you don't watch the
movies, like the clouds
on a plane to Japan

 

The Breaking Hands, The Gun Club



 

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Vieilleries

 


[L'auteur]

Marlène TISSOT est venue au monde inopinément. A cherché un bon bout de temps avant de découvrir qu'il n'y avait pas de mode d'emploi. Sait dorénavant que c'est normal si elle n'y comprend rien à rien. Raconte des histoires depuis qu'elle a dix-ans-et-demi et capture des images depuis qu'elle a eu de quoi s'acheter un appareil. Ne croit en rien, surtout pas en elle, mais sait mettre un pied devant l'autre et se brosser les dents. Ecrira un jour l'odyssée du joueur de loto sur fond de crise monétaire (en trois mille vers) mais préfère pour l'instant se consacrer à des sujets un peu moins osés.

 


 

[Editions]

 

Mes pieds nus dans tes vieux sabots bretons, collection 8pA6 de La Vachette Alternative

 

 

Nos parcelles de terrain très très vague, Éditions Asphodèle, Collection Minuscule

 

disponible également via Fnac, Chapitre, Amazon,

Place des Libraires
 

 

London Trip Diary, At Home Editions

 


disponible via

 

 

Celui qui préférait respirer le parfum des fleurs, collection 8pA6 de La Vachette Alternative

 

 



[Parutions en revue]

 

L'Angoisse - Chos'e - Dissonances - Interlope - Interruption - Katapulpe -L'Autobus - Levure Littéraire - Mauvaise graine - Microbe - Magnapoets - Nouveaux Délits - Revue Squeeze - Traction Brabant - Trace écarT - Le Zaporogue 


 

[Participations]

 

CroutOthon - FPDV - Le Quotidien des Martyrisés -Les 807 -  Les Etats Civils - OnLit - Sistoeurs.net - Vents Contraires - Vous dites ? 
 



[Email]

 

marlene.tissot@gmail.com
 

[Marlène ailleurs]

 

Sur Flickr
Sur DIYZines
Sur Les Etats Civils
Sur Sistoeurs.net
Sur On Lit
Sur Vents Contraires
Sur Fulgures.com

 


 

[Liens]

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Un petit texte acéré, d'après une photo de Xavier de Kepper, pour FPDV

Ton regard n’est plus aussi acéré maintenant

tu m’as coupé l’herbe sous le pied tu m’as dit je te quitte alors que j’allais te proposer je ne sais pas qu’on reparte à zéro j’aurais aimé qu’on prenne le temps qu’on s’explique tranquillement mais tu as coupé court d’un ton tranchant on aurait pu je ne sais pas rester amis un truc comme ça mais tu as dit que tu préférais couper les ponts et pourtant je t’aime encore tu sais c’est juste que j’en pouvais plus de tout ça il aurait sans doute suffit de prendre le mal à la racine épiler ton cœur de toutes ces amours parasites épiler ton corps de toutes ces femmes vampires les arracher et que tu ne sois rien qu’à moi mon amour je t’aime encore tu sais j’aime chaque petit morceau de toi tu n’iras plus très loin maintenant c’est rassurant
 

Lectures

Les premiers jeudi de chaque mois,  Partice Maltaverne (Traction Brabant) lira des textes au bar-galerie :

"O Petit Bo Bourg"
62, rue Mazelle
57000 Metz

Ce jeudi 1er juillet sera consacré à Thomas Vinau et moi-même !  Plus d'info ICI

30-06-2010 [HAUT]

Tenir debout

Les jours où
je me sens si
terriblement vide
comme un habit de peau
avec rien dedans
je sais que je pourrais
aimer la première personne
qui me prendrait dans ses bras
pour m’aider à tenir debout
encore un peu
 

Trip to London is over

London Trip Diary, à lire en entier ICI


I love Banksy

Banksy website
Banksy on Wikipedia
Exit through the gift shop (Le film)

29-06-2010 [HAUT]

Celle que tu es

Les grimaces
les sourires
le rimmel
tous ces masques
et ces costumes
que tu enfiles
ne changeront rien
à l'histoire
tu resteras toujours
celle que tu hais

 

Cry baby cry (The Beatles, White Album)

 

On Wikipedia : The original lyrics were "Cry baby cry, make your mother buy."

23-06-2010 [HAUT]

Danser dans le vent

Elle regarde les branches
cassées
échouées
un peu partout dehors
et le grand arbre qui continue
de danser
majestueusement
dans les bourrasques
elle se dit qu’elle pourrait
essayer de faire comme lui
rester digne
malgré les morceaux d’elle
et les rêves
brisés

 


And for all I know he is sitting there still under his favorit cork tree smelling the flowers just quietly. He is very happy.
[in Ferdinand the bull de Munro Leaf et Robert Lawson]


 

Fuite

Le n°8 du Zaporogue
dans sa belle tenue d'été
 est disponible ICI

22-06-2010 [HAUT]

Derrière la palissade

Parfois je me demande ce qu’elle planque derrière la palissade de ses sourires, quand ses regards ont le parfum des câlins de maman les jours où je m’écorchais genoux. Mais je ne serai jamais qu’un fils ingrat. Je pose deux euros sur le comptoir et je siffle mon café sans un mot.

21-06-2010 [HAUT]

The milky way of life

Dans un monde parfait le chagrin fondrait comme des cubes de sucre dans un verre de lait.

 

Un dessin du Boulatin...

...qui se marie à la perfection avec "Les mécanismes déréglés dans la tête des gens" (clique sur l'image pour aller la voir en grand chez Le Boulatin)

20-06-2010 [HAUT]

Passage avide

Avoir faim d’une nourriture qui n’existe pas…

19-06-2010 [HAUT]

Nous ne serons jamais des héros

« Nos parents n'ont pas connu la guerre mais ils ont eu les couilles de faire la révolution, ce sont les héros de 68... Nous, on a ni guerre ni révolution à faire. Pas d'adversaire à combattre, pas de parents à affronter... Si on cherche à se distinguer d'une manière ou d'une autre, une marque de pompes ou un déodorant quelconque va s'empresser de récupérer tes idées pour vendre des merdes en masse... On sera jamais des héros, faut faire le deuil de ce vieux fantasme. On doit réussir notre passage sur terre d'une autre manière. » (quatrième de couverture)

Cliquer sur l'image pour lire une interview des auteurs

18-06-2010 [HAUT]

Untitled #3

Je me bats contre moi-même tout le temps
et à chaque fois que je gagne
je perds aussi

17-06-2010 [HAUT]

l’autre rive (te rejoindre sur)

Je traverse la vie
comme une rivière
en sautant d’une
obsession à une
autre obsession
parfois je glisse et
trempe un peu
mes souliers
dans les flots
froids de l’angoisse
mais bientôt
j’aurais atteint
l’autre rive
alors cesse de
t’inquiéter
pour moi

16-06-2010 [HAUT]

Son manteau vert

Il la regarde passer
avec ses longs cheveux et
son incroyable manteau vert
comme une pomme lustrée
roulant sur le ruban gris du trottoir
il se dit qu’elle a la beauté étrange
d’une libellule paumée
dans le précoce hiver
éprouve l’envie soudaine de la prendre
dans ses bras sentir son parfum fruité
découvrir qu’elle s’appelle
Clémentine et
que sa bouche a goût de cerise
il imagine qu’il l’aimera
saison après saison
toujours
et puis elle tourne au bout de la rue
le quotidien plante ses clous dans la paume
et les pieds des rêves
trottoir gris
café noir
sans sucre amer
il regarde sa montre sous le reflet
blanc fade du néon et ferme les yeux
pour redessiner sous ses paupières
l’image de la fille
mais son visage s’est déjà dissout
il ne reste plus que ses longs cheveux
et son incroyable manteau vert

15-06-2010 [HAUT]

Des yeux dans les trous des murs

Il y a tellement de blanc dans mes nuits
que parfois je ne sais plus comment
les remplir
ça fait comme des fissures dans
la carlingue de la réalité
dépressurisation
l’ailleurs m’aspire
la chair
la carcasse
et les pensées
je m’accroche à l’oreiller
me planque sous le drap
parce qu’il y a des yeux dans
les trous des murs
qui épient chacun de mes gestes
parfois j’ai l’impression
qu’on a mis mon cerveau sur écoute
je suis mon propre espion
infiltré
il y a plusieurs moi
à l’intérieur de moi
qui n’arrivent pas toujours à
se mettre d’accord
ça donne naissance à de sévères
guerres intestines
parfois aussi je suis
constipée c’est chiant

14-06-2010 [HAUT]

Playing things too safe is the most popular way to fail. [...]Killing your emotions is another way.
(Elliott Smith)
 

Au bureau

Carole raccroche et soupire bruyamment. Peut-être bien qu’elle a soupiré avant d’avoir tout à fait bien raccroché le combiné. Le chef nous rappelle sans arrêt de faire gaffe avec ça. Et puis de sourire quand on est en ligne. Parce que ça s’entend, il dit. Et les grimaces aussi. Oui, même les yeux au ciel.

Un jour, pendant une conversation téléphonique avec un fournisseur très bavard, j’ai mis mes doigts dans mon nez, pour voir. À l’autre bout on m’a demandé si j’étais enrhumée. Alors depuis, je souris au téléphone. Comme un gentil petit robot. Un sage rouage de la machine. Qui grince un peu parfois, mais qui coince pas trop. Qu’aimerait être un peu moins docile de temps en temps.

Je suis docile sur les contours. Carapace lubrifiée. Histoire d’avoir la paix. Rebelle dans les entailles. Dans les plis. Sous les bosses sous le papier peint. Je fais la révolution au fond des tiroirs, avec une bande de trombones oubliés. Ensemble on joue de la musique. Et puis on gribouille un peu de couleur sur les pages de l’histoire. Et…

Le téléphone sonne. Je décroche. Je souris.
[Extrait de Les Choses Ordinaires]

13-06-2010 [HAUT]

Tout finit par finir

On dit que toutes
les bonnes choses
ont une fin mais
on ne dit jamais que
toutes les mauvaises
choses ont une fin
et je me demande
pourquoi

11-06-2010 [HAUT]

Vent ragé

Il y a le vent qui hurle
comme une mère hystérique
et les volets qui battent le mur comme
les mains dures d’un père terriblement furieux

10-06-2010 [HAUT]

Des chewing-gums collés au fond de la poubelle

Le réveil sonne. Dans la chambre. Mais je n’y suis pas. J’ai fini la nuit sur le canapé. À cause des ronflements. Les miens. Je suis enrhumée. Et puis je tousse. Pas envie de le déranger. Il débarque dans le salon avec ses yeux pas encore tout à fait ouverts. Tu as dormi là ? il demande. Je hoche la tête. Il grimace. Il aime pas quand je m’éclipse au milieu de la nuit. Il trouve que c’est un peu comme faire chambre à part. Et que c’est pas bon signe quand un couple commence à faire chambre à part. Je lui dis que les signes, bons ou mauvais, faut pas s’y fier. Vu qu’on a déjà du mal à se débrouiller avec les évidences.
Il met de l’eau à chauffer. Je regarde les muscles de son dos bouger. Ses cheveux en bataille. Je voudrais lui dire qu’il est beau, comme ça, nu dans la lumière timide du matin. Je voudrais lui dire que je l’aime. Mais les mots restent coincés. Comme des chewing-gums collés au fond de la poubelle.
[Extrait de Les Choses Ordinaires]
 

[Ceci est un titre]

Les choses ordinaires qui arrivent aux gens ordinaires les jours ordinaires sont parfois presque aussi passionnantes que les choses incroyables qui arrivent aux gens incroyables lors de journées incroyables. Mais pas toujours…

09-06-2010 [HAUT]

Solitudes

D'après un dessin du Boulatin, à retrouver en grand format sur FPDV n°6

Les solitudes sont attablées
devant leur assiette vide
à enfiler les perles de regards en biais
sur le fil du temps
à coudre leur isolement
les uns aux autres
pour se tenir chaud
pour adoucir imperceptiblement
la petite cruauté des silences quotidiens
 

08-06-2010 [HAUT]

Dissonances

Le n° 18 de la revue Dissonances est sorti et j'y détricote mes entrailles en compagnie d'un tas de foutu beau monde ! 

Pour plus d'infos (abonnement, etc...) cliquer sur l'image.

 

 

Indétrônable

Ma couronne de reine
des connes
s'est envolée
mais on dirait bien
que mon cul va rester
encore un peu posé
sur le trône

07-06-2010 [HAUT]

L’ombre bleue

La nuit se casse la gueule
une fois de plus
avec la grâce douloureuse
d’un poète qui voudrait
bien mourir sans faire
trop de bruit

06-06-2010 [HAUT]

Les mécanismes déréglés dans la tête des gens

J’ai lu ce poème, il me dit. De qui tu parles là-dedans, hein ? C’est quoi cette histoire ?
Je parle de rien, je lui réponds. C’est une histoire, justement. J’invente. Ça sort tout seul, de là-dedans. Je tapote sur ma tête pour lui montrer. Il lève les yeux au ciel. Y a des détails qui s’inventent pas, il fait. La bouteille, le secret, les regards. Tu veux me faire croire que t’as inventé tout ça ?
Je hoche la tête.
Et le type aussi ?
Oui, aussi.
Et les fleurs sauvages ?
Oui, tout, j’ai tout imaginé.
Et le terrain vague ? Qu’est-ce que ça vient foutre là, bordel ?

Je pourrais lui expliquer que c’est un peu comme ça que je vois la vie. On a tous nos parcelles de terrain vague. On n’y fait pas pousser grand-chose mais on a besoin de cet espace malgré tout. Je voudrais bien pouvoir le rassurer. Mais je sais pas rassurer, apaiser. Les paroles et les gestes tendres restent bloqués en dedans, sous mon écorce de statue froide.

J’ai trouvé ça poétique comme image, je lui dis.
Poétique, il répète. POETIQUE !?
Et je voudrais bien qu’il cesse de me crier dessus à cause de ce foutu poème. C’est rien que des mots qui sortent par les trous de mes nuits blanches.
Faut que t’arrêtes avec ça, il me dit.
Avec quoi ?
Faut que t’arrêtes de te déconnecter de la réalité comme ça. T’as une vie, merde ! Y a des gens qui ont besoin de toi. Qui s’inquiètent pour toi… il murmure.
J’y peux rien, je lui fais.
Et j’ai à nouveau les idées qui se barrent, je ne sais où.
À quoi tu penses, il demande ?
J’en sais rien. Ça défile trop vite !
Il lève les yeux au ciel. Faut te faire soigner, il me dit. Et moi, je me sens plutôt en forme. J’ai mal nulle part. J’ai pas de fièvre, ni rien. Mais évidemment, c’est pas de ça dont il parle. Il me dit que les choses tournent pas rond dans ma tête et qu’il en a vraiment assez. VRAIMENT !

Les psys, il paraît qu’ils réparent les mécanismes déréglés dans la tête des gens. Un peu comme les horlogers. Mais comment sait-on quand quelqu’un est en panne ?

Il en a vraiment assez. J’ai peur de le perdre. J’ai très peur, mais je sais pas comment m’y prendre pour recoller les morceaux. On dirait que chaque détail de ma vie est construit en sucre et me file entre les doigts dès que j’essaye de le saisir. J’ose pas bouger. Je vais tout briser.

Comment on sait quand quelqu’un est en panne ? je lui demande en retenant les sanglots dans ma gorge.
Pleure pas… il fait.
Et il me prend dans ses bras.
Est-ce que c’est ça l’amour ? Ce désir impérieux de colmater les brèches. De ne pas simplement chercher à fuir le navire à la première petite entrée d’eau ?

Je vais aller consulter, je lui dis.
J’aime bien ce mot. Consulter. Ça me fait penser à des oracles, au marc de café qui fait des arabesques au fond d’une tasse, aux entrailles fumantes d’un poulet éventré. Thérapie, c’est moins joli. Ça donne l’impression qu’il y a des choses à guérir. Que la folie est une maladie.

Je suis pas malade. Juste un peu déréglée. Je vais aller voir un horloger de la pensée. Je lui demanderai si ma tête va recommencer à tourner rond, avec des idées propres dedans, comme le tambour d’une machine à laver…

04-06-2010 [HAUT]

Dix huit mois à tuer avant moi

Je suis allé retirer un formulaire de demande de suicide. Je l’ai complété avec application, au stylo noir, en appuyant bien fort pour que tous les exemplaires soient parfaitement lisibles [...]

Un petit texte qui rigole en habit noir, à lire en entier chez les 807 saison 2 !
 

Hank !

"Most poets can't even write a simple line like the dog walked down the street"

 

"This is not true, this is not real, that's not good"

03-06-2010 [HAUT]

Cherche main-d’oeuvre pour

bâtir un univers
à l’intérieur du monde
coudre une petite vérité
au dos de chaque mensonge
chercher l’amour
sous les décombres

02-06-2010 [HAUT]

Tout peut s’arrêter comme ça

Parfois je ne veux pas
voir les gens qui meurent
je ne suis plus assez vaste pour
héberger tous ces fantômes
il faudrait les laisser s’envoler
dans le vert tendre du printemps
se poser sur la chevelure
des grands arbres qui poussent là
malgré la noirceur grasse du goudron
et l’entrelacs serré des rues autour
quand le chant des oiseaux
donne un air presque joyeux
à la marche cadencée
des passants pressés
pressés d’avancer vers
pressés d’oublier que
tout peut s’arrêter comme ça
et parfois je ne veux pas
voir les gens qui meurent
alors je regarde les vivants
courir sous ma fenêtre
avec la vague impression
qu’il me faudrait sans doute
choisir mon camp

Mauvaise Graine n°67

Le n° 67 de la revue Mauvaise Graine est en ligne !

Presque 200 pages de poèmes, de nouvelles, en français et en anglais avec aussi de superbes illustrations...


Cliquer sur l'image pour aller découvrir tout ça.

01-06-2010 [HAUT]

La fille emprisonnée dans la fille

Elle se demande s’il existe une méthode sans douleur pour annoncer à ses parents qu’elle est une fille qui aime les filles. Faudrait qu’elle arrive à trouver des mots qui posent en douceur les écorchures. Glisser le tranchant des lames dans du papier de soie.
Elle sait que ce ne sera pas facile. Qu’ils vont sans doute pleurer. Sur elle et ce qu’elle n’est pas. Sur eux et ce qu’ils n’auront jamais. Ils vont se soucier du qu’en-dira-t-on. Certainement. Sans oser l’avouer.
Et elle pense, peut-être que je devrais juste garder tout ça au fond de moi. Essayer de ne plus être ce que je suis. Aimer les garçons. Me forcer un peu.
Mais dès qu’elle imagine leur bouche, leur sexe, la fille en elle qui aime les filles tremble et hurle. Lui griffe les parois et la supplie de ne pas l’emprisonner. Je ne suis pas un monstre, elle lui dit. Je ne suis pas un monstre, elle se répète. JE NE SUIS PAS UN MONSTRE !

31-05-2010 [HAUT]

Les mines outragées

Mon texte illustré par Le Boulatin : une expérience à renouveler absolument... Textes et images (en grand) à voir sur l'excellent FPDV

30-05-2010 [HAUT]

Un tube de dentifrice vide

Il lui avait dit de persévérer
qu’elle pouvait y arriver
il fallait juste qu’elle
donne le meilleur d’elle-même
alors elle essayait
de distiller le meilleur
d’elle-même
et c’était un peu comme
presser désespérément
sur un tube de dentifrice vide
songeait-elle
peut-être bien qu’il n’y avait pas
de meilleur en elle
peut-être qu’il n’y avait que
du pire
 

Pour une charogne en papier

La revue Charogne est en étude pour une version papier en collaboration avec les éditions Asphodèle et elle recherche des souscripteurs. Pour en savoir plus, voir directement sur le blog de la Charogne...

28-05-2010 [HAUT]

Ne pas faire pleurer maman

La moiteur aigre des aisselles. Je transpire. Putain, qu’est-ce que je transpire. De vastes auréoles. Ma chemise repassée à la va-vite. Le col qui serre. Je me demande s’il a remarqué. S’il a senti. L’odeur du stress. De l’angoisse. De ces putains de douleurs inexpliquées qui me vrillent les pensées.
Le gars du pôle emploi me regarde. Avec son sourire sous cellophane comme un bout de viande avarié. A moins que ce ne soit un employeur. A moins que ce ne soit le médecin. Je ne sais plus.
Docteur, j’ai des hallucinations, je me sens un peu perdu. Et puis je transpire beaucoup.
Ca ressemble à ces moments de flottement. [lire la suite]

27-05-2010 [HAUT]

L’aiguille et la botte de foin

Ce serait comme
essayer de compter tous
ces putains de brins d’herbe
ouais, tu vois
chercher à te comprendre
ce serait exactement
aussi simple que
vouloir compter un par un
chaque brin d’herbe
de ce foutu champ
il dit
avec l’air un peu en colère
un peu découragé aussi
et elle
elle se contente de
hausser les épaules
avant de murmurer
innocemment
c’est pas de l’herbe
c’est du blé

26-05-2010 [HAUT]

Cent soixante trois fois

J’ai retrouvé un vieux cahier d’histoire-géo datant de ma sixième. Entre la leçon du 25 janvier et celle du 28 j’avais écrit Julien. Cent soixante trois fois. Une page entière est couverte de ce prénom. Et je ne me souviens même plus à qui il appartient. Pourtant un jour j’ai bien dû être amoureuse de ce garçon…


La veine bleue qui palpite au creux du bras

A lire, avec d'autres catharsis, dans le n°5 de FPDV

25-05-2010 [HAUT]

Livraison de bonheur

Etes-vous heureux ? - Photo Marlene T.

24-05-2010 [HAUT]

Cow-boy

Il veut des bottes de cow-boy
et aussi un chapeau
peu importe qu’entre ces deux
extrémités
il soit vraiment un homme
ou pas
au moins comme ça
il en aura l’air

23-05-2010 [HAUT]

Ni chaud ni froid

Quand on parle d’amour
les mots restent blancs
un peu comme si on discutait
de la pluie et
du beau temps
et c’est pas qu’on s’en moque
de l’amour
c’est juste qu’on sait mieux
s’y prendre pour parler des choses
qui ne nous font
ni chaud
ni froid

22-05-2010 [HAUT]

Eternité

Et lorsque mon âme coulera
dans le lit des rivières
il poussera
peut-être des fleurs
peut-être un arbre
peut être un semblant d’éternité
dans la poussière des souvenirs de moi

21-04-2010 [HAUT]

Clark Kent

Il y a toujours un moment dans l’alcool où tu deviens superman. T’es un héros. T’es beau. Puissant. Invincible. Tout le monde t’aime. L’univers est à tes pieds.

Et puis, tu trébuches sur une cannette vide et tu te retrouves à gerber ta kryptonite dans une cuvette en émail. Tu as mal aux cheveux. Les guiboles en coton. T’es redevenu un putain de Clark Kent avant d’avoir sauvé le monde.

Tu sais bien que t’as les atterrissages difficiles, pourtant tu peux pas t’en empêcher, faut que tu remettes ça. La picole. Le frémissement au bas de l’échine. La recherche de l’instant magique. L’envolée sauvage.

Mais la toute-puissance est une garce toujours plus difficile à atteindre. Toujours plus loin. Toujours plus sombre. Planquée profond dans le cul des bouteilles vite torchées.

Y a toujours un moment dans l’alcool où elle ne suffit plus. T’as noyé superman. Tu ne parviens plus à enfiler le costume. Tu restes accoudé là avec tes lunettes moches et ta gueule de Clark Kent imbibé.

20-05-2010 [HAUT]

Ne savoir nager que dans les gouttes de pluie

Être aussi stupide qu'une
baleine de parapluie
partie en vacances
au bord de la mer en
oubliant son masque
et son tuba

19-05-2010 [HAUT]

C’est ainsi, on n’y peut rien

Les fantômes de nos secrets
les mieux enterrés finissent
toujours par pointer leur sale
petite gueule de macchabée

18-05-2010 [HAUT]

Before sunrise

On a chacun son aube
chacun sa nuit
qui se taille à la sauvette
avec sa cargaison de rêves
quand le jour soulève la paupière
de nos quotidiens engourdis

Sunrise - Photo Marlene T.

17-05-2010 [HAUT]

Untitled #2

J’habite en banlieue du temps
là où les horloges n’ont pas
besoin d’aiguilles pour
tricoter les heures

16-05-2010 [HAUT]

L’angoisse numéro 4 vient de paraître.
 

L’angoisse vaut mieux que deux tu l’auras !

150 pages –
de textes remplis de sperme, de cadavres, de lumière, de mouches à merde et de fleurs des bois,
d’images qui sentent la vinasse, le vieux pied, la viande moite et le verre chaud,
de musique et de vidéo qui pissent dans les oreilles, chient dans les ventres, compriment les cœurs et font rire les entrailles –

tout ça à télécharger ici :
http://www.revueangoisse.blogspot.com

C’est gratuit, c’est maintenant, c’est la crème de la crème, le dessus du panier, les enfants cannibales d’un siècle qui a porté au pinacle Christine Angot, Michel Sardou et Roland Magdane.
Ont participé à ce numéro :

DASLOOK / MORPHEE / ANNE VANDERLINDEN / NICOLAS BRULEBOIS / SARA CHELOU / NICOLAS FLEUROT / DAVID SPAILIER / JACQUES CAUDA / ERREUR / BENJAMIN MONTI / MERYL MARCHETTI / FLORIAN TOMASINI / WOOD / RONAN ROCHER / MATHIAS RICHARD / MAMADOU LOVE / JOEL MAS / MARLENE TISSOT / CORINNE LAGORD / GILLES LAFFAY / CAMILLE PHILIBERT / THIERRY THEOLIER / VINCENT VUONG / PAUL SUNDERLAND / ANNE TRANCHAND / REMO / DAVE 2000 / PHILIPPE DUPRET / GAIIHIM GLOBULGOENE / DAVID LEBLANC / LAURENT DUPUIS / THOMAS VINAU / EMILIE ALENDA / VINCENT PONS / SOOMIZ / JAURIS VALMERT / FRED GEVART / OLIVIER ALLEMANE / CHRISTOPHE SIEBERT

Avec en bonus :

L’inflément ! Un édifiant témoignage du festival de la couille organisé par Boris Crack et illustré par les bites de Samuel Tarin

15-05-2010 [HAUT]

Des mines outragées

Ça regarde passer la fille et ça se colle des mines outragées en travers des sourcils. Ça soupire. Ça lève les yeux au ciel. Ça serait ma fille, elle serait pas dehors dans cette tenue ! Ça ricane aigre. Ça insinue des horreurs. Faut pas que ça s’étonne de se faire agresser si ça montre son cul. Ça juge. Ça condamne. Ça oublie que c’est passé par là aussi.
On devient pas femme du jour au lendemain.
On tâtonne. On s’exerce.
On déploie ses ailes un peu trop fort, parfois.
Ça regarde passer la fille et ça planque son amertume sous les bonnes moeurs. Ça planque ses seins arides et sa peau flétrie. Ça camouffle ses varices et ses rides. Ça donnerait cher pour remonter le temps, mais ça ne l’avouerait pour rien au monde. Alors ça regarde passer la fille et ça se colle des mines outragées en travers des sourcils…

14-05-2010 [HAUT]

Me cacher sous les fleurs de la tapisserie

Je ne sais pas trop pourquoi je mens
et ce ne sont pas réellement
des mensonges mais plutôt des choses
que je passe sous silence
la peau d'un moi intérieur
qui refuse de se dénuder
alors je me tais
je me fais toute petite
planquée sous les fleurs de la tapisserie
et quand on m’oublie enfin tout à fait
j’invente des histoires pour
mettre le feu à la paille des jours
pour faire mon intéressante dans la
solitude des pages à carreaux

13-05-2010 [HAUT]

Chaque jour la même personne

Il y en a qui se noient les fins de semaines dans la mer ambrée des bourbons. D’autres qui exsudent jusqu’à leur dernière pensée dans la moiteur des salles de sport. Certains s’envoient de la poudre aux yeux, dans le nez, dans les veines. Se racontent des histoires, se vautrent dans le mensonge, multiplient à l’infinie les parades amoureuses, les délits, les violences. Et sans doute qu’on a tous nos sombres petits secrets pour échapper à l’étouffante obligation de devoir être chaque jour la même personne…

12-05-2010 [HAUT]

Bancal
(Aujourd'hui, ça se passe par là : Les 807 saison 2)

Tout le monde pleure.
Mais moi, je peux pas. Pas tout de suite.
Parce qu’il y a ce souvenir que me déborde le cœur en presque sourire. Malgré tout. Malgré toi dans cette boîte et l’hiver qui veut pas que printemps enfile sa robe à fleurs. Il y a une fourmilière pleine de vie, juste là, à côté du grand trou dans lequel tu vas dormir toujours. Il y a ma mémoire qui crache comme une fontaine. [Lire la suite sur Les 807]

11-05-2010 [HAUT]
 

Chos'e n° 4

Un nouveau numéro de cette belle revue d’art et de poésie vient de paraître !

Pas moins de 194 pages et 46 auteurs pour en prendre plein les mirettes...

Cliquer sur l'image pour aller voir
 

Dix litres de rêves

Ca tiendrait dans un sac
en plastique, ses rêves
ou ce qu’il en reste
ceux qui n’ont pas encore
été rongés par l’acide des jours
ceux qu'elle a cueillis dans les
allées du supermarché
la semaine dernière avec un bel
emballage autour et un bon
de réduction pour
la prochaine fois
ça tiendrait dans un sac
en plastique, ses rêves
ou dans un sac poubelle dix litres
avec un lien coulissant
tellement pratique
pour éviter les
fuites
tellement pratique
pour mieux les
étrangler
 

10-05-2010 [HAUT]

Se tirer pour de bon

La vérité c’est qu’on
vit et on
crève dans
cet espace étriqué
quelques kilomètres carrés
sans déborder de la case
qui nous est attribuée
on travaille avec
on se marie avec
on devient ami avec
des gens qui nous ressemblent
et on se fait croire
parfois
qu’on est libre de s’échapper d’ici
on prend l’avion pour très loin
et puis on revient
à la fin des vacances
on réintègre nos parcelles
de terrain très très vague
et on se persuade que si on le voulait
on pourrait se tirer d’ici pour de bon
peut-être

08-05-2010 [HAUT]

Idée fumeuse n° 1

Inventer un fer à repasser le temps
pour effacer les faux plis qu’il
dessine sur ma peau

Et puis aussi (à lire ailleurs):

07-05-2010 [HAUT]

Le jour ou elle s'est transformée
en sirène à lunettes

Photo Marlene T.

Elle avait décidé qu’elle
préférait nager que marcher
et que sous ce grand ciel bleu
le monde ressemblait plus à
une piscine qu’à autre chose

06-05-2010 [HAUT]

Parfois

Parfois
je me parle à moi-même
comme si j’étais une autre
parfois
j’ai l’impression que je passe
ma vie à m’inventer des vies
parfois
j’ai juste envie d’une
gaufre à la chantilly
parfois
les choses sont simples
mais pas si souvent que ça

05-05-2010 [HAUT]

Celui qui ne comprenait pas

Il y a les jeunes qui
n’aiment pas les vieux
et les vieux qui
ne supportent pas les jeunes
lui, il n’est ni vieux ni jeune
il ne comprend pas pourquoi
les gens, souvent
ont peur de ce qu’ils
ne sont plus
ou méprisent ce qu’ils
finiront par devenir

04-05-2010 [HAUT]

Celui qui n’avait pas encore de poil au menton

Il sourit au miroir et ça fait
comme un croissant de lune sur
la gueule d’un bonhomme de neige
sous la mousse à raser
c’est lisse comme un galet
mais aujourd’hui il a décidé
que c’était un bon jour pour
essayer de devenir un homme

03-05-2010 [HAUT]

Celui qui n’avait pas le pied marin

Il la regarde marcher
son corps de sirène
sa robe qui se gonfle
dans le vent comme
la voile d’un bateau et
il a peur soudain
qu’un jour elle décide
de prendre le large
 

02-05-2010 [HAUT]

De l’âge des jours aux larmes du ciel

On dirait bien
que demain sera
un jour plus vieux

01-05-2010 [HAUT]

Celui qui essayait d’être un homme comme les autres

Un de ces quatre matins
il le sait bien
il chamboulera l’ordre établi
il punaisera la lune en haut d’un building
pêchera des sourires dans une rivière orange pulpeuse
il fera sonner son réveil à trente-deux heures soixante-six
pour observer la pluie de rêves filants
il picorera l’amour dans la gorge des oiseaux
boira l’été indien sans paille
scalpera les rayons du soleil
il ira nu arpenter les rues et
redonnera vie aux chewing-gums écrasés
en leur faisant, peut-être bien, du bouche-à-bouche
et puis un soir il épousera une colombe en robe d’été
à la lueur d’une catastrophe nucléaire
ou boréale, il hésite encore à ce sujet
mais pour l’instant, il doit
se raser
se doucher et
arriver à l’heure au bureau

30-04-2010 [HAUT]

Tueur hagard

Le cul sur le carrelage
je bouquine un polar dans la lueur
du réfrigérateur entrouvert
les fantômes,repus de mes nuits blanches
se sont fait la malle
le jour plante sa lame blafarde
entre les fentes du volet
il va y avoir encore pas mal de temps
à tuer
et toutes ces bières
à descendre

29-04-2010 [HAUT]

Elliott in a white suit

Le type au costume blanc
avec les cheveux sales
avait quelque chose
d’un ange mal déguisé
la beauté fragile d’un
papillon aux ailes froissées
perdu dans la tourmente
d'un jour de grosse pluie

 

Le 59ème numéro du Microbe est bouclé !

Au sommaire :
N
icolas Brulebois
T
héophile de Giraud
c
o errante
C
hristophe Esnault
J
ason Heroux
D
iana Magallón
C
armelo Marchetta
L
ouis Mathoux
J
ean-Baptiste Pedini
T
hierry Roquet
G
uillaume Siaudeau
A
ndré Stas
M
arlène Tissot
P
hilippe Vidal
T
homas Vinau
Illustrations : Piet
Linken
Les abonnés le recevront début mai.
Les autres ne recevront rien.
Pour tous renseignements, contactez
Éric Dejaeger

28-04-2010 [HAUT]

Le patchwork des instants mal cousus

Ce jour pourrait bien être
le dernier de la rangée
celui d’avant les fantômes
et ça ne changerait rien à
sa saveur âpre et douce
il conserverait, en vrac
les non-sens
les évidences
la lame de soleil qui éventre un nuage
le patchwork des instants mal cousus
enroulé autour de nos épaules
et les heures s’écossant
avec cette immuable
régularité

27-04-2010 [HAUT]

Nevermind

Il a décidé de cultiver la bonne humeur
de bouffer la joie par la racine
d’arrêter de vouloir refaire le monde
de s’exiler sur une autre planète
être un peu comme un nouveau petit prince
version 21th century
qui casserait pas les couilles avec
son mouton, sa rose et ses caprices à la con
il a décidé de sourire
pas avec ses dents, non
sourire en dedans
et faire des bras d’honneur à tous ceux
qui crachent dans la soupe au lieu de la bouffer
à tous ceux qui prennent la pose
qui se donnent des airs
qui jouent aux petits malins en prétendant que
le bonheur n’existe pas

26-04-2010 [HAUT]

Rien que des mots

Tout ça c’est rien que des mots, maman
de la graine à faire pousser les histoires
et s’il y a comme une odeur de merde
c’est parce la vie m’a accueillie
en me foutant le nez
dedans

25-04-2010 [HAUT]

Cacher les mains qui tremblent

Tes paroles claquent comme un grand drap blanc étendu en plein vent
gifle du tissu rêche sur la peau fragile de ma lâcheté
ne pas flancher
planquer les larmes et la faiblesse
planquer l’envie de dire d’accord, tu as raison
juste pour que tout se taise enfin
ne pas refuser le combat
une fois de plus

24-04-2010 [HAUT]

Juste là

Regarder là, juste là
les pissenlits qui font comme
des petits soleils émiettés dans le jardin
le cerisier dans sa robe de mariée
et peut-être même que le ciel pourra
nous caresser de sa paupière bleue, encore un peu
regarder là, pas plus loin que ça
pas plus loin que le bout de son nez
ne pas chercher à savoir
ne plus essayer de comprendre
ne surtout pas se pencher
au-dessus du puits sombre
des souvenirs

23-04-2010 [HAUT]

Superfétatoire

C’est pas comme si tu avais une multinationale
à faire tourner ou bien que tu préparais
un nouveau vaccin contre la prochaine grippe
c’est pas comme si tu travaillais sur
quelque chose d’important
bordel, c’est pas comme si tu écrivais
une histoire à succès
alors occupe donc tes mains à
des tâches vraiment utiles
comme étendre la lessive
ou préparer le repas

22-04-2010 [HAUT]

Comme dans une salle de classe

Elle fait taire son cœur. Ta gueule, elle dit !
Est-ce qu’on pourrait obtenir le silence, une bonne fois pour toutes?
Comme dans une salle de classe, son cœur.
Seuls persistent les tics et les tacs réglementaires. Oreillette et ventricule, bras dessus, bras dessous. À claquer du talon. À mater celui qui voudrait faire le malin. Faut clouer le bec aux sentiments. Les humilier, les écraser, les EMPRISONNER. Silence, bordel !
Les tics et les tacs réglementaires. Chuuuuut.
Maintenir les émotions dans leur petite léthargie confortable. Le cœur est un organe vital. Point. Tout ce qu’il lui faut c’est un peu de discipline. Point. Comme dans une salle de classe. Et au dernier rang, affalé contre le radiateur, l’amour avec sa gueule de cancre, qui fait semblant de dormir en fomentant sa prochaine connerie...

(pour FPDV n°4 - Formule Polyvalente à Dilution Variable)

17-04-2010 [HAUT]

On fait comme si elle s’appelait Jennyfer

Un autre extrait de "Alter Populo" un truc que je sais toujours pas ce que c'est. Mais ça continue de se construire à coup de pelle, là-dedans...

>> Clique par ici pour aller le lire là-bas


Ce qu’il me reste

Quelques vieux fantômes de rêves
coincés au fond des poches
de la monnaie de singe
pas mal de faux jetons
des paroles en l’air
et une pipe
pas encore
cassée

16-04-2010 [HAUT]

End of the story

Ça ne pourra pas durer éternellement tout ce désordre. Plus je camoufle et plus ça s’épaissit. La bouche pleine de poussière. Des mains en plâtre. Les pieds vissés à un ici et maintenant vérolé. Les araignées qui grattent au plafond. Leurs toiles tissées mailles serrées de filets. Asphyxier les rêves argentés comme des petits poissons pris au piège. Des rêves prêts à cuire. Des rêves, en fritures. Croustillants. Entre les dents. Mastiqués, avalés, digérés, évacués. Tirer la chasse sur les rêves. Dormir blanc. Dormir à sec. Se réveiller rigide, friable. Presque en miettes. Ne plus se réveiller. C’est ça, l’idée ! Il faut éteindre la lumière. Fermer les yeux à double tour. Ne laisser deviner à personne ce qui se trame derrière le rideau des paupières. Jouer son rôle à la perfection. Jusqu’à la dernière révérence.

15-04-2010

Poudre d’escarpin

Elle s’en va,
l’aiguille de ses talons
s’enfonce profond dans
la terre molle et ça fait
un peu comme si
c’était mon cœur
qu’elle plantait là
sur la pointe aiguisée
de son piédestal

14-04-2010

Chevaucher les rêves

Même au galop
les nuits amènent
rarement plus loin
que les lendemains


Juste une odeur de frite, de parfum et de sueur

Extrait de "Alter Populo" un truc que je sais pas encore vraiment ce que c'est. Mais ça se construit à coup de pelle, là-dedans...

>> Clique par ici pour aller le lire
là-bas

13-04-2010

Fucked up

Mettre des espaces entre les mots
pour pas qu’ils se touchent, se caressent
pour pas qu'ils baisent et que les
histoires commencent à ressembler
à de gigantesques partouses
Mettre des espaces entre les mots
pour éviter qu’ils se griffent
se bousculent, pour pas que les phrases
prennent des allures d’émeute
Mettre des espaces entre les mots
jusqu’à ce qu’ils ne sachent plus
comment faire pour s’aimer
Laisser l’ataraxie tuer
la poésie

12-04-2010

That day

Photo Marlene T.

Il y a des jours à marquer d'une pierre blanche
et d'autres ou même trois ne suffiraient pas

11-04-2010

Copeaux

Non, je ne pleure pas
ce sont juste des copeaux de
toi coincés sous mes paupières

10-04-2010

Hier pourtant tout semblait parfaitement normal

[Extrait] Mange-moi. Bois moi. Le goût de toi est toujours infusé dans mon thé. Avec un peu de cyanure, je crois.[Lire le texte ici]
 

Hurlements

J’ai les nuits efflanquées
comme des loups affamés
prêts à te dévorer

09-04-2010

Charogne !

Voici le premier numéro de Charogne. Charogne est un magazine en ligne. De la poésie, des textes, des carcasses et des plumes.


 

Au sommaire de ce premier opus :

Oceane Le Tarnec
Pascal Pratz
Julien Blaine
Eric Poindron
Thomas Vinau
Eric Dejaeger
Stéphane Prat
Perrine Le Querrec
Thierry Roquet
Antoine Bréa
Dimitri Vazemsky
Guillaume Siaudeau
Graphisme : Magali Planès

Il vous suffit de cliquer sur l'image de la couv' pour atteindre la publication. Charogne sortira irrégulièrement, vous pouvez proposer vos textes à : charogne.magazine@gmail.com

G.S

http://www.charogne-magazine.blogspot.com/

09-04-2010

Un oiseau mort

Est-ce que tu sais seulement ce que c’est
l’amour ?
parce que moi, je n’en ai aucune idée
y’a juste ces violentes attaques nucléaires
dans ma cage thoracique comme une
guerre qui ne connaîtrait jamais
de vainqueur
des bombes emprisonnées
un oiseau mort
et toi avec ton air de soldat
avec ton air de sale type
tu veux me faire croire quoi ?
la vérité c’est que tu ne sais pas mieux
que moi quel goût ça a
l’amour
toi et moi on est juste bon à
planter nos dents dans nos chairs à vif
tout juste bon à se faire du mal
je veux pas te faire
du mal

08-04-2010

4 x 4

Quand la vie prend sa grosse bagnole
Pour nous rouler sur la gueule
On sait qu’on aura beau rafistoler
tenter de recoller les morceaux
il restera toujours l’empreinte des
roues sur nos carcasses brisées

08-04-2010

N’habite plus à l’adresse indiquée

Des gens posent un gâteau devant moi. Il y a plein de bougies dessus. On me demande de les souffler. Aller mamie, souffle ! Je souffle. Mais il y a tellement de bougies. Les gens me regardent. Ils sourient. Ils ont l’air triste. Je souffle encore, deux ou trois fois. Pour éteindre toutes les bougies. Les gens applaudissent. Ils se mettent à chanter. Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, mamie. Ce doit être mon anniversaire. Je ne sais pas quel âge j’ai. Je n’arrive pas à compter les bougies. Il y en a trop. Et puis les gens ne font que de m’interrompre. On me tend des boites avec des rubans autour. Ouvre tes cadeaux mamie, ils disent. Ils sourient. Ils ont l’air triste. J’ouvrirai les paquets après. Faut d’abord que j’arrive à compter les bougies. Laisse les bougies mamie ! ils disent. Mais je fais mine de pas entendre. Je compte. Je m'y perds. Je me demande qui sont ces gens.

07-04-2010

Wine bleeding

Quand je le vois
saigner à blanc
tous ces litrons de
rouge, je me dis
aller quoi !
c’est pas un drame
c’est pas comme
s’il avait tué des gens
et même l’amour
au fond
n’est pas encore
tout à fait
mort

Terrain très très vague

Ta bouche sur le goulot
la bouteille qui voyage de
ta main à ma main
s’effleurer
à peine
ma bouche sur le goulot
de la bouteille
recommencer
dans l’autre sens
encore
encore
encore
même quand on n’a
plus soif
et c'est un peu comme
un secret d'enfant
stupide et enivrant
un peu comme
arroser le destin et
voir pousser des fleurs
sauvages pleines d'épines
sur le terrain très très vague
de nos vies presque
arides
 

06-04-2010

Putain de piscine

Tout ça c’est à cause de la piscine, il me dit. Putain de piscine ! Avant, j’avais du pognon, tu sais. J’ai pas toujours été clodo. J’ai pas toujours pué des pieds. Avant j’avais une grosse baraque. J’avais une femme superbe. Et puis un fils. J’avais du bonheur plein les fouilles et j’étais même pas foutu de m’en rendre compte…

Il faisait tellement chaud cet été-là. Tu te souviens ? Putain de piscine ! Moi, je me disais que ce serait une bonne idée. Pouvoir piquer une tête le soir à la fraîche. Un beau carré bleu dans le jardin. Avec une margelle en pierre claire. Mais je pouvais pas deviner, hein !? Comment j’aurais pu prévoir que le gosse allait se noyer ?

Elle a dit que c’était de ma faute, que j’étais jamais là, que j’aurais dû lui apprendre à nager, que c’était mon rôle de père.
C’est ma femme qui l’a trouvé. Elle m’a appelé au bureau. Complètement paniquée. Faut que tu rentres, vite, tout de suite ! Oh mon dieu c’est pas possible ! Qu’est-ce qu’on va faire ? Rentre vite, je t'en supplie !

Quand je suis arrivé, il flottait, immobile. Dérivant doucement, comme une bouée oubliée. Personne n’est capable de supporter un truc pareil, mec. Tu vois ton môme dans l’eau, bras écartés, face vers le fond, et tout ce que tu penses c’est « il est en train de compter les secondes, il essaye de battre le record mondial d’apnée ». Et tu persistes à penser ça aussi fort que possible parce que tu refuses de comprendre qu’il est mort.

Quelques semaines après le drame, au milieu de la nuit, ma femme est venue se blottir contre moi. Tu dors, elle a demandé ? Non, j’ai fait. Alors on a parlé un peu de tout ça. Elle était très calme. Elle m’a dit qu’elle était désolée de m’avoir balancé toutes ces méchancetés. Que c’était pas à moi qu’elle en voulait, mais à elle. Qu’elle avait pas été foutue de le surveiller correctement. Qu’elle pourrait pas vivre avec ça. Je l’ai consolée comme j’ai pu. On s’en remettra, on a pas le choix, je lui ai dit. Et peut-être bien que j’y croyais, sur le moment.

Elle s’est flinguée deux jours plus tard.
Et moi, tu vois, je sais même pas si j’aurais un jour les couilles d’en faire autant…

Putain de piscine, je lui dis en hochant la tête.

Et je lui passe la bouteille avant qu’il se remette à chialer.

(Extrait de "Alter Populo")

05-04-2010

Entraves

Il doit y avoir
quelque chose de
rassurant
dans le manque
de liberté
Parfois
Et sans doute
qu'on se
construit tous
nos propres
petites prisons
va savoir !

04-04-2010

Walk of fame

Jessica joue si bien son
rôle d’épouse parfaite qu’elle
mériterait d’avoir son étoile
sur Sunset Boulevard
mais quand le soir la cueille
au creux du lit, elle voudrait
bien que la lumière rouge
des caméras s’éteigne et
que ce putain de film soit
enfin terminé
pouvoir redevenir
elle-même ou en tout cas
essayer

Le ventre de la bête

C’est comme ça la pauvreté. Ça ressemble à un gros monstre qui te bouffe. Et quand tu crois que t’as touché le fond, que ça pourra pas être pire, tu te rends compte que tu viens à peine d’arriver dans l’estomac de la bête. Qu’après tu vas devoir te taper un dédale d’intestins encombrés. Et pour finir tu seras juste une merde de plus, démoulée à la va-vite, dans le caniveau du monde…

03-04-2010

Se mettre au vert

parfois elle voudrait bien
avoir une tondeuse à idées
noires et que son jardin secret
soit aussi irréprochable que
la pelouse synthétique du
balcon de la voisine
 

Page cent trente quatre

Il y a des traces ici et là
quelques indices, peut-être
la douche brûlante sur ma peau
la petite monnaie qui tinte
au fond d’une poche
les sourires
les rayons du soleil
mais tout ça ne me dit pas
si j’existe vraiment ou si
je suis juste coincée dans
une histoire
où je ne serais qu’un
personnage anonyme
faisant une brève apparition
à la page cent trente quatre

02-04-2010

Amertume ambrée

Cette amitié avait la silhouette
fragile d’un adultère avorté
à se chercher
se trouver
se fuir et s’espérer
noyer les regards enfiévrés
dans un verre de bière fraîche
parler de choses et d’autres
l’air de rien
pour étouffer les battements
d’ailes du désir
retenu
prisonnier
et puis rentrer chacun
chez soi avec
sur les lèvres
un zeste d’amertume
ambrée

Photo Marlene T.

Droit dans les yeux

Tu te demandes
s’il faudrait sauter
des lignes entre tes
pensées pour les aérer
et qu’elles ressemblent
vaguement à un poème

Ou bien s’il ne serait pas plus raisonnable de les rassembler en un petit paragraphe justifié dont pas un mot ne dépasse. Tu cherches comment ponctuer le temps qui passe entre les lignes. Une virgule par ci, un point par là. Ralentir le rythme, reprendre ton souffle. Respecter les espaces.

Faudrait un jour te
décider à faire les
choses convenablement
et puis aussi apprendre
à regarder la vie droit
dans les yeux

01-04-2010

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