Lundi 30 décembre 2013
Vent
d’hiver
Ouvrir la bouche sur du silence
dans ces moments où les mots
ont moins de goût que le vent
souffle
souffle encore
et chasse les nuages de mes yeux
je n’ai pas envie qu’ils pleuvent
souffle
sèche mes orages à l’intérieur
je voudrais mon ventre comme
une plage
tiède, accueillante
ne plus planquer ma peau
ni mes terreurs
savoir devenir ton paysage
sans que tu ne trébuches
sur mes ornières
Dimanche 29 décembre 2013
L'humeur du dimanche : arrondir les angles

Mercredi 25 décembre 2013
Well,
well, well...

Mardi 24 décembre 2013
Disparu
Parler mes mots du dedans, ce serait comme cracher du cambouis, viens
pas y fourrer tes mains ni ton linge propre, ça ferait désordre, je me
tais, je me tais parce que c’est plus propre ainsi, j’écris, mais
j’écris pas à papa, je voulais lui envoyer une carte, une lettre,
quelque chose, n’importe quoi, une fois de plus mais je sais qu’il ne
répondra pas, il ne répond jamais, j’ignore ce qu’il devient, je ne sais
plus quoi lui raconter, je n’ose plus demander de ses nouvelles, je
crois qu’il ne pense pas à moi, et je pourrais essayer au moins, oui,
essayer un peu de m’y faire une bonne fois pour toute, il ne veut pas
plus de moi aujourd’hui qu’il n’en voulait le jour où je suis née, je
crois que maintenant, avec toute cette distance et tout ce silence, il a
réussi enfin à m’effacer de sa vie, pour me consoler, je me dis que
maintenant peut-être il est enfin heureux
de m'avoir disparu
Lundi 23 décembre 2013
Revue Métèque

Un bel
objet mais pas seulement : les pages sont lourdes de fort bonnes choses
! Pour commander la revue,
revuemeteque@gmail.com
Dimanche 22 décembre 2013
L'humeur du dimanche

[Rennes octobre 2013, Photo Marlene T.]
Samedi 21 décembre 2013
Raconter
La
vérité
est une légende
comme une autre
Arachnophilie

[Brocéliande octobre 2013, photo Marlene T.]
Vendredi 20 décembre 2013
Et
puis je tombe
Je ne porte jamais
de talons pour que la distance entre le sol et mes yeux soit toujours la
même. J'ai peur des choses qui changent, de tout ce qui bouleverse. Le
moindre détail peut foutre en l'air tout l'équilibre et la vie se
transforme en un fil trop mince sur lequel je ne sais pas tenir debout.
Jeudi 19 décembre 2013
Salir les fleurs
Je me rappelle, je suis couchée dans un champ de fleurs, je porte une
robe à fleurs. Dans mes cheveux, un serre-tête avec une marguerite en
plastique. Je suis allongée là, presque disparue sous une neige de
pétales colorée. Je me sens bien, avec l’envie de sourire, juste
comme ça, à regarder le ciel et les tiges des fleurs qui me protègent.
Je voudrais ne plus jamais bouger, tout est parfait et puis... et puis il
y a la voix de papa. La voix de papa qui m’appelle. Je ne bouge pas. La
voix de papa qui crie un peu plus fort. La voix de papa qui se met en
colère. La voix de papa que je voudrais ne plus jamais entendre. Je ne
bouge pas. Je ferme les yeux. La voix de papa qui se rapproche. Les pas
de papa qui se rapprochent, ses grands pieds qui écrasent les fleurs,
détruisent tout. Je ne bouge pas. Mes yeux toujours fermés, son ombre
noire au-dessus de mes paupières. Il est là. Je ne bouge pas. Il est en
colère, je crois. Puis je le sens qui s’allonge à côté de moi, comme le
soir dans mon lit. Alors je me redresse d’un coup et je me sauve en
courant. Je ne veux pas, je ne veux pas qu’il salisse les fleurs. Je me
sauve en courant et je l’entends qui crie « Reviens ici, j’ai pas envie
de jouer à cache-cache ! ». Je sais à quoi il a envie de jouer. Je le sais.
[extrait "Les voix"]
Mercredi 18 décembre 2013
Fantôme
C’était les cachets probablement, ou bien la fièvre. Impossible de
trouver le sommeil. Impossible de fermer les yeux. Impossible de
ralentir les images qui se bousculaient dans ma tête. Impossible de me
concentrer. Impossible de sentir battre mon cœur. J’ai commencé à
paniquer. Mon cœur ne battait plus. La main plaquée sur la poitrine, au
aguets. Rien. Absolument rien. Alors j’ai essayé de trouver mon pouls.
Intérieur du poignet. Avec l’index, pas avec le pouce, disait le prof de
gym au lycée. Avec l’index : rien. Avec le pouce : pas mieux. C’était
terrifiant. Alors je t’ai réveillé, je pleurais et tu ne comprenais pas
ce que je racontais, tu voulais juste dormir et tu m’as dit « T’inquiète
pas, si tu étais morte, tu ne le saurais pas ! ». Tu croyais sans doute
me rassurer. Tu t’es remis à ronfler et ça m’a contrariée. J’ai pensé
que tu ferais moins le malin en te réveillant demain matin à côté de mon
fantôme.
Lundi 16 décembre 2013
Revue L'Ampoule n°10
 |
Au sommaire de ce nouveau numéro, 108 pages,
14 nouvelles et articles, dont un cadavre exquis déjanté à 10
auteurs et le nouveau chapitre du feuilleton illustré les
Collines de Hurlefou, 12 illustrations et photographies, le
tout consacré aux doubles & aux miroirs.
Pour lire, télécharger le numéro au format
PDF
ici ou lire via
Calaméo |
Dimanche 15 décembre 2013
L'humeur du dimanche

Samedi 14 décembre 2013
La
géographie de nos culs
[...]
les hommes à droite
les femmes à gauche
la faïence propre et blanche
une cloison d’agglo nous sépare
j’entends Carole qui pisse
les chasses se tirent
on aimerait en faire autant
mais on se contente de retourner
vers l’open-space
notre bureau en L
entre deux paravents
sous les néons
poser nos corps las sur
les chaises usées qui connaissent
la géographie de nos culs
mieux que personne
[...]
[Extrait de "Les choses ordinaires" un long poème
de 24h paru presque sous le manteau aux
éditions
KMA]
Vendredi 13 décembre 2013
This
is the end
Je ne
suis jamais allée
aux funérailles de qui que ce soit
je crois que je ne voulais pas
voir ce moment où
la personne disparait
sous la terre
ou dans les flammes
A la mort de mamie
papa m'a dit
je n'ai pas reconnu ma mère
on dirait qu'à la morgue
ils transforment les cadavres
en quelqu'un d'autre
en quelqu'un qui a l'air vivant
comme si les apparences
étaient tout ce qui comptait
J'ai pensé au musée Grévin
où je n'ai pas plus mis les pieds
que dans les cimetières
et je me suis demandée si
les morts s’amusaient
de cette petite comédie
saugrenue
Jeudi 12 décembre 2013
Les
fleurs de la tapisserie

[Cancale Octobre 2013, la vieille maison familiale, Photo
Marlene T.]
Source
J'interromps ma
lecture parce que les mots d'un autre font jaillir mes mots à moi, là,
au bord de la bouche ou au bout de mes doigts, je déborde et le papier
peine à éponger, pourtant, à bien y regarder, les mots de l'autre n'ont
pas grand chose en commun avec les miens, ni dans l'idée ni dans la
disposition et je me demande quelle connexion a eu lieu, à quel endroit,
de quelle manière, pour que la résurgence soit si soudaine, si
puissante.
Mercredi 11 décembre 2013
J’emmerde Hamlet
Etre ou ne pas être n’est pas la question
se la poser c’est avoir déjà
la réponse
J’emmerde se sens de rotation
Et puis il y a les faibles qui parfois
soutiennent les forts et pour autant
le monde ne se met pas à tourner à l’envers
Breaking news

[Rennes octobre 2013, photo Marlene T.]
Mardi 10 décembre 2013
J’emmerde le monde aqua-bonisme
Mettre les poissons dans un bocal
et les laisser me regarder
tourner en rond
J’emmerde le manque
Certaines personnes
sont encombrantes
jusque dans leur absence
[Quelques "J'emmerde..." pour la route, en
attendant l'intégrale]
Dimanche 8 décembre 2013
L'humeur du dimanche : Let's pretend !

Vendredi 6 décembre 2013
Sous
les fleurs de la tapisserie

Cher Toi, si comme
moi tu as tendance à faire tapisserie, malgré toi, malgré tout, il y
aura au moins un petit bouquin pour te tenir compagnie pendant que
d'autres festoieront dans leur bel habit à paillettes, transformeront le
salon en dance-floor et referont la déco en mitraillant hardiment du
cotillon déniché à superU. Have fun !
Sous les fleurs de la tapisserie (avec de superbes illustrations
de Somotho)
ISBN 978-2-9543831-2-5 Prix : 10 €
Pour commander le recueil auprès de l'association
Le Citron Gare, contact :
p.maltaverne@orange.fr
Et en guise d'apéritif, un petit extrait :
Script
Les jours où je ne
comprends plus rien
je me dis
peut-être qu'on vit tous
dans une série télé
peut-être que j'ai juste
oublié d'apprendre
mes répliques
peut-être que je suis
restée coincée
dans la coupure pub
Mercredi 4 décembre 2013
Lettre anonyme
Ma peau en carton et tes doigts qui n’existent pas – la chaleur engendre
la chaleur – à moins que ce ne soit que l’idée de ta bouche – qui
n’existe pas – n’existe plus – je rêve que je t’embrasse – tes lèvres
poussières mais pourtant aussi rondes qu’autrefois – j’ai les rêves
humide comme ma peau – peau en carton – ondulé, détrempé – des rêves
laids et abimés – et toi qui n’est pas là – ne sera jamais plus jamais
là – alors explique-moi comment faire taire mon désir ? – dans mes yeux
fermés pourtant, tout est possible – même nous autrefois – même toi dans
moi – les paupières comme refuge – et si je les fermais toujours, est-ce
que je te rejoindrai ? – est-ce que la peau n’est que l’enveloppe d’une
lettre anonyme – jusqu’à l’instant où l'on se sent capable – de
prononcer certains mots – de faire certains gestes ?
Mardi 3 décembre 2013
Aspirateur et
coup de couteau
Je préfère les balais. J’ai toujours préféré les balais. Mais chez
Madame, c’est aspirateur et lingette microfibre. Pas d’éponges, ce sont
des nids à bactéries, elle dit. Moi, je réponds oui, sans bruit, avec
juste ma tête qui hoche comme les chiens en plastique sur la plage
arrière des voitures, quand j’étais môme.
Chez madame, je chevauche un aspirateur vorace et beuglard. Je peine
parfois à le faire m’obéir. On dirait qu’il flaire mon amour des balais.
Ses roues coincent, le câble électrique fait des nœuds. J’essaie de
rester patiente. Je pense aux éponges. Elles sont moins susceptibles.
Parfois, je me dis que je suis une éponge. J’absorbe, j’absorbe
tellement de choses. On m’essore rarement. Je n’aspire pas à
grand-chose. J’expire à petit feu. Je fais le ménage chez Madame. Et ce
n’est pas que je ne pourrais rien faire d’autre. Mais l’autre est soumis
au rude marché de l’offre et la demande. Plus de demandes que d’offres
et j’ai horreur de me battre. Alors je fais le ménage. J’ai peu de
concurrence dans le domaine. Et c’est assez pour subvenir à mes petites
exigences vitales.
Je suis passée au Monoprix en rentrant. Monoprix, c’est cher. C’est ce
que j’ai toujours pensé sans jamais y être entrée. J’ai acheté une
banane. De taille relativement imposante. Trente centimes, c’est ce qu’a
dit l’étiquette crachée par la balance. J’ai sorti une pièce de
cinquante centimes. La caissière avait les cheveux gras et les yeux
tristes. Elle ne disait pas un mot, ne croisait le regard de personne.
Un peu comme si elle n’était pas vraiment là. Quand c’est arrivé à mon
tour, elle a levé un peu la tête pour rejeter ses cheveux sales en
arrière. Sur le devant de son cou, à hauteur du col, j’ai vu une longue
cicatrice. Un trait violacé qui traçait toute la largeur de sa gorge. Ça
ressemblait à un chemin dessiné à la lame de couteau. J’ai eu mal, un
peu comme si sa peau devenait la mienne. Ses yeux ne regardaient
toujours personne. Un instant, je me suis demandé si elle était morte
sans le savoir. Sans qu’on le sache non plus. C’était chouette cette
idée de caissière fantôme. Avec un peu de musique, je me serais cru dans
un film. Mais il ne s’est rien passé d’assez bon pour nourrir un
scénario. Je lui ai tendu cinquante centimes, elle m’en a rendu vingt.
Elle devait être parfaitement vivante, finalement. Et moi aussi, sans
doute.
Pigs
[Pink Floyd]
Lundi 2 décembre 2013
Une
histoire de poids
Il a dit,
Allons-nous-en, l’ailleurs est toujours plus beau !
Ouais, un peu comme l’herbe… j’ai rétorqué.
Il a haussé les épaules.
On croit toujours qu’elle est plus verte ailleurs, j’ai insisté.
Il a encore haussé les épaules.
L’ailleurs est partout, il a dit, et moi je veux voir du partout, je
veux m’en aller tout le temps, dévorer la vie et le monde, découvrir, ne
pas me lasser, ne pas attendre de salir les choses.
Je me suis demandé si on cueille mieux les fleurs avec les mains
propres.
Le dessous de mes ongles est noir souvent.
Le dedans de ma tête aussi.
Une seule fois, rien qu’une fois, je voudrais voir la vie avec des yeux
nettoyés de tout ça, les croûtes d’autrefois. Je me demande pourquoi le
doux s’évapore tellement vite. Parce qu’il est plus léger, sans doute.
Il a répété, Allons-nous-en.
Je lui ai demandé s’il connaissait un ailleurs où le poids des choses
était différent.
Dimanche 1er décembre 2013
L'humeur du dimanche

Samedi 30 novembre 2013
Les trois grâces
Voilà, dimanche a remplacé samedi. C’est ainsi. On ne peut rien contre
les jours qui se courent les uns après les autres.
J’aime les villes le dimanche matin. Les rues nues et les vitrines un
peu tristes, comme des femmes coquettes qu’on ne regarderait pas assez.
J’avais dit au revoir et puis merci et puis que non, vraiment, ça
n’avait pas d’importance ces heures à tuer avant l’arrivée de mon train,
parce que j’aime les villes le dimanche matin. Sauf qu’aujourd’hui, en
tournant au coin de la rue, je me retrouve face à un bataillon de short
en lycra et dossards jaunes. Ça dégorge en flots épais. Je suis à contre
courant. A moins que ce ne soit eux ? Non, ce doit être moi, forcément,
considérant que la minorité est toujours supposée avoir tort.
J’ai commencé de sentir l’accélération. A l’intérieur. Mon cœur au pas
de course. La panique. Et tous ces corps lancés au pas de course face à
moi, l’impact de plus en plus difficile à esquiver, comme dans un jeu
cruel. Et qui était aux manettes, bordel ? Qui ? Pas moi, de toute
évidence.
J’ai abandonné la partie, me suis engouffrée dans le premier bistro
venu. Les Trois Grâces, il s’appelait. Une petite table, le ronron des
machines à expresso, le brouhaha paisible des conversations en sourdine.
Une vieille dame qui s’attaquait avec application à ses tartines, son
croissant, son chocolat chaud. J’ai commandé un thé. C’est rassurant, un
thé. Le café l’est moins, je trouve. Trop sombre, trop fort. Le café à
un petit côté tapageur.
Le serveur m’a apporté un Darjeeling en demandant si ça me convenait, si
je préférais autre chose. Il avait un beau visage. Non, c’est autre
chose. De la douceur, peut-être. C’est rassurant la douceur. On s’est
souri. Il a posé le ticket à côté de ma tasse. Le thé était à trois
euros vingt. Je lui ai tendu un billet de cinq. Il a dit trois euros, en
hochant la tête d’un air entendu et m’en a rendu deux. J’allais
protester mais il a fait chut ! en mettant un doigt devant sa bouche. Je
l’ai trouvé touchant. Il s’appelait Julien. C’était écrit sur le ticket.
Garçon : Julien.
Je suis restée là un moment. Protégée par la vitrine, à regarder le trop
plein d’animation des rues. Puis l’heure du train s’est pointée, mine de
rien. J’ai terminé mon thé, refroidi et délicatement âcre. La vieille
dame n’était pas encore arrivée à bout de ses tartines, son croissant,
son chocolat chaud, mais elle s’y attelait avec une application lente et
déterminée. J’ai remis ma veste et fait trois tours avec mon écharpe.
Julien a hoché la tête pour me saluer. Je lui ai dit au revoir. Nos
sourires se parlaient sans doute, mais je ne comprenais pas leur
langage. J’ai hésité à emporter le ticket qui disait : Garçon : Julien.
Je savais que sinon, je risquais d’oublier son prénom. Je savais que lui
aussi, je finirai par l’oublier. Je me demande pourquoi on oublie si
facilement les petites choses douces. Pourquoi on se rappelle tellement
mieux de ce qui fait mal. J’aimerais qu’il existe des lieux, un peu
comme les salles de gym, ou on viendrait s’entrainer ensemble, s’exercer
à ne pas laisser échapper les détails. Ceux qui font chaud dedans.
Vendredi 29 novembre 2013
Garçon : Julien

[Montpellier nov. 2013, Photo Marlene T.]
Mercredi 27 novembre 2013
Les
rêves en plein jour
David pleurniche et
moi je boude. Les adultes disent que c’est le monde à l’envers.
D’habitude, ce sont les enfants qui s’émerveillent de tout. Et là, nous
on s’ennuie comme des imbéciles. Alors qu’eux, les grands, ils savent
qu’ici c’est un peu comme le paradis. Ils trouvent que tout est beau.
Ils ne doivent pas voir les choses comme nous. Et puis, ils passent
tellement de temps à dormir qu’ils rêvent tout le temps. Et même quand
ils sont réveillés, ils rêvent encore. Ils boivent des trucs qui font
venir les rêves en plein jour, avec les yeux ouverts. Après, ils parlent
de choses qui n’existent pas. Et ils voudraient qu’on les croie ? David
sait faire semblant. Mais pas moi.
[« Je suis Wonder Woman » extrait]
Lundi 25 Novembre 2013
La
lumière
Dans la rue, un punk à chien sans chien
me tends sa canette de bière
On partage, si tu veux, il dit
le vent est froid
les gens cavalent tête baissée
et lui, il me regarde, bras tendu
ses doigts sales enroulés
autour du cou d’une kro
et peut-être qu’il cherche, je ne sais pas
un truc comme de la chaleur
une présence
un refuge humain
il a un visage d’enfant
je dirais dix-neuf ans
je pourrais jouer à être sa mère
au moins quelques instants
le rassurer
effacer la crasse collée à sa joue
mais je ne bouge pas
rouillée
coincée
incapable de déplier une aile
pour qu’il vienne s’y blottir
qu’est-ce qui me retient, au juste ?
j’esquisse un sourire poli
décline la bière, le remercie
il me regarde, étonné, fatigué, perdu
son visage d’enfant
et je m’éloigne
je continue simplement d’avancer
vers un avenir aux contours incertains
un paysage flou qui pourrait très bien s’effacer
je me dis qu’on est très doué
pour ce genre de chose :
avancer dans le brouillard
ignorer la lumière quand elle est là
Dimanche 24 novembre 2013
Ce matin, place
de la Comédie
C’est la deuxième fois qu’un Solex déboule dans ma vie aujourd’hui. Le
premier est arrivé sur une photo ancienne, scannée de traviole, qu’on
m’a envoyé par courrier virtuel. Le second dans la bouche de la vieille
dame qui m’a parlé de sa vie tout à l'heure, place de la Comédie.
Charlotte, elle s’appelait.
Quatre vingt six ans, elle avait.
Je ne la reverrai sans doute jamais.
Mais je sais qu’elle est là, quelque part. Que peut-être bientôt elle ne
sera plus. Qu’il me faudra continuer de porter les miettes de ses
souvenirs, les empêcher de s’envoler trop vite. Je sais aussi qu’elle a
eu envie de venir me parler, ce matin au café. Elle m’a raconté sa virée
en Solex dans la vallée du Rhône, avec une amie.
Vingt ans, elles avaient.
Elle m’a dit, les souvenirs, c’est étrange, parfois je me demande si les
choses se sont vraiment passées ou si c’est moi qui invente. Je lui
réponds que les souvenirs, c’est un peu magique, comme une moquette
tellement épaisse qu’on pourrait s’y dissimuler en entier pour éviter
les jours gris. Elle rit, d’un petit rire fragile comme un verre en
cristal ébréché. Elle trouve que c’est une bonne idée de se cacher dans
les souvenirs de temps en temps, surtout quand on vieillit, parce
qu’elle a quatre vingt six ans, elle répète, et à son âge, ce qu’on voit
quand on regarde droit devant, ça fait un peu peur tout de même. Ça
donne envie de faire des détours, de ne pas prendre le chemin le plus
court. Au moins, les Solex, ça n’avançait pas vite, elle dit.
Aujourd’hui, tout le monde va tellement vite. Tout le monde est
tellement pressé. On dirait que les gens ne savent pas vers quoi ils
courent. Ou qu’ils se croient plus forts que la mort.
Jeudi 21 novembre 2013
ZAL

La
Zal c'est après-demain, samedi 24 novembre, à Montpellier. Le
programme complet est
ici.
Et le teaser, c'est là
!
Mardi 19 novembre 2013
Histoires vraies #2
Il faut que les choses soient dehors
hors de moi, de ma peau, de ma tête
mais je ne sais parler, alors j’écris
Parfois, je jardine sans verdure
à faire pousser les rêves
dans mon jardin secret
J’aime avoir les mains sales
le trop propre n’a rien à raconter
semble décapé de toute poussière d’espoir
Il faudrait que je frotte ma langue
contre une autre langue
pour la nettoyer
Ce qui est vrai est plus difficile à raconter
à cause des émotions qu’on ne peut détacher
de la peau du cœur sans tout arracher
Quand je n’écris pas
je fais le ménage chez des gens
mais un peu moins chez moi
Je devrais peut-être me lancer
dans l’élevage de moutons
clandestins sous le lit
Lundi 18 novembre 2013
Imagination
Banquette arrière d'une voiture
perdue dans la campagne
sous des cerisiers nus
elle est dans les bras d'un homme
en pensant à un autre
et ce n'est pas de l'insatisfaction
plutôt le symptôme évident
d'une imagination mal apprivoisée
Dimanche 17 novembre 2013
L'humeur du dimanche : Se sentir à l'étroit

[Alice in Wonderland]
Samedi 16 novembre 2013
Les
moi passent et ne se ressemblent pas
Je parviens à me souvenir
Sans me souvenir vraiment
Ce sont comme des images animées
Projetées sur un écran blanc
Des choses arrivées à quelqu’un
Qui aurait pu être moi
J’étais un autre corps
Un autre esprit
Quelqu’un avec qui je ne partage
Qu’un ADN
Une gourmette chiffrée
Scientifiquement
Qui ne définie mon identité
Que légalement
Dans ces souvenirs, ce n’est pas moi
Ces souvenirs, je les invente peut-être
Et je me dis que l’avenir
N’est pas différent du passé
Quand je pense au futur
C’est le moi d’aujourd’hui
Que je projette
Dans un décor imaginé
Un moi qui n’existera plus
Dans un film qui ne se réalisera
Probablement jamais
Et tous ces moi chimères
M’encombrent passablement
Mais j’ai peur un peu parfois
De m’en défaire
De me retrouver seule
Avec un moi de l’instant
Qui ne sait ni
D’où il vient
Ni où il va
Vendredi 15 novembre 2013
Un
animal mal domestiqué
derrière le rideau,
le jour filtre avec peine, pas assez de lumière, planquée derrière les
nuages, le vent et la pluie se donnent la main, étonnant qu’ils
s’entendent aussi bien, moi, je n’entends rien à rien, qu’y a-t-il à
comprendre, finalement ? trop tôt pour les questions, ouvrir un bouquin,
des mots des mots des mots, mais mon imagination engourdie n’en tire pas
la moindre image, debout derrière la vitre à regarder le rien du temps,
je souffle de la buée pour flouter le paysage, oublier l’ailleurs,
oublier le jour, rester en veille passive dans mon temple ordinaire
jusqu’à la prochaine nuit, et s’il me restait encore mille et une nuits,
en ferais-je quelque chose de fabuleux ? serais-je capable de décrire
simplement l’envers des choses sans chercher à camoufler l’ourlet mal
cousu ? j’aime les imperfection et le désordre des envers, sans doute
suis-je un animal mal domestiqué
Mercredi 13 novembre 2013
Minuscule
— Au lieu de ça, moi je voulais rétrécir...
— Au lieu de ça ? Quoi, ça ?
— Ça, la vie. Le cycle normal des choses. Grandir, devenir adulte,
droit, responsable, exigent, gravir les échelons, tendre la tête vers le
ciel. Mais le ciel n’a pas de fin, ni de début. C’est plus simple de
rétrécir, tu vois. Tendre vers le néant. Disparaitre. Puisque c’est ce
qui doit arriver, au bout du compte. Alors pourquoi vouloir grandir si
ce n’est pour laisser davantage de déchets ? Moi, je voulais être un
bonzaï. Bon, c’est compliqué quand on n’a pas de branche.
— C’est ridicule.
— Non, c’est minuscule. Je veux devenir minuscule.
(dé)construire

[Londres, photo Marlene T.]
Mardi 12 novembre 2013
Buk
You
Ca y est, je l'ai
entre les mains, mon exemplaire de Buk You !
La préface de Dan Fante est excellente et le reste tout aussi bon. Douze
auteurs, six pays et une bonne dose d'irrévérence, bref, un livre à
partager sans faute avec les potes à l'apéro.
Yves Artufel en parle
ici avec d'autres extraits.
Commande :
éditions Gros Textes - Fontfourane - 05380 Chateauroux-les-Alpes
ISBN : 978-2-35082-233-4
160 pages au format 14 x 21, 12 € (+ 2 € de port – port compris à partir
de l’achat de 2 exemplaires)
Extrait de ma
nouvelle "Hank en intraveineuse"
Depuis le temps que je dévore les livres, je me doutais bien qu’un jour
l’un d’eux finirait par vouloir se venger. Œil pour œil, ou quelque
chose dans le genre. Ça devait arriver. Je me suis fait bouffer. Avaler.
Au détour d’une phrase un peu plus gourmande qu’une autre. [Bon,
c'est juste le début, mais par la suite, il y a des oeufs durs en train
de cuire, deux bières décapsulées et la bouche de Buk...]
Lundi 11 novembre 2013
Poussières
Je relis "La
vengeance de la pelouse" de Brautigan. La dernière fois que je l'avais
lu, j'avais entouré de trois tours de crayon gris ce texte, page 149,
"Poussière". Et ce soir, j'aurais pu rajouter quelques tours de mine, et
ce soir, j'ai toujours ce sentiment que ce texte est écrit pour moi, que
si j'avais eu assez de talent, j'aurais pu dire ainsi ce qui ne se dit
qu'en poussière...
" Je suis habité
ce soir par des sentiments pour lesquels il n'y a pas de mots, et des
faits qu'il faudrait expliquer en termes de poussière plutôt qu'en
paroles.
J'ai examiné des petits bouts de mon enfance. Ce sont des morceau d'une
vie lointaine qui n'ont ni forme ni sens. Des choses qui se sont
produites comme des poussières." [Richard
Brautigan, La vengeance de la pelouse]
Dimanche 10 novembre 2013
L'humeur du dimanche : L'offre du jour

Jeudi 7 novembre 2013
Zone
d'Autonomie Littéraire
Un bel
article sur la prochaine édition de la
ZAL à lire dans
Let's Motiv. RDV à
Montpellier le 23 novembre, la date approche,
yeah !

Mercredi 6 novembre 2013
La
nuit, je me noie
J’ai la nuit tellement noire
Que j’ignore si le blanc du matin
osera venir la faire pâlir
Les angoisses talon-aiguille
me font vaciller
perdre l’équilibre
et ta respiration paisible
de dormeur repu de rêves
chavire ma carcasse
je fais la planche sur les draps
en attendant une bouée
ou l’heure de se lever
Lundi 4 novembre 2013
A
pieds joints
Se trouver pris en sandwich
entre deux tranches de vide
tartiner le silence de rêves bruyants
pour sortir l’envie de sa torpeur
parcourir le nulle part
de long en large
et au détour d’une rue sale
se rappeler que les enfants
après tout ce temps
et malgré toute cette technologie
n’ont pas oublié comment
sauter à pieds joints dans les flaques
Derrière la vitre

[Londres, Photo Marlene T.]
Dimanche 3 novembre 2013
L'humeur du dimanche : ICI

Vendredi 1er novembre 2013
Entre ses dents
Il y a de plus en plus de murs
de plus en plus hauts
de moins en moins de place
pour rêver et respirer
on fabrique de la lumière
pour oublier que le soleil se couche
on agrandit les fenêtres
on en colle deux ou trois
l’une par-dessus l’autre
bien hermétiques, c’est important
on longue-conservation
jusque dans les cosmétiques
les rires sont diffusés en boîte
pour préserver l’illusion du bonheur
mais les sourires sauvages
semés à même la rue
paraissent aussi suspects
que les champignons des bois
il faut être fort
avoir raison toujours
mettre l’âme sous k-way
capuche d’indifférence
ne pas endosser la responsabilité de ses actes
ne pas flancher
continuer de fabriquer
de quoi remplir l’espace
comme un pont entre soi et l’éternité
courir dans le labyrinthe
pour se semer les uns les autres
arriver le premier
ou peut être simplement oublier
qu’on est juste la nourriture
du monde qu’on fabrique
Jeudi 31 octobre 2013
Sorry, busy reading...

[Via
Little free
library]
Mardi 29 octobre 2013
Temps perdu
J’ai perdu ma journée bêtement
par maladresse probablement
elle m’a glissé des mains
tombée en poussière
carapatée avec les acariens
entre les lames du parquet
impossible de la récupérer
même l’aspirateur refuse
de la sortir de là
toute grise inutile sous mes pieds
tandis que la nuit me fait
ses yeux noirs d’instit’ sévère
je me sens môme stupide
file me planquer sous les draps
en me répétant que plus jamais
je ne recommencerai
promis, demain
je serai plus soigneuse avec le jour
et je n’égarerai rien
ni le temps
ni le nord
Lundi 28 octobre 2013
Promenade crayonnée
Tout le monde sait dessiner, il dit. Et elle secoue la tête. Il
insiste. Dessiner, c'est juste tracer une ligne et la laisser se
balader sur le papier. |
Lignes

[Photo Marlene T.]
Dimanche 27 octobre 2013
L'humeur du dimanche

[Via StreetArt Germany]
Mercredi 24 octobre 2013
Chronique musique
Pour changer un peu,
une chronique musique à lire sur
Casbah-Record et ça parle de l'inimitable
Jessica 93. Pour tout savoir, c'est par
ICI que ça se passe. Et très bientôt, une nouvelle chronique sur
The Strypes, quatre mômes british surprenants.
Lundi 21 octobre 2013
What
happenned on that fucking day, Elliott ?
.jpg)
Dimanche 20 octobre 2013
L'humeur du dimanche : anywhere

[Via Streetart Germany]
Samedi 19 octobre 2013
Piscine
Papa me balance à la flotte. L’eau de la piscine est froide et
pleine de gosses. Ils ont l’air d’aimer ça. Je sors la tête de l’eau et
remue comme je peux pour me maintenir en surface. Je ne sais pas très
bien nager. Papa se moque de moi. « Aller petit crapaud, nage ! » Il a
l’air d’un papa normal. Personne ne peut se douter.
Il plonge juste à côté de moi et m’éclabousse la figure. Ça fait des
vagues. Je bois la tasse. Il m’attrape les jambes sous l’eau et me tire
vers le fond. Je me débats. Je parviens à lui glisser entre les mains et
rejoindre l’échelle. Il s’accroche à mon maillot quand je sors et tout
le monde voit mes fesses. Papa rit très fort. « J’ai vu la lune en plein
jour ! » il dit. Il a l’air d’un papa normal ou presque.
Je m’assoie sur un banc. Il me rejoint. « Viens, on va jouer. » il dit.
Je secoue la tête sans le regarder. « Aller, viens, arrête de bouder ! »
Je secoue la tête, alors il me soulève et me balance à la flotte. Je
sors la tête de l’eau, crache, remonte sur le bord. Il m’attrape et me
jette à la flotte. Je remonte. Il me balance à la flotte. Je remonte. Il
me balance à la flotte. Je n’arrive plus à sortir la tête de l’eau. Tout
tourne comme le linge dans le hublot d’une machine à laver. Je panique.
Je suis en train de me noyer. Alors, je me réveille. Le lit est trempé.
J’ai dû transpirer, pleurer et pisser dans les draps. Comme à chaque
fois que je rêve du passé, que je rêve de papa.
Parution
 |
Pour commander ce titre :
12 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2
exemplaires)
Editions Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(Chèque à l’ordre de "Gros Textes")
Actuellement à l'impression et bientôt dispo, Buk You !
Un recueil collectif auquel j'ai eu grand plaisir à participé !
Consacré à la mémoire poético-éthylique du
grand Charles Bukowski alias Buk. |
Au programme, 14
auteurs et poètes, dont les excellents et trop rares Thierry Roquet,
Frédérick Houdaer, Cathy Garcia, Hélène Dassavray, Patrice Maltaverne,
Hervé Merlot, Eric Dejager, Renaud Marhic, et d'autres (14, on te dit !)
Deux grands poètes américains se sont même joints à la fête : Dan Fante
(fils de John ) pour la préface ainsi que Gerald Locklin, écrivain
graphomaniaque et rare ami de Bukowski.
Vendredi 18 octobre 2013
Définir
Tu me
demandes de définir la poésie
et ce n'est pas que je ne peux pas
simplement que je ne veux pas
Définir une chose c'est l'emprisonner
et j'aime beaucoup trop la poésie
pour l'enfermer dans une petite prison de mots
Elle est comme un oiseau qui a besoin de voler
je ne veux pas lui couper les ailes
avec la lame dangereusement aiguisée
d'une définition
Black birds

[Photo Marlene T.]
Jeudi 17 octobre 2013
Rewind
L’horizon semble toujours trop loin
c’est sans doute pour cette raison
que je marche tête baissée
et aussi pour éviter de croiser des regards
bien plus durs que l’asphalte
alors je souris à hauteur de chaussures
je découvre ici où là des trésors oubliés
de la menue monnaie semée
comme si elle pouvait pousser
des choses perdues
souvent minuscules
un gant
une sucette
un élastique à cheveux
un soulier de poupée
un marron alors qu’il n’y a aucun
marronnier sur ce trottoir
et parfois je me demande si ces objets
sont réellement perdus
ou si des gosses ne s’amusent pas
à les semer mine de rien
pour nous aider à retrouver
le chemin du retour à l’enfance
Audio
Le bus jaune,
nouvelle parue dans le n°9 de la revue L'Ampoule est disponible en
version audio, lue par
Martine Bressan, sur le site des
éditions de L'Abat Jour ou celui de Martine. Chouette, j'ai
toujours adoré qu'on me raconte des histoires ! Ferme les yeux, écoute,
voyage...
Mercredi 16 octobre 2013
York
1981
Un bus
passe
pachyderme rouge
écrase le caniveau gorgé de flotte
m'éclabousse en douche grise crasseuse
et je pourrais rager
"bordel, quel temps de merde"
mais je pense à la dame au foulard
sur la photo de Martin Parr
York 1981, Bad Weather
et il me prend l'envie
comme elle
de sourire au destin
même s'il a la grâce ordinaire
d'un gosse morveux qui caprice un peu
[Voir
la photo - mais elle est bien mieux dans le bouquin !]
Mardi 15 octobre 2013
Battery fully charged

[Photo Marlene T.]
Mardi 8 octobre 2013
FYI
: Je disparais une semaine
Le hasard n'est pas un luxe, c'est l'autre visage du
destin et aussi quelque chose de plus [Roberto
Bolano, 2666]
Lundi 7 octobre 2013
Course vs courses
Je
reste sur le parking
pas envie de passer de l'autre côté
de la porte vitrée à ouverture automatique
pas envie de rejoindre le bataillon
d'humains venus comme toi et moi
pour remplir un caddie
de produits plus ou moins élémentaires
Besoin de rien d'autre en cet instant
que les couleurs changeantes du ciel
et la course folle des nuages
cueillette sauvage d'images
pour assouvir ma fringale de l'instant
Dimanche 6 octobre 2013
L'humeur du dimanche : Happiness, euphoria and silence

Samedi 5 octobre 2013
...
fait chier, pas le temps ...
Vendredi 4 octobre 2013
Vase
Communiquer* avec Heptanes Fraxion le vendredi
et l'écouter dévier le jeudi
[Ma lecture en ligne chez
Heptanes Fraxion]
[Liste des
Vases
communicants d'octobre]
Jeudi 3 octobre 2013
Sous
nos pieds
Moi aussi, il fut un
temps ou je rêvais de faire le tour du monde. Ça me donnait, je ne sais
pas, l’illusion que je pourrais ainsi devenir plus grand, plus fort,
plus vivant. Quand on n’a pas à se soucier de certaines choses, quand le
quotidien est confortable au corps, on cherche à provoquer le danger, on
s’envisage super héros, on voudrait toucher le ciel, voir la terre avec
l'oeil de Dieu. On cherche la vie au-delà des parois, alors qu’on l’a
juste là, dans la peau et les frontières franchies n’y changent rien.
Quand tout est aussi facile qu’appuyer sur un interrupteur pour allumer
la lumière ou tourner un bouton pour ne plus avoir froid, on finit par
oublier qu’on est vivant et que le monde, y’a pas besoin d’en faire le
tour pour l’avoir sous nos pieds. [Alter Populo,
extrait d'en cours]
RQ : état
d'avancement des manuscrits (parce que oui, j'écris à
la main)
"Je suis Wonder
Woman" est terminé. "Les voix" et "La femme invisible"
avancent bien. "Alter Populo" se rappelle à mon bon souvenir
depuis quelques nuits par le biais de rêves étranges. Non, je ne suis
pas dispersée ni particulièrement bordélique ! Je tricote les histoires
au gré de leur bon vouloir et de mes humeurs...
Mercredi 2 octobre 2013
(Ne
pas) sortir de son trou [#Arachnophilie]

[Photo Marlene T.]
Nulle-partout
Parfois je ne sais pas
ce que je fais là
où que ce soit
assez souvent en fait
je ne sais pas
nulle-partout
perdue
jamais de place
pour moi
je ne sais pas
comment n’être pas là
mais j’évite de me poser
des questions
dont les réponses
pourraient faire plus mal
que le silence
Mardi 1er octobre 2013
Vendredi, si tout va bien
on vase-communique en mode vidéo
Heptanes
Fraxion et moi
[Merci à
Heptanes
pour ce teaser superbe - ma vidéo le sera bien moins...]