Marlène TISSOT est venue au monde inopinément. A
cherché un bon bout de temps avant de découvrir qu'il n'y avait pas de mode d'emploi.
Sait dorénavant que c'est normal si elle n'y comprend rien à rien. Raconte des histoires depuis qu'elle a dix-ans-et-demi et
capture des images depuis qu'elle a eu de quoi s'acheter un appareil. Ne croit en rien, surtout pas en elle, mais
sait mettre un pied devant l'autre et se brosser les dents. Ecrira un jour l'odyssée du joueur de loto sur
fond de crise monétaire (en trois mille vers) mais préfère pour l'instant se consacrer à des
sujets un peu moins osés.
PS
: J'ai aussi un petit oiseau bleu, pas du genre qui palpite dans la cage
thoracique, mais du genre que je nourris assez peu, du genre qui fait un peu
ce qu'il veut, il n'est pas dans une cage et les fils à la patte, c'est pas mon truc... N'empêche, j'ai un
petit oiseau bleu.
Un
détail a failli
changer le cours
de mon existence
mais je l'ai balayé
avec la poussière
avec tout le reste
parce que je préfère
la quiétude un peu fade
des jours ordinaires
Je ne sais jamais par où commencer, surtout quand il faut raconter.
Comment transformer des images en mots ? Décrire implique une marge
d’erreur. Un degré d’interprétation difficile à mesurer. J’écris : Je
ne sais plus voir mon paysage quotidien. Je suis dans le train. Je
ferme les yeux et j’essaye de redessiner mon appartement de mémoire.
J’écris : Chez moi, la télé sert d’étagère, elle n’est pas branchée,
de toute manière elle est en panne depuis des années. Chez moi, la porte
de la chambre grince, le parquet est usé et les vitres sont sales.
Tout ça, je le sais, mais la plupart du temps, je n’y pense pas. J’écris
: Est-ce que l’habitude rend aveugle ? J’écris : Il y a un
endroit que je connais trop pour être capable de le voir.
Derrière la fenêtre du train, des cerisiers presque en fleur. Puis des
immeubles, des forêts, des villages, un clocher. Derrière la fenêtre du
train, un film sans paroles. Foncer dans le décor à grande vitesse.
Partir. Loin. Je voyage rarement. Ma vie est collée à un lieu que je ne
sais plus voir. Quand je dois m’en aller, il faut tirer très fort,
m’arracher du mur comme une vieille tapisserie. J’écris :
Chez moi, il n’y a pas de papier peint. Les murs sont blancs.
Je raye mes derniers mots et j’écris : Je suis une fleur de papier
peint.
Dans le train, une voix annonce le nom des villes où l’on s’arrête. Des
villes que je n’ai jamais visitées et ne visiterai peut-être jamais.
Terminus. Le ciel du Nord est presque aussi bleu que mon ciel du sud. Je
m’étonne de m’en étonner. J’écris : Ne pas croire tout ce qu’on
raconte.
Dans les rues, mes pas à quelques centimètres au-dessus du sol. Je ne
marche pas, je flotte. De quelle autre manière décrire cette impression
? Dans l’eau, on ne porte plus le poids de son corps. Quand je suis
ailleurs, j’ai cette même sensation d’apesanteur. Ma carcasse s’évapore.
Il ne reste que mes yeux. J’écris : Je me demande pourquoi on ne
regarde pas de la même manière le paysage qu’on habite et celui qu’on
visite. Je pense : Quand je rentrerai, je regarderai mon décor
quotidien comme si je venais de le rencontrer. Je me fais souvent des
promesses. Je les tiens rarement.
Un café en terrasse. Bien meilleur que le mien, toujours un peu lavasse.
J’écris : Parfois, je bois une deuxième passe. Je fais des économies
sur la mouture. J’aimerais être un peu moins précaire.
J’écris : Terrasse, soleil, les gens passent. Je les trouve
terriblement grands. Par la fenêtre en haut de mon immeuble, les
passants ressemblent à des petits soldats. J’écris : L’importance de
la perspective. Quand je rentrerai, dans quelques jours, les
cerisiers seront tout à fait en fleurs. J’écris : Est-ce que les
voyages nettoient les yeux ? Est-ce qu'il y a des endroit que l'on
connait trop pour les voir ?
[Life is a Beatles song #28]
Dimanche 28 septembre 2014
L'humeur du dimanche : Jouer la carte de la sécurité
If you expect nothing from anybody, you're never
disappointed.
[Sylvia Plath]
Le lave-linge se met à essorer, son roulement de tambour réveillant le
silence d’un dimanche ordinaire, et je repense aux choses qu’on a dites
aujourd’hui.
C’est étrange comme toutes les paroles n’ont pas le même poids. Non, ce
n’est pas une affaire de poids des mots. Les mots ne pèsent rien. En
revanche, ils peuvent laisser des traces, de la couleur, des cicatrices.
Mais certaines paroles s’envolent sans jamais trouver une oreille dans
laquelle nicher. Quand la voisine me parle, par exemple, il y a toutes
ces choses que je capte sans les saisir. Des phrases qui ressemblent
aux messages diffusés par Radio Londres. « Le gigot est cuit », « Il est
temps de cueillir nos tomates ». Il m’arrive d’imaginer qu’elle tente
désespérément de me faire passer un message codé. Les alliés
débarqueraient bientôt, nous irions piétiner les centrales nucléaires et
les prix prohibitifs de l’épicier du coin.
Ces choses qu’on a dites aujourd’hui, je ne me les rappelle pas toutes.
Certaines seulement. Nous avons parlé des usines qui ferment et du bruit
d’un piano qui tombe. Tu as déjà entendu tomber un piano, toi ? Puis tu
m’as montré ces photos où la ville se reflète dans une flaque. Tu as dit
« L’eau, c’est comme un miroir » et je ne t’ai pas contredit. Pourtant,
j’ai déjà essayé de plonger la tête la première dans le miroir. Ça n’a
pas fait de vagues. Tout juste quelques éclaboussures de sang sur mon
front. J’ai préféré ne pas te raconter cette histoire. J’ai juste
demandé « Que se passe-t-il quand on aime trop ? » Tu t’es contenté de
sourire. Tu savais que je parlais de toi.
[Life is a Beatles song #27]
Vendredi 26 septembre 2014
J'emmerde la marche au pas [New]
Dans un château de cartes
on évite de tituber sous peine de
voir les murs s'écrouler
Mercredi 24 septembre 2014
Revue Métèque
Le deuxième numéro de la Revue
Métèque est paru il y a quelques jours, et la lecture vaut
autant le détour que les photos et illustration. Bref, encore un numéro
de qualité qui présage un bel avenir à la revue.
Vient
de paraître aux éditions A L'Index, collection "Les cahiers", un livre
hommage à Soupault.
à commander à :
Association « Le Livre à Dire » (Jean-Claude Tardif)
11 rue du Stade, 76133 Épouville revue.alindex@free.fr prix unitaire de 15€ (+ 3 € de frais de port)
port gratuit à partir de 2 exemplaires
10% de remise pour 3 à 4 exemplaires
20% de remise pour 5 à 9 exemplaires
30% de remise à partir de 10 exemplaires
Un "Cahier" fort beau et bien fourni !
bulletin de souscription ICI
Je serais comme un arbre qui se dénude. C’est pas que je me fous à poil,
non. Ce serait comme une saison qui se pointe et moi, j’étais pas prête
à voir mes feuilles tomber. Je savais que ça allait arriver. Tous les
arbres le savent sans le savoir vraiment. Ça ne s’appréhende pas ce
genre de choses. On se retrouve, comme ça, l’écorce à nue, en attendant
le froid qui engourdit. On espère le retour du printemps sans être
jamais tout à fait certain qu’il reviendra...
Mercredi 17 septembre 2014
Short Stories Magazine
Tout
juste sorti de sa coquille, le n° de septembre de Short Stories etc.
se déguste en numérique (ordinateur, liseuse, tablette ou smart-phone)
avec, comme chaque mois, une belle brochette d'auteurs à se mettre sous
la dent. Pour plus d'info, c'est par
ICI, et, en guise d'apéritif, ma nouvelle "Bloody
Valentin" est en lecture libre sur le site !
Mardi 16 septembre 2014
Le
Journal De Mes Paysages
Reçu ce matin le
premier numéro de cette belle revue, affectueusement surnommée jdmp, et
je peux vous dire que les paysages y sont superbement variés ! Chacun y
dit les siens à sa manière: prose, poésie, article, photo, comic strip...
Bref, une revue bien faite à déguster sans modération histoire de
frotter son paysage à celui des autres et d'élargir son champ de vision.
Plus d'informations
ICI
possibilité de commander la revue à :
journaldemespaysages@gmail.com ou sur
Amazon
Les tas de mots
Autre revue de belle facture, à parution
trimestrielle, Les
tas de mots affiche son 16ieme numéro avec, une fois de
plus, un sommaire des plus alléchant et une photo de couv' qui
nous met la tête à l'envers mais nous permet de garder encore un
pied dans l'été !
Lundi 15 septembre 2014
Clin
d'œil
La frontière
entre le rêve
et la réalité
n'excède pas
l'épaisseur
d'une paupière
L’échec n’est que l’envers de la réussite
le côté du vêtement où les coutures
sont apparentes
où le tissu touche la peau
on est forcément plus intime
plus proche
de l’échec que de la réussite
à moins d’être totalement
débraillé de l'âme
Partons d’une hypothèse : mon reflet cesserait subitement de m’obéir.
Supposons que je me regarde dans tes yeux et que je m’y vois sourire.
Que deviendraient mes grimaces et mes larmes ? Est-ce que tout
disparaîtrait ou ne ferait que se planquer encore un peu plus profond
sous la peau ?
Supposons que mon beau miroir soit de mèche avec mon reflet et qu’il me
renvoie l’image d’une autre que moi. Est-ce que ça changerait la
structure interne de mon organisme et la couleur de mes pensées ? Est-ce
que je deviendrais légère et belle ? Je m’envolerais, on m’appellerait
Lucy dans le ciel avec des diamants. Ce ne seraient pas des diamants,
mais personne n’en saurait rien. J’ai appris à ciseler des tas de
choses, toutes celles que je cache, pour les rendre précieuses.
[Life is a Beatles song #26]
Le téléphone vibre
grésillement électronique
sur la petite table en verre
une boîte de pizza vide
des assiettes en plastique et
par-dessus le silence
le grondement des moteurs
dans la rue
je regarde le briquet
posé là
et il ressemble soudain
à un vestige oublié
de la chaleur humaine
J’ai les pensées en aquarelle
diluées dans ton absence
le jour fait comme
un dessin pâle et flou
les contours incertains
je fuis un peu
la réalité
L'envol
[Photo Marlene T.]
Mercredi 3 septembre 2014
Squeeze
Le n°9 de la revue Squeeze qui a pour thème "tout doit
disparaitre" vient de pointer le bout de son nez avec de bien
bonnes choses à y lire, notamment le trop rare Olivier G. Milo
et un extrait de "La place du mort" de Christophe Siébert. A
lire
ici !
Quand je l’ai vue debout là, sous le porche de mon immeuble, j’ai pensé
: comment est-ce possible ? J’ai vérifié, en laissant tomber mes yeux
sur mes souliers et ma jupe. Je portais bien ce que j’avais enfilé ce
matin. J’ai vérifié aussi si la petite cicatrice sur ma main était
toujours là. Je me suis dit : si c’est moi, là-bas sous le porche, si
c’est bien mon corps, et ça en a tout l’air, alors peut-être ai-je été
transférée dans le corps de quelqu’un d’autre. Peut-être qu’il y a eu un
gros cafouillage dans le système et qu’on a tous été secoués, mélangés,
et remis dans le mauvais corps. Mais j’étais toujours bien moi-même. Mon
reflet dans une vitrine me l’a confirmé.
Je l’ai vu debout-là, sous le porche, et c’était moi que je voyais.
J’étais là et là-bas à la fois, comme si on venait de me livrer un
double de moi pour me remplacer les jours où je suis malade, pour faire
ce que je n’aime pas faire, pour aller où je n’ai pas envie d’aller. Un
double que je pourrais aussi envoyer se faire réprimander à ma place.
L’idée me plaisait assez.
Je l’ai observée un moment, et même sa manière de coincer une mèche
derrière son oreille était identique à la mienne. Elle a tourné les yeux
vers moi et souri, puis elle est venue en courant me prendre dans ses
bras. Je n’ai pas bougé. Je m’attendais, je ne sais pas, à ce qu’elle
soit faite de plastique peut-être, comme un jouet sans chaleur. Mais
elle était douce et tiède et elle sentait la grenadine.
Elle s’est écartée un peu en laissant ses mains sur mes épaules. « C’est
étrange, n’est-ce pas ? » elle a dit. J’ai hoché la tête sans oser lui
demander qui elle était, exactement, mais je n’ai pas eu besoin de poser
la question. « Tes parents adoptifs ne t’ont jamais dit que tu avais une
sœur jumelle ? » J’ai secoué la tête. « Je ne savais même pas que
j’étais une enfant adoptée... »
[Life is a Beatles song #25]
Dimanche 31 aout 2014
L'humeur du dimanche : Tirée par les cheveux
Why is
an author the funniest animal in the world ?
Because his tale (tail) comes out of his head.
[from a Christmas craker joke]
En allant rendre visite à mon père, on a montré aux enfants l’endroit de
notre premier baiser, devant le lycée. Ça m’a semblé à la fois
extrêmement loin et terriblement proche. Comme si le temps changeait de
dimension à mesure qu’il traçait sa route. Les enfants étaient émus et
amusés à la fois. Un peu moqueurs, comme savent l’être les enfants. On
ne s’est jamais quittés depuis ce premier baiser. Enfin, si, une fois.
C’était dans les débuts, un peu plus d’un an qu’on était ensemble et on
ne s’imaginait pas faire un tel chemin, je suppose. Il m’a laissée pour
retourner avec son ex. Une petite blonde superbe aux allures de poupée
délurée. Tout le contraire de moi. Parfois, je me dis qu’il aurait été
plus heureux avec elle. Parfois, je me demande pourquoi il est revenu
après quelques semaines à peine. Je n’aime pas trop penser à ça, je veux
dire, penser que quelqu’un d’autre aurait pu le rendre plus heureux. Ce
n’est pas de l’orgueil ni rien. C’est juste que ça me chagrine de ne pas
être très douée pour rendre pleinement heureux ceux que j’aime. Je
suppose que sa vie aurait été différente, tout simplement. Qu’elle
aurait pu ressembler davantage à ce à quoi il aspirait. Mais je n’en
sais rien, après tout. On ne parle pas trop de ce genre de choses.
Souvent, on se comprend sans rien avoir à dire. Peut-être aussi qu’on ne
se comprend pas vraiment. Que ce n’est qu’une illusion. Parfois, je me
demande si nos chemins ne sont pas en train de s’éloigner. Si on ne
devient pas lentement différents et étrangers l’un pour l’autre. Un peu
comme deux droites qui semblent parallèles sans l’être parfaitement. En
les prolongeant, on se rend compte qu’elles s’éloignent. Cela dit, en
les prolongeant dans l’autre sens, elles finissent par se rejoindre. Je
ne sais pas dans quel sens on avance. Ni si ça a la moindre importance.
La vie ne progresse pas en suivant la logique implacable des
mathématiques.
Je sais qui a tué le silence. C’est Sadie. Avec quelques mots seulement.
Des mots aiguisés comme ses talons. Je la regarde et elle n’a pas l’air
qu’ont les assassins dans les histoires. Je me demande parfois comment
elle peut avoir cette allure si sexy et cette démarche si souple perchée
sur des talons si hauts. Les mots ont éclot sur ses lèvres sans les
déchirer, comme des armes presque inoffensive, visant pourtant le
silence en plein cœur.
Elle a juste dit : « J’ai terriblement faim. » Ça n’a l’air de rien, ces
mots là et le silence aurait pu esquiver, revenir à la charge, écorché
mais toujours aussi vaillant. Mais Sadie a cette manière de parler, à la
fois suave et précise. Une manière qui fait germer les mots dans
d’autres bouches.
Ella a dit : « j’ai terriblement faim », et le silence est mort
immédiatement. Immédiatement, Rita s’est exclamée : « Oh, oui, moi aussi
! ». Paul a proposé : « Allons chez l’Italien ». Et si on faisait
simplement cuire des pâte ? », a suggéré Martin. « Je crois que j’ai une
bouteille de vin », a ajouté Linda en se levant pour aller vérifier. «
C’est bon, il y a du vin ! Et du fromage et des tomates », elle a crié
depuis la cuisine. Tom a mis un disque sur la platine. « Excellente idée
! » s’est exclamée Francine. Et moi, j’ai juste écouté ce joyeux
brouhaha se repaitre du cadavre du silence. Je crois que j’avais un peu
de peine.[Life is a Beatles song #24]
Tu me demandes si mon amour va pousser et je n’en sais rien, je n’en ai
pas la moindre idée. Il est peut-être quelque part à attendre de germer
dans la lumière de ton regard ou dans la tiède quiétude de tes paroles.
Je n’en sais rien, vraiment. Et peut-être qu’il ne fera jamais plus
que quelques feuilles fragiles. Ou peut-être qu’il poussera subitement et
gigantesque comme un haricot magique. Alors je regarderai le monde,
perchée à sa cime, et tout semblera minuscule. Tout, sauf toi et ton
sourire.
[Life is a Beatles song #23]
Trancher dans le vif
enfoncer son poing dans la terre
remodeler la réalité
Il me dit :
"les rêves ne sont qu'une contrefaçon du réel
un moyen d'adapter le monde à notre vue
ou d'adapter notre vue au monde
tout ça n'est qu'une vaste fumisterie"
Je me contre-fiche de ce qu'il dit
je fous tout ce merdier en boule
je malaxe
je tranche dans le vif
j'enfonce mon poing dans la terre
je remodèle la réalité
Dimanche 17 août 2014
L'humeur du dimanche : Se frotter l'échine contre une pensée douce
Il regarde Amandine mordre dans une tranche de pastèque. Le jus rouge
pâle lui coule sur le menton, s’enfuit le long du cou, serpente entre
ses seins. Elle cligne des yeux et tourne son visage vers le soleil.
Elle est belle, il se dit. Elle est toujours aussi belle, mais il ne
ressent plus ce frisson étrange quand il la regarde maintenant. Il se
demande si on peut s’habituer à la beauté d’une personne comme à celle
d’un objet de décoration que seuls les invités occasionnels remarquent.
Il se demande si ce frisson qui a disparu est lié à l’habitude de sa
beauté ou à autre chose. Il se demande s’il serait possible de
désapprendre à connaître une personne pour la découvrir à nouveau et si,
alors, le frisson de plaisir et peur mêlés reviendrait. Il se demande
s’il existe un moyen de retomber amoureux.
Tomber, il n’aime pas trop ça. Peut-être qu’il n’est pas assez souple
pour tomber sans se briser. Ou, peut-être qu’il est comme un arbre qui
reste debout même quand il est mort. Peut-être qu’il est mort à
l’intérieur et que c’est pour ça qu’il ne ressent plus rien.
Il essaie de penser à si Amandine le quittait. Il l’imagine fourrer ses
affaires dans une valise, dans des cartons. Elle aurait des gestes
légers, comme toujours. Elle se retiendrait de sourire pour ne pas lui
faire trop de peine. Est-ce qu’il aurait de la peine ? Il visualise la
scène comme si elle se passait ici et maintenant, Amandine et son jus de
pastèque et ses cartons. Est-ce qu’il la supplierait ? « Ne t’en vas
pas. Ne me laisse pas tomber ».
Il écoute son cœur qui ne voit pas ce qui se passe, son cœur qui se
moque royalement des si et de l’imagination, son cœur qui ne dit rien de
plus que le tic-tac régulier de la mécanique sanguine. « À quoi tu
penses ? » demande Amandine. Il hausse les épaules. « Je me demandais ce
qu’il se passerait si tu me quittais », il répond. « Elle rit : « On
dirait qu’il va pleuvoir et tout ça c’est la faute aux nuages qui
passent dans tes pensées ».
Il se dit que la pluie fera peut-être renaître les sentiments aussi bien
que la verdure, et il regarde le ciel.
[Life is a Beatles song #22]
J'écoutais les
vagues, et c'était comme si la mer me parlait, comme si elle me
choisissait pour confidente et amie. Les enfants riaient et criaient et
personne n'aurait su dire que j'étais leur mère. Jacques était pendu au
téléphone, absorbé dans des conversations professionnelles. J'étais
témoin de ce qu'il se passait, mais rien ne m'atteignait parce qu'il y
avait les vagues. La mer me parlait et je caressais l'idée de me glisser
dans ses bras pour toujours, mais j'ignorais si elle serait prête à
m'accorder cette étreinte.
[La femme invisible, extrait du roman en cours]
« L’eau est beaucoup trop bleue », je murmure, sans vraiment m’adresser
à lui, tandis qu’on barbote mollement dans la piscine éclairée du dedans
avec le ciel loin au-dessus, noir, percé d’étoiles. Il hoche la tête et
fait ce bruit qu’on fait pour simuler une écoute attentive, « Humm ».
Mais je vois bien qu’il n’écoute pas. Il rumine encore ce que je lui ai
dit un peu plus tôt et, s’accoudant à la margelle, il soupire avant de
me faire remarquer que non, décidément, ce n’est pas très sain de penser
à la mort comme ça.
« Comment, comme ça ? » je lui demande.
« Je sais pas, presque froidement, avec détachement. »
Je souris. Ou peut-être que j’essaie de retenir mon sourire.
« Tu trouves que c’est plus sain de vivre sans y penser ? »
Il hausse les épaules. Il dit que ce n’est peut-être pas plus sain, mais
c’est plus simple, en tout cas. Qu’il suffit de se laisser porter.
« Oui, mais se laisser porter sur quoi ? Vers quoi ? J’ai jamais cru au
destin, moi. J’ai besoin de ne pas oublier que tout peut s’arrêter à
chaque instant. Ça m’aide à apprécier l’ici, le maintenant. Ça m’aide à
entendre l’oiseau chanter dans mon cœur. »
Il me regarde en biais. Je sais qu’il n’aime pas quand je parle comme
ça. Il dit, « Arrête de tout poétiser tout le temps ». Puis il se met en
colère, subitement, comme un orage qu’on n’aurait pas vu venir. Il nage
vers moi au milieu de l’eau trop bleue, fait du sur-place quelques
instants avant de poser ses mains sur mes épaules. Je me dis qu’il va
m’enfoncer la tête sous l’eau, faire semblant de me noyer et j’ai
horreur de ça. Mon cœur s’accélère. Mais les mains n’appuient pas sur
mes épaules. Elles remontent lentement autour de mon cou. Il me regarde
étrangement et j’entends ces mots glisser entre ses dents serrées :
« Et maintenant, ton oiseau peut chanter ! », juste avant que ses mains
se transforment en étau et que l’eau trop bleue me dévore. Je bats des
ailes, mais je crois que cette fois, je ne pourrai plus m’envoler.
[Life is a Beatles song #21]
On pense rarement à ce qui se passe sous un
pont quand on marche dessus, je me suis dit à ce moment-là. Et
plus tard, bien plus tard, alors que j’étais à des années
lumière du moindre pont et sans intention d’en franchir un, je
me suis dit que c’était sûrement pareil avec les gens. Ceux qui
marchent sur la tête des autres ne pensent pas à ce qu’il y a
dans leurs cœurs ou dans leurs tripes ou n’importe où sous leur
peau.
Lundi 11 aout 2014
Arachnophilie
[Italie août 2013, photo Marlene T.]
J’emmerde la théorie
Les
faits sont des situations
Qui auraient très bien pu
Ne pas se produire
Dimanche 10 août 2014
L'humeur du dimanche : s'accommoder du jour
Samedi 9 août 2014
Réchauffer mon coeur
Aujourd’hui
deux hommes m’envoient
un message pour
me dire qu’ils pensent
à moi et
je ne sais pas quoi faire
de leurs mots
alors je les pose là
sur le papier
avec l’idée
peut-être
de les bruler
pour réchauffer
l’hiver qui gagne
mon coeur
Elle est où la lumière ?
je veux dire, celle du dedans
celle de quand tu t’en fous du soleil
parce que tu en as déjà un qui brille à l’intérieur
je fais comment si je trouve pas l’interrupteur ?
si les plombs ont sauté
si le froid et l’ombre gagnent du terrain
et que les monstres prennent leurs aises ?
est-ce que ça se partage, la lumière ?
je veux dire, celle du dedans
est-ce qu’une étincelle dans ton regard
peut rallumer ma flamme ?
est-ce que tu veux bien me prêter
l’éclat de ton sourire
le temps que je remplace le fusible
le temps que je retrouve le chemin de
l’interrupteur
Jeudi 7 août 2014
333,
la vidéo !
En mars 2014, à l’occasion du 16e Printemps des Poètes, la Médiathèque
départementale du Nord, dans le cadre d'un partenariat avec le réseau des
bibliothèques de Dunkerque
et le Centre pénitentiaire de Maubeuge, a accueilli 3 poètes de la nouvelle
génération pour 3 lectures-rencontres dans 3 lieux du département du Nord.
Ce film propose des extraits de la deuxième rencontre à la Médiathèque
départementale à Hellemmes le vendredi 21 mars 2014.
Le type au costume blanc
avec les cheveux sales
avait quelque chose
d’un ange mal déguisé
la beauté fragile d’un
papillon aux ailes froissées
perdu dans la tourmente
d’un jour de grosse pluie
[Extrait de la plaquette "Celui
qui préférait respirer le parfum des fleurs"]
You
would have turned 45 today, Elliott
[Elliott Smith]
Mardi 5 août 2014
Quand le cœur brûle
Le fer à repasser n’en avait rien à faire de
lisser les plis de ma robe. Il a préféré venir embrasser ma
main. Julie dit qu’il faut mettre de la sève d’aloe vera sur les
brûlures pour les soulager et les guérir. Je vais essayer, et si
ça marche, j’essaierai d’en mettre aussi sur mes sentiments.
Lundi 4 août 2014
J'emmerde les parcours fléchés [New]
Le sens
de la vie
n'indique pas
la direction à prendre
Elle dit, « Faut que je m’arrête, j’ai trop envie de pisser ! »
Pourtant, c’est moi qui descends les bières à une vitesse vertigineuse
depuis le début du voyage. Ma vessie ne bronche pas. J’aimerais que mon
cœur en fasse autant. Mais même l’alcool ne parvient pas à l’endormir.
Lola conduit en remuant la tête au rythme de la musique. Sa queue de
cheval caresse sa nuque. Son regard reste fixé sur la route, même quand
elle me parle. Elle n’a son permis que depuis quelques mois et c’est la
première fois qu’on part en vacances toutes les deux. Je veux dire rien
qu’elle et moi, sans ses parents ni les miens ni les petits frères ni
les petites sœurs. On vient de terminer notre première année de fac.
Toutes ces années, bordel… depuis la maternelle on ne se quitte pas.
On est entourées de champs et de ciel bleu. Lola plante un coup de frein
un peu raide et arrête la voiture sur le bord de la route en faisant
gicler le gravier. Elle s’ébroue et me sourit. Je lui tends ma bouteille
de bière. Je regarde sa bouche se poser sur le goulot où ma bouche
viendra ensuite gouter le reste de ses lèvres. J’essaye de ne pas y
penser. Je crois que j’ai trop bu. On s’extirpe de la voiture en
ricanant. Au sommet d’une colline, trois éoliennes tournent presque
aussi vite que ma tête. Lola s’étire en fixant l’horizon. « Putain, que
c’est beau toute cette campagne ! » J’aime sa manière de s’émerveiller
tout le temps, de sourire tout le temps, d’être belle tout le temps.
Puis, sans se soucier d’un éventuel passage, Lola baisse son pantalon et
s’accroupie pour pisser. Je vois la blancheur de ses fesses. Je me dis «
C’est pas le moment de flancher. Tu dois cacher ton amour. » Je sais
bien que ça ferait peur à Lola de savoir la manière dont je l’aime. On
est meilleures amies. Depuis toujours. Et ça m’a fait peur quand j’ai
commencé de comprendre. On avait quatorze ans et on partait en
vadrouille avec sa mobylette. J’étais derrière elle, avec mes seins
contre son dos et ses fesses contre mon ventre. J’ai eu envie
d’embrasser son épaule, son cou, sa bouche. Mais j’ai rien fait, j’ai
rien dit. J’ai beaucoup chialé à cette époque puis je me suis dit que ça
passerait, qu’on partageait simplement un lien particulier, elle et moi.
Mais c’est pas passé. J’ai fini par comprendre que j’étais amoureuse.
Mais même si Lola était un mec, si c’était mon meilleur ami, si
l’attirance était mutuelle, je sais qu’on ne risquerait pas notre
amitié. Alors je ferme ma gueule et j’ai le cœur qui remonte au fond de
la gorge et j’ai envie de pleurer parfois quand je regarde Lola.
L’éolienne tourne. Je décapsule une autre bière. Lola remonte son
pantalon. « Viens, on va la boire là-bas. » elle dit et elle me prend
par la main pour m’entrainer dans le champ de blé. J’embrasse ses doigts
avec mes doigts. « A quoi tu penses ? » elle me demande. Je soupire. « A
tout ce qui nous échappe. » et elle éclate de rire. « Si tu savais comme
je t’aime ! » elle crie en regardant le ciel. Et je me répète : « Tu
dois cacher ton amour, tu dois cacher ton amour, tu dois cacher ton
amour...»
[Life is a Beatles song #20]
Une vérité non dite se transforme-t-elle en mensonge ? Et, si oui, au
bout de combien de temps ? Comment s’opère la métamorphose ? Est-elle
visible à l’œil nu ?
Tandis que je m’interroge sur la magie potentielle du silence et de tout
ce qu’on cache, la télévision me parle du secret de la mayonnaise
réussie. La télé a une bouche mais pas d’oreilles. Elle n’entend pas
quand je lui demande si une vérité non dite peut réellement se
transformer en mensonge. Elle ne m’entend pas lui demander si une
mayonnaise, même réussie, peut vraiment avoir un secret. Et elle le
cacherait où, son secret, hein ? Tout le monde sait qu’une mayonnaise,
même réussie, n’a pas de poche.
La télé parle, mais elle ne m’écoute pas. Je me dis que c’est peut-être
une ruse. Sa manière à elle de ne pas répondre aux questions. Sa manière
à elle de garder certaines choses sous silence. Et elle peut bien faire
sa prétentieuse avec son écran plat, parfaitement lisse, je sais bien
que tout le monde a quelque chose à cacher. Sauf moi et mon singe.
[Life is a Beatles song #19]
Mardi 29 juillet 2014
Des
revues, et que des bonnes
Tout d'abord,
fraîchement paru, le n°5 de la revue numérique
17 Secondes à lire et voir (attention, contient de belles
illustrations)
ici. Et puis - j'en ai déjà parlé, mais la sortie est imminente
- le n°2 du
Freakshow comix, un vrai beau livre de 112 pages, un must-have,
à découvrir et commander
ici. Et enfin, on l'attend pour la fin de l'été, histoire
d'avoir du bon et beau à bouquiner pour la rentrée, le n°4 de la
classieuse revue Charogne
dont on peut avoir des nouvelles ici.
Il m’arrive de
m’adresser aux objets
comme s’ils étaient vivants
je caresse les murs
et me demande
ce que voit le trottoir
quand il regarde en dessous
de ma jupe
je parle à ma tasse de thé
à ma serviette de toilette
à l’oreiller
à ma voiture
à mon crayon
parfois, je ferme la porte
de chez moi
et j’avale la clé
après avoir dit au revoir
à toutes ces choses
que je ne reverrai plus
parfois je m’en vais
avec l’idée
de ne plus revenir
je fais la connaissance
de nouveaux lampadaires
de nouvelles chaises
de nouvelles cuillères à café
qui me racontent
des histoires fabuleuses
et me demandent
comment se passe
mon voyage
si je vais encore loin
si je compte revenir en arrière
la vérité c’est que
je n’en sais rien
je sais seulement que
les gens parlent d’eux même
plus que des paysages
qu’ils ont traversé
et que les objets ont
beaucoup plus
d’imagination
que nous
Dimanche 27 juillet 2014
L'humeur du dimanche : chute libre
“The mind is like a parachute,
it works best when it is open.”
[Rickson Gracie]
Lundi 7 juillet 2014
I want to hold
your hand
Des fois, je m’ennuie et j’ai un peu honte de m’ennuyer dans ce
monde-là. Alors je prends le chemin de la baraque à frites. Ici, je sais
que je trouverai à satisfaire mon envie de ne pas voir comment tout va
de travers. Et peut-être même, je rencontrerai l’homme de ma vie. Comme
s’il ne devait y en avoir qu’un. Comme si l’amour était la condition
sine qua non du bonheur. Tout ça, c’est la faute au mythe du film
romantique. Love at first sight et autre bullshit.
Le gars de la friterie me sourit à distance, comme s’il s’adressait à un
paysage lointain. Il me demande ce que je désire. « Je veux tenir ta
main », je lui réponds et il réajuste la mise au point pour fixer son
regard sur moi. Juste sur moi, avec la ville en flou derrière la
vitrine. Suspendue au faux plafond troué de néons, une armada de points
d’interrogation comme des dizaines de minuscules épées de Damoclès.
J’attends. Je ne suis pas certaine d’avoir prononcé ces mots-là. Je ne
suis pas certaine que quoi que ce soit ait brisé le silence. D’ailleurs,
le silence est bien trop solide pour tomber en morceaux. Je soupire. «
Une grande portion, s’il vous plaît ». Le gars hoche la tête. Il retire
son tablier, son petit chapeau en papier, se frotte les mains sur un
torchon sale et contourne le comptoir. Il dit « J’ai une grande portion
de rêves dorés à point, croustillants à souhait. Et si on allait les
partager sur la jetée en regardant le monde mourir ? » Je hoche la tête.
Il prend ma main dans la sienne.
[Life is a Beatles song #18]
En cet instant, tu te sens vide comme une voiture en panne sèche, tes
deux pieds plantés là, les pensées embourbées. Tu te dis qu’il faudrait
partir, mais tu te demandes aussi si avancer c’est fuir ou aller vers ?
Est-ce s’éloigner d’une chose ou se rapprocher d’une autre ? Comment
savoir ?
C’est idiot, mais tu voudrais trouver la réponse. Comme si elle seule
pouvait libérer tes mouvements, refaire le plein de ton réservoir à
rêves. Et pourtant, tu sais bien que ça n’y changerait rien. Parce
qu’ici, là, partout, le paysage a beau être différent, c’est toujours
toi à l’intérieur. On n’échappe jamais à sa propre présence. On croit
parfois qu’avec le temps on pourra devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un
de meilleur. Mais tu réalises qu’on ne fait au mieux que polir
l’extérieur, lustrer la carrosserie. Tu te dis que tu as maquillé ton
quotidien comme un camion volé. Pour tromper qui ?
Cette fois, c’est décidé, tu en as assez de faire le clown. En cet
instant, tu décides de jouer la vie autrement : tu seras acteur de série
Z, tu traverseras l’écran pied au plancher, à bord d’une décapotable, et
tu te feras flinguer par le héros, n’importe quel héros, pourvu qu’il ne
tremble pas.
[Life is a Beatles song #17]
Vendredi 4 juillet 2014
The
fool on the hill
Ce matin-là, j’avais envie d’un croissant. C’est pas souvent. Je veux
dire, c’est pas souvent que j’arrive à savoir précisément ce dont j’ai
envie. Mais ce jour-là, c’était clair, j’avais envie d’un croissant
alors j’ai filé à la boulangerie sans laisser à l’envie l’opportunité de
se faire la malle.
J’ai filé à la boulangerie, accroché à mon parapluie, parce qu’il
pleuvait. Depuis des semaines, ça n’arrêtait pas. Le ciel comme une
cascade, une rivière à truite. Je me suis rappelé que ma chaussure
droite était trouée quand ma chaussette a commencé de faire un bruit
d’éponge. C’est particulièrement désagréable et je me suis mis à avoir
envie d’une nouvelle paire de chaussures mais j’approchais de la
boulangerie et ils n’en vendaient pas. En revanche, ils vendaient des
croissants et je redoutais que mon envie de croissant se carapate en
voyant arriver cette envie de chaussures neuves. Mes envies sont du
genre capricieux. Du genre qui refuse de partager la vedette avec une
autre envie. J’ai pressé le pas en essayant d’oublier le bruit d’éponge
de ma chaussette trempée et j’ai replié mon parapluie en entrant dans la
boulangerie. Une dame en imper bleu bavardait avec la boulangère. Elles
parlaient de la pluie et du beau temps. Enfin, surtout de la pluie. Tout
le monde ne parlait que de ça depuis quelque temps, et j’attendais aussi
patiemment que possible, tout en surveillant du coin de mon œil mon
envie de croissant qui n’attendait qu’un instant d’inattention pour se
faire la belle. Elle a fini par s’échapper quand la boulangère a
annoncé, sur le ton de la confidence, « Tout ça c’est la faute du fou
sur la colline ! Je l’observe avec mes jumelles depuis quelque temps et
tous les soirs, il balaie les nuages. Il les envoie droit sur la vallée,
droit sur nous ! » La dame à l’imper bleu a froncé les sourcils d’un air
réprobateur en regardant au loin à travers la vitrine, mais il n’y avait
que du gris, rien que du gris. Et le fou sur la colline continuait
probablement de balayer. Il venait de balayer les dernières miettes de
mon envie de croissant.
[Life is a Beatles song #16]
Mercredi 2 juillet 2014
J'emmerde les déductions hâtives [New]
Quand
la baignade est interdite
la noyade est elle forcément
défendue ?