus terre à terre
Il parait que même les arbres savent pleurer
Moi, j’ai oublié comment faire
J’embrasse avec les yeux ouverts
Et pendant ce temps, le pain d’épice prospère
Toujours les même qui gagnent qui perdent
On ne change pas de camp si facilement
Parfois je voudrais avoir la force de secourir les issues
Prendre l’air du temps dans mes bras
Lécher son ossature fragile
Le rassurer
Mais je fais rien, comme tout le monde
Je fais rien !
C’est quoi, au juste, la passivité ?
Une forme tolérable de lâcheté ?
C’est quoi, l’audace, exactement ?
Et qu’est-ce qui nous retient ?
Pourquoi faut toujours qu’on se plaigne des saisons
Et du premier qui nous prend pour un con ?
A quelle heure on découvre si les reflets nous mentent ?
Faudrait que j’apprenne à M’ADAPTER, il parait
Mais j’y arrive pas
Je traverse les doutes et les insomnies
Comme un passage piéton
Sans regarder ni d’un côté ni de l’autre
Il pourrait bien surgir un camion fou en provenance du passé
Ou un über chargé de promesses du futur
J’ignore lequel possède d’assez bon freins pour m’éviter
Faut pas négliger l’art du je m’en foutisme
Le matin, on se lève par habitude
On croise le regard du miroir et il fronce les sourcils
C’est tout
Voilà la seule histoire qu’il a à nous raconter
Pour le reste, nous sommes priés de bien vouloir
Arrêter de faire chier le monde avec nos envies de liberté
Nous sommes priés de regarder ailleurs
Ne pas oublier que ça pourrait être pire, bien pire
Alors on dit oui-merci, comme des cons
On est heureux d’être plus contents que certains
On est contents d’être plus heureux que d’autres
Je dis oui-merci, comme tout le monde
Parce que moi aussi, je meurs d’envie de vivre
Même si j’aime pas mourir quand ça prend si longtemps

[Version résumée du texte lu au salon "Les voix mortes" à Clermont en octobre et disponible en version Fanzine pour 5€ port compris]



 


Mardi 19 décembre 2017

Train de nuit

J’ai oublié pourquoi
L’instant était parfait
Peut-être ne l’était-il pas
Je me rappelle ne pas avoir
Osé te dire que c’est beau
Quand tes mains tremblent
Et que toutes les histoires devraient
Commencer dans un train de nuit
Dont on ignore la destination
De toute manière, on navigue mal
Quand la route est trop large
Et tous ces gens, bras levés
Qui fouillent le ventre du ciel
A la recherche de réponses
Ils sont aussi cons que
Toi et moi
Parfois on devrait juste
Se réjouir d’avance
De ce qui n’arrivera pas
Même si on le souhaite très fort
On devrait apprendre à compter
Les barreaux des chaises
Qu’on a sous le cul
Et se réjouir de ne pas s’y laisser
Emprisonner
Je ne me rappelle pas pourquoi
L’instant était parfait
Mais je me souviens
De ta main
Qui tentait de planquer
Ses tremblements
Et de mon envie de la tenir
Et les mains qui se tiennent
Tu sais
Ça ne peut rien provoquer
De catastrophique
Sauf si ça pilote
Un train de nuit
Peut-être

 


Lundi 18 décembre 2017

En attendant de servir

Il y a des gens
Qui n’existent pas complètement
C’est pas leur faute
C’est juste qu’on leur a appris trop tôt
A ne pas exister en entier
Même leurs sourires
S’étirent en miniature
Même leurs mots
Evitent d’être trop gros
Même quand ils pissent
Ils évitent de faire du bruit, d’éclabousser
Et c’est pour ça qu’ils ne se jettent pas à l’eau
Parce qu’on leur a appris que c’est mal
D’éclabousser
De faire des vagues
Alors ils restent là
Comme le passager d’un bus
Qui ne saurait pas à quel arrêt descendre
Comme une poupée oubliée au grenier
Il lui manque un œil, à la poupée
Mais on ne l’a pas jetée
Parce qu’on s’est dit qu’elle pourrait servir
Il y a des gens, c’est pareil
Ils ne se jettent pas d’un pont
Parce qu’ils se disent qu’un jour
Ils pourront servir
Ils attendent leur tour
Bien sagement
En cachant avec une frange
L’œil qui leur manque
C’est pour ça qu’ils ne voient pas très bien
Où tout ça va les mener
Et ça ne les mène nulle part
D’exister comme ça
Comme une plante en pot
Qui attend d’être arrosée
Qui attend de crever
Sans faire de bruit
Il y a des gens, ils ne sont pas perdus
Ils ont juste oublié
Où ils s’étaient rangés
Ils existent au ralenti
Respirent en sourdine
Bien pliés au fond d’un tiroir
En attendant de servir
Servir à quoi ?
Ils n’en savent rien
Et ils ne prennent pas le risque
De se poser la question
 

 


Dimanche 17 décembre 2017

L'humeur du dimanche : She's back !


[Source Image]
 


Mercrdi 13 septembre 2017

Un tout petit peu trop de rien

Certains matins sont pleins
d’un tout petit peu trop de rien
et on regarde cet étrange demain
punaisé là-haut à côté de la lune
sans avoir l'envie de décrocher
ni l’un ni l’autre
 


Lundi 11 septembre 2017

Nos folles inquiétudes

M’allonger sur le ciel
Et me laisser tomber
Dans les bras de la nuit
Renverser l’ordre des choses

Il dit :
Je voudrais danser comme un arbre
Moi aussi, oui, moi aussi
Mais je n’ai pas de racines

Il dit : J’aimerais que tu enfiles
Ton sourire pour moi
Tu sais
Celui qui est très échancré


Mais je ne sais plus où je l’ai rangé
Alors
J’enfile négligemment
Mon regard décolleté
 


Dimanche 10 septembre 2017

L'humeur du dimanche : Seule à la maison, je cherche
                       Un reste de poussières de moi
                       Sous le tapis du monde


[Thierry Metz]
 


Mercredi 16 aout 2017

Tout continue de pousser

Une fois - Plus tard - Pour toujours
C'est promis - Promis!
Les mots sont maladroits
Ils tombent, s'écorchent les genoux
Tu n'es ni oui, ni mon
Pas de clé
Pas de propriété
Ni de chasse gardée
On peut très bien décider
De boutonner dimanche avec lundi
Choisir quelle goutte de pluie
Tombera en premier
Regarder les trains se faire prendre

Une fois - Plus tard - Pour toujours
Tu montes chéri?
On va voir du pays
Dans le relief des draps bousculés
Lâcher prise
(électrique)
Eviter le court-circuit, si possible

Propagande, mon amour !
Mais dis-moi, les sentiments
Ca se mange comment?
Cuits ou crus ?
Faut pas écouter ce que disent
Les gens et la radio
Il y a des moments où les mains
parlent mieux
Je veux caresser ton corps comme un arbre
Immense, tendu vers le ciel
Tout continue de pousser, tu sais
Jusqu'à la mort

 


Dimanche 13 aout 2017

L'humeur du dimanche : Aller dans cette direction


[Londres juillet 2017 - Photo Marlene T.]

 


Lundi 7 aout 2017

Nos croquis imprécis

Le ciel a perdu son stylo bleu
Il rature le paysage en rouge
Et corrige les nuages
Les oiseaux tombent
Tout fout le camp
Mais le soleil continue
De pousser hors sol
Gavé d’engrais chimique
Et de pollution
Tous les évènements sont possibles
Tu sais, et les espérer
N’y change rien
Parfois, je voudrais secourir les issues
Prendre l’air dans mes bras
Cajoler son ossature fragile
Quels que soient les souvenirs
Qu’on amasse
Et la corpulence du passé
Qui nous hante
On reste nus
Sous ce ciel sans stylo
Qui ne parvient plus
A nous dessiner et
Se contente d’observer
Nos croquis imprécis
Continuer de se déplacer
Avec une maladresse
Touchante
 


Dimanche 30 juillet 2017

L'humeur du dimanche : Paroles, paroles, paroles


[Londres juillet 2017, photo Marlène T.]

 


Vendredi 28 juillet 2017

Persiste

Sous les sunlights des néons de l’ascenseur
Tu montes au septième, seul
évitant le sourire de ton reflet

Les jolies petites tragédies
Punaisées au mur du son
Tout va toujours trop vite
Emotionnellement parlant

Ne demande pas son avis à la tempête
Ne laisse pas le vent t’apprendre à courir
Chacun va à sa vitesse

Les briques, les tuiles
On en récolte tous
Ça sert aussi à construire
Et tant pis si l’orage fissure le ciel

Entre lettres mortes et matière vive
Ne te pose pas la question, persiste
Lentement, minutieusement

 


Jeudi 27 juillet 2017

La parole d’avant les mots

Elle ressemble à quoi
La parole d’avant les mots
D’avant les règles ?

L’esprit frappeur
Me décroche un crochet du droit
Je ne pense plus donc je ne suis plus
Finalement, c’est facile de disparaitre
Dans un monde où les gens voyagent
De plus en plus souvent/vite/loin/virtuellement

Ça veut dire quoi, exister, dans ce monde-là ?
Elles ressemblent à quoi
Les questions d’avant la ponctuation ?

Il suffirait peut-être
D’égorger le mutisme
Dépecer la bienséance
Disloquer la nuit
Avaler le jour
Boire à la source de l’improbable

Faire les choses à moitié, c’est quoi ?
Un peu, beaucoup, passionnément
Pas du tout ?

J’hésite
Un pas en avant, un autre en arrière
Me reviennent en mémoire ces paroles
« Si tu avances quand je recule
Comment veux-tu que je t’encule ? »
Oui, je sais, c’est ridicule

Faudrait couper tout ce qui dépasse
Et en faire un bouquet
De toute manière tout finit par faner
 


Mercredi 26 juillet 2017

Puzzle

J’ai des hectares de brousse brulée
Sur le territoire de ma peau
Et des paysages glaciaires aussi
Des planètes en orbite
Qui ne tournent pas très rond
Des cavernes inaccessibles

Tout expliquer, je ne peux pas
Alors j’avoue des bribes ici
Je murmure des secrets là
Je me disperse en mots
Auprès des uns
Des autres

Jamais entière
Ce qui ne signifie pas
Jamais sincère
Juste en puzzle
Trop de pièces perdues
Une image impossible
A reconstituer
 


Dimanche 23 juillet 2017

 

L'humeur du dimanche : relativiser


 


jeudi 20 juilllet 2017

Arroser le ciel

Le miroir grimace
Me rit au nez
Faut que je l'empêche de m'observer

J'aime pas mourir quand ça prend
si longtemps

Faudrait parvenir à arroser le ciel
Inventer des naufrages plus terre à terre

J'ai les deux pieds dans le même soulier
Façon Cendrillon
Envie de crâmer le carosse et la robe de bal

Tu sais, même les arbres savent pleurer
Et j'ignore ce qui m'empêche d'oser

 


Mardi 18 juillet 2017

Illisible

Une poignée de superbes petites tragédies
Cueille, cueille encore
Coupe tout ce qui dépasse et fais-en un bouquet
La mélancolie fermente mal
Je la bois comme un mauvais vin
Transformer ma tête en toupie
Tourne, tourne encore
Jusqu’à ce que le miroir
Me dessine
Un portrait illisible
 


Lundi 17 juillet 2017

Les Découvreurs

A découvrir en ligne, le dossier 2017/2018 du Prix des Découvreurs (clique sur l'image)
Si tu es prof, ou si tu as des amis profs susceptibles d'être intéressés, fais passer le mot !

 


Dimanche 16 juillet 2017

L'humeur du dimanche : Je veux aller vivre en réalité augmentée

 


Mercredi 12 juillet 2017

Le goût du sans

Saupoudrer des étoiles dans la soupe
Boire le ciel à la paille
Tout me transperce quand je reste immobile
Entre état de grâce et cœur de glace
La mécanique de l’escalier qui monte, qui monte, qui monte
Chercher la petite bête
La chimie neuronale et les distances de sécurité
L’analyse clinique des sentiments
Me laisse le goût du sans dans la bouche
Dans le doute je finis par détricoter les guirlandes
Et me paumer dans les labyrinthes
Mais inutile de crier, crier
Je suis imprononçable
Même sur le sable
 


Mercredi 5 juillet 2017

Repriser les peaux élimées

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
Mais pas oublié pour autant
De cocher la case
Les conditions générales de viande
Queue leu leu de trous du cul
Et coloscopie du bande-mou
Le trou de la sécu affiché
A un stade avancé de dilatation

Un homme m'a dit
La sodomie, c'est comme la mort :
Inéluctable !
Serais-je donc immortelle ?

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
J'épilais le ciel
Pour l'assortir à ma calvitie verbale
J'ai les mots qui tombent
Et de profondes lagunes lexicales
J'océan à marée haute
La plage de l'imaginaire poétique
J'invente des histoires pour éviter d'en faire

On travaille à l'émanci-passion
A l'amour sans attaches
Faut de la patience pour rapiécer les corps troués
Et repriser les peaux élimées

 


Dimanche 2 juillet 2017

L'humeur du dimanche : La tendresse, c'est une question de cuisson, il parait


[Source : les étiquettes d'Heptanes Fraxion]
 


Vendredi 30 juin 2017

Pâte à modeler

La mélancolie, tu sais
Ca ne se boit pas d'un trait
Ca se déguste lentement
Faut pas confondre douceur et ivresse
Je soulève je coin du jour
Avant que la paupière du matin ne se s'ouvre
J'attends le dessin du soleil sur le mur
Et le profil des montagnes
Accoudée à la fenêtre de la cuisine
Cul nu dans l'odeur de café
Ces instants nourris de peu et de tout
Ce gigantesque et ennivrant ordinaire
On peut faire une histoire de certains détails
On peut faire un détail de certaines histoires
Le réel n'est que pâte à modeler
 


Mercredi 28 juin 2017

J'emmerde les maisons hantées

Et puis quoi, bordel ?
L'incertitude qui hante
N'a pas plus de corps qu'un fantôme

 


Dimanche 25 juin 2017

L'humeur du dimanche : fabriquer des nuages


[Voir la vidéo ICI]

 


Samedi 24 juin 2017

Une notion abstraite

Ceci est un mot d’excuse
Une lettre d’absence à moi-même
J’ai déserté avant l’implosion
Non, la peur n’est pas un motif valable
Tu as raison
Mais je mens comme je resquille
En toute discrétion
Et seulement pour survivre
Genre illuminée en voie d’extinction
J’investis à long terme dans l’absence
J’imite le peintre, le sculpteur, le poète
Tremper les doigts dans la crasse et
En faire un motif esthétiquement incompréhensible
L’encre de l’introspection peut-il être sympathique ?
On se laisse convaincre trop facilement
Les gens ne sont pas toujours décevants
La joie sans gêne et l’étincelle des astres
Les conseils qu’on reçoit comme une gifle
Parfois, on se rassure comme on peut
Je me dis : On ne pourra pas tomber plus haut
Et la perpétuité restera éternellement une notion abstraite

 


Vendredi 23 juin 2017

Chair à chair

Je suis fermée
Toute fermée
Chaque interstice
Sauf les yeux
Et la pensée
Fermés, la bouche
Le coeur
La peau
Je suis verrouillée
Inaccessible
Sauf si t’arrives à
Contourner l’obstacle
A transpercer la peau
Sans me blesser
A me faire gouter
Au chair à chair
Sans le corps à corps
Sans le gout du sang

 


Mardi 20 juin 2017

L’asphalte qui fond sur la chaussée

Une femme élégamment voilée
Drapée de tissus des chevilles aux poignets
Chargée de deux sacs de commissions
Sur le trottoir d’un quartier bourgeois du presque centre-ville
Nos regards se rencontrent, se nouent délicatement

Je lui souris
Elle me sourit
« Bonjour », elle murmure timidement
S’imagine sans doute que je vis ici
(si elle savait…)
J’aimerais pouvoir imaginer qu’elle y vit
Si les choses étaient différentes
Dans notre putain de pays

Nous nous croisons au ralenti
Quarante-deux degrés annoncés
Et l’asphalte qui fond sur la chaussée
Nous ne nous recroiserons sans doute jamais
Mais j’aime la saveur de ces quelques instants
Le lien instinctif
Presque animal
Ce je ne sais quoi qui nous fait communier
Au-delà des mots, des lieux, des dieux
 


Dimanche 18 juin 2017

L'humeur du dimanche : Franchir clandestinement les frontières de la folie


[Source image ICI]

 


Vendredi 16 juin 2017

Dernier arrêt avant le cri

La mélancolie
Tombée à terre sans bruit
Me trébuche
Je me prends par la main
Tendrement
Me remets sur pieds
On se rassure comme on peut
La folie me caresse
Le gout vert de
Sa sciure encore fraiche
Colle à ma peau
Chacun scande la candeur
A sa manière
Toutes les paroles sont adressées
Mais à qui ?
Même un mot peut rougir
Je ne suis pas la seule
Parfois je barbouille la figure
Des nuits blanches
A coup de sourires
Quand les douleurs s’exclament
Avec un peu trop de véhémence
Je préfère
Quitter le train
Au dernier arrêt avant le cri

 


Jeudi 15 juin 2017

De l'air

Les oiseaux meurent facilement en moi
Quand la fenêtre de la chambre est fermée
Il me faut
De l'air de rien
Surtout
Au moment de basculer vers demain
Il me faut
Des rêves à la coquille bleutée
Prêts à éclore
Sur une plage de peau pas encore explorée
Ne bouge pas
On est bien là
L'un contre l'autre
Immobiles
Un peu fragiles
Comme deux caries
Dans la grande gueule de l'univers

 


Mardi 13 juin 2017

Les Découvreurs



Lire les extraits et le dossier complet
 

Le Prix des Découvreurs est un prix de poésie décerné chaque année par un jury constitué de plusieurs centaines de lycéens — et depuis 2007 de collégiens de troisième — de différents établissements volontaires de l’ensemble des académies de France.

Il est officiellement inscrit au Bulletin officiel de l’Éducation nationale (BOEN) du 27 août 2009 au titre des actions éducatives « contribuant aux acquis des élèves en lien avec les programmes d’enseignement ».

Fondé en 1997 par la ville de Boulogne-sur-Mer sur la proposition de Georges Guillain, poète et collaborateur de la "Quinzaine littéraire".

Inscrire votre classe au Prix des Découvreurs :
http://lesdecouvreurs2.blogspot.fr/p/blog-page.html

 


Dimanche 11 juin 2017

L'humeur du dimanche : La vie est un chemin qui ne se prend qu'à l'endroit

 


Samedi 10 juin 2017

Mot barré #63


Vendredi 9 juin 2017

J'emmerde l'inéluctable

J'essaie de tuer le temps
Avant qu'il ne décide
D'en faire autant avec moi

 


Mardi 6 juin 2017

L'âge de (la peau) pierre

Nous n'avons plus l'âge depuis longtemps
Nous sommes des papillons dans un jardin abandonné
A butiner ce qui ne se consomme pas
Le coeur comme une baudruche prête à claquer
Enflé de sentiments pas encore inventés
S'il te plait, déchire moi l'ourlet des peurs
J'ai le pantalon trop court pour oser le baisser
J'appréhende l'après rasoir et le trop lisse
Vas-y coupe, mon chou, tout ce qui ne dépasse pas
C'est l'heure de la grande glissage, même si
Depuis longtemps nous n'avons plus l'âge

 


Dimanche 4 juin 2017

L'humeur du dimanche : La patience aux abonnés absents

 


Samedi 3 juin 2017

Madame Satan
 

Le voilà entre mes mains. Oui, c'est important : il faut le toucher, le caresser. Sentir le rugueux de la couverture fabriquée avec amour par la merveilleuse Sarah Fisthole. Tourner les pages, y plonger, s'y noyer. Les images y sont envoutantes, les mots tranchants, brillants. Je te le dis tout net, le numéro 6 du Gonzine est, comme les précédents, un incontournable. Il n'y en aura pas pour tout le monde, alors fonce !

 


Vendredi 2 juin 2017

A l’heure où tout bascule

Lorsqu’elle avance le soir
pieds nus dans l’herbe sèche
et que les criquets s’écartent
sur son passage
lorsque le soleil
tire sa révérence
et que le ciel allume
ses premières étoiles
elle a l’impression
un peu vague
que tout est en ordre
et que même sa présence
n’est pas tout à fait
une erreur

 


Jeudi 1er juin 2017

Suffocation notice

M’assoir
Croiser
Les jambes
Très fort, bien fermées jusqu’en haut des cuisses
Serrer
Les bras
Autour de moi
Planquer les seins, raturer les battements du cœur
Courber le dos
Enrober la peur
Baisser les yeux
Les planter dans l’arrondi vulgaire des genoux
Attendre que l’inconfort s’estompe
Ma nudité est une connasse
Elle m’étouffe
Me suffoque
M’empêche de
Laisser à l’air libre
Cette peau qui m’habille si mal

 


Mercredi 31 mai 2017

J'emmerde les sens ordinaires [New]

On roule à quelle vitesse
quand on carbure
au dégôut de soi ?

 


Mardi 30 mai 2017

Sous le soleil, exactement

Aix-en-Provence, dans le magnifique jardin de l'atelier de Cézanne. Sur une table, à l'ombre des vieux arbres, des pages griffonnées, annotées. Anna Jackson, poétesse Néozélandaise me montre les traductions de mes textes sur lesquels elle a travaillé avec Geneviève Chevallier, professeur à l'université de Nice. Simon Edmonds, le compagnon d'Anna, sourit, patient, capture quelques images de l'instant. Nous discutons le choix des mots, les doubles sens parfois, la sonorité. Un moment riche doublé d'une belle rencontre. Un recueil bilingue est prévu chez un éditeur de Wellington. Le soleil sourit, nos sourires brillent. Nous montons au jardin des peintres saluer la Sainte-Victoire, admirer sa puissance délicate sous les rayons qui commencent à décliner.
Plus tard, dans le train, je lis Thicket, d'Anna. C'est exactement la poésie que j'aime. L'envie de la traduire à mon tour. Nous en avons parlé cet après-midi. L'aventure ne fait sans doute que commencer.

 


Dimanche 28 mai 2017

L'humeur du dimanche : " I will learn to love the sky I'm under "


[" J'apprendrai à aimer le ciel en dessous duquel je suis "]
[Thanks F.M. pour la musique - WL]
 


Vendredi 26 mai 2017

Mot barré #62

 


Jeudi 25 mai 2017

Un leurre

Ce qu'il y a devant n'est qu'illusion
la seule réalité qui existe se planque
dans l'instant
celui
qu'on peine à saisir
peut-être que la vie n'est qu'un leurre
dans ses douceurs plus que dans
ses douleurs

 


Mercredi 24 mai 2017

Extrait de dialogue imaginaire #1

— T’es d’où ?
— Oui, très.
 


Mardi 23 mai 2017

Mot barré #61


Dimanche 21 mai 2017

L'humeur du dimanche : aphenphosmophobie


[Image chopée via Fred Houdaer]

 


Samedi 20 mai 2017

J'emmerde Pénélope [new]

(dé)faire l'amour nuit après nuit
le retisser, jour après jour
veiller à ne jamais rompre le fil

 


Vendredi 19 mai 2017

Une porte

Je suis une porte
Frappée
Poussée
Claquée
Verrouillée
Défoncée

Entrez sans frappez
Frappez puis entrez
Tout dépend de l’humeur

Je suis une porte
Qui n’a jamais su
Sortir de ses gonds

Je suis une porte
Qui s’est prise pour
Une grande personne
Qui s’est crue capable de
Se fermer sur les souvenirs

Une grande personne
Qui voudrait enfin oublier
Qu’elle n’a été qu’une porte
Frappée, poussée, claquée, verrouillée
Défoncée, mais
Jamais une enfant
 


Jeudi 18 mai 2017

Livresse et profondeur


 

Voilà, juste avant de quitter Laval il y a quelques jours (pour mieux y revenir), on m'a fait la surprise de ce prix Livresse ! Un gigantesque merci au lycéens, à leur professeure Nadège Bernier, à mon éditrice Pascale Goze. D'autant plus grand que cette nouvelle - "Le poids du monde" - ne fait pas rêver, même si elle me tient à coeur. Notamment parce que c'est une histoire tragiquement ordinaire, du genre qui habituellement n'obtient rien de plus que l'espace d'un encart à la page faits-divers des quotidiens. Je suis heureuse qu'elle poursuive son chemin mine de rien!
Une phrase, dans la lettre que les lycéens m'ont écrite, m'a particulièrement émue : "[...]C'est cette histoire d'amour sincère qui rend le dénouement insupportable et nous incite à changer notre regard sur les exclus de la société de consommation". Je ne me sentirai jamais la carrure pour endosser l'étiquette d'auteur engagé, je ne cherche consciemment pas à faire changer les regards, j'ai simplement envie d'émouvoir avec des sujets qui me touchent, me perturbent, m'interrogent. Alors si j'y arrive un peu, c'est tout simplement merveilleux !

 


Lundi 15 mai 2017

Laver son linge sale

Info un peu en dernière minute (la faute au temps qu'est pas foutu de se caler sur mon rythme) : mardi 16 mai à 20 heures, je ferai une lecture "Sauvage(s)" avec d'autres chouettes auteures à Lyon au Lavoir Public (et ça tombe bien, je n'ai plus grand chose de propre à me mettre)

 

 


Dimanche 14 mai 2017

Journal aléatoire #82 vs l'humeur du dimanche

I would prefere not to leave...

Et cette dernière image, capturée avec un angle de vue dont je ne révèlerai rien, même sous la torture

 


Mardi 9 mai 2017

Journal aléatoire #77
 

Dernière semaine de résidence ici. Dernier atelier ce matin. A l’hôpital de jour de Laval. Ce point final qu’on pose de traviole à cause de l’émotion. Et c’est aussi ce qui nous rend humain, bordel ! Ce qui fait qu’on ne se perd pas de vue les uns les autres. Une rugosité douce à laquelle on adhère. Un rocher sur lequel on dérape et qui laisse des traces douces sur la peau du coeur. Je me souviens (ou me rappelle ? Rachel m’a demandé à la première séance la différence entre se souvenir et se rappeler) je me souviens et me rappelle tous les prénoms, tous les visages, tous les mots écrits-dits-partagés. Les intimes, les peurs et les forces insoupçonnées. Tout ce que nous avons partagé. Je me souviens que je suis vivante et qu’on peut se faire du bien les uns aux autres. Je laisse les guerres et l'indifférence à ceux qui manquent d’imagination.

 


Lundi 8 mai 2017

Journal aléatoire #76

Le soleil brille.
Je joue la décontraction en fourrant les mains dans les poches en-dessous de mes yeux.
Et toi, tu l'as ton ticket pour les lendemains qui chantent ?
La fabrique à nuages se tient tranquille aujourd'hui.
C'est l'humeur du lundi qui se serait pris pour un dimanche.


[Photographe : Claudine Doury]

 


Dimanche 7 mai 2017

Journal aléatoire #75
 

Une fois de plus – combien de fois par jour ? – je m’accoude à la rambarde de la fenêtre, celle qui bringuebale un peu, qui pourrait bien lâcher, va savoir, et je tomberais tête la première, comme un oeuf éclaté sur le pavé. Je n’ai pas peur. Ou alors juste un peu. La vue va me manquer. J’ai fait des photos, mais ce n’est pas pareil. Il manque les bruits, les odeurs, la tiédeur du rayon de soleil qui vient en biais me caresser le front. Une pie a fait son nid dans la cheminée de l’immeuble voisin, celui au-dessus de la pizzeria. Je me souviens avoir rêvé d’oiseaux, cette nuit. Avoir rêvé d’Oscar aussi. Enfin, pas vraiment de lui, il y avait juste son nom étiqueté sur le siège à côté du mien dans le train et je supposais qu’il pouvait arriver d’un instant à l’autre. La pie s’envole. Elle a peut-être des petits, s’en va chercher de quoi les nourrir, reviendra bientôt le bec plein. Un type en vélo prend le virage en épingle, s’arrête en bas de la côte, descend de selle et remet ses couilles en place d’un geste lent et grossier avant de grimper à pied le Roquet du Palais. On est dimanche et la rue est pleine de vie. Ça va, ça vient, chacun à son rythme. Je ne bouge pas, j’éponge les instants jusqu’à en être gorgée. J’espère que rien ni personne ne viendra m’essorer. En revanche, m’étreindre, pourquoi pas.

 


Samedi 6 mai 2017

Journal aléatoire #74
 

Mariage pluvieux, mariage heureux, il parait. Je leur souhaite ! Sur le parvis de la mairie de Laval, une jeune femme enrobée de blanc tournoie sous le gris des nuages. La pluie s'interrompt quelques minutes, juste le temps d'une vague d'applaudissements joyeux. Sous l'abribus, cinq vieilles dames alignées, front collé à la vitre, observent la scène avec des yeux d'enfants. J'aurais aimé pouvoir les photographier. Garder une preuve de leur petite joie tendre, de la douceur de leurs sourires. Je n'ai pu que les envelopper dans le voile de ma mémoire aussi délicatement que possible pour tenter de les redessiner avec des mots. Regarde comme elles sont belles !
 


Vendredi 5 mai 2017

Journal aléatoire #73
 

Fenêtre de la grande pièce ouverte quelques minutes, comme tous les soirs avant d'aller dormir. Pour écouter dans le silence de la ville endormie le bruit de la Mayenne qui se répercute sur les murs du château et me fait croire à la proximité de la mer. Ce soir, c'est la pluie qui l'emporte. Une histoire d'eau, encore, malgré tout. Une pluie lourde, lente, patiente. Du genre qui rince avec tendresse la pierre et les humeurs.
Puisque le roman est terminé - même si je ne cesse d'y revenir, trifouiller les phrases, chercher une fluidité que je ne trouverai jamais parfaite - je m'en retourne en territoire de poésie avant la fin, très proche, de la résidence. Le recueil "Insomnies" qui est complet mais imparfait. Cessera-t-il de l'être ? Et puis, bordel, c'est quoi, la perfection? Simplement l'envie de lui donner une allure meilleure. L'aboutir et l'accoucher dans une forme viable. Le déposer dans les bras d'un éditeur bienveillant - ou pas.
Ce matin, à Nantes, j'ai rencontré des lycéens. Il y a eu cette question : avais-je d'autres projets, maintenant le roman terminé ? Oui, toujours ! Des tonnes. Je produis plus que je ne propose. Beaucoup plus. J'écris pour respirer. Mes pattes de mouches, ma ligne de (sur)vie. C'est juste parfois difficile de sortir tout ce fatras de mes tiroirs. Les peurs, les incertitudes, le doute de soi. Ca fait aussi partie de l'écriture, le jour on l'on choisit de se laisser lire (et il m'a fallu bien du temps).
Il pleut toujours. La Mayenne court toujours. Le bruit de l'eau momentanément couvert par les chants d'une bande de jeunes joyeusement éméchés qui remonte la rue. Leur petit bonheur éthylique s'envole jusque ma fenêtre. Je flaire, j'écoute, j'éponge. On n'en a jamais trop, du bonheur. Jamais ! Parait qu'il ne nourrit pas le poète. Moi, je me nourris de tout. Je ne dois pas être poète et finalement, et je m'en fous. J'ai l'épiderme qui supporte mal les étiquettes.

 


Jeudi 4 mai 2017

Journal aléatoire #72
 

Nantes. Pas eu le temps de visiter la ville, mais je reviendrai. Probablement écouter le Midi-Minuit. De belles rencontres. La joie de retrouver Sophie G. Lucas, l'émotion pendant sa présentation. Le plaisir de mettre un visage sur des voix virtuelles échangées depuis plus de dix ans. En guise clin d'oeil à Jany, j'ai photographié les pieds de Magali et Sophie avec mon téléphone (rien de mieux sous la main) mais ne parviens pas à les transférer sur l'ordi, foutue technologie. J'appréhendais la lecture des textes de Brautigan. Finalement, je pense ne pas m'en être si mal sortie (parait-il). En tout cas, j'y ai pris du plaisir. Le plaisir du partage.

 


Mercredi 3 mai 2017

Cher Richard,
 

Demain, je t'emmène à Nantes. La météo n'annonce pas de pluie en amour, tout devrait bien se passer. A moins que la pelouse décide de se venger. Mais ne t'en fais pas, on lui collera le privé de Babylone aux trousses. Et si ça tourne mal, on ira pêcher des truites et balancer des sombreros.


Mardi 02 mai 2017

J'emmerde les origamis [new]

Il y a probablement
un lien entre
plis et âge
 


Lundi 01 mai 2017

Journal aléatoire #71

Oui, je l’ai déjà dit, écrit, rabâché : je suis lente. Du genre à manquer de répartie. A trouver une réponse valable trois jours après qu’on m’a posé la question. Je repense à une table ronde qui a eu lieu samedi au festival du premier roman ici, à Laval. C’était riche, instructif. Très sérieux. Et, comme une nouille, j’ai raconté quelques conneries. Pourquoi ? Pas seulement pour faire marrer les gens, mais parce que souvent, je ne me sens pas à la hauteur, sans doute. A la hauteur de quoi, au juste ? Je réalise, en léger différé, que ce n’est même pas ça. J’ai une certaine conscience de qui je suis. Mais également de qui sont les autres. Et une chose me tient particulièrement à cœur : ne jamais oublier que nous ne sommes tous que des humains (qui font pipi et caca, oui, je sais, ça ne se dit pas autour d’une table ronde littéraire, mais après tout, pourquoi pas ?). J’ai conscience, et je comprends – vaguement – les politiques culturelles. J’ai conscience de ce que peut apporter un artiste. Mais, bordel, les cases, les étiquettes, les images et les jugements de valeur me font royalement chier ! Je déteste tout autant le mépris envers certaines professions (on ferait quoi, sans les éboueurs, hein ?) que la glorification d’autres (les médecins qui se prennent pour des demi-dieux, ça m’irrite franchement l’épiderme). Tout ça pour dire quoi ? Juste ce que je n’ai pas réussi à exprimer samedi : je refuse d’être autre chose qu’un humain. On a tous des choses à partager, à apprendre les uns des autres. Nous sommes minuscules et gigantesques. La vie me semble trop courte pour se prendre au sérieux, même si c’est une chose terriblement sérieuse, même si certains sujets sont cruciaux. Et je suis bien contente que certains se donnent du mal en politique (qu’elle soit culturelle ou humaniste), mais je pense que si on savait simplement un peu mieux, et surtout avec plus de simplicité, s’aimer et se respecter les uns les autres, sans trop se prendre au sérieux, on se faciliterait ces quelques années d’existence qu’on doit tous traverser. [ps: jours précédents à venir mais ce n'est encore qu'à l'état de brouillon-très-brouillon dans mon carnet]
 


Jeudi 27 avril 2017

Journal aléatoire #67
 

Les fleurs bleues en bas de l'immeuble ne cessent de s'épanouire. Me prend parfois l'envie de m'envoler depuis la fenêtre jusqu'à leurs bras. Evidemment, je manquerais mon coup, les branches du buisson m'écorcheraient, et je ne sais pas voler. Je ne suis pas un oiseau. Encore moins de mauvais augure.


[Rue du Val de Mayenne, Laval]

 


Mercredi 26 avril 2017

Journal aléatoire #66

Au détour d'un clic vers un article, le gentil VRP du World Wide Web cogne à ma porte virtuelle.
Il me propose aimablement ceci à côté d'une montre que je ne pourrai jamais m'offrir :

Est-ce à dire que c'en est fini de moi, que mon heure est venue ?
Ou au contraire que l'instant est mien, qu'il est temps de le savourer ?
Dans le doute, tu l'auras deviné, je savoure. Tout.
Jusqu'au au plus petit grain de poussière de joie.

 


Mardi 25 avril 2017

Journal aléatoire #65

Hier, j'ai croisé l'existence de Naima dans le train. Une fille hors norme et fabuleuse. Ce matin, j'ai écrit avec des patients et des soignants de l'hôpital de jour. Ce soir, j'ai bu un verre de vin avec des gens d'ici, on a ri, c'était bon. Voilà comment quelques mots à peine peuvent enfermer, minimiser, une charge émotionnelle extrêmement intense. On oublie souvent la puissance des mots. La puissance du silence, aussi. La beauté de l'écriture, c'est qu'elle contient les deux à la fois. Le dire et le taire. Je disais récemment en atelier que l'écriture me semblait être un des médias créatifs les plus puissants. Parce qu'il peut dire et ne pas dire. Montrer ou simplement suggérer. Parce qu'on peut y faire appel à tous les sens (y compris l'odorat). Tu vas penser que je défends mon truc. Mais non, en fait : j'y crois réellement ! Les mots, on n'a pas toujours idée de la force qu'ils possèdent (tant mieux, tant pis, tout dépend de la manière dont on s'en sert)

 


Lundi 24 avril 2017

Journal aléatoire #64

Retour à Laval. Sous un superbe ciel bleu, comme les fois précédentes. Le temps va se gâter, il parait. Peu importe, tant qu'il m'accueille avec cette bienveillance. Semaine très chargée en prévision. Quelques messages de bienvenue en Mayenne sur mon tel. Ca m'enfle le coeur. Délicieusement et douloureusement. Parce que je sais que c'est la der. Les trois dernières semaines ici. J'arrive à peine et je pense déjà à la fin. Le futur est un enfoiré, autant que le passé. Je veux être amie intime avec le présent. On a du mal à s'apprivoiser, je crois.
Presque nuit. Une chauve-souris tourne en cercle de plus en plus étroits autour de la fenêtre de ma salle de bain sous les toits. Est-ce qu'elle tente de m'apprivoiser ? Qui a peur de quoi ? Peut-être que je déteste qu'on me pose des questions parce que je m'en pose trop à moi-même. Le soir est beau de cette beauté qui ne cherche pas à en foutre plein la vue. Je le prends dans mes bras.
 


Dimanche 23 avril 2017

L'humeur du dimanche : Et même si les jours ne sont pas parfaits... (alors, les redessiner)


[Une chouette reprise par my dear friend Kev - avec sa jolie Kiva en guest dancer]

 


Mardi 19 avril 2017

Mot barré #60


Lundi 18 avril 2017

Mot barré #59


Dimanche 17 avril 2017

L'humeur du dimanche : Ce que je désire
 

"Écrivez ce que vous désirez écrire, c'est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant des jours. Mais sacrifier un cheveu de la tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelque maître d'école tenant une coupe d'argent à la main ou envers quelque professeur armé d'un mètre, c'est commettre la plus abjecte des trahisons." [Un lieu à soi de Virginia Woolf]
 


Jeudi 13 avril 2017

Trace de poète
 

Est-ce que ça laisse des traces, un poète? Si oui, quel genre? Des empreintes de pas sur le sable,  effacées par la prochaine marée? A quoi ça sert, les traces? ça raconte quoi, un fossile de mots? C'est minuscule et gigantesque, comme le reste, la vie. Tout dépend du point de vue. Bref, demain, je serai à L'Isle-sur-Sorgue (qui planque dans ses ruelles une partie de mon adolescence, le lycée Benoit, le bar du lycée, les parties de belotte et de baby-foot) et j'y lirai des extraits de "Lame de fond". C'est un beau festival, et je suis heureuse, émue, d'y participer.

 

Lundi 10 avril 2017

Transport en commun des mortels

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
Assise - debout - couchée
Obéir à un silence parfois trop autoritaire
Faut éviter de me donner des ordres, tu sais
Ca aiguise le double tranchant de ma docilité

J'ai un aller simple, comme tout le monde
Je prends le transport en commun des mortels
Une peine perdue, dix de retrouvées

Un jour, j'ai pas dormi de la nuit
La lune s'était collé une étoile en forme de grain de beauté
Pas une raison pour frimer
Moi aussi j'ai un grain
Moi aussi je suis pleine, de temps en temps

Parfois, je meurs d'envie de vivre
Il y a des paradoxes plus doux que d'autres
Je crois que je cours à ma perte de vue
 


Dimanche 9 avril 2017

L'humeur du dimanche : Ce genre de feu


[Deux titres du superbe dernier H-Burns, "Kid we own the summer"]

 


Mercredi 5 avril 2017

J'emmerde Saint Thomas [new]

Je ne crois
que ce que
je rêve

 


Lundi 3 avril 2017

En banlieue de la barbarie

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Pas débordé de la case, non plus
La diagonale du lit en diagonale du fou
Parfois, la réponse est dans la question
(bien planquée)
On cherche pas trop, non plus, c’est risqué
Imagine, si par malheur on parvenait à être heureux

Faudrait arrêter de vouloir pleuvoir par-dessus les nuages
De tenter d’escalader plus haut que le ciel
Il est où, le toit du monde ?
C’est quoi, la vie ?
Qu’est-ce qu’on peut se poser comme questions

Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je jouais à être le grain de poussière qui refuse de se poser
Qui danse dans les bras infatigables du courant d’air
Est-ce le mouvement qui compte ?
Ou la loi de la gravité de la situation ?
Mathématiquement parlant, même les angles meurent
Et j’ai parfois la présence d’esprit aux abonnés absents

Je ne suis sûre de rien, mais prête à tout
La réalité augmentée distord les sens ordinaires
Et sans ciel, vers quoi lever les yeux ?
J’ai la sagesse mathématique, plus ou moins l’infini
De toute manière, on habite tous en banlieue de la barbarie
 


Dimanche 2 avril 2017

L'humeur du dimanche : Résister

 


Samedi 1er avril 2017

C'est pas un poisson

C'est pas une blague non plus, juste une simple vérité douce : Surgères, c'était bon et beau. Le lycée, la bibliothèque, des personnes lumineuses (et un gand lit de princesse - sans petit pois). Voilà. C'était court, aussi, alors je reviendrai parce que j'ai le sentiment long, plus long qu'une torsade ADN. Un immense merci à Brigitte, Edith et Tatiana. A Cendrine et Marie. A Angélique Condominas que j'ai été heureuse de rencontrer en vrai. A toutes les personnes présentes et à l'écoute. Et à bientôt!

 


Jeudi 30 mars 2017

Printemps poétique à Surgères

Après-midi train en direction de Surgères ou je rencontrerai des lycéens demain matin, puis une lecture en soirée à la médiathèque. Comme toujours,je sais que mes mains vont trembler. Parfois, j'en ai honte, je m'engueule en pensées. D'autres fois, je me dis que ce n'est pas un drame, qu'on me prendra comme je suis (timide, donc).
On m'a annoncé que des lycéens s'étaient enregistrés lisant mes poèmes et que ce serait diffusé en lieu et place des sonneries d'interclasse du lycée pendant deux semaines (classe ! j'en suis toute émue), je découvre que Catherine de la Librairie des Thés à lu quelques "J'emmerde..." sur l'antenne d'Hélène FM et que ces micro poèmes sont décris comme "un spray antidépresseur". J'ai une chambre de princesse dans une auberge, avec porte-fenêtre donnant directement sur un superbe jardin. Pour tout un tas de raisons valables, je pourrais affirmer que ma vie est à chier en ce moment et depuis quelque temps, mais je suis irrécupérablement du côté de ceux qui voient le verre à moitié plein. Là, j'ai quatres oreillers pour moi toute seule dans un lit king size à baldaquin, alors, je te le dis, ne baisse jamais les bras. Les merdes, on s'en débarasse (au pire, c'est bio-dégradable), mais les surprises, il s'en trouve toujours une pour te cueillir au moment où tu t'y attends le moins !
Bref, si t'es dans la région, viens à Surgères demain (en plus, la bibliothèque est dans le parc du chateau, c'est beau et j'y ai croisé un chat en quête d'affection)


 (+ lien printemps des poètes)

 


Mercredi 29 mars 2017

Poids plume et les mots nomades
 

Ils sont arrivés at home en mon absence : un beau bouquet de poésie, mini par la taille, grand par le contenu. Je suis heureuse qu'Angélique m'ai proposé de participer à l'aventure Poids Plume. Une initiative à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas ! (vas-y clique) Du pur partage, c'est beau. C'est précieux.


(image des poids plumes)

 


Mardi 28 mars 2017

Prix des découvreurs

Y a des trucs, comme ça, qui rendent heureux, immensément. On m'a annoncé il y a peu que "Lame de fond", paru en mars dernier aux ed. La boucherie littéraire, faisait partie de la sélection du Prix des Découveurs. Ayant lu et adoré une bonne partie des autres titres de la sélection, je me dis que mon recueil n'a que peu de chances d'être finaliste (pardon à l'éditeur). Mais ce qui me réjouis dans l'aventure, c'est que les lecteurs sont des lycéens, et je sais que je vais pouvoir les rencontrer, échanger avec eux. Et ce ne sera pas la première fois, je le fais régulièrement depuis un bout de temps. En tout cas assez longtemps pour savoir qu'ils sont beaucoup plus sensibles à la poésie qu'on ne l'imagine. Et ces rencontres sont pour moi des moments de partage intenses et merveilleux. Alors, bon sang, des initiatives comme "Le prix des découvreurs", je les salue avec mon coeur, pas avec mon front! Parce que c'est pas une question de courbettes, c'est juste de l'amour pur, et j'ai pas envie que ça devienne une dénrée rare!


 


Lundi 27 mars 2017

J'emmerde les tueurs en série [New]

Mefie-toi
Je suis plus fatale
Que je n'en ai l'air

 


Dimanche 26 mars 2017

Journal aléatoire #63
 

 Rétrospective en images (mais je ne te montre que la partie visible de l'iceberg)



Pour le reste, les gens, mes humeurs, les petits gestes et les grandes idées, tu en trouveras des traces dans ce que j'ai écrit ces derniers jours. Faut pas tout dévoiler, non plus. Ce serait indécent. Et si tu es curieux, saches que ces images représentent le tout petit périmètre dans lequel je vis ici. Oui, c'est magnifique! Même si le ciel n'est pas toujours bleu. Les gens du coin, je crois, ont un soleil dans les yeux et dans le coeur. C'est délicieux!
 

 


Samedi 25 mars 2017

Journal aléatoire #62
 

Quand j’ouvre les fenêtres de l’appartement côté château, dans la grande pièce au parquet qui grince, j’entends la course de la Mayenne comme si elle était là. Le roulis de la petite cascade sur le barrage. Son chant qui se réverbère sur le vieux mur de pierres. Je ne vois pas l’eau, je la devine. Je la sais. Elle me parle. Me rassure, me bouscule gentiment.
Voilà. Ça sent la fin. Ça a des gueules de dernière ligne droite (et j’ai toujours eu une préférences pour les virages imprévus). Demain je m’en vais pour ne revenir qu’une dernière fois ici. C’est ce que je me dis, c’est ce qui est prévu. Mais qui sait, après tout ? L’avenir est une matière molle. Je me suis surprise à regarder les annonces immobilières, l’autre jour. Une bibliothécaire m’a dit la semaine dernière « La Mayenne, on y vient par hasard et on y reste par amour ». J’ai pensé, oui! C’est exactement ça !

 


Vendredi 24 mars 2017

Journal aléatoire #61
 

Enfin pu aller visiter le musée d’art naïf cette semaine. Pénétrer le ventre du château qui veille sur moi chaque jour que je passe ici. Dans la salle d’honneur, découvrir l’exposition temporaire consacrée à Albert Lefranc. Entrer dans son univers avec une facilité déconcertante. Peut-être à cause des couleurs, de la géométrie, de ses images de la Bretagne, de la Mayenne. Ou peut-être par l’intermédiaire de ce lien avec certaines photos d’André Kertesz, photographe que j’adore. Avant de sortir de la salle, je lève le nez et découvre un plafond superbe et surprenant. La longue voute entièrement faite de bois me donne l’impression d’être sous la coque d’un bateau retourné. Je reste là, à observer un moment. Moi, toute petite dans le ventre d’un bateau lui même lové dans le ventre du château. « Tout va bien, madame ? » M’a gentiment demandé la gardienne de l’expo. J’ai rougi. Ça faisait quelques mois que ce n’était pas arrivé. J’ai pensé que les joues des poupées russes étaient souvent peintes de cette couleur. Un détail idiot et rassurant. Est-ce que je suis la toute petite poupée dans le ventre des autres ? Celle qui ne s’ouvre pas ? Ou est-ce qu’il s’en cache d’autres à l’intérieur de moi ? D’autres histoires à découvrir, à écouter ? Oui, je crois. Je les sens, je les entends.
Ce soir, une jeune femme passe sous mes fenêtres. Un carton de pizza dans une main, son téléphone dans l’autre, le pouce textotant agilement. Un message d’amour ? Puis le carton bascule, elle tente de le retenir. Trop tard. Il s’étale sur le pavé, à l’envers, forcément, avec sans doute le fromage encore chaud qui colle salement au couvercle. Un beau gâchis, foutue Murphy et sa loi à la con ! Pour la peine, j’irai boire une pinte à sa santé tout à l'heure avec les copains, et je lui demanderai d’arrêter d’enquiquiner les gens.

 


Jeudi 23 mars 2013

Journal aléatoire #60
 

La journée arrive au virage de sa dernière heure et je regarde les vingt-quatre qui ont précédé. Hier soir, dernière séance d’atelier d’écriture à la bibliothèque Albert Legendre de Laval. Une petite joie exubérante dans le partage des écrits, les progrès évidents des participants aux trois séances. Un condensé d’émotions de toutes les couleurs, puis la promesse de se revoir pendant le festival, fin avril.
Redescendre la ville, Grande rue, rue du Val de Mayenne. Puis quelques verres partagés avec Fred après son entrainement de hand (grâce à lui, je m’entraine au levé de coude, parait que je montre un certain talent dans la discipline, pas de quoi fanfaronner : la victoire n’aurait rien de glorieux). Et enfin remettre le nez dans les papiers, relire, m’endormir aux premières lueurs du jour, me pointer pas très fraiche à la crêperie. Déjeuner avec Sophie, Carole, Brigitte et Fred. Après-midi serein à Sainte Suzanne, soirée au Jaja Divin qui sera fermé définitivement lorsque je reviendrai.
Finalement, résumer, c’est facile avec les mots. Pourtant, j’ai ces vingt-quatre heures qui débordent largement de la page, qui me pèsent sur le coeur, lourdes et délicieuses comme un édredon de grand-mère.

 


Mercredi 22 mars 2017

Journal aléatoire #59
 

Il y a des mains que je peine à lâcher. Celle de mon roman, en particulier. Oui, il est terminé. Non, il n’avance pas encore tout seul. C’est pas en lui que je n’ai pas confiance, mais en moi. Lui ai-je tout donné ? Ce genre de tout qu’on ne donne qu’à ses enfants ? J’attends le retour de quelques lecteurs-pilotes, avec la trouille au ventre. L’impression d’accoucher plusieurs fois. La répétition des douleurs, l’épuisement, relire encore, polir la langue à coup de caresses rugueuses, et cette saloperie d’à-quoi-bon qui se fout de ma gueule, me rit au nez. Dans Lame de fond, j’écrivais « Tout n’est que commencement ». Prise à mon propre piège, j’aimerais parfois que les choses cessent enfin, sans le souhaiter vraiment. Je ne suis plus à une contradiction près.

Une question me revient. Celle posée samedi matin, à Craon. Est-ce que la souffrance pousse à écrire, à créer (quelle que soit la forme de création) ? Une question que je vois/lis/entends souvent. Une question qu’il m’est arrivé de me poser sans trouver de réponse. Tenir ce journal (aléatoire, parce que l’obligation n’est pas mon amie) m’y ramène ce soir. Ici, ça va, pourrais-je dire en forme de clin d’oeil à Thomas Vinau (un de mes auteurs vivants préféré). Pourtant, j’écris. Certes, je continue de triturer le roman, mais j’écris aussi sur des petits riens comme sait si bien le faire Thomas. Des joies à la taille d’une poussière. Des grains de peu qui forment discrètement un grand tout. A la réflexion, et avec quelques jours de retard, j’aurais pu répondre à cette question qu’on m’a posé : l’écriture et le reste, ce qui nous pousse, vient sans doute de plus loin qu’une éventuelle douleur. D’un lieu qui n’existe pas, d’un endroit en soi vierge de tout et où l'on oserait enfin laisser pousser les herbes, bonnes ou mauvaises.

Déjeuner improvisé avec Luc, mécène du prix du deuxième roman organisé par Lecture en Tête. Cette première impression que nous ne sommes pas du même monde, lui et moi. Puis écouter, partager. Observer - ou tenter d’apercevoir - la vie à travers ses mots, son regard. Découvrir qu’en fin de compte nous sommes tous constitués des mêmes matériaux et que les étiquettes ne nous empêchent pas de rester tous humains, si on s’en donne la peine.

 


Mardi 21 mars 2017

Journal aléatoire #58
 

Un grand ciel bleu me salue ce matin au travers du velux. Habiter sous les toits, en pleine ville : des nouveautés auxquelles je me suis habituée avec une joie et une facilité déconcertantes. Promenade sur les bords de la Mayenne aux heures fraîches du jour. Respirer l’ici, regarder le maintenant. Ecouter, flairer.
Avant de bifurquer rue Alfred Jary pour rentrer, je m’accoude aux quais. Le bruit de la petite cascade sur le barrage, comme des vagues en mode repeat. J’aimerais vivre au bord de l’eau. De préférence au bord de la mer. Je le sens, depuis toujours. Pas de raison valable, pas d’explications mathématiques. C’est un fait.
Dans le rouleau d’eau qui cavale, quelques bouteilles en plastique et un ballon blanc qui tourne, s’éloigne, s’enfonce, revient. Combien de fois sous mes yeux ? Je perds le compte et la notion du temps. Paisiblement hypnotisée.
Tout va bien, je me dis. Ça tourne en boucle, ça aussi. Ce tout va bien. Comme pour me convaincre.
Le jour s’étire, m’offre en après-midi une ballade impromptue avec Michel et Dolly dans les jardins de la Perrine. Combien de temps ? Puis un verre en terrasse. Combien de temps ? C’est souvent comme ça : on se fie au nombre de tours des aiguilles sur le cadran, à l’inclinaison du soleil. On compte, on rationalise. Je suis la première à le faire. La première à le regretter aussi. La vie comme un putain de problème d'algèbre!
J’envisage parfois de rouiller les aiguilles et tordre le cou de cet enfoiré de soleil. Au lieu de ça, comme tout le monde, je laisse filer sans rien dire. J’enregistre l’instant, me le rediffuse en projection privée. Parfois, je déforme l’image, je réinvente, je réécris. C’est rien, les mots. C’est tout aussi. Une certaine forme de liberté, comme l’eau qui coule : toujours pareille, jamais la même.

 


Lundi 20 mars 2017

Journal aléatoire #57
 

Dernière séance de l’atelier Fanzine à Loiron. Officiellement 20h-22h, mais suite à un cafouillage et une séance passée à la trappe, on s’est donné rdv à 19h, histoire d’avoir le temps de terminer l’objet. Histoire aussi de partager quelques douceurs. Des saveurs en lien avec la thématique de l’atelier, hein, faut pas croire ! Il y a même une galette des rois, plus savoureuse en mars qu’en janvier. Je repars à presque minuit, des goûts, des livres et des prénoms plein la tête. Est-ce qu’ils savent, tous ces gens que je rencontre, qu’ils feront désormais partie de ma vie ? A quoi bon ? Ça ne changera pas la leur. Je rentre avec le bouquet que Marie-Claude m’a offert. Jonquilles et quelques branches de forsythia je crois. Bouquet couleur soleil. Un morceau de son jardin, dans ma lumière d’ici. C’est con de s’émouvoir si facilement, tu me diras. Je te répondrai, non je ne crois pas. Ça peut être handicapant, parfois, et merveilleux d’autres fois. L’équilibre se rétablit sans l’aide de personne, avec celle de tout le monde. A notre insu, souvent.

 


Dimanche 19 mars 2017

Journal aléatoire #56
 

C'est pas l'humeur du dimanche (ça sert à rien d'en parler, toi aussi tu connais) mais juste quelques infos en vrac, des revues, des lectures prévues, encore des prétextes pour partager un moment : Une participation à la très chouette Revue L'Ampoule (l'exercice jouissif du cadavre exquis) et un passage poétique à Surgères très bientôt (c'est le printemps, il parait!), puis au festival Trace de poètes mi-avril à L'Isle sur Sorgue (mes années lycée). Des détails complémentaires à venir bientôt, mais là, faut pas m'en vouloir, j'ai mis la manette sur position ralenti. En plus, il fait doux au-dessus de la Mayenne.

 


Samedi 18 mars 2017

Journal aléatoire #55
 

Café littéraire à Craon ce matin. Le plaisir de retrouver (une partie de) la joyeuse troupe des participants à l’atelier d’écriture que j’y ai animé. Petite bouffée de bonheur. Faut pas croire, je reçois au moins autant que je donne. C’est ce qui m’anime, quand j’anime : l’idée de partage.
Déjeuner partagé avec Myrtille qui m'accompagnait ce matin. Un plat de pâtes improvisé et pas mal de mots avant l'heure de son train. L'encourager dans ce qu'elle fait, pas par politesse ni hypocrisie, mais pour cette vibration qui l'habite en beauté et qu'elle ne doit pas laisser mourir à cause du doute.
Une belle journée, puis là, ce soir, tout se casse la gueule. C’est con, ça enfle, ça bouffe l’espace vital. Ça me grouille en dedans comme un cafard à mille pattes. C’est gros, parfois, les insectes. Surtout le cafard. Le bourdon, au moins, ça s’envole. Là non. Ça cavale, ça poisse grave. J’ai la nostalgie par anticipation. Ce n’est pas le chez-moi qui me manque. Je sais que je vais le retrouver. C’est l’ici que je regrette déjà alors que j’y suis encore. Oui, c’est stupide. Je tente de me raisonner, ça ne marche pas. Il n’y a que le bruit des pas de la bestiole qui résonnent. J’attends un coup de fil, un signe, un hameçon à mordre. Ça ne vient pas. Alors j’écris. Finalement, c’est aussi bien. Je suis là pour ça, après tout. C’est un truc qui s’apprend à la longue : voir le bon côté des choses.

 


Vendredi 17 mars 2017

Journal aléatoire #54
 

Saint Patrick. Je pense aux amis Irlandais par chez moi, à Valence. Le Penny Kenny. Je suis un peu avec eux par messagerie interposée. Je suis beaucoup ici aussi. A l’O’Regans, forcément. Pour le resplendissant sourire d’Emily et pour la Red Murphy. Quelques potes du cru et quelques rencontres imprévues. Une Nantaise amoureuse de l’Irlande avec laquelle je parle musique et voyages. Deux messieurs dont l’un serait un tueur régional promettant de ne me faire aucun mal. L’autre, plus réservé, profite de l’absence de son compère pour me raconter un peu sa famille, son père pianiste, ses frères et soeurs devenus musiciens. Lui, il ne joue d’aucun instrument, il préfère écouter. J’aime sa timidité exubérante. Il sort deux CD de sa poche intérieur, me les conseille. Il sourit doucement. Jean-Pierre, il s’appelle.
Quel que soit le lieu ou le moment, les gens me parlent. Souvent. Facilement. J’ai fini par le remarquer. J’ignore pourquoi. On me demande si je me sers de tout ce qu’on me raconte dans les histoires que j’écris. Non, je ne le fais pas. Ce serait "de la triche". En revanche, tous ces mots, toutes ces confidences, me nourrissent l’imaginaire. Et me rappellent aussi que même si j’en hais certains, j’aime décidément l’humain.

 


Jeudi 16 mars 2017

Journal aléatoire #53
 

Sophie me propose un piquenique ce midi dans les jardins de la Perrine. Je suis forcée de décliner. Le grand ciel bleu me nargue. C’est ainsi. J’en parlais lundi en atelier d’écriture : il faut apprendre à apprivoiser la frustration. S’en faire une ennemie douce.
Dans l’après-midi, Carole passe prendre un café. On parle de musique (son CD sort bientôt), d’écrits, de danse. Sa difficulté à s’exprimer intimement avec les mots dits, mon incapacité à gérer les mouvements de mon corps. Le ciel est doux, la fenêtre est grande ouverte, le moment est paisible et puissant à la fois. J’ai les pensées qui, comme souvent, me parasitent la spontanéité. J’écris, mais moi non plus, je ne sais pas trop dire. Carole est belle de cette beauté que les mots peinent à exprimer. Elle le sait sans le savoir et cette inconscience la rend plus superbe encore.
Décidément, j’aime les gens. Oui, je me répète. Mais il y a des choses qui doivent être énoncées d’une manière ou d’une autre, surtout si elles ne sont pas dites. Plus tard, je rejoins Fred, juste après le concours de bouchons au Jaja Divin qui ferme bientôt. Dommage pour Laval. Le vin est délicieux. Le moment tout autant. Discussions du soir à refaire le monde qui continue sa course sans nous écouter. C’est pas plus mal. On parle pour ne rien dire parfois, mais surtout pas pour ne rien faire.

 


Mercredi 15 mars 2017

Journal aléatoire #52
 

Atelier à la bibliothèque Albert Legendre à Laval. Cette petite joie du groupe qui s’est noué dès la première séance. Attendre les retardataires en bavardant. A la même heure, un atelier philo dans une autre salle de la bibliothèque. L’animateur bouquine. Son air serein, ses boucles d’oreilles, son allure de rock star. Il est prof. J’aime ce rappel permanent à ne surtout pas se fier aux apparences. Ce soir encore, le partage est doux et vivifiant. Siroter le plaisir d'écriture des participants en me disant que le langage et les mots sont une foutue belle invention humaine. Une des rares, peut-être.
 


Mardi 14 mars 2017

Journal aléatoire #51
 

Ces journées à ne rien faire d’autre que transformer les petits vides en vastes plénitudes. Observer, retranscrire, modeler, transformer. Est-ce qu’on invente réellement quoi que ce soit, quand on écrit ? Je l’ignore. Tout n’est que vie. Il y a des écritures qui sonnent creux, comme trop savamment fabriquées. J’aimerais que la mienne résonne comme un ventre bien nourri, tendu et tendre à la fois. Alors je mords la chair de l’ordinaire quotidien. Les meilleurs morceaux sont souvent planqués dans les détails.
 


Lundi 13 mars 2017

Journal aléatoire #50
 

Atelier Fanzine à Loiron. L’objet prend forme. Le plaisir de savoir qu’il résultera de ces séances un objet concret et pas seulement des mots envolés. C’est con, le concret, mais parfois ça rassure. On fabrique. On ne fabrique pas plus qu’un pet d’étoile filante et, à notre échelle, ça semble énorme. Même l’importance de la relativité semble relative. Et c’est ce qui donne toute sa valeur aux détails, finalement.
 


 

Dimanche 12 mars 2017

Journal aléatoire #49
 

Une semaine, déjà! Alternence de jours avec et de jours sans soleil. Le mien de soleil, celui qui me brille à l'intérieur, n'est pas toujours fidèle au poste, non plus. C'est ainsi. Je cache parfois ma météo intérieure sous un sourire bien dessiné.
Le bouquet que maman m’a offert s’épanouit lentement devant la fenêtre. Beaucoup de gens appréhendent les dimanches. Certains de mes personnages fictifs les détestent. Moi pas. L’absence de repères déroute, je le sais. Mais elle ne devrait pas paralyser. Je perds un peu pied dans la course du temps, égarée entre réalité et fiction qui s’enlacent jusqu’à m’en faire perdre de vue le corps de l’une et celui de l’autre. Le dimanche, tout est permis. Est-ce cette liberté à la fois totale et temporaire qui inquiète, qui déroute ? Est-ce que les questions ont toutes besoin de réponse ?
 


Samedi 11 mars 2017

Journal aléatoire #48
 

Il était question d’enfance, ce matin. Enfin, pas exactement, mais on s’est tous un peu rappelé les lecteurs que nous étions enfants. Café littéraire à Port Brillet, autour d'une table de croissants en forme de sourires. Chacun a pris la parole, plus ou moins, selon sa timidité. C’était doux et riche.

Il est question de soleil cet après-midi. Terrasse et ciel bleu. Une parenthèse de ralenti dans la course du temps. Un nuage de pigeons s’envole du toit voisin. L’intérieur argenté de leurs ailes brille au-dessus du château. Je les observe. Mon roman est terminé. En attente de quelques regards extérieurs m’aidant à dénicher ce qui peut encore clocher.  Je savoure la petite paix fébrile de cet interlude.
 


Vendredi 10 mars 2017

Journal aléatoire #47
 

Ce sont les vitraux que je repère en premier. Arrivée à Montaudin pour un café littéraire ce soir. Tout le village semble éteint, sauf la petite médiathèque au pied de l’église dont un grand vitrail est éclairé de l’intérieur. Le calme ambiant annonce une soirée en clair obscure. Très peu de présents pour la soirée, mais la taille a-t-elle la moindre importance ? Je n’y crois pas. Et tant pis si… Trois ou trente personnes ne changent rien à ce que je vais raconter.

Retour à Laval, pas loin avant minuit (la route est longue, surtout de nuit). Quelques rues à remonter avant de retrouver l’appartement. Je croise deux jeunes types visiblement éméchés et sur le point de se battre. En me voyant arriver, l’un dit à l’autre : Arrête de gueuler, on va faire peur à la dame ! Je leur souris, sans presser le pas, sans m’inquiéter. Mon calme semble les apaiser. On échange quelques mots. Ils allument une cigarette, me souhaitent une bonne soirée, s’en vont bras dessus bras dessous, la bagarre oublié. Je me dis, on néglige souvent le bien que l’on peut faire sans vraiment rien faire. Avec juste un peu de douceur.
 


Jeudi 9 mars 2017

Journal aléatoire #46
 

Le plaisir indicible de retrouver Perrine. L’envie immense de faire découvrir son talent d’auteure, partager mon plaisir à la lire. Le plaisir encore plus grand de constater que le charme opère sans effort, sans avoir à brandir le canon de paillettes. Le public est conquis (comment ne pas l’être?)
La résidence, ici, ce n’est pas qu’écrire ou parler d’écriture, c’est aussi, surtout un immense moment de partage. C’est avant tout de l’humain. Une curiosité de tous les instants. Des rencontres simples et vraies. Un détail après l’autre me fait apprécier toujours un peu plus ces trois mois que j’aurai passé à Laval avec Lecture en tête.

 


Mercredi 8 mars 2017

Journal aléatoire #45
 

C’est soir de foot à la télé, il parait. C’est aussi soir d’atelier d’écriture à la bibliothèque de Laval. Pour le nombre de buts marqués, j’en sais rien, mais pour le score au plaisir (parfois sportif) remporté, c’est tout vu : Ecriture à Laval 1 – Footeux de canapé 0. Oui, je manque sans doute d’objectivité, mais on n’est pas chez les journalistes, que je sache ! Certains tapent dans un ballon, moi je m’amuse à nourrir des envies d’écrire, à les regarder s’épanouir. C’est beau comme un jardin au printemps, toutes ces mains qui grattent le papier, tous ces rires, ces partages, ces mots qui se libèrent. Une sacrée victoire sur la grisaille et les alertes météo !

 


Mardi 7 mars 2017

Journal aléatoire #44
 

Ici, ça va. La météo en poupées russes. La pluie dans les nuages dans le bleu du ciel. En alternance. Dans le désordre. Les parapluies qui s’ouvrent, se ferment ou se retournent dans une rafale. Le château ne bouge pas. Je l’imite un peu, même si je n’ai ni sa taille, ni sa force. On aurait dit que je réécrivais la fable de La Fontaine. On aurait dit que ce serait "l’auteur qui veut se faire aussi solide que le château". On aurait dit que je ferais mieux de m’abstenir, parce que c’est une histoire qui finit mal. Et puis, un château, c’est bien beau, bien grand, mais moi, je ne suis pas faite de pierres.
 


Lundi 6 mars 2017

Journal aléatoire #43
 

Un grand pan de ciel bleu, comme une parenthèse, m’accueille à Laval. Comme les fois précédentes. Je photographie la vue, juste pour garder une trace, une preuve. Avant dernière session de résidence, déjà. Je me sens bien ici. Ecrire, principalement. Je fais peu d’autres choses en dehors des ateliers et interventions prévues. Par choix. Ma plénitude se reconstruit dans la solitude, dans les voix faites de mots sur papier. Je ne cherche pas à compliquer les choses, au contraire. Elles savent l’être sans mon aide. Une parenthèse, ça se savoure, ça se respire, ça inspire. La respiration, dans l’immobile, prend une autre ampleur. Je mesure le souffle. Je reprends le mien.

 


Dimanche 5 mars 2017

L'humeur du dimanche : Ce genre de sourire


[Photo Marlène T.]

 


Mercredi 15 février 2017

Cabaret poétique en provence

On se voit bientôt en Provence ? Plus d'infos ICI 

 


Lundi 13 février 2017

On en parlera demain

Je ne sais pas quoi prononcer d’autre que le silence, j’attends juste qu’il sorte de la pièce, retourne dans son bureau avec son alcool et son fatras de nourriture, qu’il retourne se saouler, se gaver à en déborder de sa peau, de cette vie dont il cherche constamment les limites pour n’avoir jamais gouté celles de la douleur vraie, gros, maigre, gros, maigre, sont les seules frontières qu’il connaisse, ivre, sobre, ivre, sobre, également, et son malheur virtuel, et ses souffrances fictives me font marrer, me font mal aussi, parce que je sais que s’il était confronté à du réel, celui qui cisaille, tranche les entrailles, il choisirait probablement de crever avant le coup de grâce, juste pour s’épargner quelques minutes de douleur.
Et il revient, la bouteille est vide ? l’assiette est vide ? il me regarde avec son air de je-sais-tout, son air d’oublie-pas-que-je-suis-le-chef, alors que, bordel, il n’est pas plus grand qu’un mouchoir d’humain plié en quatre, un morceau de vie plein de morve, et que je te chiale ma peine, mais la quelle, bordel ? vas donc te moucher, on en parlera demain !
 


Dimanche 12 février 2017

L'humeur du dimanche : facile !


Samedi 11 février 2017

Ainsi soit-il

Pour une lecture (tu vas te donner en spectacle ! – non, je ne me donne pas, j’offre autre chose, enfin j’espère, mais peu importe), on me demande de "faire un effort vestimentaire". Soit. Je comprends les mots. Effort. Vestimentaire. Bien. Ainsi soit-il. J’ai toujours eu une tendance docile sur les bords. Du coup, je remballe le duo jean + sweater ordinaire mais confortable et fouille dans les abandonnés de mes filles. Un genre de robe-pull, un petit blouson chopé aux soldes d’il y a cinq ans, une paire de collants encore potable et mes bonnes vieilles chaussures (il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas). Voilà. Mon reflet ne me ressemble plus, mais je suis prête à me donner en spectacle. Et peu importe, puisque ce n’est plus moi. Ce ne sera qu’un jeu dans lequel il s’agira prétendre se donner et être honnête alors que l'exigence de départ est biaisée. Il semblerait qu’en fin de compte ce soit ça l’important dans ce monde. Ne pas donner de soi, mais donner un soi, même ou surtout s’il est fictif. Il semblerait que quel que soit le paysage, seules les apparences aient de la valeur. Bien. Je resterai, tendance docile sur les bords, jusqu’à ce qu’un des moi un peu plus couillu que les autres se dégoupille la grenade pour m’envoyer voir ailleurs si j’y suis. Ainsi soit-il.
 


Mardi 7 février 2017

Mot barré #58


Lundi 6 février 2017

J'emmerde la ponctuation [new]

Quel est le point commun
entre un point final et
un point de départ ?
 


Dimanche 5 février 2017

Journal aléatoire #42
 

Petite rétrospective en images du quotidien. Non, les deux semaines passées ne se résument pas à ça. Oui, on y retrouve l'atmosphère, celle qui me guide patiemment dans la dernière ligne droite du roman.

On se retrouve sur ce canal à partir du 6 mars ! Et, d'ici là, malgré les aléas, si le quotidien le veut bien, quelques nouveautés.

 


Samedi 4 février 2017

Journal aléatoire #41
 

La faute à ma myopie -  on trouve toujours un coupable docile - j'ai dit bonjour sans savoir à qui sur le parking de l'Intermarché de Laval. C'est seulement en arrivant sur la petite esplanade devant les Cafés Etienne que ça m'est revenu. Le gars aux lunettes noires qui venait de me saluer travaille ici. On s'y était croisé lors d'un de mes précédents passages. En creusant un peu, je pourrais même me rappeler son prénom. Mais ma mémoire et moi, on est en mauvais termes, surtout celle à long terme. Enfin, ça, c'est une autre histoire. Oui, je suis pleine d'histoires, et ce n'est pas ce qui m'empêche d'en inventer d'autres - je ne vais pas me laisser dicter une conduite par un bout de matière grise, non plus! Toujours est-il que j'ai fini par me souvenir de ce jeune homme, sa présence à la fois chaleureuse et discrète. On se recroisera en mars, au même endroit, quand je reviendrai pour la prochaine soirée littéraire prévue avec Perinne le Querrec. Et je lui demanderai peut-être de m'excuser pour mon absence, ma trogne ahurie et mon "bonjour" un peu creux de ce 4 février, derrière Intermarché. Enfin, si j'ose - ça aussi, c'est une autre histoire.

 


Vendredi 3 février 2017

Journal aléatoire #40
 

Mathématiquement parlant, est-ce qu'il existe une ligne quelque part séparant le vrai du faux? Oui, je sais, je cherche la petite bête. Il n'empêche, je m'interroge. D'autant que, toujours mathématiquement parlant, je sais très bien que tout est relatif (enfoiré d'Einstein). Et, je l'ai même écrit quelque part : la vérité des uns n'est pas forcément celle des autres. Alors, partant de ce postulat, on fait comment pour marcher droit? Oui, je sais aussi, je (me) pose sans doute trop de questions. Mais c'est quand je n'en poserai plus, qu'il faudra éventuellement s'inquiéter. D'ici là, je compte bien continuer de creuser dans le terreau gras de la vie pour dénicher quelques racines de réponses. Y semer aussi des graines d'espoir en espérant qu'il en germera de l'utile ou du beau. Les deux à la fois, pourquoi pas - on est encore autorisé à rêver, que je sache!

 


Jeudi 2 février 2017

Journal aléatoire #39
 

C’est parfois à des détails qu’on remarque l’éloignement géographique. A des choses, somme toute, anodines. Ici, les gens ont des parapluies différents. De grands parapluies-cannes qui seraient incapables d’affronter le Mistral. Oui, il a plu ces jours-ci. Parfois de la vraie pluie, parfois ce crachin Breton que j’aime et qui te fait arriver devant des lycéens avec le visage brumisé qu’on connait dans le sud en été, quand la chaleur nous pousse vers la bombe d’eau minérale pour un oui pour un non.
La nuit est tombée sur une journée que je n’ai pas vu passer. J’étais en vadrouille quelque part dans le virtuel de mon roman. Un bref retour à la réalité avec Sophie, au moment du café, puis j’ai replongé. Tout l’après-midi, sans prendre le temps de m’attarder sur le gris. Une brève pause de nouveau en soirée, quand l’estomac rappelle à l’ordre. M’étirer, regarder par la fenêtre – toujours cet émerveillement de la vie en centre-ville. Un gars, malgré la pluie, s’obstine à monter-descendre-remonter la pente. Le Roquet du Palais. Il piétine un peu en bas, au moment du demi-tour. Son K-Way jaune qui gobe la lumière des lampadaires. Sa raideur aux épaules qui me rappelle les postures de Luc. Ce petit côté engoncé malgré lui. Sur son visage absent, mangé par la capuche, je colle le visage de cet ami. Je l’observe un moment tenir tête à la pente, encore et encore. Un jour, peut-être, raconterai-je à Luc les exploits de ce faux lui dans les rues de Laval.
 


Mercredi 1er février 2017

Journal aléatoire #38
 

"Et tu m'effleures avec juste tes mots"
Je lis les textes qu'une jeune fille timide m'a glissé ce matin à la fin d'une rencontre. C'est beau jusque dans les fissures d'une l'honnêteté qu'on apprend trop facilement à perdre. Les imperfections en miroir de la vérité. Non, il n'y a pas qu'une vérité. En tout cas, je me refuse à le croire. La vérité, tout comme la réalité, est aussi multiple que nous. Le nous sommes me semble préférable au je suis.
On dit souvent que l'écriture est un geste solitaire. Soi face à soi. Je n'y crois pas non plus. L'autre sera toujours une clé de voûte. Celle qui empêche l'édifice de s'écrouler. J'aime l'autre et je le hais parfois, mais je n'y suis jamais indifférente. En flânant dans les rues, j'observe, je dévore, je gobe l'autre, tous les autres. J'y plonge les yeux sans toujours comprendre, sans non plus forcément savoir ce que j'espère y dénicher. Rien, peut-être.
Est-ce soi qu'on cherche à retrouver dans le regard de l'autre ou est-ce l'autre qu'on tente de déchiffrer au travers de son propre regard ? Et cette questions a-t-elle la moindre importance ? L'un dans l'autre, si la réponse signe l'arrêt de mort d'une question, alors je préfère m'abstenir. Temps qu'il y a de l'interrogation, il y a de l'espoir.

 


Mardi 31 janvier 2017

Journal aléatoire #37
 

Une sophrologue, deux poétesses et un professeur sont dans un café pour parler de Brautigan. La réalité tombe à l'eau. Que reste-t-il ? Un petit moment simple et beau. Certes, ça ne s'est pas passé comme prévu. C'est vrai, les choses échappent souvent aux prévisions. Mais, si c'est - parfois - pour le pire, c'est aussi ce qui permet aux bonnes surprises de pousser un cri de joie en sortant des entrailles de l'ordinaire. Et il serait bien ingrat de notre part de nous en plaindre.

 


Lundi 30 janvier 2017

Journal aléatoire #36
 

Un chat en céramique entre les dents, voilà comment j'ai commencé la soirée. En mordant sur une fève. La galette me désigne reine. Est-ce un hasard si elle était fourrée aux pommes? Après un verre de jus (de pommes également - c'est un signe, aurait dit maman), j'embarque à bord de mon char direction la campagne Mayennaise pour un atelier d'écriture. Les chevaux fiscaux sont dociles. Brouillard oblige, j'y vais molo sur l'accélérateur. A défaut d'être véritablement reine, c'est encore moi qui tiens les rênes, avec les orteils du pied droit.

 


Dimanche 29 janvier 2017

Journal aléatoire #35
 

Parler de poésie (mais pas que) un dimanche après-midi à la médiathèque de Laval pendant que le pluie tombe discrètement, comme avec l'air de s'excuser. Rire, philosopher, s'extasier, partager. Non, la fin du week-end ne file pas forcément le bourdon, au contraire !
Rentrer presque quand la nuit tombe (tiens, il ne pleut plus!) me remettre au boulot. Je dis "boulot", parce que là, c'en est. Certes, le roman est terminé. Et pourtant non, il ne l'est pas. Les murs, le toit, les portes et les fenêtres sont posés, mais il faut encore faire les plâtres, les enduits, la peinture. Il faut tout reprendre, lisser, traquer les incohérences d'information, de ton, de registre de langue, améliorer le style ou, en tout cas essayer. S'atteler à tout ça en luttant contre le monstre qui débarque dans ta tête et demande : t'es sûre que cette histoire va intéresser quelqu'un? Non, on n'est jamais certain. Mais il est trop tard pour baisser les bras maintenant.
Et à part ça, ce soir, ce sera soupe en brique réchauffée à la casserole. Je sais, c'est pas toujours excitant, les dessous de la littérature contemporaine. Un peu comme les culottes en coton. Mais, bordel, qu'est-ce que c'est confortable. Et puis le glamour, ça va bien cinq minutes. La poudre aux yeux et dans les narines, c'est pas ce qui sauvera le monde. Tu me diras, les livres et les culottes non plus. Mais se glisser au lit, cul nu, avec un bon bouquin, c'est déjà un peu prendre la direction du bonheur, non?

 


Samedi 28 janvier 2017

Journal aléatoire #34
 

Il parait que les premières fois sont toujours un peu douloureuses. Aujourd'hui, j'ai été membre de jury littéraire pour la première fois et, je confirme, ça fait mal. Est-ce jouissif ? Oui, aussi, bien entendu. Et pour être honnête, le plaisir, je l'ai pris avant. En solitaire. Pendant la lecture des cinq romans en compétition. Cinq fois du bonheur avec des livres, tu penses bien que j'allais pas refuser le privilège! Mais j'avais pas réfléchis qu'après faut se transformer en juge, et sincèrement, je pensais que ce serait plus doux. Non, je ne joue pas les vierges effarouchées. Critiquer, classer, éliminer, c'est pas franchement mon truc, c'est tout. Il n'empêche que ce fut une expérience enrichissante, que j'y ai appris beaucoup, que j'ai retrouvé quelques personnes chères à mon coeur et rencontré d'autres qui méritent le détour. Et si tu te demandes de quoi je suis en train de causer, vas voir par ICI.
 


Vendredi 27 janvier 2017

Journal aléatoire #33
 

Ce matin, je me suis réveillée avec le bruit de la pluie sur les Vélux. J'ai remonté un peu la couverture et décidé de retourner la situation : en renversant ma chambre sous les toits, elle devenait une douillette coque de bateau. En fermant les yeux, je pouvais même sentir le roulis de la houle. Lorsque je les ai rouverts, le ciel s'était vêtu de bleu. Moment parfait pour me lever. La coque de bateau est redevenue toit, je pouvais marcher sur le plancher sans tanguer. J'ai fait chauffer un peu d'eau pour le thé. Pendant qu'il infusait, la pluie s'est remise à tomber. Plus tard, le soleil est venu glisser ses doigts entre les nuages. Plus tard encore, le ciel a enfilé un manteau gris. J'attends la suite des humeurs du jour. Peut-être que ce soir il empêchera la nuit de tomber, va savoir!

 


Jeudi 26 janvier 2017

Journal aléatoire #32
 

J'essaie. Oui, vraiment, j'essaie. D'esquiver un peu moins. D'aller un peu plus vers. J'ai une bonne excuse, cela dit : je ne suis pas ici pour m'amuser, papoter autour d'un café ou d'un verre de vin, m'essayer à la danse africaine (ah, diable ! si au moins il pouvait prendre possession de mon corps de temps en temps, celui-là!). Non, je suis ici pour écrire. Alors j'écris. Beaucoup. J'esquive beaucoup aussi. "Faudrait savoir ce que tu veux!" je me dis. Puis je me rétorque "J'arriverais peut-être à le savoir si tu me laissais penser en paix". Je me ris au nez.

 


Mercredi 25 janvier 2017

Journal aléatoire #31
 

Rencontre, aujourd'hui, avec des étudiants à l'UCO de Laval. Un moment simple et beau comme je les aime. Les timidités qui se bousculent, mais n'empêchent pas - jamais - la sincérité. Les questions qu'on me pose et qui me font m'en poser d'autres. De jeunes futurs libraires ou bibliothécaires, leurs yeux brillants d'amour des livres. Mes réponses probablement trop naïves parfois. Leurs rires lorsque je balance une connerie histoire de faire diversion, ne pas montrer à quel point je doute, à chaque instant. Ils me l'ont demandé eux aussi : à quel moment ai-je commencé à me sentir "écrivain"? Je leur ai dit la vérité. Et ça ne me gêne pas de me lever le matin en me sentant moi, juste moi, toujours la même. A quoi ressemble un costume d'écrivain? Quelle sensation laisse-t-il sur la peau? Je l'ignore. Tout ce que je sais, c'est que j'écris. J'écris comme je respire. Et dès que j'en suis empêchée, j'étouffe, je meurs un peu.

 


Mardi 24 janvier 2017

Journal aléatoire #30
 

Les petits couacs, les aléas, les imprévus. Parfois, ça ne veut pas, ça change d'adresse, ça tombe à l'eau, ça fait tourner de nuit sur les routes de campagne d'une région que je ne connais pas encore comme ma poche - je ne connais d'ailleurs pas parfaitement ma poche - ça fait monter puis redescendre puis remonter encore le Roquet du Palais, ça fait des rencontres imprévues, un déca, un verre de vin avec une inconnue, le vous qui devient tu, des choses toutes simples. C'est un cycle qui nous échappe: on invente des histoires, il nous en arrive. Je sais être un personnage docile. La vie m'écrit. Chacun son tour.
 


Lundi 23 janvier 2017

Journal aléatoire #29
 

Une pensée m'est venue ce soir : Je suis de plus en plus à l'ouest.
Et j'ai souri. Non, ma tête n'est pas perdue - enfin, pas pour tout le monde. Il n'est question ici que de géographie. Laval, Nantes, Surgères, Vitré et d'autres lieux situés du côté ouest du pays vont m'accueillir cette année. Maman aurait probablement dit "C'est un signe". Je m'en serais amusée.
Voilà. Laval me reçoit pour une troisième session de résidence. Le soleil est au rendez-vous, comme un sourire qui se moquerait des saisons.
Pourquoi compliquer les choses simples ? Je suis à l'ouest, et après ?
 


Jeudi 19 janvier 2017

Ceci, cela
 

Oui, je sais, le temps passe.
Et toi ? Et moi, je suis passée où ?
On va dire que je suis en voyage dans la partie immergée de l'iceberg. Ce truc invisible dix fois plus grand que le visible. Probable que je sois un peu perdue. La faute à tout et rien. Si c'est caché, c'est pas pour rien. Sans ce morceau-là, l'iceberg ne flotterait pas.
Je flotte.
Je nage.
Je tente de garder la tête hors de l'eau.
Et puis quoi ?
On s'en fout, après tout!
L'important, c'est ce qui bouge à côté.
Ce qui vibre, ce qui vit, ce qui nous maintient là.
Alors je vais te parler d'une chouette revue dont j'apprécie la politique éditoriale et le contenu.
Ca s'appelle les Cahiers Polymères et l'édito du dernier numéro est ICI.
Vas-y, jette un oeil, tu ne risques rien !

 

 


Mercredi 4 janvier 2017

Exosquelette

Je creuse
loin
profond
dans les décombres d'une vie
qui m'échappe de plus en plus
mais
je ne cherche pas à lui echapper
simplement
je creuse
loin
profond
à coup de pioche
dans ma croute terrestre
jusqu'à la moelle tendre des os
ma peau, je la connais assez
je m'y sens mal
tandis que l'os est solide
même brisé, il se répare
si on lui en laisse le temps
 


Mardi 3 janvier 2017

Il parait

Il parait qu'il s'est passé quelque-chose
qu'on a quitté une année pour entrer dans la suivante
ce serait comme passer d'une pièce à l'autre
du salon à la chambre, ou vice versa
sauf que je n'ai pas vu de porte
rien entendu grincer
sauf que le décor n'a pas changé d'un pouce
il parait qu'on ne peut pas retapisser une nouvelle année
c'est pas ça qui me fait peur
de toute manière, je n'ai jamais aimé les murs
 


Dimanche 1 janvier 2017

L'humeur du dimanche : Brouillon

 


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