Jeudi 30 juin 2016
Virtuose de l’ecchymose
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
La veille en mode exponentiel
Hexadécimer le mal à la racine
L’odeur de clope des souvenirs mal éteints
Déplier le monde comme une lettre anonyme
Je suis sans doute plus coupable que capable
Il faut distraire les sentiments
Diminuer la réalité augmentée
Ecarteler l’éphémère
Ne pas céder à l'absurdistance de sécurité
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
La pliure de l’instant aussi rigide qu’un mur
La fuite avinée, l’anévrisme futile de l’exil
Rêver à ta salive sur le bout de ma langue
L’approximation de la langueur amoureuse
Pleure, tu pisseras moins dans un violon
N’y a-t’il que le combat qui sache être loyal ?
Bataille éternelle entre le pénultième et l’ultime
Le chatoiement du vague à l’âme
Je suis virtuose de l’ecchymose
Mercredi 29 juin 2016
Mot
barré #50

Lundi 27 juin 2016
Voleur de feu

Le
troisième numéro de la belle revue
Voleur
de feu est disponible
ICI
Chaque numéro présente un duo artiste-auteur. Dans ce dernier, intitulé
"Mise à nue", mes textes accompagnent les magnifiques oeuvres d'Annie
Kurkdjian
Dimanche 26 juin 2016
L'humeur du dimanche : Aller au bout

[Création
Emeline
Girault]
Samedi 25 juin 2016
Parc d’attraction-répulsion
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
D’un clic de paupière, ouvrir une nouvelle page blanche
Sur un malentendu, j’ai fait l’erreur de lire mon horoscope
Les miroirs et les alouettes
Courir après le reflet d’une idée fausse
La transfusion mesquine et l’influence des magazines
Sacrifier le doute
Sanctifier le mouvement
Pourquoi les actes devraient-ils compter plus que les mots ?
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Le flux matelassé de la lévitation ratée
Remuer existentiel et terre
Parc d’attraction-répulsion
Concert clandestin sous les voutes d’une veine cave
Calculer la variable qui régit l’espace entre deux corps
La carcasse du désir
Les cadavres de caresses
Et tout ce qu’on laisse crever par lâcheté
Jeudi 23 juin 2016
Se racheter une conscience à crédit
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Des heures à plagier le sommeil impunément
A guetter la désinvolture puante de l’haleine matinale
Je gouverne assez mal ma république du corps
De brasse coulée en soir ivresque
Je m’horripile le maillot pour personne
Je traverse le mur du sans
Se coller l’épistolaire dans la poche révolver
Des mots à relire plus tard
Quand les amants peinent à jouir
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Pelotes de nerfs
Aiguilles à tricoter la rage
Dilapider la patience
Se racheter une conscience à crédit renouvelable
Ravaler les couleuvres
Laver les couleurs séparément
Glisser les hématomes dans la glacière
Il est temps de remonter les culottes
Et pour la cuisson de l’aube, ce sera saignant
Mercredi 22 juin 2016
Mot
barré #49

Mardi 21 juin 2016
Des gens qui existent vraiment
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
J’ai boxé l’oreiller à mains nues
Vaincu au premier round, le tas de plumes au tapis
Il aurait pu faire un effort, résister, cogner un peu
Me faire danser des étoiles devant les yeux
Me refourguer quelques grammes de poudre aux yeux
Un rail de poussière de rêve
J’envie la plénitude des lézardes dans le murmure
Mais les destins cadastrés me font flipper
Il y a les coutures du temps qui lâchent
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
De promenade en promesse, guetter le cri du soleil
La cavalcade des troupeaux de cigarettes sauvages
Ternir les désastres, faire reluire les quêtes d’absurde
Brosser les clichés dans le sens du poil
Encoller le protocole
Tapisser l’antichambre du ras-le-bol
A l’heure des montres en panne
J’emprunte des vies, je les joue mal
Parait qu’il y a des gens qui existent vraiment
Dimanche 19 juin 2016
L'humeur du dimanche : Arimer les humeurs

[Robert
et Shana ParkeHarrison]
Vendredi 17 juin 2016
J'emmerde les bonimenteurs [new]
on nous
vend des demains qui ne sont
rien de plus qu'une utopie
déguisée en futur proche
Jeudi 16 juin 2016
La surface muette du rationnel
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
La peau troublée d’aspérités expéri-mentalement précoces
Démangeaisons saisonnières assaisonnées à la forestière
Des envies de clairière et ton talc aux arômes boisés
C’est dingue, la vitesse de la lumière de certaines affections
Un coup à se phosphater la rate avant qu’elle se dilate
Faut décaper le paysage
Javelliser la connerie crasse
Rendre aux amours de pacotille leurs lettres de noblesse
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je guettais l’heure où le ciel prendrait la couleur de la terrasse
Celle de juste avant ta peau
Balayer la surface muette du rationnel
Cueillir les arabesques des idées sans queue ni tête
J’ai la métaphysique parfois un brin gériatrique
La maladresse des soirs qui n’envisagent pas de lendemain
L’effroi du chaud, la saveur des chimères et
Les mots crus en guise de déclaration pudique
Mercredi 15 juin 2016
Renverser la valeur
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Appliquée à l’immobilisme dans la grande rotation nombriliste
Oublier l’arrière aorte et les fenêtres sur coeur
Compter mine de rien l’intervalle entre l’étincelle et l’explosion
L’incohérence m’habite et la tienne est étonnante
Kaléidoscopique et pique et colégrame
Bouquets d’instants ratés qu’on laisse sécher
Dans l’espoir de les transformer en souvenirs immortels
Pas facile de jouir à côté d’un dormeur factice
Qui guette mine de rien les mouvements
Au cas où te vienne l’idée de (non rien, t’es assez grand pour imaginer)
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Devenir dingue à force de tenter d’éradiquer ma folie
Les âmes ne se vendent plus au kilo, elles se marchandent au marché noir
Entre le grand brillant des chaussures soigneusement cirées
Et la pâleur du ciel de l’ordinaire
Faire trébucher le mouvement plutôt que le suivre
Concrétiser la boursoufflure
Renverser la valeur et la faire sienne
Mardi 14 juin 2016
Les plaques d’égout
Il m’arrive de me demander
Parfois
Si les gens
(Parce qu’il y a des mères au foyer
Des retraités
Des chômeurs
Des comme moi
Précaires
Pas grand choses
Des qui n’ont rien de mieux à foutre)
Il m’arrive de me demander si certains
Dans un moment d’ennui subit
Regardent à la fenêtre
M’observent aller
Chercher le courrier
Se demandent la raison de
Mes pas incertains
Irréguliers bancales
Ma manière d’éviter
Les jointures entre les dalles
La plaque EDF
La plaque d’égout tout
Près de la boite aux lettres
Compter un deux trois
Chercher le nombre premier
Mes pas incertains et pourtant
Fébrilement calculés
Il m’arrive de me demander si
Comme moi parfois
Les voisins
N’ont rien de mieux à foutre
Que se dire
Décidément, les autres sont pires
Et parfois, ça soulage
Lundi 13 juin 2016
De la friture sur la ligne d’horizon
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je cherchais à désapprendre l’art de la résignation
Dans la nudité crue du silence
Désinvolture de la posture faussement relaxée
L’ineptie du non-geste dans le jus d’une réalité factice
Eradiquer mes anomalies saisonnières
Tout miser sur la bonne humeur provisoire
Les dealers de désespoir oeuvrent à visage découvert
Au bord des autoroutes médiatiques
Il n’est pas inutile de le rappeler
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
J’en perdais mon lapin, posé là à tes pieds
Nous nous reverrons, ne t’en fais pas
Il y aura de la friture sur la ligne d’horizon
Et la trotteuse poinçonnera nos tickets pour l’avenir
En attendant, tu peux me froisser, me jeter
Je suis biodégradable
Mimer, deux doigts sur la tempe
La chorégraphie stérile d’une lâcheté ordinaire
Cultiver la politesse sous serre
Dimanche 12 juin 2016
L'humeur du dimanche : des envies comme ça

[Source image
ICI]
Samedi 11 juin 2016
Raisonnement par l'absurde
Un
jour, j’ai pas dormi de la nuit
Perchée sur un échafaudage de draps froissés
J’observais l’invisible du monde
Le plus simple, pour ne perdre ni corps ni âme
C’est de toujours bien suivre les instructions
L’obéissance passive et la docilité professionnelle
Le curriculum vite fait
L'arbeit macht frei qu'ils disaient
L’immaculée contraception
Les phénomènes de société
Le lieu commun des mortels
Et l'amour dans tout ça ?
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je guettais les heures de liberté qu’il me restait
Pas la peine de prier pour la bénédiction de l’industrialisation
Nous sommes tous plus ou moins esclaves et consentants
Reste la possibilité de choisir son supplice
Je suis employée de mon plein gré avec
Parfois la vague envie d’embrocher les coupables
Juste avant de prétendre assumer ma lâcheté
Entre parodie de la haine ordinaire
Et chronique de la fiction pure
Il reste quoi pour survivre à part
Le raisonnement par l’absurde ?
Jeudi 9 juin 2016
Expression corporelle
En transe athlétique
L’obsession du que dalle
Te consumer sans modération
Tirer l’abstrait définitif
de sa torpeur
Mercredi 8 juin 2016
Remue ménage, le geste

Le
6ieme numéro de la
Revue
Méninge croise les regards sur le geste et ça remue, ça brasse,
ça touche...
Mardi 7 juin 2016
Un glacier d’indifférence
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Il y avait à boire et à manger
Une nappe sur la table dans la cuisine de ma tête
(pour cacher la misère)
Dresser l’oreille à la place du couvert
Des tranches de vent dans l’assiette du cœur
De la mousse de nuages au bord des lèvres
J’anorexise les pensées, exorcise les souvenirs
Demain, le ciel sera bleu et
Les oiseaux feront des ronds dans l’aube
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Faim de sommeil et pas grand-chose à me mettre sous la dent
Partir à l’assaut du vide sans savoir ou planter la lame
Attaquer à la pioche la face nord d’un glacier d’indifférence
Je suis un continent
(à la dérive)
Dans la mer de sueur d’un corps qui s’épuise à tenter l’immobile
La hauteur sous plafond du salaire de la peur
Les minimas sentimentaux
Succomber à l’envie de balancer tous les sourires dans le même panier
Lundi 6 juin 2016
Etude contemplative du mouvement sentimental en milieu urbain
Le geste premier : ravaler la façade de l’effondrement
Empiler les échafaudages
Echafauder des envies de partage
J’épluche la rue, je rase les murs
Recracher mine de rien le noyau des pavés
On tasse, on tousse, pousse, passe, pisse dans un violon
Beaucoup trop de fausses notes
Prendre part au désordre musical
S’obstiner à arracher des lambeaux de tapisserie
Sans avoir le cran d’affronter la nudité d’un mur
Victime de la demi-mesure ambiante
L’élan de panique dès qu’il s’agit d’être entier
Devenir lentement plus légers que nos ombres
Moi, tu vois, je veux être difficile à aimer
Te donner du fil à retordre
Le bout des nerfs comme le bord d’une falaise
A trois, on saute
On se saute dessus et on se dévore délicatement
Savourer l’ivresse de la chute
Goûter à la naïveté du sucre en poudre et de la poussière
A trois, on fait trembler la ville
On éboule l’ordinaire et
On inscrit demain sur liste d’attente
Un
Deux
Trois
Dimanche 5 juin 2016
L'humeur du dimanche : Le chemin n'est pas tracé

[Une
étiquette de HF collée en direct du salon
Les voix Mortes et photographié par
Vincent]
Jeudi 2 juin 2016
Les
déclarations pudiques
Les coutures apparentes du non-dit
Les regards qui buttent sur la frontière de tissus
La fausse démocratie vestimentaire
Creuser la terre aride des apparences trompeuses
Survie d’un récital sans portée poétique
Les lèvres aiguisées de mots vides
Gloire au silence
Mercredi 1er juin 2016
Pencher vers
Et quand demain ressemblera à hier
Quand tout le monde tournera en rond sans le savoir
Il sera temps d’utiliser la stratégie de l’oblique
Mardi 31 mai 2016
Les
Voix Mortes et Dehors
Vendredi et samedi
se tiendra la 2eme édition du salon
Les Voix Mortes à Clermont-ferrand et, aussi mortes qu'elles
soient (ou pas), les voix comptent bien se faire entendre !

Dehors, le recueil sans abris dont j'ai parlé ici il y a
peu, est commandable en ligne sur le site des
éditions Janus et dans toutes les bonnes librairies.
Deux-cent-quarante-six pages de plaisir de lecture et un geste qui
compte, alors fonce Dehors !

Lundi 30 mai 2016
Le petit feu des briquets
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Une paire de billes noires brillait sous le chapiteau d’un ciel ouvert
Oublier le froid dans une écharpe de mots
Faire pleuvoir des sourires
Emboiter les creux, les bosses
Puzzle d’instants
On ignore de quoi demain sera fait, mais c’est beau de le regarder
arriver
La fêlure de l’horizon
L’insoluble équation de l’adéquation
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Traverser la pénombre un pied devant l’autre
En restant posé là, le cul sur une chaise
Tenir tête la première dans un pas grand-chose gigantesque
Le va et vient du bruit et de la lumière artificielle
L’irrésistible n’est pas nécessairement séduisant
Depuis quand ne s’est-il rien passé ?
Expirer m’inspire
Le petit feu des briquets me rassure
Dimanche 29 mai 2016
L'humeur du dimanche : Simplifier l'équation

[Image : les étiquettes d'Heptanes
Fraxion]
Jeudi 25 mai 2016
Samedi, C'est Normandie

Jeudi 19 mai 2016
Le
passionné ment
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Tout ce temps passé hors du sommeil, hors de tout
Des nuits parfois juste à moitié debout
La rage en camisole et les rêves décapités
Est-ce qu’ils continuent de courir sans tête, les rêves, comme les
poules ?
Est-ce qu’ils auront des dents bientôt ?
Marre de n’être qu’un module de la machine abstraite
Les substituts chimiques de la plénitude
Permettent parfois d’enjoliver la dégringolade
Finalement, on ne tombe jamais que de hauteur d’Homme
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Est-ce qu’à vouloir toujours que tout tourne rond
On finit par se retrouver prisonnier ?
Quelle est la circonférence de la ligne de défense ?
J’hésite parfois entre enfermement et mensonge permanent
J’aimerais pouvoir m’envoler assez haut
Pour voir la vie de mes propres cieux
Lorsque même la géométrie n’est plus une amie
Il faut réinventer la démonstration par l’erreur et
Ne pas oublier que le passionné ment
Mardi 17 mai 2016
Ni chaud ni froid
Tu es allé voir maman à la maison de repos. Elle perd un peu la tête,
c’est ce que tout le monde prétend. Mais toi, tu penses que ce n’est pas
nouveau et que sa folie d’aujourd’hui n’est pas pire que celle d’hier.
Maman affirmait qu’on reconnaissait les âmes sœurs au bruit électrique
que font leurs regards en se croisant pour la première fois. Comme un
court-circuit et le reste du monde autour s’éteint brusquement.
Lorsqu’elle a rencontré papa, il y a eu des étincelles plein leurs yeux.
Peu de temps après, tu es né. Un « petit ange », ils disaient. Puis papa
s’est envolé un matin d’automne, du balcon du septième. Il n’avait pas
d’ailes et pourtant maman affirmait qu’il était parti au ciel. Tu étais
trop jeune pour comprendre. Chaque printemps, tu guettais le retour des
oiseaux migrateurs et celui de ton père, surtout.
Maman prétend qu’on n’a qu’un seul véritable amour dans la vie et, après
avoir rencontré Mary, tu as tenté de lui expliquer que les âmes sœurs ne
s’aiment pas forcément de ce genre d’amour-là. Tu lui as avoué que tu
n’étais pas amoureux, c’était encore plus grand que ça, presque divin.
Mary est comme ton double astral. Elle vit en toi. Mais maman n’écoutait
pas, ne faisait que grogner, c’était un mauvais jour et même le
personnel s’en est plaint. « Ça fait trois jours qu’elle refuse qu’on la
lave » a soupiré une infirmière. Tu as tenté de raisonner ta mère. Tu
savais comment t’y prendre. « Maman, tu sens le pipi de chat ! Pense à
Papa… » Alors, elle s’est mise à pleurer et le lendemain, lorsque tu es
revenu, ses cheveux étaient soigneusement peignés, elle avait enfilé son
peignoir satiné et sentait le lilas. Les fleurs préférées de papa. «
Papa est parti au ciel », elle t’a dit, et tu étais en âge de comprendre
depuis longtemps, maintenant. Tu as pensé qu’elle irait sans doute
bientôt le rejoindre et qu’il y avait longtemps que le retour des
oiseaux au printemps ne te faisait plus ni chaud ni froid. [Extrait]
Dimanche 15 mai 2016
L'humeur du dimanche : L'envie d'y croire, encore

Vendredi 13 mai 2016
Dehors
Une belle
anthologie, doublement belle parce que conçue avec le coeur, par ceux
qui ont initié le projet (Eleonore James et Christophe Bregaint) et par
chaque auteur au sommaire. Pas un exercice littéraire, pas une occasion
de se faire mousser, pas pour jouer au mariole, non! Un élan, un vrai!
Dehors est là ou presque, bientôt dispo et commandable aux
éditions Janus (le lien suivra dès que) et même si la poésie, la
littérature, tout ça, ce n'est pas ta tasse de thé, fonce quand même,
parce qu'il y a de la vie entre les mots et aussi, surtout, parce que
tous les bénéfices de la vente de cette anthologie seront reversés à
l'association
Action Froid !

Et si tu es dans une
veine goulue de lectures, procure-toi vite la toute jeune et déjà grande
revue
Incandescentes ou le magnifique
Gonzine, fabriqué à la main avec amour par la talentueuse
Sarah Fisthole!
Ou encore le fabuleux
Murièle Modely & Cie ! Tu y trouveras quelques inédits signés
de ma plume doucement sanglante.
Mercredi 11 mai 2016
Fouiller sous les décombres
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Langue muette et mains fébriles
Le froissement de mon corps dans le silence des draps
J’écrivais des fictions indéchiffrables
Les mots débordaient
Une chiasse d’imagination dans les intestins du front
Les souvenirs et tous ces foutus angles morts
Les faux-raccords et les flaques de confort
Pas facile de construire une histoire qui vaille la peine
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Entre petits rites hypocrites et hypocondrie latente
Toujours l’attente du pire, comme si lui seul pouvait venir
Le monde qui nous avale
Dans la grande gueule de sa course effrénée
Faut être honnête, il reste à la fois trop et pas assez à inventer
La vérité des rêves aux césures capricieuses
Les sentinelles du réel et la faction armée du mensonge
Cette frontière floue qui nous pousse à fouiller sous les décombres
Lundi 9 mai 2016
Chatouiller l’extra-ball
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je pensais à l’amer doux des amours tuées dans l’œuf
Cet éternel possible qu’on nourrit jusqu’à l’en faire crever
Ras le bol des cuisses en portes automatiques
Du trombone à coulisse
Des fausses notes et
De la fugacité de l’avenir
Dehors, le ciel s’énervait
Refusait de se laisser dicter une conduite par les caprices du vent
Et mes caprices à moi ? Sagement étouffés !
Il arrive un moment où l’on devient raisonnable malgré soi
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Ma peau glissée contre la peau du soir
Mes rêves planqués au chaud dans le ventre de l’ombre
Devenir vandale incognito
Chatouiller l’extra-ball
Les dégâts délicieux du chaos magistral
Fais gaffe, je crois que j’ai une poudrière à la place du coeur
Dimanche 8 mai 2016
L'humeur du dimanche : Tchin !
"buvons
à la distance qui nous pousse
l'un vers l'autre"
[in
La nuit des terrasses, Makenzy Orcel]

[Valence, photo Marlène T.]
Samedi 7 mai 2016
Là-bas, tout près
Ne pas exister par dépit
même si
chaque jour qui passe
nous approche un peu plus
de la mort
il nous ancre également
un peu mieux
dans la vie
Vendredi 6 mai 2016
Les
mardis de la poésie à Grenoble

et pour les autres dates, plus d'infos
ICI ou
LA
Mercredi 4 mai 2016
Une
nouvelle belle revue : Incandescentes
 |
Premier numéro de la Revue Incandescentes
Editée par Double Vue Editeur
Directrice de publication : Marianne Desroziers
Comité de lecture : Murièle Modély et Marianne Desroziers
Relecture et corrections : Franck Joannic
Graphisme : William Mathieu
Artiste à l'honneur : Sophie Brassart
Auteurs : Sébastien Chagny, Anna de Sandre, Christophe
Esnault, Francine Charron (IL. Aymé(e) Pawlowski), Gabrielle
Jarzynski, Sophie Jaussi, Anna Jouy , Nicolas Le Golvan, Claire
Musiol, Marlene Tissot, Cécile Vibarel Haddou, Astrid Waliszek
Prix : 5 euros (plus 2 euros de frais de port)
Bon de commande sur le site
https://doublevueediteur.wordpress.com/
Ou en envoyant un mail à
revueincandescentes@gmail.com
Paiement par chèque, possibilité de Paypal sur demande
Pour cette revue, j'ai écrit un texte où il
est question d'Albertine Sarrazin, mais pas que...
N'hésite pas à comander ce premier numéro d'Incandescentes. De
belles surprises t'y attendent ! |
Mardi 3 mai 2016
La métrique et les rimes
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Pas les ongles assez longs pour crever les yeux des idées noires
Pas les doigts assez délicats pour recoudre la mâchoire des rêves brisés
Tentative réprimée de poétiser l’insomnie
J’emmerde la métrique et les rimes, les coups de trique et la frime
Ne te fie pas à ce que je raconte
Il m’arrive d’aimer follement les alexandrins
Il faut parfois escalader l’escarpé d’une peine de cœur
Tirer la sonnette d’alarme d’une perfection béante
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
De grands instants passés en petites douleurs sournoises
Ne pas se laisser parasiter le présent par la facilité de la mélancolie
Ta perfection découverte dans un hasard nocturne
Tirer la couverture des souvenirs à moi
Recracher l’amertume
Ne garder qu’une saveur
Il y a des heures où il est facile de tuer hier et demain
Des heures où rien d’autre n’existe vraiment que le rêve avorté
Lundi 2 mai 2016
Mot
barré #48

Dimanche 1er mai 2016
L'humeur du dimanche : "chacun profite à sa manière ou
selon ses moyens de la part de hasard qui lui revient"
[In L'ombre amimale, Makenzy Orcel]

Samedi 29 avril 2016
Laval

Ce week-end, je
serai à Laval à l'occasion du
festival 1er Roman avec l'association
Lecture en
tête et pour le passage de relai de la résidence d'auteur. Je
prendrai la suite de
Makenzy Orcel, un auteur dont j'apprécie énormément l'écriture,
à la fois poétique et âpre. Pour la soirée de clôture, je lirai des
extraits de
Lame de fond paru en mars aux éditions
La Boucherie Littéraire.
Vendredi 28 avril 2016
Tu
lis quoi ?
Elle a
lu "Sous les fleurs de la tapisserie" et ce qu'elle en dit me
touche énormément !
Un immense merci pour ses/ces mots
[Clique sur l'image pour l'article entier et pour des tas d'autres
chouettes idées de lecture !]
Mercredi 27 avril 2016
La grâce de la poussière
Un jour j’ai pas dormi de la nuit
Coincée là, immobile
Entre les raisons qui me poussent et celles qui me retiennent
A écouter le murmure des anges de l’étrange
Et savourer la grâce de la poussière
Il y a des instants où on se moque des preuves et des coupables
Mathématiquement parlant
Ceux qui avancent et ceux qui tournent en rond
Parcourent autant de distance
C’est juste le paysage qui se fait plus ou moins lassant
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Le sommeil n’avait rien à semer dans ma chair mal labourée
Les rêves n’ont pas besoin de paupières fermées pour germer
Entre les bonnes manières artificielles et
Le ronronnement des monstres
Le corps sait toujours s’exprimer dans un ultime silence
Parfois, j’aimerais me voir de dos
Me regarder partir
Me laisser m’éloigner de moi
Trouver enfin un peu de paix
Lundi 25 avril 2016
Les voix [Extraits]
(franck)
On creuse le ciel des yeux, avec la gorge pleine de questions. On
fourrage dans la terre pour y dénicher des vestiges ou y entasser nos
cadavres. Et puis quoi ? Est-ce qu’il n’y a pas assez à voir ici, dans
l'entre deux ? Pas assez à découvrir, à parcourir, à savourer ou à
souffrir ?
« Tu crois en Dieu ? » je demande à Mary et elle rit. Un rire un peu
violent qu’elle a l’air de regretter immédiatement. Je ne lui demande
pas pourquoi. Elle ne répond pas à ma question. Son rire me laisse
deviner qu’elle n’a pas besoin de croire ou alors que ça ne suffirait
pas, tout simplement, à effacer, à expliquer, à pardonner.
(Mary)
Franck m’a demandé si je croyais en Dieu et j’ai ri. C’était idiot, ce
rire, mais il a jaillit sans que j’ai le temps de le retenir et je
n’avais pas d’autre réponse à lui offrir. Non, je ne crois pas en Dieu
et, sur le moment, sa question m’a amusée. Ou surprise, je ne sais pas.
Pourtant, c’est vrai, beaucoup de gens se mettent à croire après un
drame, un accident, n’importe quelle grande souffrance qu’on ne peut
supporter qu’en imaginant la toute-puissance d’une fatalité qui nous
dépasse. C’était mon destin, on se dit. Je ne me suis jamais dit
ça. Je ne me suis rien dit du tout, mais je n’ai pas cherché de
responsable à mes douleurs. C’était papa. Et parfois, c’était moi. Par
moments, tout semblait être de ma faute. C’est ce que j’ai longtemps
cru. Plus maintenant. Maintenant, j'essaie juste de me défaire de ce
vieil habit.
[Roman - en cours - toujours]
Dimanche 24 avril 2016
L'humeur du dimanche : Look at the bright side

[Cancale, les hauts de la Houle, photo Marlene T.]
Vendredi 22 avril 2016
Un point c’est tout
Les trous et les bosses
On te répète de pas t’en soucier
Ça fait partie du paysage
C’est tout
Oui, sur un corps humain aussi
Arrête de poser des questions
Arrête de chouiner
Si on te dit de la fermer, tu la fermes
Si on te demande d’ouvrir la bouche
Tu fais aaaaaa en grand format
Et sans chercher à savoir pourquoi
Tu tends la main quand on te l’ordonne
Tu obéis
Un point c’est tout
Faut faire ce qu’on te dit
Tu fermes les yeux
Tu penches la tête
Tu lèves les bras
Tu te plies en deux
Tu écartes les cuisses
Tu obéis
Un point c’est tout
Il n’y a même plus besoin de menace
Tu sais que si tu refuses
Ça va faire encore plus mal
Mercredi 20 avril 2016
Dans le bleu des yeux
Balancer tout le bordel dans l’essoreuse
Suspendre les nuages au fil à linge
Demain peut-être, le ciel fera comme moi
Ravalera ses larmes
Mardi 19 avril 2016
Bousculer le paysage
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
J’obéissais pourtant à la permanence de l’éphémère
Pointer ma présence auprès du matelas à heures régulières
Creuser le trop plein, vider l’absence
Ne même pas espérer dénouer les mystères
Sacrifier l’espoir tentaculaire à la conduite exemplaire
Demain matin, une fois de plus, j’enfilerai ma peau de larbin
En rêvant distraitement à la saveur d’un semblant de paix
La relation intime, c’est du chacun pour soi mal déguisé
Faudrait parfaire l’amour
Bien agiter les sentiments avant utilisation
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
J’exerçais mon sourire corporate et mon regard langoureux
Rien à faire, j’étais larguée
Ni assez docile, ni assez romantique
Me restait à choisir entre le silence et l’effacement
Entre le plan B foireux et l’itinéraire bis ne menant nulle part
Faut parfois bousculer le paysage
Et s’écorcher la langue sur le tranchant d’un nouveau jour
Dimanche 17 avril 2016
L'humeur du dimanche : La tête dans les nuages
pour raturer les humeurs maussades

[Image : Pierre
Rosin]
Samedi 16 avril 2016
Les fleurs de narcissisme
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Et je n’étais ni debout, ni couchée
Tout juste un peu trop à distance du réel
Entre fatalisme aléatoire et déraison valable
Faut bien se décider à passer à l’acte
(oui, mais lequel ?)
Disparaître est peut-être plus facile qu’on ne l’imagine
L’impératif du toujours et l’obsession du que dalle
Se consumer sans modération
Inventer l’abstrait définitif
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je cultivais dans mon jardin secret
Quelques fleurs de narcissisme (vite fanées)
Des brins de normalité déclinés aux couleurs de la mode
Les paysages impressionnistes n’impressionnent plus grand monde
On leur préfère la droiture des cimetières militaire
Et les idées nettes comme un salaire après prélèvement des charges
La déception sait très bien être fidèle, question d’accoutumance
Mais je persiste dans la voie de l’optimisme réaliste
Quoi qu’en dise le réveil, je sais quand il est leurre
Mardi 12 avril 2016
Chair de poule
Il dit que je suis sa préférée
Il dit que je ressemble tellement à maman
Il dit des sourires qui mentent
Et des regards en forme de poings
Il dit « je t’aime »
Il dit, il dit, il dit
Et j’ai l’impression qu’il parle une langue inconnue
Il dit, il dit, il dit
Et je hoche la tête, pas le choix, peux pas refuser
Il dit, il dit, il dit
Et je capture les oiseaux avec mes yeux
Je m’accroche à leurs ailes
M’envole
Ne suis plus tout à fait là quand
Il dit
(quoi ? je n’entends plus)
Et qu’il arrache avec ses grosses mains
Toutes mes plumes une à une
Lundi 11 avril 2016
La mélancolie des éoliennes
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Cette sale habitude de me tenir à distance de tout
Même du sommeil, même de toi
Les murs sont sans doute plus faciles à construire que les ponts
On se labyrinthe le cœur
Entre petites entraves et grandes inepties
On brasse de l’air dans la mélancolie des éoliennes
On emboite le pas maladroit des moissonneuses boiteuses
Chasseur et chassé à la fois dans le petit safari citadin
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Je me demandais si la rosée du matin saurait me recolorer la pensée
Si les rencontres fortuites allaient vraiment à l’encontre de la
bienséance
Parfois on s’endimanche l’humeur
On s’engonce la parole malgré soi
Boutonné jusqu’au col dans le tissu social parfaitement amidonné
Je me sens abandonnée alors que c’est moi qui prends la fuite
De croche-piédestal en dérapage mal contrôlé
Je guette les signes avant-coureurs de l’invisibilité
Dimanche 10 avril 2016
L'humeur du dimanche : Retour aux sources
s'abreuver d'embruns
jusqu'à plus soif

[Cancale, la digue du phare, photo Marlene T.]
Samedi 9 avril 2016
L’agonie des belles paroles
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
J’hésitais vaguement entre le poil dans la main
Ou l’épilation intégrale
Gouter à la saveur des petites arnaques contemporaines
Ecouter le chuchotement de mon corps étourdi de fatigue
Et toute cette poussière qu’il reste à mordre
Alors que j’ai perdu l’appétit depuis longtemps
Gratter la peau du ciel quand les étoiles s’étiolent
La plage horaire ne connait pas les marées noires
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
J’essayais de me rappeler qu’il est parfois utile d’oublier
Entre disparition conventionnée et connivence tacite
L’aube épineuse défragmente le fracas des pertes
Faire profil bas, allongée sur le dos
Maquiller la réalité mine de rien et
Attendre le jour, les joues fardées de quiétude
Entre l’incohérence des sentiments et l’agonie des belles paroles
Je me dis que finalement, l’éternité est sans doute provisoire
Mercreci 6 avril 2016
Le point d’exclamation du jour
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
J’inventais des histoires au futur extérieur
Des polyphonies mobiles aux allures fabuleuses
Imprégnant de légendes la margelle muette de mes lèvres
J’ai fermé les yeux sur l’absence de lumière
Pour ne pas risquer la crise de nerf optique
Mon corps vautré dans un repos probablement mérité
Retraçait sans le savoir l’itinéraire du pain perdu
Vibrant à l’écho des combats que je ne mène qu’en pensées
Le thorax en vortex, un trou noir à la place du coeur
Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Immobile, je limitais les dépenses énergétiques
M’extraire du lit n’était pas utile
Ma nudité sur ses deux pieds ne changerait rien à la course du monde
J’envisageais simplement de ponctuer mes rêves éveillés
Au point d’exclamation du jour
Mardi 5 avril 2016
Mot
barré #47

Lundi 4 avril 2016
Papier de soi
Les
mots d'amour
Les mots armure
L'armoire pleine à craquer
Les tiroirs de l'histoire
Et les boîtes de Pandore
Des non-dits pliés là
Dans l'enveloppe de peau
Soigneusement cachetée
Soigneusement cachés, les maux
Mais parfois les écrire
S'écrier sur papier de soi
Dimanche 3 avril 2016
L'humeur du dimanche : Piétiner les idées noires
